Gallimard

  • Comique ou tragique, pathétique ou grotesque ? Le Roi d'Ionesco se voit confronté à la mort. Son univers s'écroule, notre univers s'écroule.
    Retrouvez ce personnage désormais classique, qui incarne l'angoisse de l'homme, son humour aussi, et qui a fait pleurer, rire et pleurer de rire des salles entières de spectateurs.

  • La cantatrice chauve

    Eugène Ionesco

    Il est neuf heures du soir, dans un intérieur bourgeois de Londres, le salon de M. et Mme Smith. La pendule sonne les « dix-sept coups anglais ».

    « M. Smith : Tous les Bobby Watson sont commis voyageurs.

    Mme Smith : Quel dur métier ! Pourtant, on y fait de bonnes affaires.

    M. Smith : Oui, quand il n'y a pas de concurrence.

    Mme Smith : Et quand n'y a-t-il pas de concurrence ?

    M. Smith : Le mardi, le jeudi et le mardi.

    Mme Smith : Ah ! Trois jours par semaine ? Et que fait Bobby Watson pendant ce temps-là ?

    M. Smith : Il se repose, il dort. »

  • Jeux de massacre, pièce créée en 1970 au Théâtre Montparnasse, a pour thème une épidémie, une peste qui ravage la Ville.
    Des sketches rapides montrent les réactions des paysans, des riches bourgeois, des intellectuels, des médecins, des pauvres... La politique s'en mêle, car les gens des partis veulent exploiter la peste à leur profit. Finalement, le feu dévore la ville entière et rétablit l'ordre.

  • Macbett

    Eugène Ionesco

    Dans l'imaginaire collectif, Macbeth, ce roi d'Ecosse qui régna à la fin du XIe, représente depuis Shakespeare l'archétype de l'ambitieux qui, poussé par sa femme, tua le roi légitime pour monter sur le trône et multiplia meurtres et exactions. Avec Macbett, pièce qui témoigne de sa vision amère des grands drames qui ont bouleversé le XXe siècle - nazisme et communisme qu'il a toujours renvoyés dos à dos - Ionesco crée une oeuvre burlesque dans laquelle la politique n'est que le jeu absurde d'un fou, le caprice d'un paranoïaque satanique.
    Plus que jamais son théâtre apparaît comme une "farce tragique", sous-titre dont il qualifie lui-même Les Chaises, l'une de ses premières pièces.

  • Le théâtre de Ionesco est en définitive une mise en scène des figures de la rhétorique. Ses personnages vont de catachrèse en chiasme comme d'autres vont - dans un théâtre plus classique - de la passion extrême à la jalousie meurtrière. Il s'y racontait une histoire. Chez Ionesco, il n'y a pas de récit, il n'y a pas de conte qui se raconte, mais des figures sorties d'un Füssli. Aucun de ses personnages en effet qui ne parataxe ou qui, pris aux charmes de la redoutable Métaphore, ne se retrouve enchaîné dans une définitive métamorphose dont il ne reviendra pas. Et les objets eux-mêmes disent à se démultiplier sans aucune considération pour l'ordre normé du monde que tout, en définitive, se décline mais finit par déraper. Ionesco va chercher dans ses cauchemars ces monstres qui tentent de penser l'inconcevable - que les concepts seront toujours impuissants à exprimer -, monstres faits de morceaux de bêtes et de morceaux d'hommes qui, assemblés, mettent au jour une bien inquiétante étrangeté, comme les Grecs jadis qui, pour tenter de dire la démesure du désir, avaient inventé des mythes où l'on voyait - par exemple - une femme éperdue d'amour pour un taureau. C'est la plupart du temps en se fondant sur la répétition qui, à se reprendre, démontre que le même est une tentative désespérée que le comique de Ionesco devient un pur tragique. Le procédé est souvent subtil, qui consiste, par glissements successifs mais imperceptibles, à passer du «comme» de la métaphore à l'être dont celle-ci n'évoquait qu'une figure possible. Et, stupéfié, le corps devient le texte de son histoire arrêtée. Certes Kafka est passé par là, et les bouleversements de l'histoire personnelle de Ionesco ont laissé des traces dans son imaginaire. Mais on n'a pas osé dire que ce théâtre procurait aussi une nouvelle ontologie, celle d'un homme dérisoire, pris dans les boues de la mort. Englué, comme le héros de Sartre, mais le pire est que le personnage de Ionesco est, lui, de bonne foi.
    Ce volume rassemble tout le théâtre de Ionesco ; il révèle de plus deux pièces inédites : La Nièce-épouse et Le Vicomte. On a voulu aussi procurer - dans un appendice - les notes des principales mises en scène qui retracent l'histoire de ces pièces. Enfin, pour parachever l'édition, on a donné - avec une étude de Massin - quelques extraits de la mise en pages graphique de ce dernier pour La Cantatrice chauve et Délire à deux.

