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Hermann
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Le juste et le bien sont-ils des concepts étanches l'un à l'autre ? Pouvons-nous établir ce que nous nous devons les uns aux autres dans une association civile (le juste) sans recourir à une conception de ce qu'est une vie bonne (le bien) ? C'est ce qu'affirment, depuis John Rawls, les philosophes qui affirment la neutralité éthique de la théorie politique libérale. Ronald Dworkin affirme au contraire que le juste et le bien sont inséparablement liés l'un à l'autre. Dans ce livre, issu de son oeuvre Sovereign Virtue et traduit ici pour la première fois dans son intégralité, il propose une définition de la vie bonne : répondre adéquatement au défi posé à chacun par les circonstances dans lesquelles il se trouve. Or il montre qu'il est impossible d'apporter une telle réponse adéquate sans disposer d'une juste part des ressources sociales. Pour pouvoir bien vivre, il faut vivre dans une société juste.
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Hegel ne dénature-t-il pas la raison en la fondant somme toute sur un acte de foi lorsqu'il maintient, dans Die Vernunft in der Geschichte, que « la seule idée qu'apporte la philosophie est la simple idée de la Raison - l'idée que la Raison gouverne le monde » ?
On se doute qu'une telle proposition ne fit pas l'unanimité au sein des milieux intellectuels et philosophiques. Des pans entiers du réel, objecte-t-on à l'auteur, ne peuvent être considérés absolument rationnels. Hegel ne perd pas pied. Imperturbable, il réplique incontinent que la raison demeure en vérité l'unique juge : le geste « irréfléchi » est-il rationnel, l'Histoire est-elle rationnelle, l'univers empirique est-il rationnel... ? Qui peut le dire sinon la réflexion, la pensée, l'exercice de la raison en commerce avec son objet. Tout objet. Y compris elle-même. On ne saurait en effet opiner sérieusement sur quelque référent sans avoir préalablement réfléchi celui-ci, sans l'avoir chamboulé, littéralement, de nos interrogations. Le vrai et le faux sont par définition les enfants d'une réflexion. Les enfants de la raison. Or, si rien de signifiant ne peut être dit hors la raison, et que de ce fait celle-ci se révèle comme l'« irréductible » source de sens, il devient impératif de tout mettre en oeuvre de manière à « saisir la raison dans sa détermination ». C'est le projet hégélien. -
Derrida - Lacan : L'écriture entre psychanalyse et déconstruction
Isabelle Alfandary
- Hermann
- Philosophie Hermann
- 20 Juin 2016
- 9782705692193
Jacques Derrida et Jacques Lacan se seront peu fréquentés, auront peu échangé, du moins si l'on s'en tient à leurs strictes biographies. Cependant un lien s'établit entre leurs oeuvres respectives autour du statut singulier et fondateur de la trace et de la lettre. La psychanalyse n'a jamais cessé de hanter la pensée de Derrida, la figure de Lacan y étant fréquemment convoquée. Lacan, quant à lui, a croisé le fer tout au long de son enseignement avec l'histoire de la philosophie, se gardant de prononcer le nom de Derrida qu'il avait pourtant incontestablement lu. Entre psychanalyse et déconstruction, des intuitions communes, des pratiques affines, des liens intimes et complexes méritent d'être examinés au prisme de la question de l'écriture et à la lumière de la pensée freudienne, dont la lecture inspire et informe tant l'oeuvre de Lacan que celle de Derrida, les partageant et les opposant irréductiblement.
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Le Juste : Nouveaux colloques des intellectuels juifs 2024
Collectif, Perrine Simon-Nahum, Danielle Cohen-Levinas
- Hermann
- Collège Des Intellectuels Juifs
- 26 Février 2025
- 9791037039743
Le Juste est une notion primordiale, sans laquelle aucune société démocratique ne peut advenir. Mais qu'est-ce que le Juste ? Dans ce mot, se trouve l'idée d'une percée inconditionnelle de la justice, qui engage le droit positif et la norme. Être juste requiert en chacun de nous l'exception, à laquelle l'humanité de l'homme se doit de répondre. Dire d'une chose, d'un évènement ou d'une parole qu'elle est juste, c'est déjà accueillir la singularité d'une éthique de la justice que la tradition juive nous enjoint de poursuivre : « La justice, la justice tu poursuivras, afin que tu vives » (Dt 16.20).
