Les Essentiels de Christian

  • On prétend que des rennes contaminés par la radioactivité se dispersent dans le Grand Nord. Tatiana, une scientifique moscovite, est envoyée sur place, en Sibérie. Un pilote fantasque, retraité de l'armée soviétique, l'accompagne ainsi qu'une interprète, la jeune Neva, qui parle la langue des éleveurs nomades présents dans la région. Ce trio incertain monte à bord d'un vieil Antonov en direction du Nord et de l'hiver qui vient.
    En route, rien ne se passe comme prévu. Qu'est-il d'ailleurs possible de prévoir dans cette immense Russie où la neige recouvre les traces des humains ? Lorsque la vie ne tient plus qu'à la flamme d'une bougie, les ombres portées transforment le monde : l'allure des troupeaux, les mots de Pouchkine, les tigres des rêves et les trésors gelés des profondeurs. La meilleure façon, drôle ou tragique, de passer le temps est certainement de s'enivrer en racontant des histoires, celles que l'on invente, celles que l'on confond, celles que l'on emporte dans la nuit.
    Le blanc n'est-il que la couleur du froid et de l'oubli ou bien celle du désir de tout recommencer ?

  • Un été

    Vincent Almendros

    Jean, mon frère, venait d'acheter un voilier et m'invitait à passer quelques jours en mer. Je n'étais pas certain que ce soit une bonne idée que nous partions en vacances ensemble.
    Quand je dis « nous », je ne pensais pas à Jean.
    Je pensais à Jeanne.
    À Jeanne et moi.
    Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 8 janvier 2015 Petit livre, grande sensation. Ou, si vous préférez, «Un été» pour l'hiver. Parmi les 353 romans français de cette nouvelle rentrée littéraire, il ne faut pas manquer, en effet, le deuxième de Vincent Almendros. Cet auteur de 36 ans réussit la prouesse, en eaux troubles et en 96 pages, de tenir à la fois une histoire d'amour, un thriller marin, un récit de la fraternité et un huis clos à ciel ouvert. Les trois sont ambigus et le mystère ne se lève, cruel et ricanant, qu'à la toute dernière page. Pierre, le narrateur, embarque à Naples sur le voilier de son frère, Jean. Le premier est venu avec la blonde Lone, sa petite amie suédoise qui termine une thèse sur la parité homme-femme. Le second vit depuis sept ans avec Jeanne la brune, dont Pierre fut l'amant. Le bateau glisse lentement vers Capri. Il fait une chaleur caniculaire. L'air est irrespirable. Les corps exsudent. Le jour, la mer est d'huile et, la nuit, « goudronnée ».
    Les méduses prolifèrent, qui remontent le temps et le courant avec leurs « ombelles opalines ». Pierre et Jeanne s'observent, se frôlent, se rapprochent et se retrouvent dans la cabine. Rien n'est appuyé. Tout est suggéré. Etonnant peintre d'atmosphère, Vincent Almendros écrit à l'aquarelle. Sa phrase faussement simple coule comme une eau salée au pied d'un rocher. C'est de la littérature. Et de la meilleure. On s'empresse de vous en conseiller la lecture, car ce bref roman ne provoquera aucun débat de société, aucune polémique, aucune révolution. Y a-t-il encore la place, l'hiver, pour « Un été » ?
    Marine Landrot, Télérama, 15 janvier 2015 Sur un voilier en pleine mer, dans une lumière suspendue, Jean et Jeanne s'aiment. Le calme avant la tempête. Un récit hypnotique.
    Jeanne et Jean sont sur un bateau. Ils s'aiment et la traversée durera tout un passé. Disons (c'est avec cet impératif que s'ouvre le livre) qu'il y a du tangage dans l'air, et que les lames de fond venues de très loin s'apprêtent à surgir à la surface. Le roman se situe avant la tempête, dans une luminosité suspendue, où mêmes les éléments semblent retenir leur souffle. Sur le voilier, il y a aussi Je, le narrateur, et Lone, un bout de solitude étrangère, qui dort les jambes repliées en L, comme son initiale, quintessence de la féminité. L'exiguïté de l'unité de lieu, nautique et inconfortable, décuple les sens et le besoin d'évasion. Comme dans Les Affinités électives, de Goethe, les couples se font et se défont, les combinaisons sont multiples, traçant des lignes parallèles et des diagonales entre les êtres.
    En 2011, Vincent Almendros imposait son écriture opalescente dans son premier roman, Ma chère Lise, sur la mélancolie éthérée des amours adolescentes, où déjà chantait le clapotis de la mer. Il poursuit ici sa quête de transparence, sonde les matières et les objets (chapeaux, casquettes, gilets de sauvetage sont presque des créatures vivan¬tes, immobiles), scrute l'étrangeté de la faune (oursins, étoiles de mer, plancton provoquent une stupeur proche du malaise) et parvient à créer un climat tranquillement hypnotique. D'où vient que cet auteur, né en 1978, nourrisse ses romans d'une esthétique très années 1960, puissante et dépouillée ? Dansent sous nos yeux les images de Plein Soleil, de René Clément, et de L'Eclipse, de Michelangelo Antonioni, à la lecture de ce roman aussi limpide que crépusculaire.

