• C'est vrai : elle est morte. Elle, c'est la mère du narrateur. Originaire d'un petit village de Calabre, issue d'une famille pauvre, mariée de force, partie s'installer dans le nord de l'Italie, loin du courroux familial, afin de porter jusqu'à terme l'enfant qui était en elle, le fruit du mal - un viol. Cet enfant, c'est Emanuele. Dont la vie bascule lorsque, trentenaire, sa mère meurt soudainement.
    Le texte est une prise de conscience radicale qui devient un long cri de désespoir où le narra- teur tente de reconstruire la figure de la mère morte, chante son amour et son déchirement, plongeant dans les souvenirs, les regrets, dans les histoires et les confidences maternelles. C'est le cri de douleur d'un fils abandonné, trahi par une mère qui a fui dans la mort, coupable et adorée, impardonnable. C'est aussi le cri de révolte d'un écrivain contre le sort des pauvres impitoyablement délaissés par Dieu et par les hommes. Le récit est empli d'un sentiment de solitude infinie et de colère, il a la profondeur d'une douleur sans larmes.

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