Actes Sud-papiers

  • Fatigué du star-system et de l'anonymat dans lequel l'essoufflement de sa créativité l'a plongé, Alice Sapritch orchestre sa propre mort afin de retrouver sa place dans le monde de la musique.

  • «Tous des oiseaux» sera joué du 28 février au 10 mars 2018 au Théâtre national Populaire de Villeurbanne. Dynamitée par la violence du monde d'aujourd'hui, l'histoire intime d'Ethan, jeune scientifique allemand d'origine israélienne confronté à un violent conflit avec son père, montre comment, dans les luttes fratricides, il n'existe aucune réalité qui puisse dominer une autre. Tout conflit cache un labyrinthe où va, effroyable, le monstre aveugle des héritages oubliés.

  • Alphonse

    Wajdi Mouawad

    Alphonse a disparu. Pendant que sa famille cherche désespérément cet enfant de quatorze ans, ce dernier marche le long d'un chemin de campagne et fait face à la plus grande expérience de sa jeune vie : l'invisible. Ainsi commencent "les aventures extraordinaires de Pierre-Paul-René, un enfant doux, monocorde et qui ne s'étonne jamais de rien..." Même si personne ne l'avait préparé à une telle rencontre, voilà que surgissent en lui, à travers les forces de la nuit, des personnages réels et imaginaires qui s'activent dans la coulisses du rêve et de l'amour. En cet être cohabitent l'enfant, l'adolescent et des "restes" de l'adulte qu'il sera peut-être un jour.

  • Inflammation du verbe vivre est la sixième pièce du cycle que consacre Wajdi Mouawad aux sept tragédies intégralement conservées de Sophocle.
    Souffrant terriblement d'une morsure de serpent pestilentielle, le Philoctète de Sophocle est abandonné par Ulysse et ses compagnons sur l'île de Lemnos. Or, selon l'oracle, seules les flèches qu'il possède pourront gagner la guerre. Ulysse envoie alors Néoptolème récupérer, par la ruse, les armes légendaires. Mais Néoptolème, honteux de la duperie qu'il doit mettre en oeuvre, prend le parti de Philoctète.

  • Victoires

    Wajdi Mouawad

    C'est le jour de l'enterrement de Victoire, une exceptionelle étudiante du conservatoire national d'art dramatique, qui, à vingt-quatre ans, s'est jetée de la fenêtre de son appartement.

  • Les Larmes d'Oedipe est la dernière pièce du cycle que consacre Wajdi Mouawad aux sept tragédies intégralement conservées de Sophocle. C'est Athènes qui sera le théâtre des Larmes d'Oedipe ; un théâtre justement, antique, tient lieu de décor à la pièce. La jeune Antigone y accompagne oedipe. La tragique histoire du roi déchu va bientôt prendre fin dans ce lieu, mais un Coryphée, venu se réfugier dans l'arène, apporte des nouvelles de la ville en colère. Athènes moderne pleure l'assassinat par la police d'un jeune garçon, Andréas Gregoropoulos. À ces larmes se joignent celles d'Oedipe, puissant écho de deux générations brisées. Et l'oracle ici n'a proféré aucune possibilité d'espoir.

  • Phèdre est l'épouse de Thésée, roi mythique d'Athènes. Par un premier mariage avec une Amazone, Thésée est le père d'Hippolyte, jeune homme servant Diane et adorant les beautés de la nature. Sa virginité revendiquée comme sacerdoce, à l'image de sa déesse tutélaire, attire les foudres d'Aphrodite. Par les voeux de la déesse vengeresse, Phèdre tombera amoureuse d'Hippolyte. Quand chez Euripide, dans sa chute, et pour sauver son honneur, elle entraînait Hippolyte compromis, victimes de la jalousie des dieux, Wajdi Mouawad donne à son destin une tout autre trajectoire.
    Une tragédie contemporaine portée par des personnages antiques, où les questions de sexualité, d'homosexualité, les droits des femmes et la lutte, toujours d'actualité, pour leur émancipation, font jour.

  • Soeurs

    Wajdi Mouawad

    Interprété par Annick Bergeron, s'inscrit comme deuxième opus d'un cycle d'écriture commencé en 2008 avec Seuls.
    Au volant de sa Ford Taurus, Geneviève Bergeron pleure en écoutant la voix sublime de Ginette Reno : L'essentiel, c'est d'être aimé. Elle, l'avocate brillante qui a voué sa carrière à la résolution des grands conflits, elle, la célèbre médiatrice, est incapable de nommer le moindre de ses désirs. Sa jeunesse est passée. Elle le comprend là. Elle pense au visage amaigri de sa mère, à la langue défaite de son père et au silence de la banquette arrière de sa Ford taurus sur lequel nul siège enfant n'a jamais été attaché. Elle pense à cela, à ce vide soudain, à cet étrange brouillard qui vient de l'envahir.
    Ainsi en va-t-il des prémices de Soeurs dont le pluriel appelle a une ouverture malgré l'unique personnage de cette pièce. Car si Geneviève Bergeron est la première femme de cette tempête, rien ne laisse présager le surgissement de cette autre femme. Pourtant surgissement il y aura. Collision pourrions-nous dire, qui fera de ces deux êtres féminins les réceptacles de a grande Histoire, de ses violences et de la manière avec laquelle l'intimité des e^tres parvien à tenir tête aux brutalités du temps.
    - Personnages : cinq femmes, un homme et quatre voix.

