Langue française

  • Avant que j'oublie Nouv.

    Avant que j'oublie

    Anne Pauly

    Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragicomédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, la narratrice, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feu son épouse. Mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous- Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier.
    De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce Janus, gaillard fragile à double face.
    /> Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Comment déceler une cohérence dans ce chaos ? Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ?
    Et puis, un jour, comme venue du passé et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

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  • Veracruz

    Olivier Rolin

    « J'avais prolongé mon séjour à Veracruz tant qu'elle avait été là - je l'aurais prolongé jusqu'à la fin du monde, s'il n'avait tenu qu'à moi. Maintenant qu'elle avait disparu, je le prolongeais dans l'espoir de la retrouver, ou au moins d'apprendre quelque chose sur les raisons de sa disparition.
    Un jour, un pli me parvint à l'hôtel, expédié par la poste, ne comportant aucune indication de provenance, aucun mot d'accompagnement. Il contenait les quatre récits, brefs et terribles, qu'on va lire. »

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  • De l'érotique Nouv.

    De l'érotique

    Paul Audi

    Soit l'événement qu'est le passage du désir à l'amour. Comment rendre compte de cette expérience subjective qui passe pour des plus communes, qui pourtant se révèle chaque fois et pour chacun la plus intense et singulière ? Que nous arrive-t-il lorsque nous nous risquons à l'érotisme, lorsque nous « faisons l'amour » ?
    Paul Audi montre que nous ne nous contentons pas toujours de donner forme et sens à l'expression de la pulsion sexuelle et à l'exaltation du désir. Car s'ouvre parfois à nous la possibilité de ce qu'il appelle une érotique : l'appropriation inventive, aussi urgente que patiente, des codes de l'érotisme, à travers le jeu, le plaisir du jeu. Et ce qui, en effet, est en jeu explique l'exceptionnel engagement des partenaires : une transformation de soi au contact du désir de l'autre.
    Cet essai se présente sous la forme d'une discussion fictive où un interlocuteur rythme et relance la réflexion et notre lecture. L'on a part ainsi pleinement à ce défi de penser ce qu'il arrive quand du désir vient la surprise de l'amour.

  • Kiarostami

    Youssef Ishaghpour

    Dans sa première rencontre avec le cinéma de Kiarostami, le public européen découvrait un Iran profond : une vision contemplative, donc à distance, célébrant l'enfance et les villages, la vie dans un présent intemporel, comme intouchée par l'existence moderne.
    Complexe dans cette apparente simplicité, l'oeuvre d'Abbas Kiarostami connaîtra une transformation radicale. Il n'est plus alors un réalisateur «?iranien?», mais un cinéaste et photographe international. Animé par l'intranquillité qui l'engage à prendre la route, il semble être partout chez lui, avec le même détachement esthétique, sa sérénité, sa disponibilité, son ouverture.
    Ce livre reprend et rassemble les deux ouvrages de l'auteur sur l'oeuvre de Kiarostami publiés en 2001 et 2012. Il comprend un dialogue avec le réalisateur et photographe.

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  • La demande

    Michèle Desbordes

    À la fin de sa vie, sur l'invitation du roi de France, un maître italien, peintre et architecte, quitte son pays. Accompagné de ses élèves, il fait le long voyage jusqu'à la Loire où il aura sa demeure.
    On lui donne une servante.
    La relation de cette rencontre, en vérité bouleversante, impossible à cerner dans une formule, est le coeur du roman servi par la prose tendue, insidieuse et dense de Michèle Desbordes qui porte - magistralement - le récit jusqu'à son point d'orgue : la demande.

    Cet ouvrage a reçu le prix Flaïano de littérature étrangère 2001, le prix du Roman France-Télévision 1999, le prix du Jury Jean-Giono 1999, ainsi que le prix des Auditeurs de la RTBF 1999.

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  • Atteint du syndrome d'Asperger, l'homme qui se livre ici aime la vérité, la transparence, le scrabble, la logi que, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée jamais revue depuis trente ans. Farouche ennemi des compromis dont s'accommode la socialité ordi- naire, il souffre, aux funérailles de sa grand- mère, d'entendre l'officiante exagérer les vertus de la défunte. Parallèlement, il rêve de vivre avec Sophie Sylvestre un amour sans nuages ni faux- semblants, et d'écrire un Traité de criminologie domestique.
    Par chance, il aime aussi la solitude.

