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H Diffusion
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Après un livre plutôt austère sur Héraclite, l'auteur revient à la libre expression de soi (« C'est moy que je peins ») - où « expression de soi » ne signifie pas oubli des autres, qu'il s'agisse de ses proches, de ses amis (plusieurs fois présents par leurs lettres), de philosophes (« Rencontre de Pascal », « Hegel et le mal ») ou d'hommes politiques (« Macron et la Crimée »). Reste que bien des chapitres ont un accent personnel - chapitres qu'une émotion inspire : nostalgie (« Au lycée d'Évreux »), fierté (« Mon sujet de fierté »), humiliation (« Le vélo »), résignation (« Vieillir ») - tout cela à l'ombre des préoccupations métaphysiques fondamentales (« La Nature comme Tout et source de vie », et « Vers la Nature infinie »).
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La violence a fait au cours des deux derniers siècles l'objet d'une pléthore de recherches dans bien des domaines, et nombreux sont les livres qui ont traité de la question en lui apportant des réponses fécondes. Bien peu cependant l'ont abordée dans sa dimension génétique essentielle de violence fondatrice. Et, pour cause ! Penser que toutes les communautés humaines et l'ensemble des processus civilisateurs, avec leurs rites, leurs cultures, etc., trouvent leurs origines dans une violence radicale qui en constitue la fondation ne va pas de soi ! De ce point de vue, Freud semble bien avoir la paternité de l'idée fondamentale d'un meurtre initial, paradoxalement à la source de la civilisation, de la morale et de la religion.
Mais ne s'agit-il pas d'un mythe ? La question de la violence ne requiert-elle pas plutôt une méthode indiciaire, s'appuyant sur des recherches et un matériau anthropologiques ? L'oeuvre de René Girard tend dans un effort continu, magistral et souvent solitaire à remonter contre vents et marées aux sources d'une violence à la fois effective, revenant périodiquement, fondatrice et génétique.
Sans omettre les failles de la doctrine, l'auteur met clairement en évidence l'articulation des théories girardiennes - désir mimétique, victime émissaire, méconnaissance - et nous en découvre la fécondité pour penser notre époque.
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Pour le philosophe, la veÌriteÌ est au bout d'un long chemin - de reÌflexions, de meÌditations, d'analyses. Mais il y a ce qui lui est offert deÌ€s qu'il ouvre sa feneÌ‚tre le matin : la nature et, avec la nature, la beauteÌ - beauteÌ du ciel et des pay- sages, des fleuves et des eÌtangs, beauteÌ de la nature elle-meÌ‚me en sa splendeur calme.
La veÌriteÌ est un point d'arriveÌe, la beauteÌ est un point de deÌpart, car la deÌcouverte des beauteÌs du monde est sans fin. -
Pour le philosophe, la vérité est au bout d'un long chemin - de réflexions, de méditations, d'analyses.
Mais il y a ce qui lui est offert dès qu'il ouvre sa fenêtre le matin : la nature et, avec la nature, la beauté - beauté du ciel et des paysages, des fleuves et des étangs, beauté de la nature elle-même en sa splendeur calme.
La vérité est un point d'arrivée, la beauté est un point de départ, car la découverte des beautés du monde est sans fin.
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Bien que philosophe par vocation depuis mon enfance et n'ignorant pas l'importance de l'élément conceptuel, je n'ai pu séparer la philosophie de la vie. C'est pourquoi si, dans ce livre Regain , je fais une large part aux questions qui touchent à la morale et à la métaphysique, telles que « Où placer la liberté ? », Le « réel », le corps, « La cause et la raison », l'idée d'« être », la valeur des systèmes, la « création du monde », la vérité, la pensée, « Liberté et vérité », et si je fais intervenir des philosophes comme Pascal ou Éric Weil, il reste que nombre de chapitres sont dus soit à ma connaissance et à mon expérience de l'histoire - ainsi « L'enfant qui est en moi », « Les héros dans l'histoire », « 1936 » - soit à mon expérience du travail - ainsi « La patraquerie », « Seize heures par jour », « Le plaisir d'enseigner » - ou à ce que j'ai vécu : l'amour (« Si je relis de vieilles lettres »), la peur (« Mes peurs »), la pitié (« Maria et Marissou »), la déception (« Oncle Urbain »), la nostalgie (« Nostalgie »), le regret (« Mon ressentiment »). Il n'y a pas de chapitre sur la joie.
C'est peut-être que mon humeur n'est pas gaie - du moins quand je suis seul.
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Devenir soi-même ; introduction à une philosophie de l'aventure
Philippe Perrot
- H Diffusion
- 10 Octobre 2016
- 9782363450661
Nous surgissons à nous-même sur les décombres d'une vie antérieure. Nous avons alors le choix de nous reprendre ou de nous abandonner au mouvement de la vie. Les pressions, les conditionnements, les circonstances, le désir d'être heureux, les faiblesses et les lâchetés, presque tout s'allie pour nous entraîner dans la voie du renoncement.
On ne sait plus que l'on avait rendez-vous avec soi-même, autrement dit avec une nouvelle possibilité de l'être. Dans ces conditions, que fait-il entendre par l'expression "Devenir soi-même" ? L'espace le plus approprié à une telle enquête est celui de la littérature et de la philosophie. Celles-ci - dès lors qu'elles prennent en charge la liberté comprise dans toute sa radicalité - ne peuvent pas se complaire dans les réponses conformistes ou consolatrices. "Devenir soi-même " est une démarche qui fait écho à un déracinement initial que l'on refuse d'oublier ou d'occulter. C'est dire qu'il y a un au-delà de la sphère de sens dans laquelle nous avons nos habitudes, mais c'est dire aussi qu'il faut oser s'éloigner pour aller là où les mots nous manquent, là où nous sommes dénués et presque toujours seuls.
On ne saurait traiter le thème du surgissement à soi en ayant recours à des concepts a priori qui en schématisent le processus et qui tendent à en nier la dimension accidentelle et personnelle. Il faut aller du vécu aux idées et non l'inverse. C'est donc de l'intérieur, en entrant dans le dialogue et dans la manière propre d'une conscience de s'entretenir avec elle-même que le cheminement ici proposé a été élaboré. L'auteur de cet essai s'est inspiré de personnages et d'hommes qui se sont risqués aux frontières du monde qui était le leur : Oedipe et Roquentin, mais aussi Descartes et Magellan. Avec eux et grâce à eux, il a pu confirmer cette relation constante.
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La voix humaine est désormais enregistrée, diffusée et produite par des machines qui sont capables aussi d'inventer des discours.
Pourtant la voix qui parle et la voix qui chante ne se réduisent pas à une pure et simple production d'énoncés sonores. La voix est ce qui relie l'homme aux profondeurs de la Terre et elle est aussi ce qui monte de lui et le tourne vers le Ciel. Elle est la conscience métaphysique naissante.
L'homme est un corps poétique, il est un animal lyrique. Lorsqu'il parle ou chante, il entre en relation avec ce qui le tient dans l'existence et le sauve de l'effondrement.
Explorer les mystères de la voix humaine est nécessaire pour fonder un nouvel humanisme à l'époque des machines.
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Tout en réaffirmant les thèses fondamentales d´une ontologie matérialiste radicale contre les tentatives de « révision » du marxisme, l´originalité de la pensée de Lénine consiste à inscrire la défense du matérialisme dans la perspective de la lutte des classes. Ni abstrait ni opportuniste, le propos de Lénine pose ainsi les conditions qui permettent de militer, en matérialiste, pour le matérialisme.