• Allemand Die Fragen der Wahrnehmung

    Zaugg Remy

    • Snoeck
    • 26 Novembre 2015

    L'oeuvre de l'artiste suisse Rémy Zaugg (1943-2005) a toujours impressionné par son approche interdisci­plinaire et le fondement théorique dans la pratique ­artistique, même si la peinture est toujours restée au centre pour Zaugg. Si sa position artistique est encore aujourd'hui aussi unique, c'est notamment parce qu'il a posé en tout premier lieu la question existentielle de la perception. Sans la perception de l'artiste, et celle de l'observateur, et la confrontation permanente à ses conditions toujours nouvelles, aucune oeuvre artistique ne voit le jour. Elle a beau n'être que processuelle et se livrer au phénomène, elle ne se laisse pas pour autant réduire à l'objet. Pour Rémy Zaugg, la peinture a ainsi été (depuis les années 1960) une sorte de recherche fondamentale pour les projets appliqués, en architecture ou en urbanisme. Ses textes sur l'architecture des ­musées et des expositions (dans les années 1980 et 1990) peuvent être considérés comme essentiels dans le débat artistique tant ils formulent avec une rhétorique suggestive des acquis étonnamment simples. Le volume rétrospectif prévu paraîtra pour le dixième anniversaire de la mort de l'artiste dont l'oeuvre imagée ne fait l'objet d'aucune publication actuelle. L'ouvrage contient aussi un petit aperçu des surprenants essais de l'artiste.

  • Le sixième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1982-1993) contient une série de textes parmi les plus influents de l'artiste suisse, dans lesquels il expose des idées fondamentales sur le musée d'art, en tant qu'outil quotidien permettant la rencontre perceptive entre le spectateur et l'oeuvre, dans des conditions architecturales données.

    Sans doute, la publication la plus connue de Rémy Zaugg est le petit livre au titre renversant Le musée des Beaux-Arts auquel je rêve, écrit en 1986, édité d'abord dans une traduction allemande et plus tard dans sa version française originale (aujourd'hui épuisée) ainsi qu'en traductions danoise, anglaise et espagnole : un petit manuel, un manifeste que l'on pouvait, telle était l'idée de l'artiste, emporter partout avec soi - l'intimité et l'intensité de son étude seraient alors largement garanties. Dans le contexte des Écrits complets, le texte se trouve désormais dans le volume 6 parmi une série de textes d'ampleur analogue, qui traitent du sujet essentiel - le lieu de l'oeuvre et de l'homme.

    « Si l'ancien musée des Beaux-Arts est une agglomération d'oeuvres, s'il est un conglomérat d'objets, s'il est une agglutination d'objets rassemblés un à un qui ont fini par constituer un amas, ou un agrégat, en revanche, le lieu de l'oeuvre et de l'homme est un processus, il est un ensemble de perceptions, il est un entrelacs de phénomènes perceptifs actifs qui s'organisent dans le temps au cours duquel les identités de l'oeuvre et de l'homme se font et se défont. » Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Publication monographique présentant l'oeuvre de jeunesse de Rémy Zaugg. L'ouvrage se complète de plusieurs contributions scientifiques originales, notamment issues du colloque Rémy Zaugg organisé par l'Institut jurassien des Sciences, des Lettres et des Arts en 2015.

    L'ensemble des ouvrages significatifs publiés sur Rémy Zaugg ont été produits soit par l'artiste lui-même, soit par des scientifiques et médiateurs d'art qui ont fréquenté l'artiste et sont restés au plus près de son discours et de son enseignement. Or, est-il possible de parler de Rémy Zaugg autrement que de la manière dont il l'aurait voulu ? Est-il possible de montrer de son oeuvre autre chose que ce qu'il aurait montré ? Cette question de la transmission de la parole sur l'oeuvre est un premier enjeu de cette publication. Après Rémy Zaugg, quelle perception de son oeuvre ?
    Paradoxalement, cette recherche de « l'après Rémy Zaugg » se concentre d'abord sur « l'avant Rémy Zaugg », à savoir son oeuvre de jeunesse, une production que lui-même avait choisi de ne plus montrer à l'exception de quelques réalisations spécifiques. Cet oeuvre abondant (près de 200 pièces), divers, étalé sur plus d'une décennie (1959-1969), s'inscrivit pourtant à l'époque dans une action publique et sociale dense (expositions, éditions, présence médiatique) et constitue la matrice d'où sortira l'oeuvre conceptuel de maturité. La présentation de ce matériau presqu'intégralement inédit représente le deuxième enjeu majeur de ce livre.

