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Al Dante
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Un long poème narratif ponctué de 12x2 dessins, montage d'énoncés et de notations dans lequel une poétesse (grosse et vieille) tient une sorte de journal où s'articule la destruction du corps privé à celle du corps social.
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Poésie insurrectionnelle, Extrait des Nasses est un texte-fleuve qui témoigne d'une jeunesse dont la soif de vivre ne peut se contenter d'aucune des propositions émanant d'une civilisation malade en voie de fascisation, qui ne fonctionne que sur des jeux de domination. Ici, chaque fragment de texte est projectile autonome, et le tout : soufle de vie. ... Nous nous déployons. Habités par le vide que déploie la logique de votremonde. Nous n'avons pas d'avenir.
Le feu prenait bien. Des sorties. Nous n'en voulons pas. Arracher....
«Il y a dans ce livre, une conclusion politique, celle-ci:Nous faisons pousser les ronces», conclue Jean-Marie Gleize, dans la préface qui ouvre ce livre.
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Le Patient est le récit sans fard du quotidien d'une humanité blessée, oubliée, vidée, épuisée, mise à l'écart : celle des hôpitaux psychiatriques.
Jérôme Bertin nous raconte le quotidien de cet hôpital d'un quartier populaire de Lille, les gens qui y vivent (patients, mais également psychiatres, infirmiers, personnes de l'accueils.), et les rencontres, les menus événements et autres incidents ponctuant un temps qui s'étire dans l'ennuie et la déprime.
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Après 25 années passées de prison, et une semi-liberté (17-12-2007/2-10-2008) abrégée à cause de quelques mots délivrés à la presse, Jean-Marc Rouillan, militant du groupe Action Direct, est enfin " dehors " depuis mai 2011 - mais sous surveillance électronique (un bracelet électronique lui a été mis à la cheville), avec des horaires de sorties à respecter : en semaine de 10h à 20h30; le samedi de 14h à 19h.
Et obligation de rester enfermé chez lui le dimanche. Pendant ses premiers mois de liberté, Jean-Marc Rouillan s'immerge dans ce monde "du dehors ". Lorsque sa journée de travail se termine, et jusqu'à ce que sonne l'heure fatidique du retour obligé chez soi, il marche dans Marseille, rencontre et écoute les gens, observe leur façon de vivre, s'attache à comprendre ce qui les motive, s'intéresse à leurs problèmes, et aux multiples façons qu'ils gèrent (ou pas) leur quotidien, avec leurs joies, leurs colères et leurs doutes.
Ainsi, il rencontre des hommes et des femmes, des ouvriers, des chômeurs, des poivrots, des poètes, des artistes, des intellectuels, des gens de la rue, des gens biens sous tous rapports et des voyous. Des révoltés et des soumis. Ce livre, écrit dans la solitude du dimanche, présenté comme un carnet, se construit plus en bribes et en accumulations d'indices que comme successions de narrations construites.
Il note des gestes, des faits, des images, des mots, parfois importants, parfois a priori infimes (pas de hiérarchies dans ce qui est raconté) qui permettent de penser et de réagir face à ce monde de dehors (qui souvent fait penser à une autre forme de prison). C'est dans l'accumulation de ces indices, et dans la faculté du lecteur à les mettre en lien les uns aux autres que la matière à penser se construit.
Et le constat est plutôt triste : Derrière la rumeur des bars, des rencontres, des discussions, des amitiés affirmées et d'autres naissantes et des rires, s'entendent les démerdes individuelles, les arrangements avec la solitude, les paroles vaines, les révoltes étouffées, le tout sur un fond de mémoire politique effacée. Ce carnet est illustré de dessins de Marie-Claire Cordat. Dessins noirs, expressifs, violents, effectués à la lame de rasoir sur carte à gratter.
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LE LIVRE # Hymne à l'Europe universelle (sic) est une chronique poétique, où il est question du racisme ordinaire envers les Rroms. Des petites remarques insidieuses entendues au hasard de la rue, jusqu'aux décisions de nos élus, Florence Pazzottu recense toutes les étapes participant de la fabrication d'une mythologie raciste les persécutant.
Mais les RomsManouches Tziganes / - qui ne sont pas tous d'exotiques / nomades étrangers venus d'une Inde /mythique -,mais lesManouches Roms / Tsiganes - qui n'ont pour point commun / que le regard malade qu'une Europe malade, dissociée, porte sur eux -, /mais les Tziganes RomsManouches ne sont pas / à intégrer ils sont des parties du corps / de l'Europe que soudain elle rejette / ne veut plus reconnaître les ayant transformés / au XXe siècle par statut d'exception / en errants apatrides.
