Climats
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Note sur la suppression générale des partis politiques
Simone Weil
- CLIMATS
- 1 Mars 2017
- 9782081408746
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d'Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d'écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu'une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l'absence de passion collective et la possibilité d'exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique.
Or, les partis politiques comme les Églises s'opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont « décerveleurs », d'où l'urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l'empêchent de penser par lui-même.
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Dans la célèbre famille du prix Nobel de littérature Thomas Mann, c'est du fils que nous pouvons tirer des leçons pour notre temps. Écrivain précoce et prolifique, Klaus Mann invente une manière de vivre préfigurant les sexualités queer. Avec sa soeur Erika, il incarne l'esprit de la République de Weimar. Dès le début des années 1930, Klaus alerte sur les dangers qui menacent la fragile démocratie et l'Europe tout entière. En mars 1933, il prend le chemin de l'exil et devient, à travers ses romans, ses essais et la revue Die Sammlung, une figure de proue du combat contre le nazisme. Parmi les premiers déchus de la nationalité allemande, il mène une vie d'errance et de lutte entre le sud de la France, Amsterdam et New York, sans jamais renoncer à l'idéal d'un humanisme socialiste et européen. Dans ce portrait biographique passionné, qui ne sépare pas les gestes des idées, Gilles Collard redonne tout son relief à un pan entier de l'histoire intellectuelle du XXe siècle, qui voit dialoguer Klaus Mann et Stefan Zweig, Walter Benjamin, André Gide ou encore Hannah Arendt. Il retrace l'histoire de la «gravité désespérée» qui fut celle de Klaus Mann. Éloigné à la fois d'un héroïsme sacrificiel et de la victimisation stérile, celui-ci n'aura jamais cédé ni sur les principes universels, ni sur sa part d'ombre, opaque et singulière. C'est cette tension, tragique et lumineuse, qui fait de Klaus Mann un modèle pour les temps troublés qui sont à nouveau les nôtres.
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Vivre sans : une philosophie du manque
Mazarine Pingeot
- CLIMATS
- Climats
- 24 Janvier 2024
- 9782080427915
Le manque est au coeur des relations humaines et de la pensée, de l'économie et de la recherche, du désir et de la quête, de l'attente et de l'espoir. Peut-on réellement s'en passer ? Qu'appelons-nous au juste «manque» ? Nous pouvons manquer d'une chose, nous pouvons manquer de sens, nous pouvons manquer à quelqu'un ou quelqu'un peut nous manquer. Ce manque a trouvé son expression dans un terme devenu incontournable en marketing : le «sans». Sans sucre, sans gluten, sans lactose, sans calorie, sans nicotine, sans adjuvant, sans huile de palme, sans colorant, sans contact : par un tour de passe-passe extraordinaire, nous avons su transformer l'absence en valeur, le manque en objet de convoitise. Et si, sous cet angle, nous pouvions relire l'histoire de la pensée, entre plein et manque, désir et néant ? Et si l'histoire de nos sociétés de consommation révélait en creux une autre histoire, celle de la métaphysique de nos temps troublés ?
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Manifeste des espèces compagnes : plaidoyer pour le partenariat chiens-humains
Donna Haraway, Jerome Hansen
- CLIMATS
- Climats
- 30 Janvier 2019
- 9782081451483
Ce livre propose un pari audacieux : prendre notre relation avec les chiens au sérieux et apprendre «une éthique et une politique dévolues à la prolifération de relations avec des êtres autres qui comptent». Car la catégorie des espèces compagnes est bien plus vaste que celle des animaux de compagnie, elle inclut en effet le riz, les abeilles, la flore intestinale, les tulipes... «Vivre avec les animaux, investir leurs histoires et les nôtres, essayer de dire la vérité au sujet de ces relations, cohabiter au sein d'une histoire active : voilà la tâche des espèces compagnes.» Pas de grands récits, donc, mais des histoires, dont le but est avant tout, dit Donna Haraway, de mettre des bâtons dans les roues au projet humain d'écrire seuls cette histoire. Des histoires d'amour, mais également de pouvoir, de conflits raciaux et d'idéologies coloniales, des histoires qui aident à élaborer des manières positives de vivre avec toutes les espèces qui sont apparues comme nous sur cette planète.Quelle est notre capacité humaine à construire des relations d'altérité qui ne soient pas marquées par des rapports de domination, mais par des relations de respect, d'affection, d'amour - sans qu'il s'agisse d'anthropocentrisme ou d'anthropomorphisme ? Voilà l'une des questions centrales que soulève ce livre devenu incontournable.
