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Le Seuil
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Archéologie des sciences humaines : Cours. São Paulo (1965)
Foucault Michel
- Le Seuil
- Hautes Études
- 30 Mai 2025
- 9782021452891
À l'automne 1965, Michel Foucault est invité à l'université de São Paulo. Il s'agit de son premier séjour au Brésil. Il vient de remettre à son éditeur le manuscrit de son maître-livre - Les Mots et les Choses. Six mois avant sa parution, il choisit d'en faire la matière d'un cours qu'il intitule : « Archéologie des sciences humaines ».
Cette série de huit leçons permet à Michel Foucault de présenter à un public non préparé la trame historique et philosophique des Mots et les Choses. L'« Archéologie des sciences humaines » constitue ainsi à sa manière une introduction originale à l'ouvrage de 1966. Mais ces leçons proposent également une mise en perspective nouvelle des thèmes et des enjeux qui conduiront Foucault, au cours des années suivantes, à modifier en profondeur les coordonnées conceptuelles, philosophiques et épistémologiques de son « archéologie ».
« Hautes Études » est une collection des Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil. -
Il faut défendre la société ; cours au Collège de France, 1976
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 27 Février 1997
- 9782020231695
Dans le cours de 1976, « Il faut défendre la société », Michel Foucault s'interroge sur la pertinence du modèle de la guerre pour analyser les relations de pouvoir.
Michel Foucault en définit deux formes : le pouvoir disciplinaire, qui s'applique sur le corps par le moyen des techniques de surveillance et des institutions punitives, et ce qu'il appellera désormais le « bio-pouvoir », qui s'exerce sur la population, la vie et les vivants. Analysant les discours sur la guerre des races et les récits de conquête (notamment chez Boulainvilliers), Michel Foucault dresse la généalogie du bio-pouvoir et des racismes d'État. La logique des rapports entre pouvoir et résistance n'est pas celle du droit mais celle de la lutte : elle n'est pas de l'ordre de la loi mais de celui de la stratégie. La question est dès lors de savoir s'il convient de renverser l'aphorisme de Clausewitz et de poser que la politique est la continuation de la guerre par d'autres moyens.
Le cours présenté ici a été prononcé de janvier à mars 1976 au Collège de France, c'est-à-dire entre la sortie de Surveiller et Punir et celle de La Volonté de savoir. Il inaugure la publication des cours de Foucault au Collège de France, établie sous la direction de François Ewald et d'Alessandro Fontana, dans la collection « Hautes Études ».
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Les anormaux - cours au college de france, 1974-1975
Foucault Michel
- Le Seuil
- 18 Mars 1999
- 9782020307987
Prononcé au Collège de France de janvier à mars 1975, le cours sur « Les Anormaux » poursuit les analyses que Michel Foucault a consacrées depuis 1970, et surtout dans « Il faut défendre la société », à la question du savoir et du pouvoir : pouvoir disciplinaire, pouvoir de normalisation, bio-pouvoir.
C'est à partir de multiples sources, théologiques, juridiques et médicales, que Foucault aborde le problème de ces individus « dangereux » qu'on appelle, au XIXe siècle, les « anormaux ». il en définit les trois figures principales : les monstres, qui font référence aux lois de la nature et aux normes de la société, les incorrigibles, pris en charge par les nouveaux dispositifs de dressage du corps, et les onanistes, qui alimentent, depuis le XVIIIe siècle, une campagne visant à la mise en discipline de la famille moderne.
Les analyses de Foucault prennent comme point de départ des expertises médico-légales qu'on pratique encore dans les années 1950. Il esquisse ensuite une archéologie de l'instinct et du désir, à partir des techniques de l'aveu dans la confession et dans la direction de conscience. Il pose ainsi les prémisses historiques et théoriques de travaux qui seront repris, remaniés, réélaboré dans son enseignement au Collège et dans les ouvrages ultérieurs. Ce cours représente donc une pièce essentielle pour suivre les recherches de Foucault dans leur formation, leurs prolongements et leurs développements.