EXTRAIT DE LA POSTFACE DE FLORENCE PAZZOTU > Écrire en poète, c'est étreindre le corps obscur de la langue et viser la plus grande clarté. C'est tisser une forme-pensée, une prose offerte à la trouée du vers, sans rien éluder des multiples expériences du vivre.
C'est s'éprouver toujours inconnu, intimement étranger à soi-même et étrangement lié à l'autre - et faire l'expérience que le dire qui nous fonde est toujours une adresse à autrui (à je ne sais qui).
C'est nouer ensemble des strates de pensée ou de perception de réalités hétérogènes (rugueuses, rétives ou éruptives), - et déployer un dire qui témoigne d'unmonde en l'inventant toujours autre - en avant de lui-même et à flanc d'impossible : car le récit, s'il est poème, ne colle pas à ce qui est, n'est ni conforme ni adéquat, ne restitue pas, mais performe, - invente et ouvre le possible à venir.
[.] C'est autour dumot Rromque se cristallise aujourd'hui le plus fortement cet enjeu.
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Lecture de 5 faits d'actualité par un septuagenaire bien sonné
Julien Blaine
- Al Dante
- 12 Septembre 2016
- 9782847617276
Julien Blaine observe l'actualité. Observe et ré-agit. Il agit en utilisant, pour traiter cette actualité, les outils qu'il a façonnés tout au long de son enquête scientificopoétique pour retrouver la trace d'une langue originelle, une langue élémentaire qui remonterait aux racines du verbe, hors de toute révélation divine - enquête qui forme la charpente d'un chantier poétique commencé... il y a plus de 50 ans.
En 5 séquences, 5 faits (les crimes commis au nomde la religion, lamission spatiale Rosetta, Hillary Clinton prétendante à la gouvernance des USA, la lutte des ouvriers de Fralib et l'inacceptable situation des habitants de la Jungle de Calais), Julien Blaine dénonce 6000 ans de barbarie monothéiste, s'insurge contre le nihilisme cruel et inhumain des civilisations qui en découlent...et trouvent là de nouveaux indices pour nourrir son interminable quête d'une parole (multiple) d'avant les barbares.
Ici, le présent, dans toute sa fugacité, ne fait qu'un avec l'intemporalité du geste poétique.
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Frères numains : Discours aux classes intermédiaires
Florence Pazzottu
- Al Dante
- 19 Août 2016
- 9782847617252
... alors vous entendez, ça gronde, ça bombe le torse, ça tape du poing et ça sanctionne, les voyageurs sans billets, les profiteurs du rsa, les resquilleurs, les agités, agitateurs, les militants incontrôlables ça dit, ça fait des listes, les délinquants, les activistes, les intégristes, les fraîchement radicalisés, des djihadisés plus ou moins, et s'il y en a un, même un seul, qui, terroriste, l'est ou pourrait l'être, ça justifie toutes les écoutes ça dit, la mise en fiche de tous les autres, car c'est au nom de la Liberté qu'on conditionne les libertés, c'est pas pareil, après la flexisécurité voici la sûreté libérale, ça promet, ça promet des flingues aux vigiles, exit le privilège d'État, et tant pis si ça ouvre la porte aux polices privées, auxmilices, ça nettoie, ça intensifie, ça hisse au rang de paradigme la lutte contre le terrorisme, toute la société scrutée, surveillée, mutique par solidarité...
Cette harangue poétique, écrite d'un souffle le 8mars 2016, participe au présent aux mouvements de colère pré-insurrectionnels (manifestations des jeunes, «Nuit debout» - La nuit n'a pas de bout, nous sommes l'aurore, lit-on sur une pancarte brandie lors d'une manifestation -, convergence des luttes ici et ailleurs...) nés de l'après 31 mars.
Une longue postface de Bernard Noël prend élan de ce texte pour continuer et développer les raisons de la colère, et porter son soutien à toutes les formes de paroles libérées et de révoltes qui s'insurgent contre cette civilisation mortifère et répressive.
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Agenda rouge de la résistance chilienne regroupe la presque totalité de la production poétique de Serge Pey liée au combat du MIR (Movimiento de Izquierda Revolucionaria) groupe révolutionnaire qui prendra les armes contre le fascisme. Ces poèmes furent écrit de 1974 (date anniversaire de l'assassinat de Miguel Enriquez, dirigeant historique du Mir), jusqu'en 1986.