  • Ce récit historique qui se déroule au XVIe siècle est consacré aux rencontres, en diverses occasions, entre le peintre Léonard de Vinci et Nicolas Machiavel, dans un contexte marqué par les guerres d'Italie.

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  • À l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités et de ce qui y a accédé à la forme : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du xxe siècle, de l'imaginaire de ses salles obscures, de l'horreur réelle de ses désastres, à ses tentatives de rédemption par l'art.

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  • La conjonction d'un lieu - un monastère des Alpes-Maritimes à l'occasion d'une résidence d'écriture - et d'une activité, l'écriture, provoque chez le narrateur une distorsion du réel.
    Les événements qui se succèdent durant son séjour comme les souvenirs qui reviennent en force prennent des allures mystérieuses, aux limites du réalisme et du fantastique : une initia- tion amoureuse, en Italie, le souvenir d'une amie chère, morte à Moscou sans le secours de son amitié, les habitants attachants et étranges de ce village des Alpes, la visite régulière du fantôme de sa mère dans les couloirs du monastère, et, en forme de résolution ouverte, un début d'ini- tiation aux mystères de la Bible en compagnie d'un vieil érudit et d'un jeune homme très peu terrestre...

  • Le narrateur est amoureux d'Étienne mais ne connaît pas sa famille. Quand il se décide à les rencontrer, il s'attend à être regardé en bête curieuse ou à être questionné. Mais la mère, qui porte quelques secrets de famille, tout comme le beau-frère, un peu allumeur, vont se comporter d'une façon étonnante.
    Ce texte élégant nous livre une minutieuse étude sur un milieu rural injustement méconnu, tout en décryptant avec finesse, le trouble des autres face à deux hommes qui s'aiment.

  • La claire fontaine

    David Bosc

    L'homme qui venait de franchir la frontière, ce 23 juillet 1873, était un homme mort et la police n'en savait rien. Mort aux menaces, aux chantages, aux manigances. Un homme mort qui allait faire l'amour avant huit jours.
    En exil en Suisse, Gustave Courbet s'est adonné aux plus grands plaisirs de sa vie : il a peint, il a fait la noce, il s'est baigné dans les rivières et dans les lacs. On s'émerveille de la liberté de ce corps dont le sillage dénoue les ruelles du bourg, de ce gros ventre qui ouvre lentement les eaux, les vallons, les bois.
    Quand il peignait, Courbet plongeait son visage dans la nature, les yeux, les lèvres, le nez, les deux mains, au risque de s'égarer, au risque surtout d'être ébloui, soulevé, délivré de lui-même.
    De quel secret rayonnent les années à La Tourde- Peilz, sur le bord du Léman, ces quatre années que les spécialistes expédient d'ordinaire en deux phrases sévères : Courbet ne peint plus rien de bon et se tue à force de boire ?
    Ce secret, éprouvé au feu de la Commune de Paris, c'est la joie contagieuse de l'homme qui se gouverne lui-même.
    Cet ouvrage a reçu un des sept Prix suisses de littérature 2014, le Prix Marcel Aymé 2013, ainsi que le Prix Thyde Monnier de la SGDL 2013.

  • L'empereur d'occident

    Pierre Michon

    " Qu'il meure de ma main ou que je meure de la sienne, il n'assouvira pas sa faim, il n'entendra pas le mot de l'énigme ; pas plus que je ne l'entendrai, moi, Aetius. Tout cela me lasse jusqu'à la mort. Tout cela doit être. Combattons. Des chevaux galopent, des flèches passent comme un vol d'ibis. Mon casque. "

  • « Je voudrais faire des portraits qui un siècle plus tard aux gens d'alors apparussent comme des apparitions » écrivait Van Gogh il y a justement un siècle. Ces portraits, on peut douter qu'ils apparaissent aujourd'hui : comble de la valeur marchande, ils sont aussi peu visibles que les effigies des billets de banque. C'est que Van Gogh, qui accessoirement était peintre aussi, est une affaire en or. Dans cette affaire, il est bien au-delà de son oeuvre maintenant, nulle part.
    J'ai voulu le voir en deçà de l'oeuvre ; par les yeux de quelqu'un qui ignore ce qu'est une oeuvre, si ce phénomène était encore possible à la fin du siècle dernier ; quelqu'un qui vivait dans un temps et dans un milieu où la mode n'était pas encore que tout le monde comprît la bonne peinture :
    Ce facteur Roulin qui fut l'ami d'un Hollandais pauvre, peintre accessoirement, en Arles en 1888. Et bien sûr je n'y suis pas parvenu. Le mythe est beaucoup plus fort, il absorbe toute tentative de s'en distraire, l'attire dans son orbite et s'en nourrit, ajoutant quelques sous au capital de cette affaire en or, sempiternellement.
    Cet échec est peut-être réconfortant : il me permet de penser que le facteur Roulin se tient nécessairement devant qui l'évoque à la façon d'une apparition, comme le voulait celui qui le fit exister.