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La société punitive ; cours au collège de France 1972-1973
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Etudes
- 5 Décembre 2013
- 9782021038033
" L'organisation d'une pénalité d'enfermement n'est pas simplement récente, elle est énigmatique. Qu'est-ce qui pénètre dans la prison ? En tout cas, pas la loi. Que fabrique-t-elle ? Une communauté d'ennemis intérieurs. " C'est en ces termes que Michel Foucault dénonce, dans ce cours prononcé en 1973 - et que viendra compléter, en 1975, son ouvrage Surveiller et punir - le " cercle carcéral ".
La Société punitive étudie ainsi comment les sociétés traitent les individus ou les groupes dont elles souhaitent se débarrasser, c'est-à-dire les tactiques punitives, mais aussi la prise de pouvoir sur le corps et sur le temps et l'instauration du couple pénalité-délinquance.
Michel Foucault retrace l'histoire des " tactiques fines de la sanction " dont il distingue quatre modalités : exiler ; imposer un rachat ; marquer ; enfermer. C'est dans la seconde moitié du XVIIIe siècle que se développe une " science des prisons " à fonction corrective et que se construit un discours sur le criminel et son traitement possible, donnant naissance à un schéma de société qui vise à l'absolu du contrôle et de la surveillance. L'ajustement entre le système judiciaire et le mécanisme de surveillance (l'organisation d'une police), entre l'émergence de la richesse et la pratique des illégalismes, entre la force corporelle de l'ouvrier et l'appareil de production s'accomplit ensuite au tournant du XIXe siècle. Foucault démontre donc que ce sont les instances de contrôle para-pénal du XVIIe et du XVIIIe siècle qui ont abouti, in fine, au fonctionnement de la prison, visant à l'élimination du désordre, au contrôle de la distribution spatiale des individus, de leur emplacement par rapport à l'appareil productif.
La Société punitive finit par poser la question, cruciale aux yeux du philosophe, de la validité intrinsèque de la loi pénale. A-t-elle vocation universelle ou se limite-t-elle à la douteuse applicabilité d'une somme de décrets ?
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Nietzsche : Cours, conférences et travaux
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 31 Mai 2024
- 9782021452853
« Nietzsche et Heidegger, ça a été le choc philosophique ! Mais je n'ai jamais rien écrit sur Heidegger et je n'ai écrit sur Nietzsche qu'un tout petit article ; ce sont pourtant les deux auteurs que j'ai le plus lus », dira Michel Foucault à la fin de sa vie. Puis, il précise : « Je crois que c'est important d'avoir un petit nombre d'auteurs avec lesquels on pense, avec lesquels on travaille, mais sur lesquels on n'écrit pas. »
Les Cours, conférences et travaux sont des témoignages inédits du « travail » de Foucault avec Nietzsche. Ces textes datent des deux grandes périodes de sa vie intellectuelle : d'abord le début des années 1950, quand il s'intéresse à Hegel et à la phénoménologie, ainsi qu'au marxisme. Le jeune Foucault expérimente alors de nouvelles approches pour développer une philosophie fondée sur l'expérience et l'analyse du discours. Ensuite, après la publication des Mots et les Choses en 1966, lorsque Foucault revient avec élan à Nietzsche pour élaborer sa propre méthode généalogique, relançant ainsi son projet d'une histoire de la vérité et du dire vrai.
C'est à travers la confrontation avec Nietzsche que Foucault aura construit sa propre manière de philosopher. Ces Cours, conférences et travaux sont indispensables pour comprendre comment Foucault a lu Nietzsche, en particulier au moment décisif où il le découvre. Ils sont essentiels pour saisir le Nietzsche de Foucault. -
Qu'est-ce que la philosophie et quel est son rôle aujourd'hui ? Entre juillet et octobre 1966, quelques mois après la parution des Mots et les Choses, Michel Foucault, dans un manuscrit très soigneusement rédigé mais qu'il ne publiera pas, apporte sa réponse à cette question tant débattue.
À la différence de ceux qui, à l'époque, s'attachent à dévoiler l'essence de la philosophie ou à en prononcer la mort, Foucault l'appréhende, dans sa matérialité, comme un discours dont il convient de dégager l'économie eu égard aux autres discours (scientifique, fictif, ordinaire, religieux) qui circulent dans un contexte donné.