Si les liens entre poésie et politique est au centre de la poésie de Serge Pey, ce livre en est, plus qu'un simple témoignage, le geste manifeste. En effet, la grande majorité de ces poèmes ont été écrits alors qu'il militait activement avec le MIR, notamment comme "facteur" (militant chargé de "passer" les messages secrets entre les divers combattants entrés dans la clandestinité). Et cette poésie mêle réflexions politiques, témoignages, pensées philosophiques, enseignements sur les modes de vie en clandestinité... mais surtout, donne à lire une poésie où philosophie et politique se confrontent à l'intime, dans une multiplicité des voix et des écritures.
Ce livre est également un voyage à travers les lieux et les luttes, voyage ponctué d'hommages à toutes celles et à tous ceux, célèbres ou inconnu-e-s, qui ont refusé la bride et la muselière du fascisme de Pinochet.
Serge pey invente une poésie où geste et écriture sont intimement liés. Sa participation à l'écriture de l'art-action est essentielle (plusieurs centaines de performances à travers le monde). Poèmes d''actions, poèmes directs, poèmes politiques, poèmes de luttes, poèmes métaphysiques :Serge Pey mêle l'écriture poétique à la performance, au happening et aux arts visuels, et invente une nouvelle façon du poème. Dans la transgression de toutes les frontières de l'art (plasticien, musicien de la voix, écrivain, philosophe direct - il conçoit la poésie comme une "philosophie-action" - performeur, poète sonore), ce réalisateur de poésie physique a porté les relations entre l'écriture et l'oralité à des sommets rarement atteints.
Serge Pey a toujours affirmé une poésie du combat politique : " Serge Pey un des très rares, sinon peut-être le seul à ma connaissance, aujourd'hui, qui écrit une poésie que j'appellerais une poésie politique. Pas au sens où du temps d'Éluard et de son ode à Staline on parlait de poésie engagée, mais au sens où Maïakovski faisait d'un poème d'amour un poème politique. Parce qu'un poème d'amour est un poème politique " (Meschonnic).
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Dans les quatre essais qui composent ce livre s'ébauche ce que Foucault nommerait une analytique de la démocratie contemporaine en rupture ouverte avec les courants dominants de la science politique et de la philosophie politique. Il ne s'agit pas en effet de s'y demander ce qui définirait à proprement parler un régime démocratique, quelles seraient les normes de la culture démocratique, à quelles valeurs se réfèrent les usages démocratiques, en quoi consiste la vie démocratique, quelles en sont les institutions appropriées, (etc.) - mais de partir d'une tout autre question : de quelle espèce est l'opération contemporaine consistant à faire valoir le nom de la démocratie comme celui de la seule figure d'organisation et de vie politique acceptable et conforme aux exigences d'une vie civilisée ? Qu'est-ce qui est en jeu dans le balisage de notre présent par l'ensemble des discours tendant à accréditer la notion d'un horizon indépassable de « la démocratie », comme horizon du politique et de la vie commune ? De quoi cet usage du mot démocratie est-il la manifestation ou le symptôme ?
Il s'agirait donc bien de déplacer l'angle du questionnement, de se situer dans un autre champ. On ne se demandera pas dans ces textes ce qu'est en vérité la démocratie contemporaine, on n'en dénoncera pas les faux-semblants ou les illusions, on n'opposera pas à ces mensonges ou ces trahisons allégués ce qu'elle devrait être - on s'interrogera plutôt sur le point suivant : sous quelles conditions sommes-nous astreints aujourd'hui à parler de la démocratie, quels sont les principes d'agencement qui président à l'établissement de l'ordre des discours régissant la formation des énoncés à propos de « la démocratie » aujourd'hui ?
Ce qui constitue donc la trame de ces textes, ce ne sont pas des questions de définitions adéquates, ce n'est pas la critique des apparences fallacieuses ou des impostures des appareils de la démocratie contemporaines, c'est plutôt l'analyse du champ de forces et des jeux stratégiques de pouvoir qui s'établissent autour du nom de la démocratie dans nos sociétés.
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Ce récit poétique raconte l'épopée d'une femme, une chasseuse-cueilleuse, dont la vie est une aventure de chaque instant pour sa survie. Une vie à vif, une aventure qui pourrait être la métaphore même du fait d'être, doublée d'une fable, ou plutôt d'un apologue de la féminité. Cela se passe hors époque, et dans un espace intermédiaire entre un ici et un ailleurs hypothétiques, comme dans un univers qui serait la contraction poétique entre société contemporaine et civilisation première.
