Actes Sud

  • A noter, ouvrage paru en janvier 2010 pour l'exposition Cent pour Cent à la Cité internationale de la Bande dessinée pendant le Festival de la Bande dessinée d'Angoulême en librairie en septembre 2010, l'exposition ouvrant ses portes à Paris à la Bibliothèque Forney le 23 septembre 2010.

  • Artiste de renommée internationale, Bernard Villemot (1911-1989) domine la production française, de la fin des années 1930 aux années 1980. Stimulé par la nécessité d'affirmer un style à travers les contraintes du genre d'un art appliqué, Villemot a affirmé tôt les caractéristiques d'un talent très vite reconnaissable : vigueur du trait et simplification extrême de la ligne graphique à l'instar de Matisse - son modèle et inspirateur -, composition décorative de grande échelle selon d'immenses aplats de couleurs vives.

    Enfant bien né de la bourgeoisie française, fils du célèbre dessinateur et humoriste Jean Villemot, Bernard Villemot a fréquenté l'école de Paul Colin, alors au faite de son prestige. Artiste avant d'être affichiste, Villemot choisit l'affiche pour explorer sa vision du monde, poussant parfois jusqu'à l'abstraction l'exercice de composer une image sur commande. C'est ainsi que ce contemporain et ami de Savignac conçoit les grandes campagnes publicitaires de Perrier, Orangina ou Bally, poussant l'audace jusqu'à faire oublier le motif - comme par exemple l'affiche célèbre pour une chaussure, dont l'image est cachée au premier regard par de grandes taches choisies sur des tons de cuir et peau. L'élégance et le traitement plastique suggèrent celui de la marque. De multiples affiches témoignent de cette intense production qui se signale par l'originalité de la recherche graphique. Villemot soumet son sujet à un parti pris d'exigence décorative qui s'affranchit du sujet pour parer le paysage contemporain.

    Aujourd'hui les oeuvres de cet artiste, qui habitent notre mémoire collective, sont conservées dans de nombreuses collections publiques ou privées. Le fonds important collecté par la bibliothèque Forney grâce au don de M. Christian Villemot, donne aujourd'hui matière à la présentation d'un ensemble très complet d'affiches mais aussi d'oeuvres préparatoires, de maquettes, dessins et photographies, soit quelque 130 pièces reproduites dans cet ouvrage.

  • L'album du Centenaire de Trenet, poète solaire issu de Narbonne qui enchanta Paris basculant dans la modernité et renouvela la chanson française, au point qu'il demeure depuis l'époque des années Trente et de Saint-Germain-des-Prés, une figure majeure.

  • Gustave Jossot (1866-1951) fut l'un des plus célèbres caricaturistes de la Belle Epoque Aujourd'hui encore, cet artiste a de quoi nous intriguer et nous interpeller, tant par son graphisme étonnamment moderne que par ses idées et sa vie rocambolesque.
    Les parodies créatrices et contestataires de Jossot lui valent ses premiers succès de scandale. Esprit révolté contre son milieu bourgeois, il assimile l'esthétique en vogue à l'époque pour mieux la pasticher : celle des Nabis, de maîtres de l'Art Nouveau, symbolistes et préraphaélites... Elégance décorative des formes, déformation caricaturale outrancière, contraste violents de couleurs en aplats cernés d'un large trait noir, il s'est forgé un style graphique unique. Son humour décapant s'exprima avec une grande force graphique dans plusieurs publications de la Belle Epoque, dont la très célèbre Assiette au Beurre et ses affiches publicitaires (Auger, Absinthe, Guignolet, Le matin, Saupiquet, Amieux), dont la fameuse publicité Cointreau, encore présente dans les mémoires, eurent un retentissement considérable.
    Jossot, de 1896 et 1901, vit une période de radicalisation politique et esthétique de son oeuvre. Sensible aux injustices sociales, à la répression contre les anarchistes après les attentats de 1890-1894, animé d'une révolte existentielle et individualiste, Jossot renvoie prolétaires et bourgeois dos à dos. Sa critique de moeurs devient philosophique et la mort, sujet satirique.
    Après plusieurs voyages en Orient , partagé entre soif de justice, d'idéal et de retrait de la vie sociale, il s'installe en Tunisie en 1911 et devient un peintre orientaliste apprécié. Sa conversion à l'Islam en 1913, est orchestrée avec un sens médiatique certain. L'Orient devient une terre rêvée ou Jossot recherche la lumière et les couleurs. La caricature, à laquelle il revient, cherche à maintenir un monde idéal, " orientaliste ". C'est en Tunisie qu'il choisit d'être enterré en 1951.