La publication des actes du Nouveau Colloque des intellectuels juifs consacré au thème du Juste revêt aujourd'hui une dimension particulièrement symbolique. L'épidémie du Covid en 2020, la guerre en Ukraine en 2021, les massacres du 7 octobre 2023, les catastrophes naturelles, le retour décuplé de l'antisémitisme, les menaces qui pèsent sur nos démocraties européennes nous en rappellent l'impérieuse nécessité. -
Renaud Barbaras compte parmi les philosophes vivants les plus importants. Il a reçu le Grand Prix de philosophie de l'Académie française en 2014 pour l'ensemble de son oeuvre. Cet ouvrage constitue un tournant dans l'analyse philosophique du désir, et noue un dialogue entre les traditions philosophiques (phénoménologie) et psychanalytiques (Freud, Lacan). Tout désir est désir du monde, non pas au sens où il se rapporterait à un monde déjà là, mais bien parce qu'il en est la condition d'apparition.
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La perte de l'évidence humaine : phénoménologie de la relation en situations extrêmes
Agata Zielinski
- Hermann
- 28 Octobre 2022
- 9791037019950
Que se passe-t-il en nous face à la perte de l'évidence humaine, lorsque les attributs classiques de la personne humaine font défaut ? Les situations de non-communication, d'absence de réciprocité interrogent la définition de l'humain : qu'est-ce que rester ou cesser d'être humain ? La question de l'appartenance commune à l'humanité passe par l'interrogation sur le semblable, jusqu'à mettre au jour un paradoxe qui nous semble être la clef de la relation en situations extrêmes : une ressemblance qui s'impose et indispose, causant un effroi que l'on cherche à fuir. Cette ressemblance, qui s'expérimente sur le mode d'une inquiétante étrangeté, renvoie à une historicité humaine primordiale, celle de la détresse initiale. Mais qui est mon semblable ? Celui dont je reconnais la proximité, et dont je peux me décider à m'approcher. La relation, capacité à se tenir proche, réouvre un monde commun. La phénoménologie de la relation en situations extrêmes permet d'esquisser une éthique de la « prochaineté ».
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Décentrement(s) : Théories et pratiques d'un concept nomade
Elodie Gallet, Geneviève Guetemme, Sylvie Pomiès-Maréchal
- Hermann
- 27 Novembre 2024
- 9791037040763
Le « décentrement » est un outil central de notre modernité, servant à interroger les limites des disciplines, des savoirs et des discours. Comment se manifeste le décentrement ? Que fait gagner la perte du centre ? Quelles traces concrètes ou symboliques restent après la relégation d'un centre ? Nous faisons l'hypothèse que le décentrement, pris indifféremment dans des formes matérielles, mais aussi mémorielles et monumentales, permet de penser le transculturalisme et l'interdisciplinarité.
Le concept de décentrement est successivement envisagé comme un changement de perspective, pour mieux comprendre. Puis, il est défini comme une façon de s'affranchir d'un centre pour créer un ou plusieurs nouveaux centres. D'un point de vue linguistique, nous voyons comment il met en travail la traduction, pour introduire un nouveau regard et raconter différemment en prenant de la hauteur. Enfin, il s'agit d'aborder le décentrement dans sa capacité à déconstruire et reconstruire le rapport à l'espace à travers un ensemble de délocalisations, de déplacements en périphérie, dans le but de trouver un nouveau centre.
Tous ces décentrements géographiques, conceptuels, culturels, linguistiques, artistiques offrent une image, révélatrice dans sa diversité, d'un concept proprement insaisissable, mais essentiel à la compréhension des espaces contemporains. -
Socialismes, utopies et positivismes
Annie Petit, David Labreure, Collectif
- Hermann
- Positivismes Et Cie
- 30 Avril 2025
- 9791037043375
Au xixe siècle, nombreux sont ceux qui veulent réorganiser la société. Auguste Comte (1798-1857) fonde le positivisme comme prolongement socio-politique de la philosophie positive. À partir de penseurs comme C. H. Saint-Simon (1760-1825), Charles Fourier (1772-1837), Étienne Cabet (1788-1856), Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), etc., émergent des programmes sociaux divers, parfois dits « socialistes », dans les débats, combats et les efforts plus ou moins éphémères de réalisation. Cependant ces efforts sont souvent considérés comme des « utopies ». Sont ici confrontés certains de ces programmes et tentatives pour en dégager les interrogations communes et transversales ainsi que les originalités.