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  • En 1953, le magazine américain the reader's digest demanda à giono d'écrire quelques pages pour la rubrique bien connue " le personnage le plus extraordinaire que j'aie jamais rencontré ".
    Quelques jours plus tard, le texte, tapé à la machine, était expédié, et la réponse ne se faisait pas attendre : réponse satisfaite et chaleureuse, c'était tout à fait ce qui convenait. quelques semaines passèrent, et un beau jour giono descendit de son bureau. son visage reflétait la stupéfaction. il venait de recevoir une deuxième lettre du reader's digest, d'un ton bien différent de la première : on l'y traitait d'imposteur...
    Giono trouvait la situation cocasse, mais ce qui dominait en lui à l'époque, c'est la surprise qu'il puisse exister des gens assez sots pour demander à un écrivain, donc inventeur professionnel, quel était le personnage le plus extraordinaire qu'il ait rencontré, et pour ne pas comprendre que ce personnage était forcément sorti de son imagination...

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  • C'est le temps des révolutions. Une femme interpelle le monde. Elle incarne le corps du monde arabe. En elle sont inscrits tous les combats, toutes les mémoires douloureuses, toutes les espérances, toutes les avancées et tous les reculs des sociétés. Plongée lumineuse dans l'univers d'une prostituée qui se raconte, récit d'une femme emportée par les tourments de la grande Histoire, Dans les yeux du ciel pose une question fondamentale : toute révolution mène-t-elle à la liberté ? Et qu'est-ce finalement qu'une révolution réussie ? Un roman puissant, politique, nécessaire.

  • Soie

    Alessandro Baricco

    Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.
    Soie, publié en Italie en 1996 et en France en 1997, est devenu en quelques mois un roman culte - succès mérité pour le plus raffiné des jeunes écrivains italiens.

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  • « Dans L'Amant, Marguerite Duras reprend sur le ton de la confidence les images et les thèmes qui hantent toute son oeuvre. Ses lecteurs vont pouvoir ensuite descendre ce grand fleuve aux lenteurs asiatiques et suivre la romancière danstous les méandres du delta, dans la moiteur des rizières, dans les secrets ombreux où elle a développé l'incantation répétitive et obsédante de ses livres, de ses films, de son théâtre. Au sens propre, Duras est ici remontée à ses sources, à sa « scène fondamentale » : ce moment où, vers 1930, sur un bac traversant un bras du Mékong, un Chinois richissime s'approche d'une petite Blanche de quinze ans qu'il va aimer. Il faut lire les plus beaux morceaux de L'Amant à haute voix. On percevra mieux ainsi le rythme, la scansion, la respiration intime de la prose, qui sont les subtils secrets de l'écrivain. Dès les premières lignes du récit éclatent l'art et le savoir-faire de Duras, ses libertés, ses défis, les conquêtes de trente années pour parvenir à écrire cette langue allégée, neutre, rapide et lancinante à la fois capable de saisir toutes les nuances, d'aller à la vitesse exacte de la pensée et des images. Un extrême réalisme (on voit le fleuve, on entend les cris de Cholon derrière les persiennes dans la garçonnière du Chinois), et en même temps une sorte de rêve éveillé, de vie rêvée, un cauchemar de vie : cette prose à nulle autre pareille est d'une formidable efficacité. À la fois la modernité, la vraie, et des singularités qui sont hors du temps, des styles, de la mode. » François Nourissier (Le Figaro Magazine, 20 octobre 1984).

  • De la guerre civile espagnole aux lendemains de la dictature de Franco, un extraordinaire portrait de l'Espagne à travers le bouleversant destin d'un misérable orphelin devenu milliardaire.

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  • Ravel

    Jean Echenoz

    Ravel fut grand comme un jockey, donc comme Faulkner. Son corps était si léger qu'en 1914, désireux de s'engager, il tenta de persuader les autorités militaires qu'un pareil poids serait justement idéal pour l'aviation. Cette incorporation lui fut refusée, d'ailleurs on l'exempta de toute obligation mais, comme il insistait, on l'affecta sans rire à la conduite des poids lourds. C'est ainsi qu'on put voir un jour, descendant les Champs-Elysées, un énorme camion militaire contenant une petite forme en capote bleue trop grande agrippée tant bien que mal à un volant trop gros.