  • Les photographies issues d'une collection unique en son genre, celle de la bibliothèque Marguerite Durand, nous convient à une traversée en pointillé de cent cinquante ans d'histoire des femmes, des années 1860 aux années MLF.
    Portraits, photographies d'art ou documentaires révèlent quelques-unes des grandes aventures collectives de la vie des femmes, celles du travail, des arts et de leurs mobilisations pour leur libération. Ce parcours en images met en lumière la double perspective de la collection depuis sa création : rendre visibles les femmes présentes dans l'espace public, actives dans des domaines traditionnellement réservés aux hommes et archiver les témoignages de leurs combats, encore inachevés.
    Restituer ces multiples regards invite à une écriture du passé qui accorde à l'émancipation des femmes toute son importance, décisive dans la conquête de l'égalité et de liberté de tous.

  • Comment Paris, capitale des révolutions, est devenue capitale du tourisme et des loisirs, ville spectacle autour de laquelle se développe tout un imaginaire, à la source de son puissant pouvoir d'attraction.

  • Contempler les publicités qui, pendant plus d'un siècle, de la IIIe à la Ve République, ont mis en scène, sur les murs des villes et des bourgs de notre pays, les figures de proue familières de l'Histoire de France, donne spontanément le sentiment de feuilleter des souvenirs scolaires. De fait, le défilé des personnages historiques qui peuplent les supports publicitaires, affiches, étiquettes, emballages, pages de revues, s'assimile à première vue à la galerie de héros nationaux érigée dans les manuels d'autrefois, destinés à l'instruction des écoliers. Les dix dernières années du XIXe siècle et les dix premières années du XXe siècle, avant le développement du cinéma puis de la télévision, correspondent également à l'âge d'or de la publicité par voie d'affiches qui se développe parallèlement à la mise en place efficace d'une authentique dramaturgie scolaire commune désormais à tous les Français. Car, après la guerre de 1870 et la défaite de Seudan, l'esprit de revanche anime la fondation de la IIIe République et s'exprime par l'urgence de l'édification d'une mythologie nationale, avec la création d'un panthéon des grandes figures de l'Histoire de France.

    Les galeries des célébrités des affiches publicitaires et celle des héros des manuels scolaires valorisent le plus souvent les mêmes personnages et partagent une égale mise en scène de l'Histoire à travers la représentation éminemment dramatisée, la similitude des formules et des attributs qui sont prêtés à nos ancêtres : les Gaulois reconnaissables à leurs braies et leurs casques à ailes, Charlemagne affublé d'une barbe fleurie alors qu'il était glabre, Du Guesclin, Jeanne d'Arc, Louis XI, François Ier accompagné de belles dames, le chevalier Bayard sans peur et sans reproche, Henri IV gascon jovial et débraillé , Jean Bart, Louis XIV hautain, auteur présumé de l'ineffable formule " l'Etat c'est moi ", Napoléon affublé d'une éternelle redingote grise et de son chapeau légendaire, probablement le favori de la réclame, sous la IIIe République.
    Cependant, à la différence des manuels scolaires qui se doivent de récapituler pour leurs jeunes lecteurs l'ensemble de l'Histoire de France, les publicitaires peuvent se contenter d'instrumentaliser un nombre limité d'étoiles historiques, de sélectionner, à l'intérieur d'un très riche corpus, les personnalités les plus connues des Français. Le monde de la publicité propose une figuration spectaculaire mais volontairement épurée, aseptisée, du passé national, d'où divisions religieuses et politiques sont soigneusement bannies et où le récit en images valorise exclusivement bons mots, anecdotes grivoises et postures pittoresques. Là où les vignettes scolaires attisent les querelles, celles de la publicité doivent au contraire arrondir les angles et créer du consensus, si possible par l'humour.