    Publié suite à la triple exposition « Rémy Zaugg - Voici, Voilà, Voyez » au Musée de l'Hôtel-Dieu à Porrentruy, au Musée jurassien d'art et d'histoire à Delémont et au Musée jurassien des Arts à Moutier, du 30 septembre 2017 au 28 janvier 2018.

  • Coffret réunissant les écrits complets de Rémy Zaugg en dix volumes, dans leur édition définitive. Chaque volume contient une introduction approfondie d'Eva Schmidt (Museum für Gegenwartskunst, Siegen), avec une chronologie générale, la liste des expositions et une bibliographie dans le volume 10.

    Ce coffret contient Constitution d'un tableau - Journal, La Découverte de la sémiologie, Du même à l'incertain, La Ruse de l'innocence - Chronique d'une sculpture perceptive, De la peinture et des images, Le Lieu de l'oeuvre, Exposer, Conversations avec Jean-Christophe Ammann - Portrait, L'Art pour la ville et Relations.

    « L'oeuvre est la chose qui reste quand prend fin l'effort d'un individu qui désirait s'ancrer dans le monde. Elle est un reste ».
    Edition limitée à 190 exemplaires.

  • Le premier volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1963-1968) : une approche impressionnante du travail d'écriture de toute une vie, qui montre comment le discours artistique, fait de mots, fut directement motivé par des tableaux.

    « Cette suite d'esquisses montre bien que le tableau, même s'il est constitué matériellement, tire sa forme du travail de la perception. Certes, le tableau est fait par le peintre et il existe en tant qu'objet, mais il devient la propriété du sujet percevant à travers la conscience agissante de ce dernier. Le tableau fait par le peintre n'est ni le tableau perçu par le peintre, ni le tableau perçu par un tiers. Ce que l'étudiant a perçu dans le rectangle du tableau n'a certainement jamais été mis en forme de cette manière par quelqu'un d'autre, l'auteur de la peinture compris. Près d'un siècle séparait l'étudiant de Cézanne. La sensibilité, le savoir, la compréhension et les intentions des deux ne pouvaient que différer. [...] Cézanne avait peint un tableau, le jeune homme esquissait un tableau perceptif. Et si je dis aujourd'hui que ce tableau perceptif n'est qu'à l'état d'esquisse, c'est parce que l'explication sensible et cognitive avec le monde n'est jamais qu'à peine amorcée, comparé au travail infini qu'est l'acte perceptif. La perception n'est pas un acte passif d'enregistrement, elle n'est pas seulement un acte de connaissance, elle est aussi un acte d'expression qui attendra toujours d'être précisé. » Réédition de l'ouvrage paru en 1989 (ISBN 978-2-84066-155-9).

    Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le deuxième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1970-1979) : cinq textes des années 1970 qui permettent de comprendre la manière dont, ces années-là, l'argumentation des propres oeuvres de Zaugg et leur critique ont évolué grâce aux fondements théoriques de la sémiologie, qu'il a approfondis lui-même (de Saussure, Barthes, Lévi-Strauss et al.).

    « L'artiste en tant que technicien a choisi de regarder son oeuvre dans le langage des mots, afin de la disséquer pour mieux échapper par la suite aux automatismes inhérents à son métier. Il procède à une tentative de mise en question exhaustive de l'objet d'où est exclue toute description lyrique.L'objet n'est plus ici un foyer de correspondances, un foisonnement de sensations et de symboles : il est d'abord une résistance optique, un extrait du décor urbain, du décor quotidien. L'objet n'est pas allusif, il n'est pas chargé de signifier économiquement la nature entière de l'objet ; il est. » Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le troisième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1972-1978), au fondement de son analyse et de sa critique des modes de la représentation et de la perception.