Cette chasseuse-cueilleuse est en voyage, sorte de dérive initiatique, en compagnie d'un enfant, d'un bébé et d'un chien. Il s'agit de se nourrir et de nourir ; de protéger et d'être protéger ; de donner et de prendre ; de réinventer les liens entre masculin et féminin - en soi et envers l'autre ; de désapprendre pour mieux apprendre...
L'auteure place son récit dans un univers textuel complexe : poésies, listes, éléments visuels et iconiques, notes, dispositifs typographiques issus de la poésie concrète, annexes diverses.
Indice non négligeable : l'auteure sous-titre son récit «screwball ». En argot américain (la langue de tous les mélanges), ce mot désigne une personne singulière, excentrique, au comportement insaisissable. Ce terme argotique vient lui-même d'un terme technique utilisé au baseball (jeu populaire par excellence) : LA screwball (ici le féminin prend toute son importance) est une balle à effet, envoyée de telle manière que sa trajectoire est imprévisible.
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Ce second livre regroupe la totalité des Biopsies encore inédits (écrits entre 1965 et 1969), poèmes composés pour être lus à voix nue et en direct au public.
Biopsie : «prélèvement d'un fragment de tissu sur un être vivant pour l'examen histologique» (Petit Larousse illustré).
« M'appuyant sur cette définition, j'ai, dans la seconde moitié des années soixante, réalisé toute une série de poèmes, souvent courts en partant d'éléments, non pas prélevés sur le corps humain, mais appartenant au corps social. Ce furent ainsi, pour certain d'entre eux, parfois des sortes de Poèmes Trouvés, autour de moi, dans le domaine économique, administratif, social, citadin. Mon activité professionnelle me fournissait une mine d'informations, banales, cocasses et quotidiennes, parfois fascinantes par leur impact, leur rôle, leur jeu, leur efficacité, leur utilaité, leur bêtise. Il m'est arrivé souvent d'écrire que mes poèmes étaient des poèmes « Serpillère, des poèmes Attrape-tout, des poèmes Éponges, des poèmes Caniveaux, ceci en vue de tenter de sublimer le Banal, l'ordinaire, le rien-du-tout, notre « ordinaire », notre quotidien. Ne serait-ce que pour le mettre en évidence, le comprendre, le vivre et l'exorciser. Et se familiariser ou rire de ses riens. » Dans ces Biopsies, on peut remarquer que le magnétophone prend une place de plus en plus importante, et qu'il n'est plus seulement un simple transmetteur de la voix, mais sert également de mini-laboratoire, avec des interventions directes sur la bande. On peut remarquer également l'utilisation de plus en plus évidente de sons ambiantiques (foules, rues, brouhahas, voitures, etc.).
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Écrivain de l'extrême, Jérôme Bertin nous emmène dans l'à-vif du présent. Chacun de ses livres est le reflet d'un conflit : de l'impossibilité de mener à bien son métier de vivre parce que trop en but avec la brutalité de ce monde. Il est en cela proche de ce qu'écrit Jean Genet, lorsque que ce dernier oppose la violence à la brutalité : la violence étant inhérent à toute pulsion de vie (l'enfantement, le rire, la joie, la révolte, les guerres de libératon...), tandis que la brutalité est dispensée sans compter par ceux qui ont pour but de brider ses pulsions de vie.
Le projet Wolfli est le récit sans concession d'un univers qui vit au rythme d'une guérilla extrême, où se confrontent des groupuscules d'horizons différents : des pires milices fascistes au factions utopistes pour qui la guerre ne peut être gagnée que par la mort. Ici les corps sont des marchandises, chair à canon où chair à plaisir, corps qui se nourrissent et se détruisent par les armes ou dans les partouzes. Entre Guyotat et Céline, ce roman participe au renouveau de la science-fiction...
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Ce récit introspectif traite de la douleur d'être et des origines de cette souffrance. L'intérêt de ce texte, outre la beauté et la précision de la langue, est également dans sa dimension philosophique et politique (on retrouve ici tous les thèmes chers à Michel Surya, et que l'on retrouve dans ses nombreuses études sur Georges Bataille - dont son célèbre et indispensable La mort à l'oeuvre, plusieurs fois réédité aux éditions Gallimard - mais également dans sa série d'essais sur la domination - plusieurs ouvrages publiés chez Farrago, Léo Scheer et les Nouvelles éditions Lignes -, ainsi que développés au sein de la revue Lignes - qu'il dirige depuis 1987, et qui regroupe le plus vif de la pensée politique et philosophique contemporaine).
