Anacharsis

  • Voilà l'été. Berthe Morisot, peintre impressionniste, et Eugène Manet, son mari affable, quittent Paris pour une partie de campagne. Ils posent valises et chevalet dans une maison champêtre, havre d'une douceur estivale propice à toutes sortes d'expérimentations nocturnes.

    Dans ce roman formant un diptyque avec Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Mika Biermann confond allègrement mots et couleurs, phrases et perspectives, écriture et peinture.
    De ces pages, comme d'autant de toiles, surgissent des méditations corrosives sur la chair comme matière à peindre.

  • L'oeil chafouin, le poil hirsute, Paul Cézanne crapahute dans la garrigue, suant sous son melon, le chevalet harnaché sur le dos comme à un baudet. Apparaît la bottine d'une femme gisant sur un talus, et c'est le drame.
    Trois jours dans la vie de Paul Cézanne suffisent à Mika Biermann pour faire sauter les écailles de peinture, gratter la trame, ajourer jusqu'à l'os le portraitiste de la Sainte- Victoire.
    Il transforme un thriller sordide en une Odyssée sur une mer de peinture, dans des pinèdes et des sous bois aux nuances fauves, sur les traces du peintre bourru, vaniteux et obsédé par des chimères grotesques qui n'engendrent pas la mélancolie.
    On en termine la lecture avec les doigts maculés de couleurs vives et l'oeil fringant.

  • Crimes contre la nature ; voleurs, squatters et braconniers : l'histoire cachée de la conservation de la nature aux Etats-Unis Nouv.

    Yellowstone, le Grand Canyon, les monts Adirondacks : Karl Jacoby entreprend ici de faire l'histoire de la fondation des parcs naturels emblématiques des États-Unis.
    Mais au-delà de l'Amérique des grands espaces tant vantée par les apôtres du « monde sauvage », il enquête sur la façon dont les législations sur la protection de la nature transformèrent en crimes les pratiques ordinaires des premiers habitants de ces contrées.
    À contre-courant de la légende dorée de l'environnementalisme américain, il dévoile l'envers du décor, et expose comment bûcherons, trappeurs, Indiens et autres chasseurs défendirent, au moyen de mille petits gestes clandestins, entre résistance et accommodement, leur propre rapport à l'environnement.
    Une histoire oubliée qui engage à penser autrement les politiques écologistes.

  • Adelmo Farandola, mène une existence revêche dans la montagne. Ermite lunatique et acariâtre, il n'a pas le souvenir très lucide. Les saisons se fondent en un brouillard opaque dans sa mémoire. Mais cet hiver-là surgit un chien. Bavard. Pétulant. La truffe en éveil. Il adopte Adelmo Farandola.

    Au printemps, la fonte des neiges révèle un pied humain non loin de leur cabane. Adelmo Farandola ne se souvient pas très bien des événements de l'an passé. À qui appartient ce pied ? Dans son esprit engourdi s'insinue une inquiétude croissante.
    Avec Le chien, la neige, un pied, Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires à donner le frisson qu'on se raconte le soir à la veillée.

  • La saga des rois de danemark Nouv.

  • Cipriano Parodi, jeune Vénitien d'antique famille, est doté d'une imagination torrentielle d'où jaillissent des personnages échappés des plus extravagants romans d'aventures.

    Après la parution de son premier ouvrage, il se voit invité à New York par le célébrissime écrivain Caspar Jacobi, monarque régnant sur la littérature populaire.
    En dépit d'une funeste prophétie que lui dévoila jadis une comtesse de carnaval, Cipriano se précipite. Escorté par ses remuantes créatures, il entre au service du Maître.
    Commence un jeu de dupes, un furieux combat dans l'arène de la fiction, où Cipriano va découvrir à ses dépens la puissance vampirique de la littérature.

  • À l'aube du 30 avril 1871, dans le canyon d'Aravaipa en Arizona, une troupe d'Indiens Tohono O'odahm, de Mexicains et d'Américains massacrait dans leur sommeil plus de cent quarante Apaches, en majorité des femmes et des enfants.
    Avec un authentique talent d'écrivain, Karl Jacoby interroge dans ce livre les raisons profondes de la violence dans l'Ouest américain et les ombres portées qu'elle projette encore aujourd'hui. En imprimant à son enquête la forme de quatre récits juxtaposés rapportant l'histoire de chaque communauté impliquée, puis la mémoire que chacune d'entre elles a gardé de la tuerie, il propose une vigoureuse réflexion sur les effets provoqués par les actes génocidaires dans la pratique historienne, le travail de mémoire et la production de la violence.

  • U'y a-t-il dans le nom d'un dieu ? « Zeus tonnant », « Lune aux trois visages », « Baal de la Force » ou l'énigmatique « YHWH » recèlent dans leur simple énoncé le surgissement d'une forme, l'éveil d'une puissance surhumaine.

    De la Grèce à Palmyre, Tyr ou Babylone, les appellations des dieux manifestent leurs domaines de compétence et leurs capacités d'action aussi bien que les usages qu'on en fait dans les sociétés polythéistes.
    À travers l'étude de ces noms, les douze chapitres de cet ouvrage déploient ainsi une galerie de portraits de divinités qui nous convie à la découverte des aspects changeants du divin sur tout le pourtour de la Méditerranée antique.

