Claude Rutault

  • Recueil réunissant six cent cinquante-sept « définitions/méthodes », le protocole pictural au fondement de l'oeuvre de Claude Rutault et source d'une nouvelle forme textuelle.
    (introduction) (...) peinture d'une famille et son évolution au fil des générations. le nombre des membres de la famille détermine le nombre de parties de l'oeuvre. par famille il faut entendre les différents modèles de structures familiales et leur évolution existant à ce jour dans le monde.
    Le nombre de toiles de chaque membre de la famille est choisi d'un commun accord par les parents à l'initiative de l'oeuvre. une deux trois toiles pour chacun... parents et enfants à égalité. le père et la mère auront une toile de même surface mais la forme pourra être différente. une toile pour chaque enfant, dès la naissance.
    Il est évident que les enfants devront attendre des années avant de participer à l'oeuvre. question d'éducation, de volonté, de patience, de conviction. aux parents d'organiser la mise en place de l'oeuvre et son évolution.
    Les toiles des enfants devront rester en piles, visibles, en attente, jusqu'à ce qu'ils puissent réellement prendre en charge. l'âge de prise en charge peut varier d'un enfant à l'autre. chacun choisira alors une ou plusieurs toiles qui ne seront pas obligatoirement celles que les parents leur destinaient initialement. ils choisiront un ou plusieurs murs, des couleurs, un accrochage.
    Ils actualiseront cette peinture en prenant appui avec au départ l'aide des parents, sur les règles habituelles des dé-finitions/méthodes.
    Lorque les enfants quittent le foyer ils emportent leur(s) toile(s). l'histoire continue, ailleurs, autre. chaque enfant qui fonde un foyer poursuit l'histoire de la famille.
    Par contre les enfants n'héritent pas des toiles de leurs parents. lorsque ceux-ci (...)

  • Déca-l'âge

    Claude Rutault

    Le volume manuscrit intitulé décal'âge, ici reproduit en fac-similé, se situe dans le registre des écrits intimes, des réflexions de travail, des journaux de pensée. On y retrouve le ton de Claude Rutault, sa familiarité avec la littérature, la densité méditative de sa réflexion quotidienne.
    Claude Rutault est mieux connu comme artiste que comme écrivain. C'est assez paradoxal car on pourrait dire de lui, comme on le fait de certains architectes, que c'est un « artiste de papier ». En effet, ce qui constitue le principe de son oeuvre depuis 1973, est un vaste ensemble de protocoles écrits à partir d'une définition radicale du tableau : « une toile tendue sur châssis peinte de la même couleur que le mur sur lequel elle est accrochée ».
    Dans l'histoire analytique de la peinture moderne, deux artistes auront su aller au-delà de la butée monochrome : Niele Toroni et Claude Rutault. Le premier avec ses empreintes de pinceau numéro 50 espacées de 30 cm, le second avec ses notices descriptives ou prescriptives qui délèguent et déterminent la tâche du « preneur en charge », autrement dit de qui (personne ou institution) se charge de réaliser une « définition/méthode », c'est la formule de l'artiste, en appliquant son programme.
    C'est dire l'importance de la lecture et donc de l'interprétation du texte dans l'oeuvre de C. Rutault. C'est dire surtout qu'il faut prendre cet artiste « au pied de la lettre ». Il est probablement le seul dans ce cas de figure. Cela ne signifie pas que l'on puisse réduire son oeuvre à un corpus conceptuel qui pourrait se passer de toute actualisation plastique, de toute « mise en oeuvre » physique. Une « définition/méthode », contient tous les possibles d'une oeuvre mais elle ne saurait en tenir lieu. Elle en est la condition de possibilité, une condition nécessaire et insuffisante puisqu'elle ne saurait tout dire de chaque possible qu'elle suppose. Le réel qui s'en déduit l'excède littéralement : « chaque nouvelle lecture / entraîne / la peinture ailleurs » (p. 136) En cela, l'oeuvre programmatique de C. Rutault est aussi à lire comme une expérience littéraire des limites du langage.
    De même que l'artiste n'a pas cessé de peindre pratiquement depuis qu'il a mis en place son dispositif descriptif/prescriptif (il a par exemple repeint, c'est-à-dire recouvert d'une couche monochrome grise ses anciens tableaux « figuratifs » ; il a aussi réalisé lui-même certaines de ses « définitions(méthodes »), de même a-t-il eu toujours soin de réviser son oeuvre « définitionnelle », amendant, augmentant, redistribuant son corpus assemblé successivement en deux volumes parus en 2000 et en 2016.
    Cherchant à réduire la peinture à sa plus simple expression, C. Rutault s'est engagé dans une interminée/interminable entreprise de déploiement discursif des variations possibles à partir de son thème initial. C'est ainsi qu'on peut lire ce massif textuel comme l'ekphrasis du musée imaginaire de son « travail ». Le lecteur y devient visiteur d'une rêverie contemplative qui s'attache à tous les aspects de l'oeuvre d'art : constituants, contextes, conditions, etc.
    Il y a un ton propre à C. Rutault, on pourrait aussi dire un style de pensée, tout en retenue méditative, ressassement, variations de focale, adossement historique, généralisation intempestive, reprises inépuisées, auto-analyse, inquiétude productive, inlassable : « la phrase prendra appui sur l'effacement / de celle qui l'a précédée » (p. 13). On retrouvera ce style dans déca-l'âge dont c'est ici le fac-similé fidèle. Un volume entier de notes, un cahier de pensée, une traversée des nuits de réflexion entre sommeil et insomnie, rêve et rationalisation.
    Le lecteur suivra, par-dessus son épaule, l'artiste au travail sur la partition, manuscrite au jour le jour, de son écoute intranquille : « j'aime écrire avec un stylo à plume, à l'encre noire sur un papier blanc » (p. 9). C'est l'antichambre des textes à caractère fictionnel que C. Rutault a écrits en marge du « livre » absolu des « définitions/méthodes » et par lesquels il poursuivait la peinture par d'autres moyens. Un livre d'heures décalé, patient, sévère, serein, intransigeant, « en attendant la fin du monde » (p. 13).