Le Discours philosophique propose ainsi une nouvelle manière de faire l'histoire de la philosophie, qui la décentre du commentaire des grands philosophes. Nietzsche y occupe toutefois une place particulière car il inaugure une conjoncture où la philosophie devient une entreprise de diagnostic du présent. Il revient en effet désormais à la philosophie de dire, à partir de l'« archive intégrale » d'une culture, ce qui en fait l'actualité.
Si L'Archéologie du savoir, consacré aux enjeux méthodologiques d'un tel projet, s'y annonce, nulle part autant que dans Le Discours philosophique Michel Foucault n'aura explicité les ambitions de son programme intellectuel. -
Le pouvoir psychiatrique : Cours au collège de France (1973-1974)
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 17 Octobre 2003
- 9782020307697
L'Histoire de la folie à l'âge classique faisait l'archéologie du partage selon lequel, dans nos sociétés, le fou se trouve séparé du non-fou. Le récit s'achève sur la médicalisation de la folie au début du XIXe siècle.
Le cours que Michel Foucault consacre à la fin de 1973 et au début de 1974 au «Pouvoir psychiatrique» poursuit cette histoire tout en infléchissant le projet: il s'agit ici de dresser la généalogie de la psychiatrie, de la forme propre de «pouvoir-savoir» qu'elle constitue. Pour cela impossible de partir de ce que serait un savoir médical sur la folie, inopérant dans la pratique. On ne peut rendre compte de la véridiction psychiatrique sur la folie qu'à partir des dispositifs et des techniques de pouvoir qui organisent le traitement des fous dans cette période qui va de Pinel à Charcot. La psychiatrie ne naît pas comme conséquence d'un nouveau progrès dans la connaissance sur la folie mais des dispositifs disciplinaires dans lesquels s'organise pour lors le régime imposé à la folie.
Michel Foucault s'est souvent interrogé sur la vanité du discours des psychiatres, que l'on retrouve dans la pratique toujours contemporaine de l'expertise judiciaire. De ce point de vue, Le Pouvoir psychiatrique poursuit le projet d'une histoire des «sciences» humaines.
Le cours s'achève à la fin du XIXe siècle au moment de la double «dépsychiatrisation» de la folie, dispersée entre neurologue et psychanalyste. Mais on trouvera dans le résumé du cours que Michel Foucault devait préparer pour l'Annuaire du Collège de France l'essentiel de ce qu'il n'avait peut-être pas eu le temps d'exposer dans ce cours. Si bien que Le Pouvoir psychiatrique va jusqu'à proposer une généalogie des mouvements anti-psychiatriques qui ont tant marqué les «sixties» du siècle précédent.
«Hautes Études» est une collection de l'École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil. -
Leçons sur la volonté de savoir ; cours au Collège de France, 1970-1971 ; le savoir d'OEdipe
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 10 Février 2011
- 9782020860246
Voici le premier cours de Michel Foucault, professé au Collège de France en 1971. Foucault fait suite ici à l'annonce de sa leçon inaugurale dans lqauelle il déclarait vouloir établir une généalogie du savoir. Le véritable thème de ce cours est moins la possibilité de cette entreprise que ses effets sur notre conception de la vérité depuis Platon, c'est-à-dire sur la philosophie elle-même. D'Hésiode à Nietzsche, Foucault, Foucault poursuit une réflexion qui se nourrit aussi à des sources plus contemporaines, explicites ou implicites : Heidegger, Jean-Pierre-Vernant, Marcel Detienne, notamment.
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Théories et institutions pénales ; cours au Collège de France, 1971-1972
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 15 Mai 2015
- 9782020985697
Dans ces leçons, prononcées au Collège de France de novembre 1971 à février 1972, Michel Foucault théorise pour la première fois la question du pouvoir qui va l'occuper jusqu'à la rédaction de Surveiller et punir (1975) et au-delà.
À travers la relation minutieuse de la répression par Richelieu de la révolte des Nu-pieds (1639-1640), il montre comment le dispositif de pouvoir élaboré à cette occasion par la monarchie rompt avec l'économie des institutions juridiques et judiciaires du Moyen Âge et ouvre sur un « appareil judiciaire d'État » dont la fonction va se centrer sur l'enfermement de ceux qui défient son ordre. Il étend ensuite son analyse à l'économie des institutions juridiques et judiciaires depuis le droit germanique jusqu'au seuil de la modernité.
