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Cecile Defaut
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L'infini commence ici
Marie-Hélène Boblet, Belinda Cannone
- Cecile Defaut
- 16 Janvier 2018
- 9782350183930
La dernière publication d'Henri Raynal, COSMOPHILIE. NOUVELLES LOCALES DU TOUT (2016) rappelle l'importance et l'opportunité de la parole littéraire et philosophique d'Henri Raynal.
Sa pensée, luttant contre la réduction univoque du sens et de toute doxa, exerce contre les fastes du nihilisme une puissance que Breton eût dite « magnétique », fondée sur le sentiment de la dignité de notre condition, et de « l'honneur d'être ».
En des temps de turbulences voire de détresse, l'auteur nous propose donc de porter haut une culture de la vie qui en passe par la richesse de l'étonnement, la réhabilitation des apparences, l'admiration de la réalité sensible et intelligible.
L'émerveillement, loin d'être l'antithèse de l'attitude scientifi que, la fonde et la prolonge. À la gratitude pour la prodigalité du monde, répond la générosité du geste esthétique et poétique vécu comme témoignage en faveur de l'existence dans son immanence.
Ce livre, à son tour, témoigne de la façon dont la sagesse d'Henri Raynal est saisie dans une écriture singulière, volontiers métaphorique et hyperbolique. Il fait rayonner cette pensée de la chance de vivre ; il fait résonner l'espoir de « retrouver l'océan ». Sa richesse vient de la diversité des approches suscitées par l'oeuvre d'Henri Raynal, à la fois essayiste, poète et critique d'art. La contribution d'auteurs issus de divers horizons - littéraires, philosophes, sociologues, artistes - permet de donner la mesure de l'oeuvre, et de rendre hommage, dans un geste de contre-don, à cet écrivain de l'honneur et de l'apostolat.
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Kandinsky, Malevitch, Filonov et la philosophie ; le système de l'abstraction dans l'avant-garde russe
Jean-philippe Jaccard, Ioulia Podogora
- Cecile Defaut
- 9 Février 2018
- 9782350183947
L'ouvrage réunit les textes théoriques de dix-neuf auteurs d'horizons divers (historiens de l'art, philosophes, littéraires) invités à mener une réfl exion en commun sur la façon dont la pensée philosophique peut imprégner le discours théorique des artistes majeurs de l'avant-garde russe. L'objectif central n'est certes pas d'amoindrir la portée de l'art en subordonnant celui-ci à la philosophie, ni non plus de l'amener dans le champ philosophique en lui assignant des buts similaires, mais bien plutôt de questionner le vocabulaire spécifi que qu'élaborent les artistes en lien avec un certain appareil conceptuel philosophique. Il est en eff et évident que des concepts comme « le spirituel », « l'abstrait », « l'infi ni », « la perfection », « la nature » ou d'autres encore sont fermement inscrits dans la tradition philosophique occidentale et ne peuvent en être si facilement détachés.
Questionner les systèmes d'art et de pensée élaborés par Kandinsky, Malévitch et Filonov, et, au-delà, comprendre comment s'articulent les écrits et l'oeuvre peint : telle est l'ambition de cet ouvrage. Car c'est pour la première fois dans l'histoire de l'art que le discours d'artiste s'élève à un statut théorique d'une telle importance, au point de prétendre à la construction d'une véritable ontologie de l'art (doctrine de l'abstraction).
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Le jeune philosophe viennois Otto Weininger se suicide en octobre 1903, âgé de 23 ans. Il vient de faire paraître un brûlot, Sexe et Caractère, qui restera un succès de librairie pendant deux décennies, avec 36 rééditions jusqu'en 1925.
Sigmund Freud le considérera comme un génie. Ludwig Wittgenstein le tiendra en grande estime, tout comme Karl Kraus, stephan Zweig, Robert musil, James Joyce, Franz Kafka, Georges Bataille ou encore Emil Cioran.
Malgré tous les hommages qu'il a reçus, Weininger est quasiment inconnu en France.
Est-il si difficile d'aborder et de comprendre le foisonnement intellectuel et artistique qu'a connu Vienne avant l'effondrement de l'empire austro-hongrois ? Le caractère antisémite et antiféministe de son oeuvre le rend-il toujours aussi infréquentable ?
Certes, la brièveté de son existence et la radicalité de ses positions ne plaident pas pour une approche nuancée du personnage.