  • Temps

    Wajdi Mouawad

    On ne tue pas son père incestueux avec des mots et des ressentiments, des aveux cruels et des souvenirs abjects.
    A Fermont, ville minière perdue dans le Grand Nord québécois, il faut encore trouver une balle perdue, fabriquer un fusil qui n'existera pas, et sacrifier le corps de cet homme aux hordes de rats qui envahissent régulièrement les rues. Car les péchés de Napier de la Forge sont devenus le coeur d'un Mal qui ronge à l'os cette famille, si affligée que même la violence des vents mortels ne peut les en libérer.
    Cette terre de Caïn n'épargne personne.

  • Dans le salon, une mort a rassemblé le village.
    Dans la cave, une vie s'apprête à naître. Les mains miraculeuses d'Edwige, tant attendues par une foule de curieux en haut, vont montrer leur pouvoir en bas, dans l'intimité des ténèbres. Des cris, des cendres et du sang : un espoir va être libéré. Edwige est une stigmatisée : chaque fois qu'elle est frappée d'une illumination, des larmes suintent de ses mains. Sa soeur, Esther, a disparu dans la forêt il y a dix ans.
    Tout le monde croit qu'Esther est morte, sauf Edwige. Lorsque ses parents invitent le village pour officialiser le décès d'Esther et lui rendre un dernier hommage, avant d'aller mettre en terre un cercueil vide, Edwige s'enferme dans la cave. Elle refuse d'accéder aux pressions de sa famille et d'encourager des funérailles factices. Dans le salon, la foule se presse, moins pour dire adieu à Esther que pour voir un peu de cette eau miraculeuse couler des mains d'Edwige quand elle est en prière.
    Dans la cave sombre et crasseuse, Esther, portée par un épais brouillard, et comme revenue du royaume des morts, apparaît à sa soeur. Elle est sur le point d'accoucher. Au salon, la foule s'impatiente à force d'attendre la venue de la stigmatisée, commence à douter de l'existence des pouvoirs d'Edwige, refuse de payer pour un miracle qui n'a pas lieu et s'agite de plus en plus. Dans l'hystérie générale, un incendie est allumé, alors même qu'Esther donne naissance à un enfant dans la douleur et le sang.
    Cet enfant, comme une lumière dans les ténèbres, est la promesse d'un espoir. L'amour sera possible.

  • Au milieu des bombes, une mère de famille a décidé de marier sa fille et fait preuve d'une énergie délirante mais vitale pour convaincre son mari, son fils benjamin et sa voisine que le fiancé européen va débarquer aujourd'hui. Malgré l'orage, les coupures d'électricité, les engueulades, les bombardements, le retard du fiancé inconnu et l'absence du fils aîné milicien, la fiancée qui s'endort à tout instant, le mariage doit avoir lieu, parce qu'elle en a décidé ainsi, parce que la vie doit continuer vaille que vaille.

    Un jour d'orage, Nazha a décidé d'organiser le mariage de sa fille, coûte que coûte, comme un sale tour joué à la guerre qui fait rage. Elle veut croire que la vie continue, imperturbable. Le fils aîné est parti au combat ? le mariage de sa soeur le fera bien revenir. Le fiancé par correspondance est un parfait inconnu ? Tant mieux, il débarrassera la famille d'une fille qui s'endort à tout instant ; tant pis, il emmènera la seule qui ne soit pas cruellement contaminée dans son langage par la crudité affreuse de la guerre. Les parents se déchirent, mais c'est leur manière de se prouver qu'ils ont encore l'énergie de s'aimer autant qu'ils se détestent. Neel le benjamin attend son grand frère Walter, parti les armes à la main, il oscille entre ses rêves héroïques de combattant (contre qui ?) et son envie de rester enfant. Mais il faut prévenir les voisines, préparer le gigot qui ne peut cuire avec toutes les coupures d'électricité, chercher la salade qui a goût de mort. Neel et son père doutent bien un peu du fiancé annoncé par la mère, mais ils sont vite embarqués dans ce délire de faire semblant d'être à la noce. Pris au jeu, ils osent ce qu'ils n'ont jamais fait ou dit auparavant. Ils s'accrochent à ce rêve inventé contre le défaitisme du quotidien de la guerre : peut-être qu'après tout la vie pourrait être belle et les bombardements, un simple feu d'artifice. Dans ce combat enragé contre la mort, dans ce cache-cache avec la morosité, se niche toute leur résistance. Le théâtre est entré dans la maison. Tant pis si on en fait un peu trop, si on surjoue face à tous les problèmes qui s'enchaînent dans cet appartement dévasté : la guerre est une farce, la vie est une illusion, mais la beauté existe. Faire semblant d'être heureux, pour le devenir vraiment ? Il n'y a pas que dans les contes de fées que les princes surgissent.

  • Incendies

    Wajdi Mouawad

    Lorsque le notaire lebel fait aux jumeaux jeanne et simon marwan la lecture du testament de leur mère nawal, il réveille en eux l'incertaine histoire de leur naissance : qui donc fut leur père, et par quelle odyssée ont-ils vu le jour loin du pays d'origine de leur mère ? en remettant à chacun une enveloppe, destinées l'une à ce père qu'ils croyaient mort et l'autre à leur frère dont ils ignoraient l'existence, il fait bouger les continents de leur douleur : dans le livre des heures de cette famille, des drames insoupçonnés les attendent, qui portent les couleurs de l'irréparable.
    Mais le prix à payer pour que s'apaise l'âme tourmentée de nawal risque de dévorer les destins de jeanne et de simon.

  • A l'occasion d'une résidence à l'université de Strasbourg en mars 2016, Wajdi Mouawad s'est entretenu à trois reprises devant son public avec Sylvain Diaz, enseignant-chercheur en études théâtrales. La plongée profonde, parfois vertigineuse, de l'artiste jusqu'au coeur de son oeuvre confère à ces rencontres une valeur de témoignage exceptionnel.

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