Dans ce cours, Michel Foucault systématise l'approche d'une histoire de la vérité à partir de l'étude des « matrices juridico-politiques », étude qu'il avait commencée dans le cours de l'année précédente (La Volonté de savoir) et qui est au cour de la notion de « relation de savoir-pouvoir ».
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La question anthropologique : cours, 1954-1955
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 10 Juin 2022
- 9782021452730
Qu'est-ce que l'homme ? Michel Foucault, au mitan des années 1950, consacre une partie de son enseignement, dispensé à l'université de Lille et à l'École normale supérieure, à comprendre comment cette interrogation a traversé et transformé la philosophie. Ces leçons sont rassemblées dans un manuscrit, dont nous proposons ici l'édition complète.
Foucault déroule son parcours en une dramaturgie impeccable. Premier acte : montrer pourquoi la philosophie classique (Descartes, Malebranche, Leibniz) demeurait sourde à cette question. Son idée infinie de « nature » empêchait que l'homme puisse nouer un rapport immédiat à sa propre vérité. Deuxième acte : exposer comment, après le renversement kantien, le point de gravitation de la philosophie moderne, de Feuerbach à Dilthey en passant par Hegel et Marx, devient cet homme vrai qui déploie un monde de significations et de pratiques révélant son essence. Troisième acte : décrire l'éclatement du dispositif anthropologique chez Nietzsche - à travers cette pensée dionysiaque qui, avec la mort de Dieu, proclame l'effacement de l'homme et promet des expériences tragiques de vérité. Pour la première et dernière fois, on trouve sous la plume foucaldienne une présentation longue, précise et percutante de la philosophie de Nietzsche.
Dans ce cours, Foucault lance en même temps des flèches vers son oeuvre à venir. On y discerne déjà l'entreprise critique qui s'épanouit en 1966 dans Les Mots et les Choses : thèse d'une configuration anthropologique de la modernité, annonce d'une mort de l'homme après son invention toute récente, programme d'une archéologie des sciences humaines. Juste avant son départ pour la Suède, Foucault surgit à la verticale de son propre destin philosophique. -
Phénoménologie et psychologie 1953-1954
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 4 Novembre 2021
- 9782021452693
En octobre 1954, Michel Foucault, alors assistant en psychologie à Lille, écrit à son ami Jean-Paul Aron au sujet d'un texte qu'il est en train de rédiger : « La thèse est passée en deux mois du néant à la 150e page. Je suis moi-même fort surpris de ce livre-champignon : non seulement de sa croissance, qui exige bien des retouches, mais aussi de sa tournure ; il a pris tout de suite l'allure d'une interrogation sur la notion de monde dans la phénoménologie, qui m'a mené à toute une interprétation de Husserl, qu'on dira certainement heideggérienne, mais qui ne l'est pas, je crois. Je me demande en tout cas comment j'ai pu jouer au psychologue pendant plusieurs années. » Le manuscrit édité dans ce volume correspond sans doute à ce projet de thèse que Foucault n'a plus évoqué par la suite.
De ce silence, comme de quelques remarques ultérieures, on a pu déduire que Foucault avait une vision surtout négative de la phénoménologie. Phénoménologie et Psychologie montre pourtant qu'il avait le plus grand respect pour la pensée de Husserl, dont on constatera que le jeune philosophe avait une maîtrise remarquable. Pour lui, la phénoménologie husserlienne permet à la philosophie de se dégager des impasses de la psychologie. Ressaisie dans sa radicalité transcendantale, la phénoménologie ne se concentre plus en effet sur le sujet ou la conscience, mais elle dévoile sa portée proprement ontologique en s'orientant résolument vers le monde. À travers son interprétation de Husserl, Foucault définit donc pour la première fois son propre projet philosophique, liant expérience, sujet, vérité et langage.
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La sexualité ; le discours de la la sexualité
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 18 Octobre 2018
- 9782021401134
Michel Foucault avait engagé le projet d'une histoire de la sexualité dès les années 1960, et lui avait notamment consacré deux cours, jusqu'ici inédits.
