Agone
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Ce livre remet en question certaines de nos croyances contemporaines les plus fondamentales, en particulier celle fondée sur le progrès, et rappelle, d'une part, que l'espèce humaine est soumise à la même loi de précarité et de caducité que les autres espèces et, d'autre part, que rien ne garantit que la forme industrielle de production soit biologiquement adaptée à l'être humain. Ces deux idées pourraient donner l'impression de relever du simple bon sens, mais elles n'en ont pas moins suscité des réactions négatives de la part de tous ceux qui partagent une conviction commune que l'on peut appeler « la croyance dans la croissance économique illimitée ». Quand il s'interroge sur le type de lecteurs qui seraient susceptibles d'apprécier les idées qu'il a développées, l'auteur suggère prudemment les « intellectuels de gauche ». Mais doit-on encore appeler ainsi des gens qui, s'ils sont plus sensibles que d'autres aux coûts sociaux et humains du progrès, n'en continuent pas moins, le plus souvent, à croire à la possibilité du progrès par la croissance économique illimitée, se contentant pour l'essentiel d'exiger que les fruits de la croissance soient répartis un peu plus équitablement ?
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Qu'est-ce que ça fait d'être une chauve-souris ? Et autres questions sur la subjectivité dans la nature
Thomas Nagel
- Agone
- Banc D'Essais
- 7 Mai 2025
- 9782748905885
Paru en 1974, cet essai est devenu un classique aussi bien de la philosophie que de la psychologie et des neurosciences. Nagel y analyse l'impossibilité
d'expliquer objectivement la conscience et l'expérience subjective.
Pour le montrer, il s'appuie sur notre incapacité à nous représenter le vécu des chauves souris qui se déplacent grâce à l'écholocation. Les sciences font donc face à une limite majeure : la subjectivité vécue
humaine ou animale.
Et l'éthique doit aussi tenir compte de cette sensibilité animale, qui oscille entre plaisir et douleur. En généralisant, Nagel s'interroge alors sur notre compréhension de l'univers, entre perspective scientifique et perspective subjective. Pour cela, il propose des pistes de recherche sur le lien entre la matière et l'esprit conscient. -
Pour ne pas en finir avec la nature : questions d un philosophe à l'anthropologue Philippe Descola
Patrick Dupouey
- Agone
- 2 Février 2024
- 9782748905595
Il est urgent de réinvestir l'idée de nature et de penser de manière critique les liens qu'elle entretient avec la culture.
C'est pourquoi je me suis intéressé aux prolongements philosophiques du travail de Descola. Dans un premier temps pour réintégrer l'idée de nature et l'opposition nature/culture au répertoire des notions indispensables pour penser la réalité. Ensuite pour dégager les apories d'un antiréalisme qui me paraît intenable et finalement incohérent avec le principe même du projet anthropologique. Enfin pour faire apparaître les inconséquences d'un relativisme dont l'auteur de Pardelà nature et culture, en dépit des dénis réitérés qu'il oppose à ce soupçon, sème partout des indices. -
Ce livre est devenu un classique contemporain de l'éthique dont la richesse continue de structurer une bonne partie
des débats philosophiques. Grâce à une argumentation tout autant inventive que minutieuse, Derek Parfit met en
question nombre de nos idées sur la rationalité, l'éthique ou bien encore la nature des personnes et de nos obligations
envers les générations futures.
« Jusqu'au siècle actuel, l'essentiel de l'humanité vivait dans de petites communautés. Ce que chacun faisait pouvait
n'affecter qu'un petit nombre de personnes. Mais les conditions ont changé. Nous pouvons produire des effets réels,
bien que faibles pour chacun, sur des milliers ou des millions de personnes. Nous pourrions penser que c'est permis
parce que les effets sur chaque personne une à une seront infimes ou imperceptibles. Si nous le pensons, ce que nous
ferons sera souvent bien pire pour tous pris globalement. La vérité est-elle déprimante ? Je la trouve libératrice et
consolatrice. Quand je croyais que mon existence était celle d'un ego, je me sentais prisonnier de moi-même. Ma vie
ressemblait à un tunnel de verre à travers lequel je me déplaçais de plus en plus vite chaque année et au bout duquel
se trouvaient les ténèbres. Quand j'ai changé de conception, les parois du tunnel ont disparu. Je vis maintenant au
grand air. Il existe encore une différence entre ma vie et celle des autres personnes, mais elle est moindre. Je me soucie
moins du reste de ma propre vie et plus de la vie des autres. » -
Dans ce livre, Pascal Engel défend un rationalisme sans lequel ni la pensée, ni le savoir, ni la démocratie ne sauraient véritablement survivre.
