• Cette édition de poche établie à partir de la version intégrale publiée en 1//1 rassemble plusieurs récits remarquables qui retracent l'expérience de Varlam Chalamov dans les camps du Goulag où il passa dix-sept années de sa vie. Le camp, dit Varlam Chalamov, est une école négative de la vie. Aucun homme ne devrait voir ce qui s'y passe, ni même le savoir. Il s'agit en fait d'une connaissance essentielle, une connaissance de l'être, de l'état ultime de l'homme, mais acquise à un prix trop élevé.
    C'est aussi un savoir que l'art, désormais, ne saurait éluder.

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  • Certains aiment les livres comme on aime des personnes : ils les rencontrent, s'en éprennent, s'en déprennent, les caressent, les rejettent, les oublient, les traquent, les retrouvent, les possèdent et les perdent.

    Si la vie les empêche de les collectionner et de les enfermer dans la prison d'une bibliothèque, ils vont leur rendre visite ailleurs et parfois les enlèvent. ils les rêvent.
    Nous connaissions déjà chalamov l'écrivain des camps, le poète de la sibérie.
    Voici chalamov le lecteur, l'amoureux des livres, parmi les rayonnages de ses bibliothèques.

  • Les années vingt

    Varlam Chalamov

    Préparées depuis le début du siècle par une profusion de mouvements à la recherche de formes neuves et de nouvelles théories, les années vingt en Russie voient l'apogée d'une vie intellectuelle intense en dépit des pénuries, des rivalités et des morts.
    En 1962, à la demande d'un éditeur, Chalamov fait retour sur cette période. retrouvant l'enthousiasme de ses années de jeunesse vécues au coeur du tumulte, il nous livre au fil de sa plume la matière brute de ses souvenirs. Quelque trente ans plus tard, malgré l'expérience des camps, ils n'ont rien perdu de leur exubérance initiale et les utopies de l'adolescence sont restées secrètement vives.
    À travers un détail pris sur le vif, les portraits des personnages que l'histoire littéraire et politique a plus ou moins retenus, ou encore le récit de sa propre expérience d'établi dans une fabrique de la banlieue de Moscou, l'écrivain ressuscite l'atmosphère unique qui régna en Russie à un moment où les esprits déchaînés étaient tous tendus vers l'espoir d'une vie nouvelle.

  • Ce récit autobiographique est consacré à Vologda, la ville natale de Chalamov. Avant de devenir une étape pour les détenus à destinations des îles Solovki, elle fut pendant des siècles, à l'époque tsariste, un lieu de relégation de nombreuses figures de l'opposition - ce qui a fortement contribué à créer le climat culturel et moral si particulier à cette ville du Grand Nord. Chalamov y décrit la vie de sa famille, avant, pendant et après la révolution. Il fait le portrait de son père - prêtre orthodoxe qui avait exercé son ministères sur les îles Aléoutiennes avant de venir se fixer à Vologda - dont la personnalité a marqué l'enfant qu'il fut. Il évoque sa mère, ses frères et soeurs, son existence d'écolier, ses lectures et ses découvertes. On y voit grandir l'écrivain, on découvre ses héros, ses passions, ses rêves. La Quatrième Vologda est un ouvrage capital pour comprendre Chalamov, la façon dont se sont forgés son caractère, sa conception du monde et son destin, c'est un témoignage riche et émouvant.

  • « Il est impossible de comprendre les camps sans une idée exacte de ce qu'est le monde du crime. Ce sont les truands qui donnent aux lieux de détention leur visage, le ton de la vie que tous y mènent, depuis les fonctionnaires les plus haut placés jusqu'aux travailleurs affamés des mines d'or. » Enfermer les criminels de droit commun, idéologiquement purs, avec les ennemis de classe qu'étaient les prisonniers politiques, utiliser les truands pour exterminer les intellectuels, telle fut la politique du pouvoir soviétique dès le début des années 30.
    Comme tous ceux qui ont connu les camps staliniens, Chalamov a gardé un terrible souvenir du monde de la pègre, dont il étudie ici les traditions, les moeurs, les rites et le langage.

