Gilles Aufray

  • Nocturnes Lui et Elle. Ils sont « là ». Dans cet espace hors du temps où n'existe plus que la parole pour faire exister à nouveau ce qui n'est plus, comme au théâtre quand le poème réinvente le monde. Il y a aussi la voix, qui parle du théâtre justement, qui n'existe plus, qui existera. Ce sont peut-être les rescapés d'une représentation depuis longtemps achevée. Lui et Elle. Ils sont « là ». En équilibre précaire entre le quotidien et l'au-delà, dans une conversation sans fin, ils tricotent avec les mots le fil de leur vie et inventent la lumière dans l'obscurité du silence. Il y a aussi la voix : « Au début, était le verbe ».
    Emile et Philémon  « Philémon ! » « Quoi ? » « C'est quoi la vie ? » émile et Philémon sont traversés par des grandes questions pour lesquelles ils doivent inventer des réponses en forme d'?histoires qu'ils nous racontent pour pouvoir continuer à être. émile et Philémon viennent d'arriver et ils ont toujours été là, deux figures en déséquilibre au bord du monde qui passe et qui semble leur échapper... C'est une histoire d'amitié, ou comment il est encore possible à deux ou à plusieurs de rester debout, de résister, de rêver et de changer le cours des choses...

  • Un homme veut partir.Il est sur le point de monter dans le train quand on l'arrête. " Vous êtes libre, vous pouvez partir, mais à une condition : prouvez-nous que vous êtes vivant ! " On l'emmène alors ici, dans ce lieu où il doit ce soir chercher la preuve de son existence. Un homme doit ce soir prouver qu'il est ce qu'il a toujours cru être. S'il échoue.Mais l'homme est plein de ressources, il a plus d'un tour dans son sac. A lui de jouer !

  • Au bord du monde

    Gilles Aufray

    "Dans certaines villes, quand vient le soir, souvent après le dîner, les habitants vont se promener au bord d'un lac ou de la mer, le long d'un fleuve ou sur les avenues bordées de cafés dans l'un desquels ils s'arrêtent quelquefois pour boire un verre et regarder les gens qui déambulent dans la dernière lumière du jour. Ici, il n'y a ni lac, ni mer, ni fleuve, ni avenues bordées de cafés. Ici, quand vient le soir, souvent après le dîner, les habitants de la ville vont se promener au bord du monde.
    Cette pièce peut aussi être présentée en scènes séparées."

  • « Le 16 novembre 1963, commence Giacommo, le brouillard enveloppe le Grand Canal sur lequel deux bateaux entrent en collision. Quand le brouillard se dissipe, aussi rapidement qu'il s'était levé, on retire du canal trois corps. Deux hommes, ils sont morts, et une femme qui refuse de donner son nom. On l'appellera la Dame de Venise. Elle ne peut plus marcher mais, assise dans son grand fauteuil, elle rêve de voyages. Je voyage pour elle, je visite les villes du monde puis je retourne à Venise pour les lui raconter, mais la Dame de Venise n'est jamais satisfaite et je dois toujours repartir à la recherche de la Ville Merveilleuse, une ville dont elle ne pourra jamais se lasser, une ville que je pourrai lui raconter tous les soirs... »

  • Auteur de théâtre, Gilles Aufray sait donner du souffle à son verbe. Il embarque son lecteur dans un conte initiatique, poétique et onirique, avance dans son récit comme un parapluie à la rencontre fortuite d'une machine à coudre. Son parti pris, confirmé par les illustrations, de ne pas situer cette histoire la rend universelle et intemporelle. Marion Janin (Les Silences des pierres et Le Ventre du crocodile) par la très grande finesse de son trait et son sens affirmé du détail, entretient l'étrangeté. Tous deux nous entraînent dans leur rêve et nous n'avons nulle envie de nous réveiller.

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