Librairie Generale Francaise

  •     Le Cid Don Gomès, père de Chimène, approuve le mariage de sa fille et de Rodrigue. Mais lorsqu'il apprend que le père de Rodrigue, don Diègue, a été désigné gouverneur du prince de Castille à sa place, il soufflette son rival. Don Diègue met alors la main à l'épée, mais il est trop vieux pour se battre et don Gomès le désarme : c'est alors à son fils que don Diègue demande de le venger. Rodrigue doit-il le faire comme le lui impose son honneur, ou conserver l'amour qui le lie à Chimène oe Jouée en 1637 au Théâtre du Marais, la pièce, qui était alors - genre à la mode - une tragi-comédie dont Corneille avait puisé le sujet dans une oeuvre espagnole, rencontre immédiatement un grand succès, mais déchaîne une querelle littéraire - la première du siècle - qui durera jusqu'en 1660. Entre-temps, le dramaturge aura remanié sa pièce en l'élevant à la tragédie, et si Le Cid marque dans l'histoire du théâtre une étape essentielle, c'est qu'avec lui se fonde un certain classicisme en même temps qu'apparaissent le «héros cornélien» et la dimension politique, pour Corneille, de toute vraie tragédie.

    Edition de Christian Biet.

  • Corneille L'Illusion comique Un père désespéré cherche son fils qui l'a quitté, et un magicien lui permet de le voir, amoureux d'une jeune fille que convoitent d'autres soupirants contre lesquels le jeune homme doit lutter - avant, finalement, d'être tué, au grand désespoir de son père. Les personnages réapparaissent : comédiens, ils ne faisaient que jouer une pièce sous les yeux du père et du magicien.
    Corneille disait de L'Illusion comique : «C'est une galanterie extravagante qui a tant d'irrégularités qu'elle ne vaut pas la peine de la considérer.» Parce que, en effet, la pièce est absolument étrangère à la dramaturgie classique, un oubli de deux siècles a suivi le long succès de sa création, en 1635. Les Romantiques l'ont redécouverte - Gautier fut ébloui - et elle est aujourd'hui pour nous le chef-d'oeuvre du théâtre baroque.

    Edition de Georges Forestier.

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Emilie souhaite se venger de l'empereur Auguste qui a proscrit son père avant d'accéder au pouvoir : elle demande à Cinna, son amant, de l'assassiner, faute de quoi elle ne l'épousera pas. Mais Auguste, las du pouvoir, interroge Cinna et son ami Maxime : doit-il abdiquer ? Républicain, Maxime le pousse à quitter le pouvoir et Cinna à le conserver. En signe de reconnaissance, Auguste propose à Cinna de l'associer à l'Empire. Cette générosité le rend honteux de son ingratitude : doit-il assassiner son bienfaiteur ou rompre le serment qu'il vient de faire à Emilie ?
    Lorsque en 1642 il fait jouer Cinna au Théâtre du Marais et fait de la magnanimité la clef de sa tragédie, Corneille offre au public une pièce exemplaire où le coup de théâtre final est aussi un coup de maître. La clémence d'Auguste force l'admiration mais elle est lentement conquise. Et devant cette tragédie politique, le spectateur n'oublie pas la virtuosité avec laquelle Corneille l'incite à réfléchir aux passions qui conduisent au dénouement et à l'exercice d'un pouvoir qui a finalement surmonté sa fragilité.
    Edition de Christian Biet.

  •   >Corneille Horace Pièce cornélienne s'il en fut, corneillissime, qui nous laisse pantois d'admiration. Quoi ? Non contents d'avoir accepté de sacrifier à Rome leur vie et leurs amis les plus chers, Horace et ses deux frères refusent la perche qu'on leur tend. Non ! Même avec l'approbation de tous ils ne reculeront pas devant leur devoir : qu'est-ce que la vie de trois amis et la leur propre au regard de l'honneur d'avoir été choisis pour sauver la patrie oe Mais pour être un héros, on n'en est pas moins vulnérable. C'est le talon d'Horace. Dans un soudain accès de faiblesse humaine, vexé par les propos de sa soeur Camille, Horace lui plante son épée dans le corps... Avec cette mort, la vie reprend largement ses droits.

    Préface de Jean-Pierre Miquel.
    Commentaires et notes d'Alain Couprie.

  • Corneille Polyeucte Dans une Arménie soumise à la Rome impériale, un jeune seigneur, Polyeucte, époux de la fille du gouverneur, se fait baptiser en secret à l'instigation de Néarque, son ami chrétien. Prié d'assister peu après à un sacrifice qui célèbre le retour d'un général romain, il perturbe le rituel en proclamant sa foi et entreprend de briser les statues du culte païen. Ni les prières de son épouse, ni les supplications de son beau-père ne lui feront renier son acte.
    Quand Corneille, dans le courant de l'hiver 1642-1643, porte sa tragédie à la scène, la singularité de son Polyeucte martyr - qui reprend l'histoire d'un saint authentique et s'inspire discrètement d'une pièce italienne - est d'associer la figure du chrétien et celle du héros de tragédie. «Si mourir pour son prince est un illustre sort, / Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort ?» Le martyre est ainsi une forme d'héroïsme. Mais la violence iconoclaste de Polyeucte est-elle d'un chrétien ou bien plutôt d'un fanatique comme le pensait Voltaire ? C'est peut-être de ce fanatisme que la pièce, aujourd'hui, tire son actualité.

    Edition de Claude Bourqui et Simone de Reyff.

  • XIe siècle, à Séville. Rodrigue et Chimène se préparent à célébrer leur mariage lorsqu'une dispute survient entre leurs familles, Pour venger son père, Rodrigue doit tuer celui de Chimène. Comment conserver son honneur et son amour ? Les jeunes héros y parviendront-ils sans trahir leurs propres valeurs ?

  • Le mensonge sous ses différentes formes comme moteur dramatique de deux comédies de Corneille.

  • "Je n'ai plus que ce jour, que ce moment de vie :
    Pardonnez à l'amour qui vous la sacrifie, Et souffrez qu'un soupir exhale à vos genoux, Pour ma dernière joie, une âme toute à vous." En vertu d'un traité, la Princesse d'Arménie Eurydice doit épouser le Prince héritier des Parthes, Pacorus, alors qu'un amour partagé mais secret l'attache à Suréna, le glorieux vainqueur des Romains grâce à qui le roi des Parthes a retrouvé son trône. Le secret découvert, Suréna est sommé de renoncer à Eurydice et de se plier à la volonté de son roi.
    Héros parfait, Suréna est trop glorieux pour ne pas susciter la jalousie de son monarque, mais également trop amoureux pour lui céder. Politiquement coupable, mais humainement innocent, il est de son destin d'aller à la mort plutôt que de renoncer à aimer, comme celui de son roi est d'aller à la chute en se faisant tyran. En 1674, Suréna est la dernière pièce de Corneille. C'est également la plus tragique.

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