Le Mort-Né : un texte court, synthétique, qui ne laissera personne indifférent.
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Une suites de textes (10 courtes proses narratives) comme une traversée du malheur, expérimentant le malheur en langue. En langue trouver ce qui persiste de la destruction, chercher quand bien même une forme, aussi informe puissetelle être, une forme dans la quelle rage et malheur, destructions et survivances puisse se tenir malgré tout. Altération du sens, enroulement de voix, fureur et folie, corps amoindris et humiliés, spectres et chairs amassées, il s'agit de se peupler du toutautre. Tenter de traverser un péril toujours reconduit.
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Avava-ovava ; venant, nous serons ; et nos enfants aimants rachèteront l'innocence du monde
Collectif
- Al Dante
- 2 Juillet 2014
- 9782847617658
Été 2013. Un groupe de jeunes gens de France, Rroms, Manouches, et Gadjés mutants, partent de Paris, dans un bus transformé qui, cible de sortilèges (Armaya), n'arrivera pas en l'état vers sa destination impossible. Parvenu, après pertes, détours, et abandons, à l'endroit, Cracovie, sud de la Pologne, ils retrouvent une foule de garçons et filles d'Europe rassemblées, autour de la nuit du 2 Août : la liquidation du camp des " familles tziganes " de Birkenau. Quatre jours durant, de la jeune foule éveillée, poussée ici, au bord et autour de ce trou du temps, par le souci de faire front au nouveau surgissement de la violence politique dans l'Europe contemporaine (meurtres en Hongrie, Pogroms en Slovaquie, Déplacement de population d'Allemagne vers le Kosovo, fichage et expulsions de masse en France et Italie), montent depuis les coeurs, le pressentiment joyeux, l'élan, et dans toutes les langues d'Europe, la rumeur, que l'avenir a déjà grossi le temps d'un soulèvement fatal.
C'est sur la route du retour, périlleuse et pressée, à travers l'espace et le temps éclatés de l'Europe, qu'a surgi, à l'esprit de ces voyageurs neufs l'idée de ces récits, réflexions, images, rassemblés ici comme pour indiquer la destination de leur voyage paradoxal.
À partir de cette rencontre à Auschwitz, autour de la commémoration du massacre des tziganes dans les camps nazis, un livre sur la situation des Rroms, enfin écrit... par des Rroms !
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Connu pour être l'un des créateurs du groupe « Action Directe », Jean-Marc Rouillan activiste politique et écrivain, était en prison depuis 1987, avec une brève période où il a bénéficié d'un régime de semi-liberté, du 17 décembre 2007 au 2 octobre 2008.
Suite à un interview publié dans l'Express ce régime à été annulé « pour quelques mots », le tribunal d'application des peines anti-terroristes jugeant que ses propos constituaient une « apologie de la lutte armée ». Il est de nouveau en semi-liberté depuis le 19 mai 2011, avec l'obligation de porter un bracelet électronique.
Ce collectif est constitué de textes réflexifs, poétiques ou fictionnels, qui interrogent, en lien ou en discussion avec Jean-Marc Rouillan, la situation politique actuelle, l'hypothèse insurrectionnelle ainsi que les notions d'action et d'« engagement ».
Deux textes de Jean-Marc Rouillan, qui témoignent de sa vie en prison et font montre d'une « pensée en action », ouvrent ce dossier.
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143 propositions sur la vie et la mort ; et autres petits traités
Jean-michel Espitallier
- Al Dante
- 24 Janvier 2011
- 9782847618648
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Si la mort, qui est tout ce qui n'existe plus, n'existait plus, tout ce qui n'existe plus existerait encore, et la non-existence de ce qui n'existe plus n'existerait plus. Mais en n'existant plus, la mort ne pourrait faire exister ce qui n'existe plus et sa non-existence ferait ne pas exister la non-existence de ce qui a existé. La mort ne peut donc exister qu'en faisant exister ce qui n'existe plus.
D'où nous déduirons que c'est parce que ce qui a existé n'existe plus que la mort existe...
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Ce premier livre regroupe la totalité des Poèmes-partitions encore inédits (écrits entre 1955 et 1965), poèmes composés pour être lus à voix nue et en direct au public.