  • Isabelle Merle propose dans cet ouvrage une histoire de la colonisation de la Nouvelle-Calédonie à travers une plongée par en bas dans le monde des « petits blancs », ces populations appelées à s'enraciner dans des terres australes spoliées à leurs habitants originels. Déportés du bagne, Communards ou de droit commun, ou « colons libres » venus commencer une vie nouvelle, ces hommes et femmes, « matière première » d'un projet de peuplement aux antipodes, constituent une société complexe dont l'historiographie fait souvent peu de cas.
    Comprendre les mécanismes profonds de la colonisation suppose pourtant de prêter attention à ce monde transplanté, traversé de tensions, conflits et contradictions dont les effets se font largement sentir aujourd'hui encore.

  • L'expédition scientifique de L'Astrofant dans les contrées antarctiques était de calibre standard, avec au programme un petit supplément ludique : envoyer dans le ciel de minuit le 31 décembre 2000 un feu d'artifice depuis le pôle Sud pour célébrer l'avènement du nouveau millénaire. Du gâteau.
    Prétendre que tout a dérapé sur les pentes d'un iceberg serait trop facile - et très en-deçà de la vérité. Mika Biermann est parvenu à retracer la chronique de cette nef des dingues dans un récit polyphonique parfaitement givré qui inaugure d'éblouissante manière le roman d'aventures du XXIe siècle.

  • Booming

    Mika Biermann

    Surgis du fin fond du décor, Lee Lightouch et Pato Conchi, le grand maigre et le petit gros, se rendent à Booming pour raison sentimentale.
    « Personne ne va à Booming » ; « Prenez un bonbon, je ne crois pas qu'ils en aient » : on les avait pourtant prévenu. Kid Padoon et sa bande font régner la terreur à Booming, le shérif à leur botte, le bordel à leur service, le saloon à leur disposition, le croque-mort aux petits soins.
    Mais ça n'est encore rien : il y a quelque chose de détraqué à Booming, un truc qui coince, qui débloque, qui recoince et qui vous rend cinglé.
    Accrochez-vous : Booming est un western quantique qui se joue des balles et du temps qui passe.

  • De retour à Venise après des mois d'exil, Francesco Sacredo découvre que son père a dilapidé leur fortune au jeu contre la comtesse borgne Mathilde von Wallenstein. Celle-ci propose au jeune homme de miser sa propre personne, corps et âme, contre le retour de ses biens. Totum ou nihil, tout ou rien, sur un seul lancer de dés. Il perd ; et aussitôt prend la fuite.

    Harcelé par les spadassins de la comtesse, la mort aux trousses, il prolongera à l'infi ni cette partita contre la carnassière comtesse.
    Maestro de l'art de la fiction, Alberto Ongaro convoque dans ce roman d'aventures les élégances vénéneuses de Casanova aussi bien que l'exubérance de Fellini.

  • Le 4 septembre 1866, au Texas, la petite Bianca Babb, âgée de dix ans, était enlevée par une bande de Comanches. Adoptée par une jeune veuve, elle restera pendant sept mois auprès de sa « Maman Squaw ».
    Cinquante ans plus tard, elle se décida à mettre par écrit ses souvenirs de cette période.
    Mélange de cauchemars et de rêves d'enfant, son récit, brut, raconte le quotidien du campement, le travail exténuant, la peur, la faim, mais aussi les joies, les jeux et les peines de la fi llette.
    En une succession d'images fulgurantes, cruelles parfois, elle évoque un monde en voie de disparition, dont sa mère adoptive est sans doute la figure la plus bouleversante.

  • Le Middle Ground Immense fresque narrative, l'ouvrage de Richard White a bouleversé la conception que l'on se faisait de l'histoire de l'Amérique du Nord. Il rapporte comment, du XVIIe au début du XIXe siècle, Indiens et Européens établirent les pratiques d'un monde commun, le Middle Ground, fondé sur des accommodements précaires, traversé de conflits et néanmoins mutuellement compréhensible. Mais il raconte aussi comment ce monde partagé a pris fin dès lors que les jeunes États-Unis d'Amérique ont refoulé une fois pour toutes les Indiens dans les limbes de l'exotisme, les figeant dans une altérité radicale qui ouvrait la voie à la « Conquête de l'Ouest ». Un livre fondateur, palpitant, qui possède le souffle dévastateur des chefs-d'oeuvre de la littérature historique.

  • Cette histoire au ras des flots restitue aux Océaniens de Tahiti, d'Hawai'i, des Fidji ou du Vanuatu leur place d'acteurs parmi les baleiniers, explorateurs, militaires, missionnaires et autres négociants venus conquérir les populations insulaires.
    À suivre les tribulations des uns et des autres, on découvrira un monde plongé dans la dévastation, riche pourtant de dynamiques qui ont configuré le Pacifique d'aujourd'hui.