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Sarah Kofman et Jacques Derrida ; croisements, écarts, differences
Ginette Michaud
- Hermann
- Le Bel Aujourd'Hui
- 17 Juillet 2018
- 9782705695439
Cet ouvrage se présente sous le signe de voix croisées : celles de Sarah Kofman et de Jacques Derrida au premier chef, et celles des deux lectrices qui se sont mises à l'écoute des accents singuliers de cette amitié philosophique à partir des oeuvres respectives des deux philosophes et des lettres que Sarah Kofman a adressées à Jacques Derrida de 1968 à 1992. Cette correspondance offre un aperçu inédit de différences saisies sur le vif chez les deux philosophes, très proches et cependant dissemblables dans leur approche des textes. Ces lettres permettent aussi de comprendre ce qui importait tant à Sarah Kofman dans l'amitié que lui témoignait Jacques Derrida, à travers et au-delà des situations conflictuelles qui les opposèrent en quelques occasions. Enfin, ces lettres reconstituent le fil d'une histoire vivante de la philosophie, lieu d'intenses débats intellectuels au cours de ces décennies.
En l'absence d'une biographie en français de Sarah Kofman, une note retrace, à partir de ses archives, les principales étapes d'un parcours semé d'embûches, en un émouvant portrait de la vie-oeuvre de la philosophe. -
Jean Greisch, les trois âges de la raison : Métaphysique, phénoménologique, herméneutique
Bancalari Stefano
- Hermann
- 26 Septembre 2016
- 9782705692803
Après la maxime phénoménologique « Aller aux choses mêmes », il importait sans doute de faire droit à l'impulsion herméneutique : celle qui (nous) commande de comprendre les oeuvres qui parlent des choses mêmes. Après ce qui donne à penser (Kant, Ricoeur), ce qui force à penser (Deleuze) ou ce qui appelle à penser (Heidegger), un quatrième motif est à interroger : ce qui porte la pensée, au sens de ce qui la conduit jusqu'à nous. Nous pouvons bien rêver d'une immédiate présence aux choses, nous savons aussi, et depuis le commencement grec de la philosophie, que long est le chemin vers le simple, le proche ou le natal. Ce chemin est celui de l'interprétation, celui qui reconduit au-devant des phénomènes. Comment voir ce qui se donne ou entendre ce qui nous appelle ? Comment retrouver le chemin des plus hautes questions, celles que nous disons « métaphysiques » ? Nous ne le ferons pas seuls, sans une histoire qui nous précède, sans des oeuvres qui ouvrent le chemin, sans des propédeutes voire des presbytres pour initier à cette tâche. Jean Greisch fut et demeure l'homme d'un tel programme. Ces actes d'un colloque de Cerisy, tenu en 2015, rendent un hommage appuyé à sa culture, à ses travaux sur la métaphysique, la philosophie de la religion, la phénoménologie et sa greffe herméneutique entendue stricto sensu, à ses engagements, bref à son humanisme de l'homme toujours à naître.
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Hegel ; l'épreuve de la contingence
Bernard Mabille
- Hermann
- Philosophie Hermann
- 21 Août 2013
- 9782705687168
1ère édition : Aubier, 1999
En assignant pour tâche à la philosophie de « surmonter » la contingence, Hegel accomplit un geste original et difficile.
Original parce qu'il s'écarte aussi bien des rationalismes qui pensent n'en avoir fini avec le contingent que lorsqu'ils l'ont ramené au nécessaire, que des penseurs qui estiment que reconnaître la contingence, c'est y voir le tout autre de la raison. Hegel ne prône ni le règne de la nécessité ni la capitulation devant l'absurde, mais une philosophie de la liberté.
Difficile, parce que, en décidant de penser ensemble et la consistance et la rationalité du contingent, Hegel doit à la fois reconnaître ce qu'il appelle son « droit monstrueux » et au moment même où la raison avoue ses limites devant une « contingence sans règle et sans frein » ne jamais renoncer à l'exigence de dire le sens de cette limitation même.
