Felipe Hernàndez

  • Dans un futur proche, des phénomènes inexpliqués ont lieu dans diverses régions du monde. Décalages temporels, mutations dans l'espace, mystérieuses disparitions d'éléments naturels, d'objets et de personnes. Les réseaux sociaux et les moyens de communication s'en font l'écho et puis l'oublient.
    Seuls des experts tentent de décrypter des phénomènes qui apparemment leur échappent. Mais ces experts sont aussi énigmatiques que les anomalies qu'ils annoncent vouloir expliquer. Ces mystères leur échappent-ils ou en sont-ils les organisateurs ? C'est ce que ne cessera de se demander Jacob Sénder, le héros de ce roman. Tout commence par sa découverte, à la suite d'un accident, d'une salle de jeu à la place du commissariat où il est chargé de décrypter des documents en langage codé. Deux mondes semblent cohabiter et Jacob passe sans cesse de l'un à l'autre sans pouvoir déterminer lequel est réel et lequel est le fruit de son imagination.
    Et si le monde que nous considérons comme réel n'était qu'un type de jeu parmi d'autres ? C'est sur cette hypothèse implicite que repose la longue quête du héros de ce roman où l'on retrouve tout le talent de Felipe Hernández pour traiter de manière réaliste des situations dont la dimension fantastique n'est qu'une incitation à réfléchir de manière originale au désordre d'un monde où le virtuel menace d'occuper une place de plus en plus envahissante.

  • Eden

    Felipe Hernàndez

    Un court fragment énigmatique de la Genèse, celui qui traite de la confusion des langues, inspire les personnages et le monde en apparence intemporel d'Éden.
    Samuel Molina est traducteur dans une ville où la multiplication des langues a plongé les habitants dans l'incommunicabilité. Dominée par l'ombre d'une Tour en construction, la ville décrite ici n'est pas une ville du passé : elle est, à l'image de la Babel de la Bible, la métropole dans laquelle nous vivons et vivrons dans le futur.
    Engagé pour la traduction d'un mystérieux Livre, écrit dans un idiome inconnu, Samuel Molina va devoir mettre à l'épreuve ses extraordinaires dons d'interprète. La commande, vitale pour la cité, l'est aussi pour Samuel dont les problèmes visuels et les déboires avec une administration aussi absurde qu'omniprésente mettent en péril l'identité et la vie.
    La quête du sens caché d'un texte qui se dérobe va de pair avec la recherche pleine d'espoir de l'amour d'une femme inaccessible.

  • Un jeune compositeur, josé medir, survit en donnant des leçons de piano dans une famille bourgeoise, jusqu'au jour oú l'ancien directeur du conservatoire, un curieux personnage devenu le maître incontesté de l'auditorium de la ville, s'intéresse soudain à lui.
    Il lui commande une étrange partition dont il se réserve l'exclusivité. le jeune musicien à l'oreille exceptionnelle se trouve alors inexorablement happé par un tourbillon dans lequel vont être entraînés son ami d'enfance victime d'un mal qu'il veut garder secret, les deux jeunes filles qu'il aime et tous les êtres qu'il est amené à rencontrer dans sa vie désormais habitée par l'urgence d'une création musicale aussi douloureuse que tyrannique.
    Au rythme des péripéties, des fils se nouent entre des destinées apparemment étrangères les unes aux autres, qui tous conduisent au couple formé par le commanditaire de la partition et son âme damnée, le garde forestier, qui organise de mystérieux combats de chiens au profit de son maître tout en veillant jalousement sur lui. felipe hernândez excelle à mener l'intrigue d'un roman qui n'est ni simplement réaliste ni délibérément fantastique, et qui est aussi une réflexion sur la création.