Le premier, donné à Clermont-Ferrand en 1964, s'interroge sur les conditions d'apparition, en Occident, d'une conscience problématique et d'une expérience tragique de la sexualité, ainsi que de savoirs qui la prennent pour objet. Partant d'une réflexion sur l'évolution du statut des femmes et du droit du mariage, ce cours aborde l'ensemble des savoirs sur la sexualité, de la biologie ou l'éthologie à la psychanalyse.
Le second, donné à Vincennes en 1969, prolonge en même temps qu'il déplace ces interrogations. Foucault s'y intéresse en détail à l'émergence d'un savoir biologique sur la sexualité et à la manière dont celle-ci a été investie dans un ensemble d'utopies au long des XIXe et XXe siècles : utopies transgressives de Sade à Histoire d'O., utopies intégratives, visant à réconcilier la société et la nature sexuelle de l'Homme, de Fourier à Marcuse. C'est l'occasion pour Foucault d'approfondir sa généalogie critique du double thème de la sexualité naturelle et de la libération sexuelle, engagée dès 1964 mais qui prend d'autant plus de sens après Mai 1968.
Ces cours sont deux jalons essentiels pour une archéologie de la sexualité comme expérience moderne. On y découvre un Foucault qui n'hésite pas à faire jouer les données biologiques sur la sexualité contre une certaine conception étriquée du sujet humain ; un Foucault attentif à maintenir le potentiel transgressif contenu dans l'expérience sexuelle et à analyser les conditions économiques, sociales et épistémologiques de sa constitution récente en objet de savoir et en enjeu politique.Michel Foucault avait engagé le projet d'une histoire de la sexualité dès les années 1960, et lui avait notamment consacré deux cours, jusqu'ici inédits.
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Binswanger et l'analyse existentielle : manuscrit inédit
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 20 Mai 2021
- 9782021432596
En 1954 paraît en traduction française Le Rêve et l'Existence du psychiatre suisse Ludwig Binswanger, accompagné d'une introduction de Michel Foucault. Le philosophe y annonce un « ouvrage ultérieur » qui « s'efforcera de situer l'analyse existentielle dans le développement de la réflexion contemporaine sur l'homme ». Foucault ne publiera jamais ce livre, mais il en a conservé le manuscrit ici présenté. Il y procède à un examen systématique de la « Daseinsanalyse», la compare aux approches de la psychiatrie, de la psychanalyse et de la phénoménologie, et salue son ambition de comprendre la maladie mentale. Cette démarche l'accompagne dans sa quête de « quelque chose de différent des grilles traditionnelles du regard psychiatrique », d'un « contrepoids » ; pourtant il en souligne déjà les ambiguïtés et les faiblesses, en particulier une dérive vers une spéculation métaphysique qui éloigne de l'« homme concret ».
C'est en réalité à une double déprise que nous assistons : d'abord à l'égard de la psychiatrie, puis, à l'égard de l'analyse existentielle elle-même, qui le conduit bientôt à la perspective radicalement nouvelle de l'Histoire de la folie à l'âge classique. La marque de ce travail ne disparaîtra pas pour autant. En 1984, Michel Foucault présente de cette manière son Histoire de la sexualité : « Étudier ainsi, dans leur histoire, des formes d'expérience est un thème qui m'est venu d'un projet plus ancien : celui de faire usage des méthodes de l'analyse existentielle dans le champ de la psychiatrie et dans le domaine de la maladie mentale. »
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Le gouvernement de soi et des autres Tome 2 ; le courage de la vérité ; cours au collège de France (1984)
Foucault Michel
- Le Seuil
- 22 Janvier 2009
- 9782020658706
Le cours intitulé " le courage de la vérité " est le dernier que Michel Foucault aura prononcé au Collège de France, de Février à Mars 1984.
Il meurt quelques mois plus tard, le 25 Juin. Ce contexte invite à entendre dans ces leçons un testament philosophique, d'autant plus que le thème de la mort est très présent, notamment à travers une relecture des dernières paroles de Socrate, que Foucault, avec Dumézil, comprend comme l'expression d'une profonde gratitude envers la philosophie, qui guérit de la seule maladie grave : celle des opinions fausses et des préjugés.