    « À quoi bon accoler deux systèmes de représentation aussi communs l'un que l'autre ? Pourquoi représenter un fait aussi banal ? Quelqu'un a-t-il besoin de savoir qu'un cube comporte six mêmes faces ? Un écolier ? Si le terme «développement géométrique» ne lui est pas familier, ne connaît-il pas du moins les apparences d'un cube ? Et qui ignore ce qui sépare ou relie, ce qui différencie ou apparente le solide au plan et le cube au carré ? Qui, en 1972, ne sait pas la représentation bidimensionnelle de l'univers tridimensionnel, le problème d'Alberti, ce Florentin du Quattrocento ? Matité quotidienne. Serait-ce là le reflet de l'innocence naïve propre à un anachronisme de 1'imaginaire ? » Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le quatrième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1973-1980), autour de Donald Judd et de la sculpture minimaliste, un livre auquel l'artiste ne cessera de se référer dans les textes et conversations ultérieurs, et que, parce qu'il traite abondamment du contexte muséal et architectonique qui détermine largement la perception et l'interprétation des oeuvres d'art, beaucoup d'architectes - Herzog et de Meuron les premiers - lurent aussi.

    « La sculpture ne prétend pas exister indépendamment du sujet percevant, comme si elle était donnée d'emblée, toute faite et prête à emporter, tel le poulet congelé du supermarché. Elle se refuse à l'illusion d'un monde et de sujets à la réalité achevée. Elle met en cause et dénie notre savoir du monde et de nous-même. Elle nous dit que tout reste à faire et que monde et sujet procéderont de ce faire. La juxtaposition, pour sa part, semble attendre au contraire l'intention, la subjectivité et l'arbitraire du regardant créateur appelé à combler sa vacance, comme si tout dépendait de nous, comme si nous étions tout et elle rien. » Réédition de l'ouvrage paru en 1997 (ISBN 978-2-84066-022-4).

    Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le cinquième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1980-2005) : un ensemble de textes d'un importance fondamentale, liés aux grandes recherches picturales et philosophiques des années 1980, à côté de nombreux entretiens et lettres qui montrent à quel point la peinture était insérée dans des situations de communication, dans lesquelles Zaugg expliquait son oeuvre picturale à des amis, des collègues, des galeristes, des collectionneurs et des commissaires d'exposition.

    « Nous tournons autour du pot. En parlant de manière savante, soignée, civilisée, raffinée. Une image, c'est quoi ? Vous ouvrez la porte de la cuisine dans la maison de famille, et votre père est couché par terre sur le dos, mort. Cette image sera en vous toute votre vie. Ce que vous conservez en vous : c'est ce que je nomme une image. Vous pouvez maintenant réfléchir vous-même à ce que j'entends par la notion d'image. Encore un exemple. Le choc, la brutalité affective, le trauma vécu devant le tableau Day Before One de Barnett Newman. Je sais encore dans quelle salle ce tableau était accroché, ce qu'il y avait à côté, comment était le mur et comment était le sol. Je porte en moi cette expérience aujourd'hui encore. Elle n'a pas pâli. Elle n'a rien perdu de sa force. Elle était entrée en moi et elle est restée telle. » Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le septième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1984-2004) rassemble des textes qui formulent une pratique et une critique d'exposition dépassant les genres et les médiums, à l'aide de projets concrets dans des situations architectoniques données.

    « Qu'est-ce donc, encore une fois, qu'exposer une oeuvre ? C'est poser l'existence et la présence de l'oeuvre : ici et maintenant ; et c'est encore poser le sujet percevant : ici et maintenant. Exposer, c'est vouloir la présence existentielle des choses et des êtres. C'est imposer l'oeuvre à l'oeuvre : telle quelle ; et c'est imposer le sujet percevant au sujet percevant : tel quel. Dans l'élémentarité rudimentaire de leurs natures respectives. Dans leur essence originaire et originelle. Car c'est en imposant l'oeuvre à elle-même et le percevant à lui-même, que l'oeuvre s'impose au percevant et le percevant à l'oeuvre. Froidement, sans raffinement de l'intellect ou de l'esprit, sans théâtralité ni dramaturgie. Sans apprêt médiatique. Nature. Au sens culinaire du terme. » Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le huitième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1988-1989) : un portrait de Jean-Christophe Ammann.