  • Dieu ne finit pas

    Pierre Michon

    A travers l'exemple de Goya, un essai autour de la figure de l'artiste, dans ses rapports tumultueux avec les puissances sociales ou créatrices.

  • Cela se passait vers la fin d'un mois d'août.
    Nous étions proches d'un soir de pleine lune et la nuit, à cette date, ne semblait plus tout à fait la nuit. L'air était doux, bercé par quelques ombres végétales tandis qu'au loin des barques de pêcheurs tremblaient sur l'eau comme de petites étoiles frileuses.
    Dans le vaste salon de la villa, j'avais remarqué une des toiles récentes de Pierre Soulages ;
    J'entends par là celles qui ne laissent plus au blanc la moindre chance de tirer un seul éclat, le moindre appui. Maintenant, le noir souve- rain est tout autant couleur que reflet, matière que vibration, conjugaison de l'apparence et de l'enracinement.
    Et, comme surpris par mon propre discerne- ment, je découvrais le lien fondamental, essen- tiel - de nature, devrais-je mieux dire - unissant l'oeuvre à la source des éléments.

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  • Le mal des fantomes

    Benjamin Fondane

    " De tous les poètes ses contemporains, pas un, ni même ceux qui ont été dans la Résistance, pas un n'a écrit la révolte et le goût de vivre mêlé au sens de la mort comme Benjamin Fondane. Sa situation de fantôme lui-même, y est sans doute pour quelque chose : un émigrant de la vie traqué sur les fleuves de Babylone. Contre les dualismes de la philosophie, il est dans le continu de la vie à partir du poème et du poème à partir de la vie. Par là il est présent. " (Henri Meschonnic) Ce volume regroupe sous le titre Le Mal des fantômes les cinq livres de poèmes écrits en français, suivant le désir exprimé par Fondane dans la lettre qu'il a pu faire parvenir à sa femme du camp de Drancy où il fut interné du 14 mars au 30 mai 1944.

  • Sibérie

    Olivier Rolin

    « Fleuves géants, déserts glacés, taïga sans limites, températures extrêmes : en Sibérie, la géographie n'y va pas de main morte. L'Histoire non plus, qui en a fait la terre des bagnards et des déportés, l'un des noms du Malheur au XXe siècle.
    On peut pourtant trouver un charme secret à cette partie du monde que désigne assez bien le vieux mot de solitudes, et qui est comme le grand large sur terre. C'est mon cas.
    Les chroniques ici réunies témoignent à leur façon d'une inclination contre-nature... » O.R.

  • La robe bleue

    Desbordes M

    une vieille femme assise sur une chaise dans un parc.
    elle attend. le parc est celui de l'asile de montdevergues, et l'homme qu'elle attend est son frère. il s'appelle paul claudel. elle, donc, serait camille. trente années dans le parc, près d'avignon. présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. de l'amour et de la beauté. de la haine. de l'abandon. et de ce que c'est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante.

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  • Gaston Ferdière est ce psychiatre inconnu qui a reçu et soigné Antonin Artaud à l'hôpital de Rodez entre 1943 et 1946. La mémoire collective a gardé de lui l'image tremblée d'un aliéniste incapable de distinguer la littérature de la graphomanie, d'un père-la-morale acharné à ramener Artaud au bercail de la raison ordinaire. Autant de contresens.
    Homme sensible et cultivé, praticien généreux et compétent, Ferdière n'a guère péché que par manque de souffle poétique et de foi en luimême.
    Poète mort sans oeuvre et psychiatre injustement désavoué, il nous laisse l'énigme d'une vie ratée avec tant d'application qu'elle mérite, à coup sûr, le détour.