  • La dette

    Felipe Hernàndez

    Dessinateur menacé de chômage, propriétaire d'un appartement qu'il a du mal à payer, mari d'une femme qui a perdu toute confiance en lui, Andrés Vigil est un homme ordinaire à qui il ne reste plus qu'une seule passion : le violoncelle sur lequel il tente désespérément de jouer une suite de Bach. Sa vie bascule le jour où il se rend discrètement chez le prêteur qui lui a consenti une avance pour l'achat de son instrument. Témoin malgré lui d'un règlement de compte qui se solde par le supplice de l'usurier, il comprend vite que non seulement sa dette n'est pas effacée mais qu'elle a changé de nature quand il constate avec effroi que l'assassin du prêteur s'est installé dans l'appartement au-dessus du sien.
    Godoy, l'inconnu à la logique implacable et à la mémoire prodigieuse qui fait métier de la correction des défauts de ses contemporains, au besoin en les éliminant, va emprisonner Andrés Vigil dans une spirale, celle de la dette sans fin que l'on doit payer à la soumission volontaire, à l'admiration aveugle, à un usage de la justice et de la raison qui conduit à la folie.

  • "L éclatement tragique de la Yougoslavie est une des pièces maîtresses de l instauration du nouvel ordre mondial après 1989 et le début d un tournant historique qui a amené sa population à vivre l un des plus grands échecs de coexistence multiethnique. Tardant à se tourner vers un pluralisme politique, les dirigeants et les intellectuels ont préféré se diriger vers un ethnocentrisme nationaliste régressif. Cet ouvrage offre une étude du rôle des intellectuels et de l influence des élites politiques dans la création, le développement et la dislocation d un pays impliqué directement dans le déroulement de la guerre froide."

  • Angel Amoros n'a jamais oublié le mois de décembre 1929.
    C'est à cette date que le chroniqueur de faits divers du journal " La Voz " découvrit que Madrid avait ses enfers, même si certains les appelaient paradis. Pour retrouver son ami disparu, il va devoir plonger dans les abîmes de la drogue et faire face aux sombres blessures de l'Histoire.

  • Le dessin de couverture et le titre aussi sont assez obscurs pour inciter le lecteur à ouvrir l'album, pour découvrir ce qui se cache derrière tant de mystères. Il manquait sûrement au volume précédent des mémoires d'Amoros un peu de sentiment. Une lacune que ce deuxième volet réussit à combler.

    Oui, car il est bien question d'amour ou plutôt de fascination, comme la femme ténébreuse de la couverture nous le promettait. A tout roman historique sa bataille glorieuse, à tout polar sa femme fatale. Cava ne fait que respecter les règles du genre. Le scénario mise particulièrement sur le couple Amoros-Négri. Les années ont passé, le jeune journaliste travaille toujours à La Voz. En volant au secours d'une femme brutalisée dans un bar, notre héros reçoit en récompense des mains de l'amant de celle-ci un tableau. L'homme, aujourd'hui baron de Carvia, était autrefois entraîneur de boxe et trafiquant d'armes pour les troupes d'Abd-el-Krim à ses heures perdues. Devenu riche, le baron s'essaye à présent au trafic d'oeuvres d'art. Mais lorsque les sentiments se mêlent au banditisme, les pistes se brouillent et l'on ne sait si le devoir du journaliste est de dénoncer les contrebandiers ou de convaincre Lola de rester près de lui. Cava a mis en scène une seconde fois ce personnage irréprochable qu'un certain Eduardo de G uzman, bien réel, lui a inspiré. Rédacteur en chef du journal anarchiste La Tierra jusqu'en 1935, il a collaboré par la suite à plusieurs journaux de la même mouvance. Lorsque Franco arrivera au pouvoir, Guzman sera arrêté, emprisonné et condamné à mort avant que sa peine ne soit allégée. Il finira par être libéré mais ne pourra exercer son ancien métier. Alors, il se tournera vers la littérature. Les romans policiers auront sa préférence. C'est surtout le courage et la détermination de Guzman qui ont donné l'idée au scénariste de créer le personnage d'Amoros.