  • Voyages aux pays des Géants d'Oddr aux Flèches, ce recueil des sagas légendaires islandaises les plus étincelantes rassemble toute la matière des mondes magiques scandinaves. Confrontés le plus souvent à une funeste destinée, les héros de ces récits hauts en couleur affrontent trölls, sorciers, guerriers-fauves et autres monstres des franges du réel, et leur soif d'aventures les pousse vers des quêtes insensées qui forment autant de romans dont William Shakespeare, Richard Wagner et surtout J.
    R. R. Tolkien surent en leur temps s'inspirer pour bâtir leur propre mythologie littéraire et poétique. Ce livre propose des sagas parues chez Anacharsis, d'autres, épuisées, publiées chez d'autres éditeurs, et des sagsa inédites.

  • Jeremiah Johnson (ou John Garrisson, en fait peu importe) arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe sie`cle pour s'y faire trappeur.
    Mais l'assassinat de son e´pouse indienne le conduisit a` mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows. Me´chant, il mangeait cru le foie de ses ennemis.
    Ce livre rapporte sa le´gende.
    Bourre´ d'outrances, horrifiant, traverse´ par un humour sardonique et servi par un style alerte, Jeremiah Johnson le Mangeur de Foie, petit chef-d'oeuvre de la litte´rature folklorique ame´ricaine, adapte´ au cine´ma par Sydney Pollack avec Robert Redford dans le ro^le-titre, est aux antipodes du Nature Writing classique : c'est une ode a` la sauvagerie brute.

  • Qui, de Tristan ou Lancelot, sera proclamé meilleur chevalier du monde ? Tous deux se livrent dans ce deuxième tome de Tristan à une étrange passe d'armes, qui se joue par réputation interposée.

    Le long des routes périlleuses qui les conduisent à la Table Ronde, entre batailles dans les forêts profondes, titanesques tournois et joutes galantes, ils seront emportés dans le tourbillon insatiable de l'ignominie et de la grandeur, dont personne, hélas, n'est jamais exempt.
    Risquer son honneur, déchoir et se relever, c'est l'essence de l'aventure. En voici l'expression première, pure comme une aube nouvelle.

  • Toute la mythologie de la chevalerie flamboyante rayonne dans ce chef-d'oeuvre de la littérature occidentale, où Arthur et la Table Ronde côtoient le fantôme d'OEdipe et les légendes de l'antique Bretagne.
    On découvrira, dans le premier tome de cette Iliade des chevaliers, les origines lointaines de Tristan et la naissance de sa passion interdite pour Iseult, tandis qu'affleure l'ombre de la quête du Graal.
    Roman de l'enfance de l'art, généreux, enjoué, il entrelace des intrigues par centaines sans jamais ralentir son grand galop.
    Un plaisir de lecture inouï.

  • En 1788, la First Fleet de la Royal Navy, onze navires transportant plus de 1000 soldats et condamnés de croit commun, débarquait à Port Jackson, la future Sydney, pour y fonder une colonie pénitentiaire. Le jeune officier Watkin Tench a consigné dans son récit - dont c'est ici la première traduction française - l'instauration de la Loi et l'Ordre britanniques sur cette terre du bout du monde encore inexplorée.
    Animé d'une insatiable curiosité, il raconte les peines et déboires de la colonie, mais aussi les rencontres avec les Aborigènes des alentours du campement, dont il parvient à dresser des portraits d'une stupéfiante fraîcheur. Il se fait ainsi le chroniqueur de l'éclosion d'un monde neuf, pourtant déjà lourd de traumatismes coloniaux dont on peine encore à prendre toute la mesure.

  • En 1808, William Lockerby, jeune aventurier écossais venu dans les îles Fidji pour y collecter du bois de santal, se retrouva abandonné à terre par son navire.
    Demeuré auprès de Fidjiens engagés dans d'inexpiables guerres entre clans concurrents, il raconte dans ses mémoires comment il sut s'extirper de ces conflits - en les tournant à son propre avantage.
    Le récit haut en couleur de Lockerby témoigne du regard effaré que l'on portait alors sur les peuples aux confins des empires coloniaux, aussi bien que du souvenir ambivalent que l'Écossais garda de son expérience en ces terres alors inexplorées. Mais il offre également l'occasion d'une méditation sur les « premiers contacts » et les effets dévastateurs, sociaux comme environnementaux, de la quête effrénée du profit.

  • Dans un palais fané de Venise, Schultz, éditeur au passé imprécis de capitaine de marine, mène une existence désenchantée... N'était son machiavélique alter ego du nom de Paso Doble, une femme de cire nue revêtue d'un manteau en poil de chameau reposant dans une chambre du palais, et la découverte d'un manuscrit oublié.
    À la lecture de cet énigmatique ouvrage, Schultz sera projeté dans une aventure frénétique entre Londres et Venise au début du XIXe siècle, pleine de la passion fiévreuse du jeune Jacob Flint pour la volcanique Nina, patronne de La Taverne du doge Loredan et maîtresse d'un gentleman contrebandier exhalant une infâme puanteur et harcelé par deux corbeaux parlants. D'abord intrigué, Schultz est bientôt fasciné par les étranges affinités qu'il se découvre avec Jacob Flint.

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