    « Hodler a fait le portrait du général Wille, Le Titien a peint le pape Paul III , Hyacinthe Rigaud Louis XI V, Holbein Henri VIII , Champaigne le cardinal de Richelieu, Donatello a fait la statue équestre du condottiere Gattamelata, Cézanne, le peintre, a fait le portrait de Vollard, le marchand de tableaux, et moi, Rémy Zaugg, l'artiste, j'ai fait le tien : le portrait de Jean-Christophe Ammann, qui dirige aujourd'hui le Museum für Moderne Kunst de la ville de Francfort, mais était hier, quand nous avons commencé ces conversations, à la tête de la Kunsthalle de Bâle. À une autre époque, j'aurais peut-être façonné ta statue ou peint ton visage : tu serais venu une fois par semaine dans mon atelier, et tu te serais assis toujours sur la même chaise, dans le même décor, devant le même mur, par exemple là, à droite de la fenêtre ; moi, debout ou assis devant la toile posée sur le chevalet, j'aurais travaillé, palette et pinceaux en main. Mais la peinture, pas plus que la sculpture, n'étaient des moyens adéquats pour m'expliquer avec toi et pour comprendre ce que sont ces êtres dont l'activité consiste à travailler avec les artistes et à se mettre à leur service en exposant leurs oeuvres ou en défendant leurs points de vue. Mon intention était bien une explication avec toi, mais non l'élaboration courtisane d'une image flatteuse. » Réédition de l'ouvrage paru en 1990 (ISBN 978-2-84066-154-2).

    Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

    Voir aussi Jean-Christophe Ammann.

  • Le neuvième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1986-2005) rassemble les textes dans lesquels l'artiste mène une réflexion sur les projets qu'il a réalisés pour l'espace public, à côté de déclarations et de courtes esquisses de projets.

    « L'aisance et la dignité de l'homme et du monde sont contemporaines. La dignité de l'homme ne saurait être sans la dignité du monde. Dans quel but, donc, dialoguer ? Pour que le monde, ainsi que l'homme qui le regarde, deviennent ce qu'ils devraient être pour jouir, peut-être un jour, l'un et l'autre, de la plénitude souveraine dont ils ont, le monde et l'homme, l'intuition obsédante, une intention qui se résume par et dans la parole évidente, paisible, presque nonchalante, mais terriblement définitive : moi, je, ici. » Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le dixième volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1982-2004) réunit des textes, entretiens et correspondances à propos de l'éthique ainsi qu'une série d'entretiens sur des thèmes et des projets transversaux, accompagnés d'une chronologie générale, de la liste des expositions et d'une bibliographie.

    « Et l'art n'est pas non plus du côté des choses toutes faites, des a priori, des conventions, des certitudes. L'art - ou le travail de l'artiste - relève de l'incertitude et du doute. Le cordonnier, pas plus que l'orfèvre ou le manager, ne travaillent en doutant, et ils ne doivent pas non plus s'accommoder de l'incertitude. L'artiste actuel, lui, travaille dans le doute, et c'est à travers le doute et les doutes qu'il produit des énergies positives et constructives. Aucun autre corps de métier ne fait cela. L'artiste doute de ce qu'il fait, et il poursuit malgré tout son effort. La société méconnaît cette attitude, elle ne peut pas imaginer qu'il soit possible de transformer le doute et l'incertitude en énergie créative et d'en faire, si je puis dire, une méthode. » Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

  • Le premier volume des écrits complets de Rémy Zaugg (1963-1968) : une approche impressionnante du travail d'écriture de toute une vie, qui montre comment le discours artistique, fait de mots, fut directement motivé par des tableaux.

    « Cette suite d'esquisses montre bien que le tableau, même s'il est constitué matériellement, tire sa forme du travail de la perception. Certes, le tableau est fait par le peintre et il existe en tant qu'objet, mais il devient la propriété du sujet percevant à travers la conscience agissante de ce dernier. Le tableau fait par le peintre n'est ni le tableau perçu par le peintre, ni le tableau perçu par un tiers. Ce que l'étudiant a perçu dans le rectangle du tableau n'a certainement jamais été mis en forme de cette manière par quelqu'un d'autre, l'auteur de la peinture compris. Près d'un siècle séparait l'étudiant de Cézanne. La sensibilité, le savoir, la compréhension et les intentions des deux ne pouvaient que différer. [...] Cézanne avait peint un tableau, le jeune homme esquissait un tableau perceptif. Et si je dis aujourd'hui que ce tableau perceptif n'est qu'à l'état d'esquisse, c'est parce que l'explication sensible et cognitive avec le monde n'est jamais qu'à peine amorcée, comparé au travail infini qu'est l'acte perceptif. La perception n'est pas un acte passif d'enregistrement, elle n'est pas seulement un acte de connaissance, elle est aussi un acte d'expression qui attendra toujours d'être précisé. » Réédition de l'ouvrage paru en 1989 (ISBN 978-2-84066-155-9).

    Egalement disponible dans un coffret réunissant les dix volumes des écrits complets de Rémy Zaugg.

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