  • Le roi du bois

    Pierre Michon

    Un jour où, comme à l'accoutumée, il mène glander les porcs à travers la chênaie, un jeune paysan voit un carrosse s'arrêter dans le chemin.
    Une fille très parée en descend et trousse haut ses jupes sous les yeux stupéfaits de l'enfant caché dans les fougères.
    Cette apparition éblouissante, la chair blanche et les dentelles, le pouvoir qu'ont les puissants de jouir avec arrogance du luxe et de la beauté, il va désirer les faire siens.
    Arraché à sa condition, il restera pendant vingt ans au service du peintre Claude le Lorrain. Mais la peinture n'aura pas su le faire prince et combler ses espérances.
    C'est, pour finir, au coeur des bois qu'il se taille son royaume, un royaume sans illusions, simple et noir, fait de jouissances immédiates et d'un dépit triomphant qui fait résonner dans l'ultime phrase du livre ses accents diaboliques: « Maudissez le monde, il vous le rend bien. »

  • En décembre 1901, Henri Vidal, un hôtelier de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux jeunes prostituées. Quelques jours plus tard, à Tamaris près de Toulon, il assassine une autre fille publique. Il récidive à la fin du mois, en tuant cette fois cette jeune Suissesse rencontrée dans un train, entre Beaulieu et Eze.
    Arrêté parce qu'il voyageait sans billet, celui que le pays tout entier va surnommer le « tueur de femmes » est condamné à mort par la cour d'assises de Nice en novembre 1902. Gracié par le président Loubet, il est envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en juillet 1906. Mais entre- temps, l'assassin a suscité une immense littéra- ture, sur laquelle se fonde cette reconstitution biographique : faits divers bien sûr, chroniques journalistiques, témoignages, commentaires des magistrats et des experts, signés des plus illustres criminologues du temps, ainsi qu'une autobio- graphie du criminel, rédigée dans sa cellule l'été précédant le procès. À partir de ces nombreux matériaux, et sans ajouter le moindre mot aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un très étonnant montage, qui permet bien sûr de dérouler le film de cette existence singulière, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et parfois ses contradic- tions, construit la figure d'un criminel. On n'a jamais rien lu de pareil en histoire et le résultat est si saisissant qu'il fait songer aux textes les plus célèbres de micro-histoire.

  • Appel d'air

    Annie Le Brun

    "Voilà longtemps que rien n'est venu s'opposer véritablement à l'ordre des choses.
    Même, presque tous ceux qui prétendaient mener une critique sociale ne se sont nullement rendu compte de l'anachronisme de leurs armes. C'est pourquoi il n'est peut- être pas tout à fait inutile de revenir à cet appel d'air, à travers lequel, cherchant à ce que le vent se lève, j'avais misé moins sur la poésie proprement dite que sur l'insurrection lyrique qui en est à l'origine et réussit parfois à embraser tout le paysage.

    Ce qui n'est pas sans danger. S'il est alors possible de voir s'illuminer des pans de réalité insoupçonnée, il n'est pas d'édifice théorique qui n'en soit implicitement menacé, chacun ne tenant dans cette lumière que par l'intensité de ce que ses fenêtres laissent voir ou non. Tel est aujourd'hui le risque à courir pour que le regard commence à porter au loin."

  • Analyse du sentiment intérieur cherche à instruire sur de nouvelles bases le procès, jamais interrompu en philosophie, de la subjectivité humaine.
    Et il le fait en tentant de mettre en lumière les constituants de l'individualité du « moi » à partir de la seule considération du « lieu » dans lequel celui-ci reconnaît se sentir exister.
    Qui se sent exister voit naître en lui, comme sa vie même, un sentiment qui ne doit qu'à sa propre affectivité le fait d'être là. C'est cette « autonomie » du sentiment d'exister qui en fait un sentiment intérieur. Aussi, toute la question est-elle de montrer pourquoi et comment il existe, pour chacun d'entre nous, un « lieu » tout juste ajusté à soi, un lieu que notre « moi » n'a pas le pouvoir de quitter, ni de dépasser, et dans lequel il n'y a pas non plus de place pour un autre que lui. Ce lieu du moi, ce lieu « occupé » par sa subjectivité même, ce lieu qui fait corps avec l'épreuve qu'il ne cesse de faire de sa propre limitation ou finitude, comment le décrire adéquatement ? En quels termes aborder cette butée sur soi dont le moi jouit ou souffre à tout instant sur le plan de sa « corporéité », et que Rousseau avait touché du doigt en écrivant cette phrase inouïe : « Je suis tout entier où je suis. » Montrer que le sentiment intérieur enveloppe un « soi » dont la spécificité est de se manifester à la fois comme charnel et pulsatile, voilà ce qui donne tout son objet à Analyse du sentiment intérieur.

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