  • Ce livre reproduit un album tiré à deux cents exemplaires qui avait paru en Suisse, en 1981. Il se composait de quinze lithographies, gravées sur la pierre de la propre main de Ionesco, accompagnées de commentaires et d'un long texte d'introduction.
    Ionesco y raconte et y explique ses rapports avec la peinture et le dessin, la signification qu'il donne au noir et blanc. «Je me dis une fois de plus, encore, après l'avoir dit tant de fois, on ne peut rien écrire, on ne peut non plus rien dessiner sans une sincérité totale, naïve, mais il est bien difficile d'arriver à cette sincérité. En dessinant, j 'essaie ou je tâche de dégager mon esprit de tout ce qui l'encombre, de tous les soucis, de toutes les vanités, que ce soit bon ou mauvais, ce que je fais cela n'a pas d'importance.» Chemin faisant, de même que la pierre du graveur se creuse, la méditation de l'écrivain l'emporte à réfléchir sur le sacré, sur le scandale de la mort. Il pense aussi à des amis disparus et soudain surgit une image de femme, abandonnée, éperdue, un roman tragique, en quelques lignes : «A-t-elle pu surmonter sa douleur? A-t-elle pu trouver une raison de vivre? Où est-elle?»

  • Récits de rêves, opinions, souvenirs, réflexions morales, notes sur la littérature : ce Journal en miettes n'est pas un journal habituel, où seraient consignés, au jour le jour, les événements d'une vie. C'est, en quelque sorte, à une entreprise contraire que se livre ici Eugène Ionesco : raconter, non pas chaque jour ce qui arrive, mais chaque jour ce qui n'arrive pas.
    Un homme cherche à surmonter la crise permanente qu'est la pensée de la vie et de la mort, à résoudre les interrogations, à triompher de l'angoisse, à y voir clair, et note ses obsessions, ses doutes, ses refus. L'enfance resurgit dans le présent, les images oniriques recouvrent soudain le réel, le passé se confond avec l'avenir : peu à peu, miette par miette, se reconstitue une chronologie intérieure au-delà de la chronologie, au-delà du portrait les silences, les mystères, comme le négatif d'un homme et d'une oeuvre.

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • " Rêver c'est penser et c'est penser d'une façon beaucoup plus profonde, plus vraie, plus authentique parce que l'on est comme replié sur soi-même.
    Le rêve est une sorte de méditation, de recueillement. Il est une pensée en images. Quelquefois il est extrêmement révélateur, cruel. Il est d'une évidence lumineuse. Pour quelqu'un qui fait du théâtre, le rêve peut être considéré comme un événement essentiellement dramatique. Le rêve c'est le drame même. En rêve, on est toujours en situation. Bref, je crois que le rêve est à la fois une pensée lucide, plus lucide qu'à l'état de veille, une pensée en images et qu'il est déjà du théâtre, qu'il est toujours un drame puisqu'on y est toujours en situation ".
    /> " Vingt ans après " ou presque. C'est en 1977, en effet, qu'Eugène Ionesco accorda ces Entretiens à Claude Bonnefoy. Malgré l'écart temporel, se dessine un Ionesco très proche, vivant, contradictoire, s'expliquant et s'interrogeant sur l'écriture théâtrale et romanesque, sur les liens entre le rêve, la création et la vie. A la fois sceptique et plein d'espoir, un homme en questions sur le rôle de la littérature et du théâtre dans la vie d'un écrivain, dans la vie d'un homme.

  • La Soif et la Faim, Le Roi se meurt, L'oeuf dur, La Lacune, Le Salon de l'automobile sont les titres des pièces qui composent ce quatrième tome de théâtre.

    La Soif et la Faim est l'histoire d'un homme qui souffre d'une maladie très répandue : celle de ne pouvoir tenir en place, de ne pouvoir trouver en lui-même la joie ou la sérénité. Il court les routes, il s'égare dans une quête sans espoir.
    Le Roi se meurt est la cérémonie de l'agonie d'un roi burlesque et tout-puissant : il avait commandé aux éléments, avait régné pendant des siècles, ne peut accepter l'effondrement de son univers(de son royaume) ni sa propre mort.
    La reine lui apprend à mourir.
    Les autres pièces sont des scènes courtes, humoristiques, comiques.