  • Les magnolias

    Florent Oiseau

    • Allary
    • 2 Janvier 2020

    - Caramel ;
    - Pompon ;
    - Cachou...
    Il y a des gens, dans la vie, dont l'unique préoccupation semble d'imaginer des noms de poneys. Alain est de ceux-là. Sa carrière d'acteur au point mort - depuis qu'il en a joué un, dans un polar de l'été, sur TF1 -, le quarantenaire disperse ses jours. Chez Rosie en matinée - voluptés de camionnette - et le dimanche aux Magnolias - où sa grand-mère s'éteint doucement. On partage une part de quatre-quarts, sans oublier les canards, et puis Mamie chuchote :
    « J'aimerais que tu m'aides à mourir. » Autant dire à vivre... La seconde d'après, elle a déjà oublié. Pas Alain. Tant pis pour les poneys : il vient de trouver là, peut-être, un rôle à sa portée...

    Dans la lignée de Je vais m'y mettre et de Paris-Venise, Florent Oiseau brosse un nouveau portrait de loser magnifique - une parenthèse en Renault Fuego où valsent sandwiches aux flageolets, secrets de famille et cuites à la vieille prune, pour l'amour d'une grand-mère.

  • Inigo

    François Sureau

    "J'ai longtemps détesté Ignace de Loyola, lui trouvant l'air d'un égaré baigné de larmes.
    Nous appelant sans discrétion aux sacrifices qu'une imagination médiévale lui faisait concevoir. Je n'aimais ni sa phrase, ni ses deux étendards, ni son passé de soldat ni son avenir de général du pape, ni son visage au front étroit et fuyant. Son militarisme m'écoeurait, tout comme ses règles et ses disciplines et les mille arguties de sa correspondance. Je ne voyais pas comment le même homme qui avait voulu, selon la tradition orientale, devenir "fou pour le Christ'', et méprisé.
    Pouvait dans ses lettres peser à ce point le pour et le contre et composer avec les puissants". En un portrait bref et acéré, François Sureau fait céder l'image trop lisse d'un homme auquel les livres pieux sont impuissants à rendre justice.

  • Alias Caracalla

    Daniel Cordier

    « Voici donc, au jour le jour, trois années de cette vie singulière qui commença pour moi le 17 juin 1940, avec le refus du discours de Pétain puis l'embarquement à Bayonne sur le Léopold II. J'avais 19 ans. Après deux années de formation en Angleterre dans les Forces françaises libres du général de Gaulle, j'ai été parachuté à Montluçon le 25 juillet 1942. Destiné à être le radio de Georges Bidault, je fus choisi par Jean Moulin pour devenir son secrétaire. J'ai travaillé avec lui jusqu'à son arrestation, le 21 juin 1943. Ces années, je les raconte telles que je les ai vécues, dans l'ignorance du lendemain et la solitude de l'exil. J'ai choisi pour cela la forme d'un "journal", qui oblige à déplier le temps et à fouiller dans les souvenirs. Les conversations que je relate ont pris spontanément la forme de dialogues. Qu'en penser après tant d'années ? J'ai trop critiqué les souvenirs des autres pour être dupe de mes certitudes : là où finissent les documents, commence le no man's land du passé, aux repères incertains. Mais s'il est dans la nature d'un témoignage d'être limité, il n'en est pas moins incomparable : instantané du passé, il permet de faire revivre les passions disparues. J'ai consacré beaucoup de temps et de soins à traquer la vérité - elle seule donne un sens à une telle entreprise - pour évoquer le parcours du jeune garçon d'extrême droite que j'étais, qui, sous l'étreinte des circonstances, devient un homme de gauche. La vérité est parfois atroce. » Daniel Cordier.

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  • Le plus célèbre roman de la littérature russe, et qui a produit un chef-d'oeuvre de l'opéra, était d'abord un poème, en strophes rimées.
    L'auteur y a mis sa vie - et sa mort. l'héroïne, tatiana, tombe amoureuse d'un héros byronien, qui tue en duel le fiancé de la soeur de celle-ci. les années passent, onéguine revient, découvre qu'il aime passionnément tatiana, maintenant mariée ; elle l'aime aussi ; que choisira-t-elle ? " et le bonheur était si proche, si possible " chante pouchkine.
    Un jeune homme qui s'ennuie, la plus touchante des jeunes filles, un poète de dix-sept ans, un vieux mari, des créatures de rêve.
    C'est le roman des rencontres manquées, des amours perdues, des remords sanglants. c'est aussi, comme dit nabokov, " une des oeuvres les plus brillantes jamais composées, un classique international aussi grand que hamlet, ou moby dick.
    Cette traduction, entièrement nouvelle et remarquable d'aisance, reste fidèle au rythme de l'original, à sa " langue de diamant ", à sa miraculeuse limpidité.

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