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La rationalisation de la vie quotidienne en Occident a profondément
bouleversé nos conceptions de l'amour, du mariage et du
féminisme. L'intrusion des professionnels de l'assistanat dans la
sphère intime a précipité la famille dans une situation de dépendance,
où son horizon imaginatif et affectif s'est considérablement
rétréci. Les techniques ésotériques en sont venues à
remplacer les habitudes et les coutumes. La mentalité thérapeutique
a ainsi ouvert la voie à un paternalisme d'un type
nouveau, celui de l'État libéral, qui n'est pas plus désirable que
l'ancienne tradition du patriarcat.
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« Nous sommes devenus superforts. Rien ne peut nous résister : la plus grande oeuvre d'art, l'action la plus héroïque, l'entreprise la plus noble, la figure la plus impeccable - elles ne le sont que pour autant que nous le voulions bien. Chacun d'entre nous, partout dans le monde, et quoi qu'il en soit de sa richesse ou de sa pauvreté, de sa culture ou de son ignorance, nous sommes plus forts que tout. La superforce est la condition contemporaine de l'être humain. Pour nous, humains du XXIe siècle, plus de réalité qui ne soit bornée par un Oui, mais. Qui, aujourd'hui, sauf un abruti ou un niais, oserait dire qu'il n'est pas critique ? Qu'il ou elle n'a pas d'esprit critique ? La raison moderne, la raison critique, parce qu'elle est d'abord une interrogation sur elle-même, comme l'avait dit Emmanuel Kant, ne peut connaître d'autre limite ni d'autre alternative qu'elle-même. De sorte qu'elle a fini par dévorer la totalité du champ du pensable. Il est temps de faire le point sur le programme critique et de se poser la question de ce qu'il a laissé de côté. Et la réponse que je propose est : il a laissé de côté le futur. Il n'y a pas d'après de la critique, parce que l'idéal de la critique est le champ de ruine où survivrait une luciole, où pousserait une pâquerette ».
Dans ce livre-étendard d'une génération nouvelle, scintillant d'idées, d'arguments et d'exemples, Laurent de Sutter appelle à renouer avec le sens du futur, à quitter le mode du « oui, mais » pour épouser celui du « et si », à redevenir superfaibles et... libres à nouveau. -
Philosopher a vingt ans avec 8 étudiants du master de philosophie de Paris 1
Ronan de Calan
- CLIMATS
- Climats
- 14 Octobre 2020
- 9782081512573
Ce livre donne la parole à des philosophes de vingt ans. Huit étudiants de master réunis autour de leur professeur. Pour faire entendre la voix de cette jeunesse philosophe, on a choisi une méthode éprouvée depuis les Grecs : la question. Dans le choix de leurs questions, les auteurs nous parlent essentiellement de ce qui constitue la toile de fond de leur existence : la crise. En traitant de sujets aussi divers, brûlants et actuels que le racisme, la décolonisation, les tests ADN, le tirage au sort en démocratie, la perte de la souveraineté, la fin des partis politiques, ou tout simplement la fin du monde, ils nous invitent à repenser la crise, à la raconter autrement. Témoignage d'une génération philosophique, ce livre est aussi le laboratoire de la pensée de demain.
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Un officier se fait lyncher par la presse de son pays après avoir, lors
d'une cérémonie, oublié le nom d'un de ses jeunes soldats mort
peu de temps avant lors d'une opération. A-t-il commis une faute ?
Quel est le rôle du souvenir dans notre vie intime, et dans la vie
collective d'une nation ? Sommes-nous dans l'obligation de nous
souvenir des gens et des événements passés ? Si oui, de quelle
nature est cette obligation ? Le fait de se souvenir ou d'oublier
est-il un motif valable de louange ou de condamnation morales ?
S'il n'existe pas de morale du souvenir, il existe bien une éthique du
souvenir. Elle doit s'efforcer de comprendre en quoi consiste la
fidélité au passé. Revivre le passé, ce n'est pas seulement en
retrouver le sens, mais toute sa sensibilité.