    La publicité ne se contente pas de recycler l'histoire pour assurer la promotion de produits de consommation courante, son propre discours est largement conditionné, tout au long du XXe siècle, par les aléas mêmes de la conjoncture historique. L'apogée de l'Empire colonial français, entre 1900 et 1940, est naturellement exploité par les affiches avec une bonne conscience qui nous heurte aujourd'hui à juste titre.
    La réclame fait aussi un grand usage des célébrités politiques des années 1900-1940, les présentant dans des postures familières, voire ridicules, notamment les présidents de la République Emile Loubet (1899-1906) et Armand Fallières (1906-1913), mis en scène de manière fort peu protocolaire, en pantoufles. Durant l'Occupation, entre 1940 et 1944, il existe des campagnes de publicité sévèrement encadrées. Quant à la publicité pour des marques traditionnelles, elle n'échappe pas non plus à la récupération de la propagande de Vichy.
    Pourquoi la publicité, qui, sous la Troisième République, a fait une grande " consommation " des plus éminents personnages de notre passé, a t'elle cessé d'avoir recours à eux ensuite, sauf dans la dernière décennie du XXe siècle ? Abus des figures du passé national, comme Jeanne d'Arc, notamment récupérés par le régime de Vichy ? Déplacement de l'intérêt vers les célébrités du moment, à l'ère de la société de consommation ? De fait, s'il était loisible de tourner en dérision dans les affiches, au début du XXe siècle, des figures méridionales sympathiques, mais dépourvues de toute aura, comme celles d'Emile Loubet et d'Armand Fallières, on imagine mal Charles de Gaulle et François Mitterrand, incarnations hautaines de l'exercice solitaire du pouvoir, servir de faire-valoir aux produits de la réclame. La sacralisation du pouvoir exécutif sous la Ve République ne favorise guère ces récupérations qui appartiennent à un passé révolu. La crise de Mai 68, en renversant par le mépris et l'ironie, les idoles de la société de consommation, a bouleversé de fond en comble les codes de la publicité et proposé d'autres voies pour la promotion commerciale.

    Qu'en est-il de ces représentations aujourd'hui ? C'est timidement d'abord qu'à partir des années 1990, avec le retour en force du fait national à l'échelle européenne sous l'effet de la crise et de la place grandissante de la mémoire, caractérisée par l'inflation des commémorations, que tout à la fois les personnalités contemporaines et les héros nationaux redeviennent des valeurs sûres de la publicité. Jeanne d'Arc, François Ier, Louis XIV et Napoléon, par exemple, y occupent désormais de nouveau une place imposante, les candidats à l'élection présidentielle du printemps 2012, Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou, entre autres, ont également prêté leur visage et leur nom à des opérations de dimension souvent humanitaire.
    Le recyclage des héros de notre roman national est une histoire qui n'en finit pas de rebondir.

    Un parcours récréatif de l'Histoire de France à travers quelque 150 images de publicités, parmi les plus spectaculaires et les plus belles, sélectionnées parmi les fonds d'affiches et de publicités de la Bibliothèque Forney, accompagnées de commentaires des images, des événements et des personnages selon le contexte de leur représentation.
    L'ouvrage propose en première partie, une galerie de personnages historiques selon un ordre chronologique, depuis les Gaulois et les romains jusqu'à Napoléon et à l'Aiglon. La seconde partie du volume est consacrée à la représentation des événements et des célébrités de l'actualité contemporaine dans l'imagerie publicitaire, de la IIIe République à nos jours.

  • Nous avons tous en tête une chanson dédiée à de Paris. Du XVIe au XXIe siècle, les chansons sur Paris forment un corpus considérable. Quelles images de Paris nous renvoient-elles, quelle réalité, quel imaginaire, quelle poésie de la Ville véhiculent-elles ?
    Si le thème parisien puise ses racines dans la chanson de Clément Janequin, Les cris de Paris (vers 1520), il connaît un essor considérable et multiforme dès le XIXe siècle et demeure, encore aujourd'hui, un sujet de prédilection pour des artistes très divers. Certaines chansons se font l'expression de l'amour porté à la ville, patrie d'origine ou d'adoption - J'ai deux amours.-, ou de la nostalgie d'un Paris perdu - Où est-il donc ? - voire disparu. Paris est d'évidence la ville des amours, naissants, qui se défont ou défunts. Lieux sentimentaux par excellence, mais aussi lieux de la misère humaine, La Seine, les quais et les ponts sont également évoqués pour leur beauté, leur histoire, leur romantisme.
    Il n'est pas un quartier de Paris qui ne soit le sujet ou le cadre d'une chanson, selon une tradition mise en place à la fin du XIXe siècle par Aristide Bruant. Les chansons dressent une véritable cartographie des rues de la capitale, qu'il s'agisse d'exprimer l'esprit d'un lieu ou simplement de localiser une aventure. A travers, l'omniprésence des quartiers à forte identité culturelle ou sociale, Montmartre, Pigalle, la Bastille, Saint-Germain-des-Prés, la chanson contribue à entretenir l'image mythique de certains quartiers de Paris, rue de Lappe ou Pigalle par exemple, en décalage avec leurs évolutions actuelles.
    Enfin, s'inscrivant dans une tradition littéraire du XIXe siècle, la chanson nous propose une physiologie des Parisiens, souvent moqueuse, parfois contestataire : le gamin de Paris, la Parisienne, mais aussi les filles perdues, les marginaux ou les exclus. La vie quotidienne à Paris, des moyens de transport, en particulier le métro, aux plaisirs nocturnes, est une source d'inspiration privilégiée.
    La variété des types de chansons - romances sentimentales, chansons réalistes, poétiques, ou chansons comiques, parfois très drôles -, comme leurs qualités littéraires et mélodiques, sont à la mesure de ce thème parisien qui a attiré, à toutes les époques, les plus grandes personnalités.