  • La bande dessinée a proposé jusqu'ici deux types de récits :
    Soit des fictions et des aventures, faites pour l'évasion du lecteur, soit des témoignages et des documents, faits pour son instruction.
    Avec Je suis mon rêve, c'est un nouveau territoire qui s'ouvre, celui de la fiction historique, une histoire revue par le double filtre de la mémoire et de l'imagination. Je suis mon rêve ne raconte ni n'invente l'histoire du XXe siècle : il la change.

  • 1953.
    Alex est au coeur d'une machination internationale qui a causé la mort de sa mère. Dépassé et entraîné dans la danse folle de l'espionnage, il n'est sûr que de deux choses : sa vie est en danger et tous les personnages autour de lui jouent un jeu. Leur jeu. Vanessa, l'agent britannique devenue sa maîtresse, la première. D'ailleurs a-t-il raison de partir pour Majorque avec elle et d'y poursuivre l'enquête en se faisant passer pour un couple fraîchement marié ? Etrange et dangereuse lune de miel...

  • Mars 1953. Alexander marche dans les rues de Londres. À sa main, une sacoche contenant la bombe qu'il va jeter sur le maréchal Tito, lequel effectue une visite controversée en Grande-Bretagne. L'histoire d'Alexandre commence quelque mois plus tôt, quand sa mère, renversée par une voiture, est tuée sur le coup. Décidé à comprendre comment, alors qu'elle était internée dans une institution pour vieilles personnes perdant la tête, elle a pu se retrouver si loin de chez elle, Alexander est pris dans un engrenage terrible qui le voit aux prises avec les services secrets britanniques et des royalistes serbes, un engrenage qui le pousse à se rendre sur l'île de Majorque pour, fi nalement, se retrouver quelques mois plus tard sur les quais de la Tamise, une bombe à la main.

  • Mars 1953, Grande-Bretagne. Alexander marche dans les rues de Londres.
    À sa main, une sacoche contenant la bombe qu'il va lancer sur le maréchal Tito.
    L'histoire d'Alexander commence quelque mois plus tôt quand sa mère, renversée par une voiture, est tuée sur le coup. Décidé à comprendre comment, alors qu'elle était internée, elle a pu se retrouver seule, Alexander se retrouve prisonnier d'un engrenage qui le met aux prises avec les services secrets britanniques et des royalistes serbes.

  • 1945. Les attentats et assassinats qui secouent Madrid trouvent un écho dans la bande dessinée pourtant très conventionnelle que publie en feuilleton Enrique Montero, un ancien républicain communiste. Ses anciens amis lui demandent de reprendre du service pour aider à piéger l'un des leurs qui enfreint les consignes du parti... Enrique ne veut ni résister, ni survivre en trahissant : il voudrait avant tout oublier.
    Le Piège combine trois temps différents : celui de la réalité, celui de l'histoire que le « héros » dessine, et celui des souvenirs de la récente guerre civile.
    Cet album d'une grande force rend hommage aux auteurs de BD de l'après-guerre et ressuscite, dans une ambiance volontairement oppressante, une page noire de l'histoire espagnole.
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  • « Vous savez, j'ai lu que lors de l'ultime phase de la syphilis, se chevauchent les épisodes de dépression, de colère et de paranoïa... avec ceux de l'euphorie, de béatitude et dans le cas des artistes, de grande créativité. » Inspiré par la nouvelle Le Horla et l'univers littéraire français de la fin du dix-neuvième siècle, le scénariste Felipe Hernàndez Cava et le dessinateur Sanyú retracent les derniers jours de Guy de Maupassant, atteint de syphillis, sa lente dégradation physique, sa démence, hantée par ses souvenirs et ses fantômes (Flaubert, Nerval...).
    Un texte fort, dérangeant, de la plume de Felipe Hernàndez Cava, auteur de nombreux albums et grand acteur du renouveau de la bande dessinée espagnole (on le trouve aussi bien aux éditions Dargaud que chez Frémok).
    Une réflexion poétique sur la mort et la folie sublimée par le trait expressionniste du dessinateur argentin Sanyú.

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