• Serait-ce ces longues années d'observation des turpitudes, coups bas et autres bassesses de la vie politique qui ont conduit Iturria à oublier les humains et leur cynisme, pour jouer les Benjamin Rabier et nous consacrer un livre, à nous autres, les animaux ?
    Moi qui me faisais oublier dans quelque recoin un peu élévé de son atelier, très vite ses dessins m'ont mis la puce à l'oreille : Une vache par-ci, un mouton par -là, quelques chiens... des toros... (Ah, les toros !) et bien évidemment des ours. Comment voulez-vous que l'animal légendaire ne titille pas le crayon d'un dessinateur pyrénéen ? Dans ce débat brûlant du retour de l'ours, Michel vous dira que la Vérité possède deux anses et qu'il est possible de la saisir par l'une ou par l'autre.
    Ce n'est pas une dérobade : il ne fait là que citer Montaigne qui savait bien lui, que « bêtes ont vie et sentiment » et qui lorsqu'il s'amusait à des « singeries réciproques » avec sa chatte, se demandait si c'était lui qui jouait avec elle, ou elle qui jouait avec lui ? Moi je le sais bien mais je n'en dirais rien... Gardons le « Mystère animal!
    Mais d'où peut bien lui venir cet intérêt pour nous ? Tout s'éclaire quand vous apprenez qu'en Basque, Iturria signifie La Fontaine. Bien sûr, les fables, leur grâce insurpassable, l'ont émerveillé enfant et il continue à leur vouer un culte dans son âge mûr, d'autant qu'elles sont illustrées de mains de maîtres : Gustave Doré, Oudry, Grandville, Benjamin Rabier... jusqu'à Joann Sfar, le dernier.

  • La retrospective de 40 ans de dessins de Michel Iturria publiée à l'occasion de l'exposition du Musée d'Aquitaine à Bordeaux qui lui est consacrée.
    Michel Iturria, dessinateur-journaliste, collabore quotidiennement au journal Sud-Ouest qui publie ses dessins inspirés par l'actualité.
    Il a édité de nombreux albums de dessins politiques (éditions Sud-Ouest), il est aussi l'auteur de la série Les Rubipèdes (Glénat et Sud-Ouest) et de Grabouilleau avec Claude Bourgeyx (Le Castor Astral)

  • Dans le lointain Ouest (Far- West) de la France, terre sauvage aux légendes mystérieuses, tous les dimanches après-midi de 15 h à 16 h 30, des héros aux vilaines oreilles écrivent en crampons et par groupes de quinze la geste fracassante du RUBI. Ils ont pour nom : Achille, Patrocle, Bouzigue et comme les héros de l'Iliade, ils n'hésitent pas à exhiber leurs défauts.
    Les Rubipèdes sont la chronique picaresque et plus ou moins homérique de leur monde particulier, celui du RUGBY avec ses rites et ses lois, son langage et ses mythes... Ils auraient pu naître aussi bien en Irlande, au Pays de Galles ou en Ecosse.
    Les Rubipèdes ont été publiés par Pilote en 1973, puis durant dix ans dans Sud-Ouest Dimanche et le magazine Rugby.

  • Croquis d'histoire Nouv.

    Croquis d'histoire

    Michel Iturria

    • Cairn
    • 15 Septembre 2021

    Gamin, Iturria voulait devenir dessinateur d'humour et à l'école il aimait surtout l'Histoire. Un jour, c'est sûr, il allait se délecter à passer l'Histoire au tamis du dessin d'humour.
    Ferme partisan d'une histoire chronologique, il s'attache d'abord à percer quelques mystères de la préhistoire : saviez-vous que « l'inventeur » du feu s'appelait Jean- Fabrice Lataillade et qu'il était fortement déprimé ? que la cueillette des cèpes et autres girolles entraîna la découverte de la méthode expérimentale, de la science donc ?...
    Plongeant dans les périodes obscures, Iturria va nous apprendre qu'Attila n'était pas forcément le mauvais bougre et qu'Ivan-le-Terrible pouvait se révéler, par certains côtés, un sympathique modéré à tendances socialisantes.
    Moyen Âge oblige, il a gardé une affection particulière pour l'époque où « les Anglais vendangeaient l'Aquitaine » et explique pourquoi ils continuent obstinément à rouler à gauche !
    Un peu plus loin, il éclaire d'un jour nouveau les rapports entre Louis XI et l'ostéopathie, et montre comment Napoléon, aspect ignoré de son oeuvre gigantesque, privilégiait le tourisme vert, ou bien encore comment les soucis matrimoniaux de Jean- Sébastien Bach ou de Karl Marx influencèrent leurs oeuvres respectives.
    Dans l'époque bouleversée que nous vivons, porteuse de mutations diverses, ces 80 dessins espiègles qui courent du paléolithique à la conquête de Mars, nous rappellent cette maxime gravée dans le marbre : « Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens. » ...en souriant... »

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