En fait, la renommée d'Otto Weininger, ici resituée dans son contexte, a été occultée par l'aura internationale que Freud a eu le temps de construire jusqu'en 1939.
Pourtant, à son grand étonnement, jusqu'au seuil de la mort, certains de ses visiteurs lui poseront des questions sur les relations directes ou indirectes qu'il a eues avec cette étoile filante de la nuit viennoise.
Tous deux se sont attaqués aux mêmes questions dans une période marquée par de profonds bouleversements. C'est ce qui explique que la bisexualité, la femme et l'homme face à leurs rôles respectifs et, plus généralement encore, les multiples éléments qui constituent l'identité de chacun sont des sujets qui résonnent toujours dans notre actualité.
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Comment penser l'eff ort aujourd'hui ? Le thème peut sembler à la fois banal et faussement suranné. Banal, d'une part, parce que l'eff ort est, pour paraphraser Descartes, « la chose du monde la mieux partagée ». Depuis toujours, nous sommes enjoints à « faire des eff orts », dans des domaines très variés de l'existence, pour apprendre à marcher ou faire du vélo, à l'école, dans nos relations avec autrui puis, plus tard, pour mener à bien des études et une vie professionnelle, trouver le bonheur dans notre vie privée et surmonter les « coups durs » qui sont le lot de chacun. Banal aussi, parce que, tel un marronnier des propos de comptoir, le thème est dans l'actualité, lorsqu'il s'agit de déplorer le « manque d'eff orts » des « jeunes générations » ou la perte du « goût de l'eff ort », à l'école notamment.
Ainsi, l'eff ort serait requis partout, et pourtant perdu, omniprésent dans les discours et si diffi cile à défi nir, si diffi cile à saisir aussi dans les actes. De quoi parle-t-on, de l'eff ort physique, démonstratif, ou de l'eff ort intellectuel, intériorisé, impalpable, mais dont les neurosciences visent à montrer la teneur somatique ?
L'eff ort permettrait le progrès. Oui, mais lequel ? À quel prix, à quelles fi ns ? Faut-il nécessairement se dépasser, « s'arracher », pour être heureux ?
À qui profi te donc l'eff ort ?
Évoquer d'autres manières, moins doloristes, moins violentes, moins compétitives, moins discriminantes de penser l'eff ort et la performance, comme l'accomplissement et le dépassement de soi, c'est aussi poser les bases d'une écologie personnelle, qui est aussi une ergonomie de l'eff ort personnel et collectif, c'est-à-dire une manière de bien vivre avec soi-même comme avec les autres.
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Judith Butler, du genre à la non-violence
Mylène Botbol-baum
- Cecile Defaut
- Documents
- 8 Mai 2017
- 9782350183909
Cet ouvrage est construit autour d'un chapitre (texte original) de Judith Butler sur l'éthique de la non-violence.
En réponse se construisent quatre réfl exions philosophiques.
Mylène Botbol-Baum présente le collectif à partir de sa traduction du texte de Judith Butler, et aborde la question du sujet et de la norme à partir de la lecture butlerienne de Levinas et Arendt, sur la question des limites de la légitimité de la violence pour une éthique de la relationalité.
Jean de Munck traite une lecture croisée de Benjamin et Butler sur la violence.
Romildo Pineiro et Jose Erraruz off rent une lecture historique et politique du concept de violence et y confrontent l'interprétation de la non violence dans le texte de Butler.
Trois textes plus sociologiques suivent sur l'impact de la non-violence, dans une perspective qui vise à « défaire le genre » dans le cadre sociopolitique critique des vulnérabilités, dans le cadre du travail des femmes migrantes (Ghaliya Dejelloul) ou du travail domestique non rémunéré (Anna Safuta), à partir d'une enquête sur la mobilité spatiale des femmes dans les zones pré-urbaines d'Alger ou de Bruxelles, off rant une analyse sur l'hostilité masculine et le rôle du discours religieux dans la légitimation de cette violence.
Matthieu de Nanteuil conclut le volume sur la question de la violence et de la sensibilité politique en mettant à jour la théorie de la démocratie radicale chez Judith Butler.
Il sera donc question dans ce volume de penser la non-violence à partir d'une approche fondée sur la normalisation des corps, en réintroduisant le sujet de la vie comme interlocuteur critique du sujet de la norme en démocratie.