Gallimard

  • La peste

    Albert Camus

    « C'est moi qui remplace la peste », s'écriait Caligula, l'empereur dément. Bientôt, la « peste brune » déferlait sur l'Europe dans un grand bruit de bottes. France déchirée aux coutures de Somme et de Loire, troupeaux de prisonniers, esclaves voués par millions aux barbelés et aux crématoires, La Peste éternise ces jours de ténèbres, cette « passion collective » d'une Europe en folie, détournée comme Oran de la mer et de sa mesure.
    Sans doute la guerre accentue-t-elle la séparation, la maladie, l'insécurité. Mais ne sommes-nous pas toujours plus ou moins séparés, menacés, exilés, rongés comme le fruit par le ver ? Face aux souffrances comme à la mort, à l'ennui des recommencenments, La Peste recense les conduites ; elle nous impose la vision d'un univers sans avenir ni finalité, un monde de la répétition et de l'étouffante monotonie, où le drame même cesse de paraître dramatique et s'imprègne d'humour macabre, où les hommes se définissent moins par leur démarche, leur langage et leur poids de chair que par leurs silences, leurs secrètes blessures, leurs ombres portées et leurs réactions aux défis de l'existence.
    La Peste sera donc, au gré des interprétations, la « chronique de la résistance » ou un roman de la permanence, le prolongement de L'Étranger ou « un progrès » sur L'Étranger, le livre des « damnés » et des solitaires ou le manuel du relatif et de la solidarité - en tout cas, une oeuvre pudique et calculée qu'Albert Camus douta parfois de mener à bien, au cours de sept années de gestation, de maturation et de rédaction difficiles...

  • «- Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D'Annunzio, Ambassadeur de France - tous ces voyous ne savent pas qui tu es ! Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : - Alors, tu as honte de ta vieille mère?»

  • Nouvelle édition augmentée en 2019.

    « Bêtes d'Angleterre et d'Irlande, Animaux de tous les pays, Prêtez l'oreille à l'espérance Un âge d'or vous est promis. » Un jour, dans une ferme anglaise, les animaux se révoltent, chassent les hommes des lieux et prennent le pouvoir. Une nouvelle société se met en place. Et, comme partout, « tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. » Miroir déformant, la célèbre dystopie de George Orwell met en lumière les dérives d'une société, singeant le stalinisme et, plus largement, les régimes totalitaires. Une oeuvre toujours aussi percutante.

  • En Californie, pendant la Grande Crise, Lennie et George vont de ferme en ferme. Ils louent leurs bras en attendant le jour où ils auront leur ferme à eux, avec un petit bout de luzerne pour élever des lapins. Lennie, malgré sa taille de colosse, n'a pas plus de malice qu'un enfant de six ans ; George veille sur lui, le protège du monde qui n'est pas tendre aux innocents. Le soir, ils se racontent leur rêve, celui de la maison et des lapins. Mais allez savoir pourquoi, les rêves de certains finissent toujours en cauchemars.

  • Ravage

    René Barjavel

    dans folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : vie littéraire - un roman publié sous l'occupation ; l'ecrivain à sa table de travail : vers la science-fiction ; groupement de textes thématique : romans apocalyptiques ; groupement de textes stylistique : entrer dans le monde de demain ; chronologie : rené batjavel et son temps ; fiches : des pistes pour rendre compte de sa lecture.

  • Le hussard sur le toit : avec son allure de comptine, ce titre intrigue. Pourquoi sur le toit ? Qu'a-t-il fallu pour l'amener là ? Rien moins qu'une épidémie de choléra, qui ravage la Provence vers 1830, et les menées révolutionnaires des carbonari piémontais.
    Le Hussard est d'abord un roman d'aventures : Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d'une mission mystérieuse. Il veut retrouver Giuseppe, carbonaro comme lui, qui vit à Manosque. Mais le choléra sévit : les routes sont barrées, les villes barricadées, on met les voyageurs en quarantaine, on soupçonne Angelo d'avoir empoisonné les fontaines ! Seul refuge découvert par hasard, les toits de Manosque ! Entre ciel et terre, il observe les agitations funèbres des humains, contemple la splendeur des paysages et devient ami avec un chat. Une nuit, au cours d'une expédition, il rencontre une étonnante et merveilleuse jeune femme. Tous deux feront route ensemble, connaîtront l'amour et le renoncement.
    Folio plus : une approche attrayante de l'oeuvre et de son auteur. le texte du roman est suivi d'un dossier documentaire qui comprend des notes éclairent les difficultés de vocabulaire et quatre parties : contextes (chronologie, place dans l'oeuvre), aspects du récit (style, personnages), thématique et divers (sujets de travaux, conseils de lecture).

  • Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : : vie littéraire : Le journaliste et l'écrivain ; l'écrivain à sa table de travail : Une ouvre singulière et universelle ; groupement de textes thématique : L'amitié au-delà de l'âge ;- groupement de textes stylistique : Images de la pêche ; chronologie : Ernest Hemingway et son temps ; fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture.

  • Le lion

    Joseph Kessel

    "Un lion dans toute la force terrible de l'espèce et dans sa robe superbe. Le flot de la crinière se répandait sur le mufle allongé contre le sol.
    Et entre les pattes de devant, énormes, qui jouaient à sortir et à rentrer leurs griffes, je vis Patricia. Son dos était serré contre le poitrail du grand fauve. Son cou se trouvait à portée de la gueule entrouverte. Une de ses mains fourrageait dans la monstrueuse toison."

  • Enfance

    Nathalie Sarraute

    Ce livre est écrit sous la forme d'un dialogue entre Nathalie Sarraute et son double qui, par ses mises en garde, ses scrupules, ses interrogations, son insistance, l'aide à faire surgir «quelques moments, quelques mouvements encore intacts, assez forts pour se dégager de cette couche protectrice qui les conserve, de ces épaisseurs [...] ouatées qui se défont et disparaissent avec l'enfance». Enfance passée entre Paris, Ivanovo, en Russie, la Suisse, Saint-Pétersbourg et de nouveau Paris. Un livre où l'on peut voir se dessiner déjà le futur grand écrivain qui donnera plus tard une oeuvre dont la sonorité est unique à notre époque.

  • La chute

    Albert Camus

    " sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve.
    De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. mais je poursuivis ma route, après une hésitation. [...] j'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau.
    Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement. "
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  • L'ami retrouvé

    Fred Uhlman

    Stuttgart, 1932. Hans Schwarz, fils d'un médecin juif, rencontre Conrad von Hohenfels, issu d'une famille aristocratique au passé prestigieux. Tout les sépare : pourtant une amitié naît, exceptionnelle, exigeante. Mais déjà, avec la montée du nazisme, grondent des rumeurs de haine. Hans, exilé aux États-Unis, s'efforcera d'oublier son passé. Un passé qui se rappellera à lui un jour...

  • Les justes

    Albert Camus

    'En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l'ont précédé et suivi font le sujet des Justes. Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d'ailleurs, que Les Justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J'ai seulement tâché à rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai...
    La haine qui pesait sur ces âmes exceptionnelles comme une intolérable souffrance est devenue un système confortable. Raison de plus pour évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu'elles firent pour se mettre en accord avec le meurtre - et pour dire ainsi où est notre fidélité.' Albert Camus.

  • Points : Mouvement Littéraire : Le roman français d'après-guerre : déconstruction, quête du sens et réflexivité. Genre Et Registre : Le "roman" parodique d'un univers déchu. L'écrivain à sa table de travail : L'univers du langage et des textes, seule voie d'accès au réel.

    Groupement De Textes : Des personnages en quête d'un sens.
    Chronologie : Raymond Queneau et son temps.
    Fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture.
    Analyse Filmique :
    Zazie dans le métro de Louis Malle

  • " tous ceux qui m'ont connu, tous sans exception me croient mort.
    Ma propre conviction que j'existe a contre elle l'unanimité. quoi que je fasse, je n'empêcherai pas que dans l'esprit de la totalité des hommes, il y a l'image du cadavre de robinson. cela suffit - non certes à ma tuer - mais à me repousser aux confins de la vie, dans un lieu suspendu entre ciel et enfers, dans les limbes, en somme...
    Plus près de la mort qu'aucun autre homme, je suis du même coup plus près des sources mêmes de la sexualité.
    "

  • "L'analyse psychologique a perdu pour moi tout intérêt du jour où je me suis avisé que l'homme éprouve ce qu'il s'imagine éprouver. De là à penser qu'il s'imagine éprouver ce qu'il éprouve... Je le vois bien avec mon amour : entre aimer Laura et m'imaginer que je l'aime - entre m'imaginer que je l'aime moins, et l'aimer moins, quel dieu verrait la différence ? Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l'imaginaire. Et, s'il suffit d'imaginer qu'on aime, pour aimer, ainsi suffit-il de se dire qu'on imagine aimer, quand on aime, pour aussitôt aimer un peu moins, et même pour se détacher un peu de ce qu'on aime - ou pour en détacher quelques cristaux. Mais pour se dire cela ne faut-il pas déjà aimer un peu moins ?"

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