• Les visages de la science

    Bernard Vidal

    • Academia
    • 19 Février 2014

    La science est un modèle qui mime dans l'abstrait le comportement de la nature. Créations du chercheur, les théories pour un fait donné peuvent être multiples et chacune valide. La science a des lois, la nature n'en a pas. L'ordre de la nature, c'est le chercheur qui l'y met. L'esprit, façonnant un amorphe premier, participe à la mise en forme de la nature produisant le Réel "en nous". Celle-ci, réciproquement, modèle l'esprit. De ce fait, l'univers n'existerait plus si l'homme disparaissait...

  • Le marxisme seul traite la matière dans sa dimension dialectique. Il se veut donc science suprême. D'où les prétentions à encadrer les sciences par la force pour les organiser, selon la doctrine, vers une science prolétarienne.
    Pour Marx, le prolétariat recèle en lui la violence du changement. Il doit, par la " lutte " des classes, détruire la bourgeoisie, établir une " dictature " et imposer sa violence. Son succès inéluctable fixe un sens à l'histoire, la détermine. L'individu, étant le produit du milieu et de l'histoire, ne peut faire dérailler celle-ci. Staline, Mao ne sont pas des fous qui se seraient imposés. Ils sont le produit de leur milieu, de l'histoire. Ils sont la pure illustration du marxisme et plus ils ont été violents, plus ils ont été marxistes. Cette violence, transcendante et ontologique, est issue de la philosophie des Lumières. Celle-ci est la source des transcendances de substitution fondées sur le peuple : marxismes, fascismes, nazisme, et de toutes leurs atrocités.

  • La science est un modèle de la nature construit pour mimer celle-ci. Matière et esprit se coproduisent l´un l´autre. Il n´y a donc pas de lois de la matière, d´une nature pure, isolée de l´esprit de l´homme, mais des lois scientifiques qui dépendent du chercheur et de la société. C´est lui qui met un ordre dans la nature, classant les similitudes en concepts et construisant une métaphysique des concepts. Il relie ces derniers en lois en utilisant les mathématiques. La science, expression culturelle, s´est construite en abattant ici, reconstruisant là pour accroître l´adéquation du modèle avec la nature. Cette adéquation est ressentie comme beauté par le scientifique et celui-ci vise plus de beauté car il n´y a pas de certitude, pas de Vérité, de Réel en soi à trouver. Il existe un Réel en nous, interpénétration de l´ esprit et du monde.
    La science est un « matérialisme méthodologique » élaboré pendant deux mille cinq cents ans. La tentative de rationnalité des Grecs milésiens, le postulat de Platon selon lequel la nature est mathématique, la logique d´Aristote et ses qualités sensibles, le matérialisme mécanique d´Épicure, sont les bases de la science. Après adaptation d´Aristote au XIIe-XIVe siècle, la scolastique construit sur sa logique les techniques de raisonnement de la science. Platon et Aristote se rejoignent en chimie au XVIe siècle puis dans la physique de Galilée au XVIIe. Du mécanisme de Descartes à la mécanique des concepts de Newton au XVIIe - XVIIIe siècle en passant par le positivisme du XIXe siècle, jusqu´à nos jours avec le retour d´Épicure, la science est une vision mécanique de la nature. Ce faisant, l´en soi et le concept Dieu s´estompent. Temps et espace sont reformulés au XXe siècle et le réel se dissout dans le Nombre. Temps, espace, phénomène, lois, réel... ne sont plus des absolus. Mais Dieu, cet absolu conjecturé, revient sur la scène créationniste avec le Dessein intelligent.
    Les religieux exigent que la science soutienne leurs croyances. Les philosophes veulent reprendre barre sur elle parce qu´elle leur a échappé au XVIIIe siècle. Tous veulent l´asservir pour assurer à la société ses profits et son confort.
    Bernard Vidal est professeur émérite à l´Université de La Réunion, université dont il a été vice-président (1992 - 2002). Il a conçu et dirigé la première formation d´ingénieurs hors de l´hexagone, habilitée en 2005.

  • Précédés d'une brève introduction à la mécanique générale, les 110 exercices et problèmes résolus rassemblés ici embrassent un large panel d'applications, tant dans le domaine de la résistance des matériaux que dans celui du calcul des ossatures.

    Un éclairage tout particulier est apporté aux applications associées aux questions de stabilité, de sismique et d'élastoplasticité.

    Inspirés de situations réelles, les exemples sont originaux. Abondamment illustrés, ils sont systématiquement complétés par des applications numériques. Chaque fois que nécessaire, les développements mathématiques utiles aux résolutions sont détaillés.

    Tous les sujets dont ce volume inédit est composé ont été conçus et expérimentés par l'équipe en charge de l'enseignement de la résistance des matériaux, du calcul des ouvrages béton et des constructions mixtes à l'université Paul Sabatier de Toulouse. Ils illustrent le manuel de cours intitulé Calcul des ouvrages.

  • « Si Aragnouet m'était conté », tisse des passerelles entre le passé légendaire de la Haute-Vallée d'Aure à travers les dures conditions de vie des montagnards agriculteurs se jouant des frontières avec leurs voisins aragonais et les bouleversements économiques apportés par un nouvel « eldorado », celui de la « houille blanche ». Amoureux de son pays, l'auteur, Jean-Bernard Vidal, a puisé dans sa mémoire familiale, collecté les archives, chroniques et témoignages d'un patrimoine méconnu, jusqu'en 1939 - date de sa propre naissance - où les changements s'accélèrent. Les cables aériens qui véhiculaient les minerais d'Espagne entre Parzan et le Moudang, tombent alors en désuétude, tandis que se construisent les routes, barrages et centrales hydroélectriques parallèlement à l'essor du tourisme, avant la création des stations de ski de Saint-Lary et Piau-Engaly et le percement du tunnel Aragnouet-Bielsa sous l'impulsion visionnaire de Vincent Mir.

empty