  • L'insolite baignant dans le quotidien, l'inhabituel surgissant du banal, le comique se muant en tragique, puis retournant au burlesque (La Leçon) ; réalisme détérioré par la caricature (La Cantatrice chauve) ; émerveillement euphorique d'être : horreur d'exister dans un univers oppressant, accablant, où la matière s'épaissit, les objets prolifèrent (Victimes du devoir, Comment s'en débarrasser), - voilà les éléments contradictoires qui fondent le théâtre de Ionesco, issu de l'esprit onirique et de l'observation naturaliste.

    L'auteur est le premier à être étonné du spectacle qu'il projette sur scène et que l a démarche même de l'écriture, l'aventure poétique lui révèle. Les forces antagonistes qui l'habitent, les désirs profonds, oubliés et retrouvés, les obsessions obscures s'éclairent, s'incarnent, se font personnages, événements, théâtre, constituent ce monde où l'intérieur et l'extérieur se rejoignent, à la fois sien et nôtre, douloureux et dérisoire, que l'humour décharge de son angoisse.

  • L'insolite baignant dans le quotidien, l'inhabituel surgissant du banal, le comique se muant en tragique, puis retournant au burlesque (La Leçon) ; réalisme détérioré par la caricature (La Cantatrice chauve) ; émerveillement euphorique d'etre ; horreur d'exister dans un univers oppressant, accablant, ou la maticre s'épaissit, les objets prolifcrent (Victimes du devoir, Comment s'en débarrasser) voil´r les éléments contradictoires qui fondent le théâtre de Ionesco, issu de l'esprit onirique et de l'observation naturaliste.
    L'auteur est le premier ´r etre étonné du spectacle qu'il projette sur sccne et que la démarche meme de l'écriture, l'aventure poétique lui révclent. Les forces antagonistes qui l'habitent, les désirs profonds, oubliés et retrouvés, les obsessions obscures s'éclairent, s'incarnent, se font personnages, événements, théâtre, constituent ce monde ou l'intérieur et l'extérieur se rejoignent, ´r la fois sien et nôtre, douloureux et dérisoire, que l'humour décharge de son angoisse.

  • Cette fois l'auteur franchit les portants les plus construits de son théâtre intérieur pour nous proposer l'expédition au coe d'un espace qu'aucun dramaturge n'a osé parcourir. Jean, personnage principal, dort. Le temps est aboli. Son rêve s'incarne mieux que n'importe quelle réalité. Traversant la foule des parents, des amis, des inconnus, tous vieux ou jeunes morts, Jean retrouve les papartements luxueux ou sordides de sa mémoire. Il souffre comme on souffre en songe : l'angoisse de la mort est l'unique et terrible fil conducteur du plus terrible cauchemar. Cauchemar dont l'homme sortira brisé. Toute issue lui est désormais interdite puisque lui seul - prisonnier de son propre inconscient - fut le manipulateur désespéré d'une telle exploration au bout de soi-même.

  • La plupart des pièces publiées dans ce recueil ont été jouées en France et un peu partout dans le monde.
    Les succès ont succédé aux fours et les fours ont succédé aux succès. Mais la gloire d'un auteur dramatique est surtout le résultat d'une série d'échecs. Le théâtre de Ionesco ne fait pas exception à cette règle.
    Rhinocéros a eu ce qu'on appelle un retentissement mondial puisque cette pièce a été jouée en trente langues. C'est la raison pour laquelle, ayant joui d'une approbation unanime, elle est aussi la plus contestée.

    Le Piéton de l'air a été applaudi en Allemagne, sifflé en France.
    Le Tableau a été peu applaudi, peu sifflé car cet acte a été très peu joué.
    /> Délire à deux est une pièce faite pour recueillir une détestation aussi grande puisque son message est la paix pour tout le monde.
    Scène à quatre et Les Salutations n'ont été ni sifflées ni applaudies car elles n'ont pas été représentées.

  • Hugoliade

    Eugène Ionesco

    Avec la participation de Marie-France Ionesco

  • L'homme aux valises est un voyageur infatigable. Il poursuit sa propre identité, à travers le monde de la répression et du malentendu. Une fiis de plus, le génie de Ionesco consiste à traiter au plus vif un matériau de désespoir, ainsi qu'un immense étonnement très proche, en fait, de celui de l'enfant nostalique que l'auteur de La Leçon n'a jamais cessé d'être.
    Au contraire, le Personnage de Ce formidable bordel ! est figé dans l'immobilité. Figure statique, médusée, il voit bouger les êtres, exploser les révolutions, se commettre les crimes, puis s'appesantir autour de lui la mort et le temps.
    Ainsi l'homme seul, comme un aveugle dans un univers chaotique et tragiquement indifférent, reste le thème majeur du théâtre de Ionesco. C'est un théâtre ressemblant à une méditation qui va chaque fois plus loin, et dont la lucidité cruelle ajoute à la tendresse désespérée.

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