• Zakaria vient quand il veut, et s'en va à sa guise. C'est l'amant imprévisible, mais qui apporte quelque chose d'unique. Pas tout à fait l'amour et pas seulement le sexe. La rencontre d'un soir est peu à peu devenue une liaison qui se cache mais qui dure. Jusqu'à ce que l'interdit religieux et les fantômes s'en mêlent. Et que la complicité se grippe. Quelle relation inventer alors pour ne pas tout perdre ?

  • «De quoi exactement avais-je fait l'expérience? Je suis bien en peine de le dire. Mais puisque je n'étais pas mort, je devais appartenir à la communauté des deux fois nés».

    Jeune médecin urgentiste, le narrateur traverse une maladie grave. Commence une longue convalescence jusqu'à la guérison. Rescapé d'un tel voyage, comment soigner de nouveau?

    Postface inédite de l'auteur.

  • Dans cet entre-temps qui sépare la chute du mur de Berlin et celle des Twin Towers, il y eut une époque, bouclant le siècle dernier, qui aura semblé à beaucoup en suspens.
    Solal fait alors ses études de médecine. Mais sa jeunesse est inquiète. Témoin de parents qui se déchirent, il connaît lui aussi les joies et désillusions du premier amour. Devenu interne aux urgences psychiatriques, il apprend au fil des nuits de garde à écouter, à ne plus avoir peur, à accepter parfois son impuissance.
    Roman d'apprentissage, d'initiation amoureuse, Quand la parole attend la nuit éclaire les méandres de ce labyrinthe où l'on prend conscience que l'on est bien plus que soi.

    Depuis longtemps, je voulais éclairer le versant intime que peuvent être des études de médecine, et surtout la pratique des urgences, quand les frontières sont bousculées et que l'on prend conscience de ce que signifie être humain.
    En esquissant ce mandala de la nuit, j'ai écrit un roman sur l'amour. Pour écrire il faut être un peu myope. Sinon on manque sa cible. Un livre est cet autre monde qu'on découvre sans l'avoir cherché.
    P.?A.

  • « J'ai peur de mourir, avais-je dit. Son visage avait changé. Je parlais très bas. Il était très attentif et je savais à sa manière de regarder qu'il comprenait, qu'il comprenait vraiment.
    Il me donna un petit coup amical sur l'épaule, et souffla : Mais non, voyons. Puis il me caressa la tête. Je respirai profondément, je tâchai de cesser de pleurer. » La Voix écrite retrace un cheminement entre médecine et écriture, qu'accompagne l'amitié d'un vieil homme. Une cartographie intime qui n'est pas sans rappeler les récits autobiographiques des auteurs spirituels.

    Interrogeant le rôle possible de la littérature dans les temps incertains, ce récit sonde ce qui y résiste et nous soutient, et suit les tâtonnements d'une subjectivité mouvante, sans frontière, que les mots savent si bien façonner et éroder en même temps.

    Après un triptyque sur l'expérience de la maladie (Dans la vallée des larmes, Soigner et Se survivre), Patrick Autréaux a publié un roman, Les Irréguliers et une oeuvre de théâtre, Le grand vivant.

  • Ce livre vient d'un muséum intime et buissonnier, c'est-à-dire d'une boîte à trésors, d'où surgiront notamment un rat musqué, un cygne noir, un réalisateur tchèque un peu sadique, des yeux de verre, des modèles d'invertébrés, un bateau-lumière, des poulpes brandis sur des harpons, des girelles et bogues scintillantes, une invasion de mouches, la charogne d'une baleine, un grand artiste allemand, une meute de poètes, des bouleaux et des brumes, un paléontologue mystique, un carabin pris de vertige métaphysique, un neurobiologiste athée, l'ombre d'un entomologiste méridional, des parents terribles, une panthère en cage, des scarabées et quelques orthoptères, un foetus, une momie de cigale, un pyromane imaginaire, et d'autres bijoux minuscules.
    Ce livre est né d'une résidence au Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Toulouse, dans le cadre du Marathon des mots 2011.

  • Un cyclone arrive sur la ville.
    Enfermé chez lui, le narrateur regarde par la fenêtre le vent, la pluie malmener les maisons et les arbres. Soudain, il se rend compte que le vieil orme, auquel il se confie depuis longtemps, est menacé.
    Commence alors une plongée intérieure allant de l'incertitude à la terreur, au bord du vertige, vers un recommencement.
    Le Grand Vivant revient sur la personnalité du grand-père de l'auteur déjà évoquée dans Soigner. Il le suit ici « au bord de la mort », tandis que le vieil orme lui tient lieu de frère et de double.
    Le grand-père meurt. « Je m'adresse à lui quand un cauchemar me réveille. Est-ce que parler protège de la peur ? » se demande Patrick Autréaux.
    « Lui mort, il ne me reste presque rien de l'en- fance - tant mieux -, sinon le dépotoir des voix. » Dans le spectacle - avec le danseur Thierry Thieû Niang et le récitant Vincent Dissez - le vent soufflé par l'écrivain aspire l'acteur qui lit le texte et bientôt inspire le danseur.

  • Ivan apprend par un coup de fil que son ami Virgilio a été arrêté et aussitôt conduit au Centre de rétention de Vincennes, où sont enfermés les sans-papiers avant leur expulsion. Il part le rejoindre. Après une longue attente devant et derrière les grilles de ce centre, il parviendra à échanger quelques mots avec lui, les derniers.

    L'imminence de la perte de l'être aimé va faire resurgir le souvenir de deux grands absents, son frère et sa mère, et de leurs destins tragiques. Écrit comme une longue confidence, Les irréguliers croise un drame amoureux et le voyage intérieur d'un homme en quête de réconciliation.

  • « En quelques coups de sonde décisifs dans l'alphabet, je fus à poil. »

  • Soigner

    Patrick Autréaux

    «Soigner, c'est-à-dire soigner jusqu'au bout, c'est traverser un champ dont on ne connaît ni l'état du sol, ni la nature des herbes. C'est accepter les fleurs d'orties, la gadoue putride, les entorses et aussi les odeurs fraîches, l'ombre piquetée de soleil d'un arbre solitaire. C'est fatigant et dur. On se fait mal au dos, on en a marre, on voudrait que ça se termine vite, on se le reproche, on essaie de sourire et de ne pas se presser, et on pleure en cachette après l'avoir entendu appeler ce nom d'enfant que lui seul utilisait.» Patrick Autréaux.

  • «L'état quasi extatique, ce vide d'une extrême densité, qui m'avait transi juste après qu'on m'eut annoncé que j'avais un cancer, aura été la plus surprenante étape de mon aventure.
    Aucun état amoureux, aucun événement, aucun autre voyage ne m'a donné à vivre cet exotisme engendré par l'effroi de me savoir condamné : un exotisme qui rejette aux confins de toute singularité, sous la menace, au bord du morcellement.
    De quoi exactement avais-je fait l'expérience? Je suis bien en peine de le dire. La peur, la volonté, tout désir étaient suspendus ; je subissais un vide qui m'emplissait totalement. Puisque je n'étais pas mort, je devais appartenir à la communauté des deux fois nés.»

  • À l'appel de La Novela qui se déroule chaque année à Toulouse au début de l'automne, et avec en perspective l'oeuvre de Richard Powers invité de l'édition 2013, onze auteurs ont rencontré onze chercheurs de toutes disciplines. De ces rencontres sont nées onze nouvelles du monde, rassemblées ici.

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