Bibia Pavard

  • Dans cette analyse globale variant les échelles géographiques et les regards, une jeune historienne, Bibia Pavard, revient sur les événements de mai et juin 1968.
    S'arrêtant d'abord sur les contextes (locaux, nationaux, internationaux) d'émergence d'une contestation multiforme, elle décrit ensuite comment se sont embrasées les villes, mais également les campagnes. Après le temps suspendu de mi-mai à mi-juin, marqué par les grèves, les occupations, les violences et la créativité, vient le temps de la reprise du travail, des tensions politiques et des élections législatives qui, fin juin, sonnent le retour à l'ordre.
    Or, pourquoi, un demi-siècle plus tard, cet événement suscite-t-il encore autant de polémiques ? Quels en sont les enjeux mémoriels ? Si le souvenir de cette période fondatrice, qui a « changé la vie » de toute une génération, perdure sous des formes politiques et culturelles diverses, c'est que Mai 68, plus qu'une date, est aussi et surtout un « esprit ».

  • Faire l'histoire de la contraception et de l'avortement en France, c'est faire l'histoire de l'un des changements majeurs du second XXe siècle. Le parti pris de l'auteure est ici de replacer les actrices et acteurs au coeur du changement. L'ouvrage traite des mouvements (MFPF, MLF, MLAC) mais aussi de figures politiques qui ont porté la réforme législative comme Lucien Neuwirth et Simone Veil. S'intéressant à la fois aux mobilisations, à l'écho médiatique et au changement législatif, il apporte un regard neuf à l'intersection entre histoire politique, histoire culturelle et histoire du genre.

  • Les femmes seraient un peuple sans écriture. De ce constat naît le désir de créer une maison d'édition qui leur soit consacrée et qui leur appartienne. Les éditions des Femmes sont créées en 1972 par un groupe issu du Mouvement de Libération des Femmes (MLF), autour d'une intellectuelle militante, Antoinette Fouque. En s'appuyant sur l'engagement politique et sur un réel professionnalisme, les éditions des Femmes publient en cinq ans, 150 livres, 3 magazines, et ouvrent 3 librairies. Avec un catalogue d'ouvrages de combat et d'oeuvres littéraires de qualité, le succès est au rendez-vous.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge est né d'une rencontre, celle de trois historiennes qui, depuis 2013, ont animé un séminaire à l'EHESS sur la sociohistoire des féminismes. Trois regards, trois générations, trois parcours différents pour une volonté commune d'offrir un récit renouvelé de l'histoire des féminismes en France.
    Motivées par la demande des étudiantes et étudiants pour des éléments historiques accessibles, les autrices répondent à des interrogations qui donnent à réfléchir aux perspectives politiques d'aujourd'hui. Comment les féminismes ont-ils émergé ? Quels liens entretiennent-ils avec les mobilisations de femmes révolutionnaires et l'anti-esclavagisme ? Doit-on parler de « féminisme bourgeois » ? Y a-t-il eu des féminismes noirs ? Les féministes étaient-elles toutes colonialistes ? Existe-t-il des féminismes religieux ? Comment s'articulent le mouvement gay lesbien trans (LGBTQI +) et les mouvements féministes ? Le féminisme institutionnel est-il réactionnaire ? Qu'est-ce que le genre fait aux féminismes ? Que révèle #MeToo sur la construction des femmes comme sujets politiques ? Qu'il y a-t-il de nouveau dans le féminisme d'aujourd'hui ? Comment les féminismes s'articulent-ils avec l'histoire impériale de la France et s'insèrent-ils dans des circulations transnationales ?
    Le récit se divise en quatre parties qui correspondent aux principales scansions entre la Révolution française et les premières décennies du XXIe siècle. Ce livre entend fournir quelques clés indispensables pour penser les féminismes d'hier et d'aujourd'hui à la lumière des grands défis contemporains, des inégalités sociales, raciales et de genre. Réinterroger l'histoire des féminismes revient ainsi à s'inscrire dans une volonté de renouveau d'une histoire qui cesserait d'ignorer celles et ceux qui ont pensé et agi pour l'égalité et la liberté des rapports de genre.

  • À l'image des mouvements qui les ont produites, les affiches féministes sont hétéroclites, foisonnantes, utopiques. Et contrairement aux affiches communistes, socialistes ou fascistes, elles n'ont pas été fabriquées par des partis ou des organisations centralisées et structurées, mais par des groupes pluriels. Leur production laisse davantage place à l'artisanat. Leur objectif est de rendre visibles les femmes, les oppressions qu'elles subissent ou leurs combats.
    Il s'agit aussi de convaincre de la légitimité de la revendication de l'égalité entre les sexes, et d'influencer les mentalités en changeant les images disponibles, en revalorisant la femme et en proposant des rôles sexués alternatifs. Les affiches féministes sont ainsi en dialogue avec celles des partis politiques, mais également avec celles de la culture de masse, en particulier la publicité. Et comme il n'y a pas un féminisme, mais une multitude, cela conduit à une grande variété de styles et de messages.
    Pour autant, il est possible de repérer des continuités dans les thèmes abordés. Les auteures en ont retenu six : la vie politique ; le travail ; la maternité et la famille ; la colonisation et l'immigration ; la création artistique ; l'institutionnalisation du féminisme. Au-delà des évolutions chronologiques, ces questions traversent, comme autant de fils rouges, les luttes des femmes du XXe et du XXIe siècle.

  • Ouvrage en reconstitue la généalogie depuis la fin du XIXe siècle où s'ébauchent les politiques de répression. Insérées dans la séquence des années 1968 et dans l'histoire du mouvement féministe, la fabrication du consensus social, politique et parlementaire autour des libertés de contraception et d'IVG et la persistance des oppositions politiques et religieuses sont analysées en détail jusqu'à l'étape du renouvellement de la loi sur l'IVG en 1979, puis de son approfondissement en 1982 et en 2001. Il s'agit aussi de comprendre le processus de mémorialisation de cet événement.
    L'étude historique sur la longue durée permet d'expliquer les tensions entre l'événement, tel qu'il est désormais perçu, et les limites de la portée concrète de la loi sur l'IVG en raison de ses restrictions et des difficultés de son application. Bibia PAVARD est agrégée et docteure en histoire, chercheuse associée au Centre d'histoire de Sciences Po.Florence ROCHEFORT est chargée de recherche au CNRS, Groupe Sociétés Religions Laïcités (GSRL EPHE/CNRS), présidente de l'Institut Émilie du Châtelet, co-directrice de la revue CLIO Histoire, femmes et sociétés. Michelle ZANCARINI-FOURNEL est professeure d'histoire contemporaine à l'université de Lyon-I, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, membre du comité de rédaction de la revue CLIO Histoire, femmes et sociétés.

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