Ce cours poursuit et radicalise des analyses menées l'année précédente. Il s'agissait alors d'interroger la fonction du " dire-vrai " en politique, afin d'établir , pour la démocratie, un certain nombre de conditions éthiques irréductibles aux règles formelles du consensus : courage et conviction. avec les cyniques, cette manifestation du vrai ne s'inscrit plus simplement à travers une prise de parole risquée, mais dans l'épaisseur même de l'existence.
Foucault propose en effet une étude décapante du cynisme ancien comme philosophie pratique, athlétisme de la vérité, provocation publique, souveraineté ascétique. Le scandale de la vraie vie est alors construit comme s'opposant au platonisme et à son monde transcendant de formes intelligibles. -
Le gouvernement de soi et des autres Tome 1 ; cours au collège de France (1982-1983)
Michel Foucault
- Le Seuil
- 24 Janvier 2008
- 9782020658690
Le cours que Michel Foucault prononce en 1983 au Collège de France inaugure une recherche sur la notion de parrêsia. Ce faisant, Michel Foucault poursuit son travail de relecture de la philosophie antique. A travers l'étude de cette notion (le dire-vrai, le franc-parler), Foucault réinterroge la citoyenneté grecque, en montrant comment le courage de la vérité constitue le fondement éthique oublié de la démocratie athénienne. Il décrit encore la manière dont, avec la décadence des cités, le courage de la vérité se transforme et devient une adresse personnelle à l'âme du Prince, donnant de la septième lettre de Platon une lecture neuve. De nombreux topoi de la philosophie antique se trouvent revisités : la figure platonicienne du philosophe-roi, la condamnation de l'écriture, le refus par Socrate de l'engagement. Dans ce cours, Foucault construit une figure du philosophe, en laquelle il se reconnaît: en relisant les penseurs grecs, c'est sa propre inscription dans la modernité philosophique qu'il assure, c'est sa propre fonction qu'il problématise, c'est son mode de penser et d'être qu'il définit.
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L'hermeneutique du sujet. cours au college de france (1981-1982)
Foucault Michel
- Le Seuil
- 28 Mars 2001
- 9782020308007
Dans le cours qu'il consacre en 1982 à l'herméneutique du sujet, michel foucault présente une enquête sur la notion de " souci de soi ", qui, bien plus que le fameux " connais-toi toi-même ".
Organise les pratiques de la philosophie. il s'agit de montrer selon quelles techniques, quelles procédures et quelles finalités historiques un sujet éthique se constitue, dans un rapport à soi déterminé.
Ces études débordent le cadre de la stricte histoire de la philosophie. en décrivant le mode de subjectivation antique, michel foucault cherche à rendre éclatante la précarité du mode de subjectivation moderne.
En relisant les anciens, il nous permet de nous interroger sur notre identité de sujet moderne. tout son travail consiste à nous rendre davantage étrangers à nous-mêmes, en montrant l'historicité de ce qui pouvait sembler le plus anhistorique : la manière dont, comme sujets, nous nous rapportons à nous-mêmes.
Ce qu'aura permis encore ce passage aux anciens, c'est une reformulation du problème politique : et si les luttes aujourd'hui n'étaient plus seulement des luttes contre les dominations politiques, plus seulement des luttes contre les exploitations économiques, mais des luttes contre des assujettissements identitaires ? michel foucault, relisant platon et marc aurèle, epicure et sénèque, cherche, non pas de quoi dépasser, mais de quoi repenser la politique.
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Subjectivité et vérité ; cours au Collège de France (1980-1981)
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 2 Mai 2014
- 9782020862592
Le cours prononcé par Michel Foucault de janvier à avril 1981 propose une réflexion sur les rapports entre subjectivité et vérité, à partir d'une étude des transformations de l'expérience de la sexualité, et plus précisément du mariage, dans l'Antiquité.
Au-delà des interdits relativement stables et monotones à travers l'histoire, la grande rupture identifiée par Foucault dans les formes d'élaboration du rapport à soi, aux autres et à la " bonne " sexualité intervient dans les deux premiers siècles de notre ère, avec l'invention d'une nouvelle idée du couple, relayée par les arts de vivre philosophiques : un couple qui confisque la sexualité en son sein et la finalise par la seule procréation, un couple surtout qui construit une intimité relationnelle irréductible aux rapports sociaux.