  • Vichera

    Varlam Chalamov

    Le nom de varlam chalamov, depuis la publication de ses récits de kolyma, est indissolublement lié aux camps qui, de 1933 à 1960, ont représenté le complexe concentrationnaire le plus redouté du goulag.
    Il y fut détenu dix-sept ans. " la perfection que j'ai trouvée en arrivant à kolyma, écrit-il, n'est pas le produit d'un quelconque esprit du mal. le camp est une structure empirique. tout s'est mis en place progressivement, par expérience accumulée. " c'est précisément cette accumulation et cette expérience que les récits de vichéra éclairent de l'intérieur.
    Lors de sa première détention en 1929, chalamov voit s'établir, dans cette région occidentale de l'oural, " un système pédagogique basé sur le châtiment et la récompense, les remises de peine, l'arbitraire et la démagogie qui va se révéler extraordinairement efficace et pervers.
    " grâce à sa fonction de " petit chef détenu organisant le travail d'autres détenus ", il assiste à la mise en place d'un piège mortel qu'il observe et interprète. il est l'un des premiers à en percevoir le terrible danger politique et éthique.
    Ces pages, sous-titrées " antiroman ", que chalamov juge " importantes concernant sa méthode de travail et sa conception de la vie ", ont gardé les aspérités, le bâti apparent, les turbulences d'une période qui n'avait pas encore fait du travail forcé l'une des bases du nouveau socialisme d'état.

  • Varlam Chalamov (1907-­1982) est connu du public français par Les récits de la Kolyma publiés pour la première fois par Les Lettres Nouvelles en 1969.
    Cahiers de la Kolyma et autres poèmes réunit, en plus d'un essai autobiographique, Fragments de mes vies, écrit en 1964, des poèmes écrits dans les camps soviétiques, ainsi qu'un choix de poèmes du retour. Une Notice sur Chalamov de son traducteur, Christian Mouze, complète ce recueil.
    Si la vie de Chalamov est un condensé du martyre russe sous Staline, sa poésie est pleine de mesure, de réflexion, d'interrogations. Jusque dans le plus terrible, le poème demeure le corps simple de quelque chose lié à la vie. Et lié à l'histoire de la Russie : Chalamov place sa lutte sous le signe des grandes révoltes du XVIIe (la Vieille Foi) et XVIIIe siècles. L'accusation qu'il porte est d'autant plus forte.

  • Souvenirs de la Kolyma Nouv.

    Souvenirs de la Kolyma

    Varlam Chalamov

    « En quelle langue parler au lecteur ? ».
    Souvenirs de la Kolyma est un cycle de textes écrits par Varlam Chalamov dans les années soixante-dix, soit une vingtaine d'années après sa libération des camps et son retour de la Kolyma. Ils sont complétés par des souvenirs sur ses contemporains, notamment écrivains ou poètes, comme Pasternak, ainsi que par un bref texte de 1961 qui tente d'énumérer avec une sécheresse poignante ce qu'il a « vu et compris dans les camps ».
    Ces souvenirs, tout comme les Récits de la Kolyma, transmettent l'indicible réalité par fragments et s'interrogent avant tout sur ce que peut la langue et ce qu'est la mémoire.
    « J'essaierai de restituer la suite de mes sensations - je ne vois que ce moyen de préserver l'authenticité de la narration. Tout le reste (pensées, paroles, descriptions de paysages, citations, raisonnements, scènes de la vie courante) ne sera pas suffisamment vrai. Et pourtant je voudrais que ce soit la vérité de ce jour-là, la vérité d'il y a vingt ans, et non la vérité de mon actuelle appréhension du monde. ».
    Avec Souvenirs de la Kolyma, la collection « S lovo » poursuit un travail engagé il y a plus de quinze ans :
    L'édition complète des oeuvres en prose de Varlam Chalamov, auteur fondamental du xxe siècle, désormais connu des lecteurs français et reconnu comme un des grands écrivains non seulement de l'histoire des camps, mais surtout de la littérature mondiale.

  • Rendu à la liberté en 1951 après avoir traversé l'expérience des camps les plus durs du stali- nisme (notamment les terribles mines d'or de la Kolyma), Chalamov entreprend avec une ardeur farouche de renouer - à travers son oeuvre mais aussi grâce à une foisonnante correspondance - les liens rompus avec la vie et la création.
    L'interlocuteur privilégié est d'abord Alexandre Soljenitsyne. Chalamov confronte, avec celui qui fut le premier à défier aux yeux du monde le système communiste, sa vision de l'interne- ment concentrationnaire. Il rend hommage à Une journée d'Ivan Denissovitch qui vient de paraître, mais il n'en dispute pas moins avec son auteur de tous les détails qui font la force, la vérité du témoignage et la nouveauté d'une écriture.
    Jugeant cette terrible traversée comme un temps absolument funeste, il définit ce que signifie dès lors à ses yeux écrire sur les camps et fait ainsi apparaître, entre lui et le grand prophète slavo- phile, une fracture qui est encore aujourd'hui au coeur d'une vive polémique.
    Par ailleurs, Chalamov exprime son enthou- siasme à Nadejda Mandelstam (la compagne fidèle du grand poète du même nom) pour son livre Contre tout espoir, large fresque parcourant le monde artistique du XXe siècle russe. Ainsi naît une grande amitié dont témoignent ces échanges épistolaires. Quelques lettres à des amis du camp viennent compléter le volume.

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