« Ces premiers poèmes, à compter de cette date [1955], je les ai intitulés Poèmes-partitions par référence, bien entendu, à la musique, où une oeuvre qui existe, préalablement en tant que partition, ne vit totalement que lorsque cette partition est exécutée. Il en était ainsi de même pour moi, avec la poésie, dans la mesure ou le poème, disposé sur le papier tel une partition simpliste, me fournissait rythmes, intensités, vitesse, ruptures et silences, n'existant donc pleinement, en tant que poème, qu'une fois dit publiquement à haute voix, ou retransmis par un support tel que un disque vinyl ou un CD ».
Introduisant cet ensemble, nous rééditions (pour la première fois depuis 1955) Sitôt dit, le premier livre de Bernard Heidsieck, et son unique livre de «poésie sèche».
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La bonne conscience des Européens à l'égard desmigrant-e-s et des réfugié-e-s varie selon les circonstances;
Ainsi, lorsque les atrocités de la guerre en Syrie apparaissent dans toute leur crudité, elle s'éveille et s'affirme au grand jour.Malgré le poids des clichés et la déliquescence politique généralisée d'une Europe où les opinions vacillent aumoindre séismemédiatique, un peu partout en France et dans d'autres pays des gens semobilisent pour accueillir ces fugitifs toujours plus nombreux, qui passent nos frontières avec, pour seuls bagages, leurs tragiques épopées. Face à cette situation inédite, certains gouvernements, plus oumoins timorés, cherchent - ou font mine de chercher - des solutions d'aides, d'autres verrouillent leurs frontières et n'hésitent pas à lancer leurs cerbères armés contre cette populace désorientée - tandis que l'Allemagne, à la surprise générale, se pose en toute magnanimité comme État providence.
Mais les attaques terroristes de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015 changent soudainement la donne, et renvoient à la case départ le sort des déplacé-e-s, déporté-e-s, réfugié-e-s, migrant-e-s. Il n'est plus question d'hospitalité. Désormais, pour la grande majorité des gouvernements européens (dont la France), ces personnes, hier victimes à plaindre, deviennent indésirables assimilées à des terroristes : des jetables. Les frontières, à l'instar des opinions publiques, se referment. On « peut » désormais les renvoyer au pire d'où ils viennent, à l'eau ou ailleurs. Qu'importe ce qu'ils et elles deviendront, on entretient et nourrit l'amalgame :
Ils et elles paieront pour les terroristes.
La mémoire historique est courte.
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Ce récit en 25 courts tableaux, dresse le portrait sans concession d'un personnage (l'auteur lui-même), écrivain sans illusion, vivant chichement de l'AAH (allocation aux adultes handicapés - car déclaré, par les psychiatres, bipolaire à tendance paranoïaque), fan de foot et de poésie. Étant dans l'impossibilité de s'insérer dans une société dont il ne supporte ni les lois, ni les divertissements, ni les règles de sociabilité, l'auteur décrit la solitude, l'addiction aux drogues, au sexe et à l'alcool, le besoin d'amour, le refuge dans la lecture et l'écriture. Il se décrit volontier triste, laid,misérable et sale, à l'instar d'une civilisation dont il aborre la vulgarité et la violence, agissant ainsi dans la plus pure tradition punk, où l'on renvoie à la face de la société les stigmates mêmes de son infâmie.
Dans ce court roman autofictionnel, l'auteur traite de ce qui l'environne : la ville où il vit (Marseille), le milieu des poètes, les bobos, l'alcool, sa maladie, sa sexualité, la musique, la drogue, la violence, la littérature, le désespoir.
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Vous êtes trop.
Trop beaux. trop dans le faire. et dans le faire beau. trop dans le savoir. vous êtes trop dépositaires. vous allongez trop. vous aimez trop l'épaisseur. trop la logistique. vous êtes trop techniques. trop dans les idées. les institutions. alors vous faites des blocs. des monolithes. de la morale. mais laissez-nous vivre. on s'en fout des dépositions. on veut la vie. on veut respirer. et si la littérature nous en empêche, on ira voir ailleurs.
On veut inventer. on veut inquiéter. on veut foutre la zone. la vie nous appelle à la zone. au naufrage de nous-mêmes. nous sommes des êtres qui de toute part déconnons. nous déconnons de toute part et ça ne fait que commencer. la déconnade est la seule contre-mesure. la contre-mesure face à ce qui nous est dit, dans la littérature et ailleurs. votre pensée est la mesure qui convient trop à notre temps.
Et il faut en découdre avec le temps. l'homme est un mesrine en puissance. c'est un être qui déconne de toute part. c'est pour ça qu'il faut écrire des manifestes. des manifestes pour qu'on nous foute la paix.
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