À partir de là, Foucault tente de comprendre le déplacement qu'opère le christianisme, qui ne consiste pas dans la valorisation d'une sexualité monogamique et ordonnée à la reproduction que les Pères de l'Église ne font qu'hériter du stoïcisme romain, mais dans des techniques spirituelles nouvelles permettant un contrôle parfait de son désir : un questionnement permanent et inquiet sur ses émois intérieurs, une verbalisation indéfinie de son intimité, ce que Foucault désigne comme les aveux de la chair.
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Du gouvernement des vivants (1979-1980)
Michel Foucault
- Le Seuil
- Hautes Études
- 8 Novembre 2012
- 9782020881333
Prenant ses distances avec la problématique du pouvoir-savoir, développée dans les années 1970, Michel Foucault se propose d'étudier ici la question du gouvernement par la vérité. Nouveau déplacement à l'intérieur du champ de la " gouvernementalité " ouvert en 1978, la question n'est plus seulement de retracer l'essor, dans la culture occidentale, d'un art de " conduire la conduite " des hommes, mais d'examiner la façon dont se constitue le sujet dans le jeu du pouvoir et de la vérité. Comment se noue le rapport du sujet à l'obligation de dire vrai sur lui-même ? Ce projet conduit Michel Foucault d'une relecture de l'oedipe-roi de Sophocle à l'analyse des " actes de vérité " propres au christianisme primitif, à travers les pratiques du baptême, de la pénitence et de la direction de conscience. Foucault choisit de s'intéresser aux actes par lesquels le croyant est conduit à manifester la vérité de ce qu'il est lui-même, en tant qu'être indéfiniment faillible. De l'expression publique de sa condition de pécheur, dans le rituel de la pénitence à la verbalisation minutieuse de ses pensées les plus intimes, dans l'examen de conscience, c'est l'organisation d'une économie pastorale centrée sur l'aveu que l'on voit se dessiner. Ce cours, lié au projet de l'Histoire de la sexualité, ne constitue pas seulement une étape essentielle, jusqu'à présent méconnue, de l' " histoire du sujet " poursuivie par Foucault jusqu'à ses derniers travaux ; il révèle un visage insolite du philosophe, dans l'attention rigoureuse qu'il porte aux écrits des premiers Pères de l'Église.
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La peinture de Manet ; Michel Foucault, un regard
Michel Foucault
- Le Seuil
- Traces Ecrites
- 27 Avril 2004
- 9782020585378
En 1971, Michel Foucault prononce une importance conférence, La peinture de Manet, sous la forme d'un commentaire de 13 tableaux. Cette conférence est à la fois très célèbre et fort peu connue. Rappelons-en ici simplement la conclusion :
« Manet n'a certainement pas inventé la peinture non représentative, puisque tout chez Manet est représentatif, mais il a fait jouer dans la représentation les éléments matériels fondamentaux de la toile. Il était donc en train d'inventer si vous voulez le tableau-objet, la peinture-objet, et c'était là sans doute la condition fondamentale pour que finalement, un jour, on se débarrasse de la représentation elle-même et on laisse jouer l'espace avec ses propriétés pures et simples, ses propriétés matérielles elles-mêmes. » Par ailleurs, en 2001, Maryvonne Saison a réuni des spécialistes de Foucault et de l'histoire de l'art pour évoquer le texte du philosophe et le reconsidérer à la lumière des travaux effectués sur Manet depuis 1971.
Notre volume comporte à la fois la conférence de Foucault et les textes de certains des participants à la conférence de 2001.
Un commentaire magistral et très vivant des oeuvres majeures de Manet.
Nous publierons à l'automne (dans la même collection) un autre petit volume intitulé Les Conférences de Tunis du même Michel Foucault (une sur le structuralisme et l'autre sur la folie).