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Le juste et le bien : essais de philosophie morale et politique
Jules Vuillemin
- Agone
- Banc D'Essais
- 18 Mars 2022
- 9782748904826
De Platon à Rawls, en passant par Anselme, Descartes et Kant notamment... Peut-il y a voir une morale sceptique ? Pourquoi viser la paix perpétuelle ? Qu'est-ce que la tolérance ? Une bonne volonté ? Le bonheur ? Pourquoi la propriété ? Y a-t-il devoir d'espérance ?
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Football, la philosophie derrière le jeu
Stephen Mumford, Mohammed Jedi
- Agone
- Banc D'Essais
- 5 Juin 2020
- 9782748904444
« Le football est un jeu facile à saisir. Mais il possède aussi une profondeur philosophique qui doit être élucidée. Notamment parce que le football est, comme la philosophie, le genre de chose qui occuperait notre temps dans un monde idéal où tous nos besoins matériels seraient satisfaits sans travail et sans effort. Autrement dit, le genre de chose auquel nous attribuons une valeur intrinsèque. » Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu.
En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le « beau jeu » : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quelle est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
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Histoire du scepticisme : de la fin du Moyen âge à l'aube du XIXe siècle
Richard Popkin
- Agone
- Banc D'Essais
- 4 Octobre 2019
- 9782748904130
« À partir de Descartes, les philosophes les plus éminents passèrent une bonne partie de leur temps à développer des systèmes visant à répondre au danger que constituaient pour l'humanité les arguments sceptiques. Ceux-ci la privaient en effet de son ornement le plus noble : sa certitude. » À la question « Qu'est-ce qu'être sceptique ? », Popkin répond en se plongeant dans la vie et les écrits des figures les plus significatives du scepticisme, de Savonarole à Pierre Bayle et David Hume, et montre que ces figures prirent deux visages radicalement opposés : le sceptique fut aussi bien le révolutionnaire et l'Aufklärer remettant en cause toutes les autorités et traditions, se fiant à son propre jugement et traquant sans relâche, pour le progrès du savoir, les faiblesses de la connaissance humaine, que celui qui doute de tout et renonce dès lors à toute entreprise de connaissance pour s'en remettre, en conservateur opposé aux Lumières, à l'autorité des pouvoirs en place, notamment politiques et religieux.
Il n'existe pas d'ouvrage sur le scepticisme qui ait l'ampleur de ce classique inédit en français, sur lequel l'auteur travailla pendant près de cinquante ans. Par sa vivacité et la limpidité de son propos, ce livre s'adresse, au-delà des étudiants et chercheurs en philosophie, au grand public curieux de se plonger dans une grande histoire intellectuelle - au demeurant largement française.
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Nietzsche contre Foucault ; sur la vérité, la connaissance et le pouvoir
Jacques Bouveresse
- Agone
- Banc D'Essais
- 22 Janvier 2016
- 9782748902488
La plupart des expressions typiques de Foucault dans lesquelles le mot « vérité » intervient comme complément - « production de la vérité », « histoire de la vérité », « politique de la vérité », « jeux de vérité », etc. - reposent sur une confusion peut-être délibérée entre deux choses que Frege considérait comme essentiel de distinguer : l'être-vrai et le tenir-pour-vrai. Or peu de philosophes ont insisté avec autant de fermeté que Nietzsche sur cette différence radicale qui existe entre ce qui est vrai et ce qui est cru vrai : « La vérité et la croyance que quelque chose est vrai : deux univers d'intérêts tout à fait séparés l'un de l'autre, presque des univers opposés ; on arrive à l'un et à l'autre par des chemins fondamentalement différents », écrit-il dans L'Antéchrist. Foucault, alors qu'il n'a jamais traité que des mécanismes, des lois et des conditions historiques et sociales de production de l'assentiment et de la croyance, en a tiré abusivement des conclusions concernant la vérité elle-même.
Sur la vérité, l'objectivité, la connaissance et la science, il est trop facilement admis aujourd'hui - le plus souvent sans discussion - que Foucault aurait changé la pensée et nos catégories. Mais il y a dans ses cours trop de confusions conceptuelles entre vérité, connaissance et pouvoir, trop de questions élémentaires laissées en blanc - et, tout simplement, trop de non-sens pour qu'on doive se rallier à pareille opinion. Quant au nietzschéisme professé par Foucault, il repose sur une lecture trop étroite, qui ne résiste pas à une confrontation attentive avec les textes, notamment ceux du Nietzsche de la maturité.
À l'écart aussi bien des panégyriques que des verdicts idéologiques, le philosophe Jacques Bouveresse, professeur au Collège de France, lit Nietzsche et Foucault à la hauteur où ils doivent être lus : avec les mêmes exigences intellectuelles qu'il applique à Wittgenstein et à Musil, et une libre ironie qu'il fait sienne plus que jamais.