  • Anglais Claude Rutault

    Claude Rutault

    • Damiani
    • 1 Février 2014

    L'artiste français Claude Rutault (né en 1941) brouille les frontières de la peinture et de la sculpture, et de la peinture et de l'architecture. L'oeuvre reproduite ici se compose de toiles peintes monochromes accrochées à un mur de la même couleur.

  • Le catalogue raisonné des livres et imprimés de Claude Rutault, avec 293 publications décrites, 41 textes de l'artiste publiés dans divers documents entre 1974 et 2010, une bio/bibliographie et une édition numérique accompagnant l'ouvrage.
    A cette édition papier est associée une édition numérique sous forme d'une carte USB contenant un fichier PDF du même nombre de pages.

  • Livre d'artiste en deux volumes.
    « AMZ est une oeuvre en trois parties, trois blocs à la fois solides et mouvants dans l'espace et dans le temps. A, M et Z désignent en même temps une partie de l'oeuvre et sa localisation.
    La partie A est un ensemble de 100 toiles - initialement - brutes, tendues sur châssis, de tailles toutes différentes dans des formats standard, appuyées en piles contre les murs d'un lieu nommé par la lettre A. à chaque prise en charge, par un particulier ou une institution, d'une toile parmi les 100, celle-ci est accrochée sur un mur du lieu A, peinte de la même couleur que ce mur. à ce jour, 18 toiles ont été prises en charge. cette partie A, localisée pour un temps à partir de 1987 au consortium à dijon, est actuellement située au frac des pays de la loire à carquefou près de nantes.
    Les toiles prises en charge constituent la partie M. à la différence de A et de Z, la partie M est géographiquement dispersée. prendre en charge une toile en consiste à en choisir une en A et à la reconstruire, dans un format réduit, en un autre lieu. la réduction de cette toile dépend de deux facteurs qui s'additionnent : la distance entre le lieu A et le lieu de reconstruction - plus on est loin plus la réduction augmente (question d'espace) et l'ordre de prise en charge de la toile - la réduction est moins grande pour le troisième preneur en charge que pour le quarantième (question de temps).
    Z, troisième partie, regroupe les différents papiers qui matérialisent les différences de surface entre celles des toiles en A et celles des toiles en M. Z est également un lieu d'information sur l'oeuvre AMZ. à l'origine, cette partie Z a été gérée par art & cie à paris. elle est depuis 2011 gérée par le cdla.
    Les trois parties sont solidaires (M et Z ne sont pourtant pas les satellites de A). tout changement dans l'une entraîne la modification d'une autre. AMZ est en quelque sorte une oeuvre en suspens qui se déploie à la manière d'un rhizome ou d'une constellation (la partie A serait alors l'Alpha de l'oeuvre).
    AMZ abolit toutes sortes de hiérarchies et se joue des antagonismes. » Claude Rutault Edition limitée à 400 exemplaires numérotés et signés.
    Né en 1941 à Trois Moutiers (Vienne), Claude Rutault vit et travaille à Vaucresson (Hauts-de-Seine).

  • L'exposition présente dix oeuvres de C. Rutault qui dialoguent avec un tableau de P. Picasso.

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