  • Paris n'en finit pas d'interroger le regard et la ville en question, objet de rêve et de fascination pour les plus grands photographes et vidéastes contemporains, se métamorphose au gré d'une traversée en images singulières.

  • Comment le cinéma, à sa création, s'est emparé de l'imaginaire du crime et de ses grandes figures, de Belphégor à Fantômas, pour devenir la plus extraordinaire machine révélatrice des fantasmes collectifs créée par la modernité.

  • " Tous l'ont dit et écrit : à bicyclette on voit l'espace autrement. " Comment sommes nous devenus des touristes ? Comment cet objet modeste a-t-il construit de nouveaux usages et transformé nos moeurs depuis deux siècles?
    Draisienne, vélocipède, tricycle, bicyclette, autant de noms qui ont accompagné les métamorphoses de la " machine à courir " née de la passion du Baron Drais, en 1818. L'objet lui-même n'obligeait à rien et cependant ses utilisations multiples l'on façonné jusqu'à le transformer. Au point qu'il s'est plié à toutes les grandes évolutions des XIXe et XXe siècles européens.
    Ce petit tour de l'histoire du vélo met l'accent sur l'articulation entre les évolutions techniques et le contexte culturel dans lequel sa pratique se développe, depuis la Restauration et la Belle Epoque au Front populaire et à l'Occupation, jusqu'aux Trente Glorieuses et aux dernières décennies. Replacée dans son contexte, l'histoire du vélo nous montre comment l'objet se métamorphose au fur et à mesure du spectaculaire développement du cyclisme.
    On ne pédale pas de la même manière, avec les mêmes amis et sur les mêmes routes quand on est ouvrier ou quand on est bourgeois, en 1850, en 1936 et aujourd'hui. Les pratiques du vélo changent comme change la société qui l'entoure. Et le vélo traduit à chaque fois une nouvelle expérience sensible, physique, personnelle de l'espace de la ville, du travail, du loisir, de l'effort et du jeu. En cela, l'humble vélo a changé notre façon de voir le monde et de s'y mouvoir.
    Un parcours récréatif à la faveur d'une documentation riche, réunie par la bibliothèque du Tourisme et des Voyages (Paris 16e), héritière de la bibliothèque du Touring Club de France. Petite association de cyclotouristes, elle fut à l'origine du développement des voyages en France et dans le monde, qui inaugurèrent notre civilisation des loisirs avant l'arrivée de l'automobile dans les années vingt. De nombreuses illustrations souvent inédites (estampes, affiches, photographies, publicités, guides.) éclairent les grandes étapes de l'évolution du vélo autour desquelles s'articule le volume : depuis sa création, l'essor du cyclotourisme, le vélo ouvrier, le vélo instrument d'exploit ou de jeu, avant d'être celui des randonnées sur les routes de traverse, jusqu'à la nouvelle grande vogue du vélo.
    Ce livre accompagne l'exposition Voyage(s) à vélo qui réunit quelque 300 documents et machines et s'inscrit dans le cadre des 150 ans de l'invention du pédalier adapté au vélocipède par Pierre Michaux.

  • En un véritable voyage dans le temps et dans l'espace, un exceptionnel ensemble de photographies provenant du monde entier révèle le panorama saisissant et contrasté des grandes villes basculant dans la modernité, au tournant du XXe siècle.

  • Un reportage inédit au coeur de Paris mendant toute la Grande Guerre, traduit la représentation problématique de l'évènement majeur qui a bouleversé le paysage et la vie quotidienne des Français.

  • Dans un élan pionnier d'ouverture sur le monde, Paris collectionna les toutes premières photographies des grandes métropoles au tournant du xxe siècle, qui nous révèlent le panorama étrange et fascinant de leurs métamorphoses, entre vestiges d'un univers en train de disparaître et préfiguration des temps modernes.

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