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La naissance de la biopolitique. cours au college de france (1978-1979)
Foucault Michel
- Le Seuil
- 1 Octobre 2004
- 9782020324014
Les deux cours de Michel Foucault, que nous publions simultanément, Sécurité, territoire, population (1978) et Naissance de la biopolitique (1979), forment un diptyque dont l'unité réside dans la problématique du biopouvoir, introduite pour la première fois en 1976. C'est par le rappel de ce concept que s'ouvre le premier cours ; c'est lui également qui signale, dès le titre, le programme du second. En ce sens, les deux cours retracent la genèse de ce « pouvoir sur la vie » dans l'émergence duquel, au XVIIIe siècle, Foucault voyait une « mutation capitale, l'une des plus importantes sans doute, dans l'histoire des sociétés humaines ».
La mise en oeuvre de ce projet conduit toutefois à des détours : l'étude annoncée des mécanismes par lesquels l'espèce humaine est rentrée, au XVIIIe siècle, dans une stratégie générale de pouvoir présentée comme l'esquisse d'une « histoire des technologies de sécurité » cède la place dans le premier cours au projet d'une histoire de la « gouvernementalité » depuis les premiers siècles de l'ère chrétienne. De même, l'analyse des conditions de formation de la biopolitique, dans le second cours, s'efface-t-elle au profit de celle de la gouvernementalité libérale. Ainsi le centre de gravité des cours se déplace-t-il de la question du biopouvoir vers celle du gouvernement, annonçant un tournant qui mènera Foucault, quelques années plus tard à la
problématique du « gouvernement de soi et des autres ».
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Les deux cours de Michel Foucault, que nous publions simultanément, Sécurité, territoire, population (1978) et Naissance de la biopolitique (1979), forment un diptyque dont l'unité réside dans la problématique du biopouvoir,
introduite pour la première fois en 1976. C'est par le rappel de ce concept que s'ouvre le premier cours ; c'est lui également qui signale, dès le titre, le programme du second. En ce sens, les deux cours retracent la genèse de ce «pouvoir sur la vie» dans l'émergence duquel, au XVIIIe siècle, Foucault voyait une « mutation capitale, l'une des plus importantes sans doute, dans l'histoire des sociétés humaines ».
La mise en oeuvre de ce projet conduit toute fois à des détours : l'étude annoncée des mécanismes par lesquels l'espèce humaine est rentrée, au XVIIIe siècle, dans une stratégie générale de pouvoir présentée comme l'esquisse d'une « histoire des technologies de sécurité » cède la place dans le premier cours au projet d'une histoire de la «gouvernementalité» depuis les premiers siècles de l'ère chrétienne. De même, l'analyse des conditions de formation de la biopolitique, dans le second cours, s'efface-t-elle au profit de celle de la gouvernementalité libérale. Ainsi le centre de gravité des cours se déplace-t-il de la question du biopouvoir vers celle du gouvernement, annonçant un tournant qui mènera Foucault, quelques années plus tard à la problématique du «gouvernement de soi et des autres». -
Michel foucault philosophe. rencontre internationale (paris, 9-11 janvier 1988)
- Le Seuil
- Des Travaux
- 1 Septembre 1989
- 9782020102568
Le temps est donc venu d'appliquer, à l'oeuvre de Foucault, les méthodes d'éclaircissement, c'est-à-dire la généalogie et l'interprétation, qu'il a lui-même appliquées à ses domaines d'étude.
Tout s'est passé comme si, sans préméditation, les intervenants s'étaient trouvés d'accord pour reconnaître l'impossibilité de poser des questions à Foucault, en ignorant ce qu'il a déclaré lui-même dans l'introduction à « L'usage des plaisirs ». À savoir que l'objet de ses travaux - les « jeux de vérité » - notion aussi étrangère aux philosophies dogmatiques, qu'aux critiques, ne pouvait être traité que par « l'essai... corps vivant de la philosophie ».
En examinant comment cette oeuvre traduit hésitations, réserves, inquiétudes, et doit être abordée comme une pratique du savoir, tous les participants ont senti que, à son image, ils n'étaient pas « de la même planète » que les gens qui prescrivent à la pensée philosophique de « légitimer ce que l'on sait déjà », au lieu d'encourager l'entreprise consistant à chercher à « savoir comment et jusqu'où il serait possible de penser autrement ».
G. Canguilhem