À travers cette épreuve de la contingence, l'ouvrage tente d'offrir une interprétation d'ensemble du système aussi attentive à la lettre des textes qu'attachée à mettre en lumière les apories que la philosophie hégélienne rencontre ou engendre. -
Entre la création du sionisme organisé dans les dernières années du XIXe siècle et la fin de la Première Guerre mondiale, ce sont des Juifs allemands qui ont présidé aux destinées du mouvement et conçu les projets pour la colonisation de la Palestine ottomane. Ce livre entend montrer que le sionisme peut être étudié du point de vue des études germaniques. Il propose une histoire des plans élaborés par les sionistes allemands et met en lumière leur ancrage dans un espace-temps intellectuel allemand. Par leur souci de produire, de collecter et de diffuser des savoirs de type colonial sur la Palestine, par leur obsession de leur place sur la scène internationale, par leur foi positiviste dans l'expertise et leur vision évolutionniste des sociétés, ils illustrent les représentations à l'oeuvre parmi les élites allemandes de leur temps.
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Science et liberté : Crise de la conscience et transformation de la science au tournant du XXe siècle
Chandelier Cedric
- Hermann
- Philosophie Hermann
- 26 Avril 2016
- 9782705692018
Une synthèse paradoxale s'opère en France, au tournant du XXe siècle, entre les notions de liberté et de convention, de création et d'accord. En partant de la tension critique qui accompagne l'introduction du concept poincaréen de convention en mathématiques et en physique, Cédric Chandelier montre comment se forme un nouveau positivisme. La crise de la conscience née des transformations de la science a le caractère structurel d'un état qui se prolonge à travers la philosophie bachelardienne, et jusqu'à la récente tentative de conciliation entre l'épistémologie historique et la tradition analytique. La thèse défendue est que le positivisme a survécu à sa remise en cause au nom de la liberté. En revenant aux origines du conventionnalisme, l'auteur soutient qu'il est cependant possible de mesurer la dimension cosmique de l'action réflexive de la conscience.
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Penseur d'origine catholique, converti au protestantisme puis devenu farouchement antichrétien, Heidegger n'a cessé de se confronter aux grands moments de la tradition théologique. Comment le phénoménologue de la religion des années 1920 a-t-il interprété les textes de saint Paul, saint Augustin ou Maître Eckhart ? Comment, sortant de la théologie catholique en 1919 puis protestante en 1924, a-t-il articulé le geste philosophique avec la mystique médiévale et le judaïsme ? Telles sont les questions que pensent ces Études heideggériennes, qui retracent à la fois le parcours du philosophe et mettent en lumière sa compréhension singulière des concepts fondamentaux de la théologie.
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Monde, structures et objets de pensée : Recherches de phénoménologie en hommage à Jacques English
Dominique Pradelle
- Hermann
- 19 Mai 2016
- 9782705692063
L'oeuvre de Jacques English, traducteur et commentateur de Husserl, historien de la phénoménologie transcendantale, investigateur de ses origines, a puissamment contribué au renouveau des études husserliennes.
En restituant à la phénoménologie de Husserl son contexte historique au croisement de la psychologie de Brentano, de la logique bolzanienne et du débat gnoséologique avec Twardowski, Meinong, Avenarius ou Schuppe , J. English fait oeuvre de philosophe de la logique et de la mathématique : le problème des idéalités formelles y nourrit la théorie de l'intentionnalité, si est pris au sérieux son caractère transcendantal.
De ses travaux, toute une génération a recueilli les fruits. Elle reconnaît ici sa dette, en un triple mode de recherche, sur et à partir de la phénoménologie transcendantale : histoire des concepts, problématique des structures, statut des objets de pensée. -
La pensée du théoricien allemand Jürgen Habermas figure parmi les plus importantes théories sociales issues du XXe siècle : toutefois, à ce jour, elle n'a inspiré qu'un nombre restreint d'études portant spécifiquement sur leur articulation à l'éducation moderne et contemporaine. Cet ouvrage présente ainsi une analyse critique de la façon dont la théorie de l'agir communicationnel développée par Habermas s'arrime à une étude macro et microsociologique de l'éducation, soit une analyse de l'organisation politique, économique et idéologique des systèmes éducatifs occidentaux depuis la modernité, puis une analyse intime et située des rouages de l'activité éducative entre l'enseignant et l'élève. Dès lors, comment réfléchir l'éducation passée et actuelle à l'aune de la pensée habermassienne, en profitant de ses apports tout en mettant en lumière les impasses qu'elle représente, notamment pour le développement du potentiel critique et communicationnel de l'enfant ? Autrement dit, comment penser l'éducation contemporaine avec et contre Habermas ?
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La sentinelle silencieuse : recherches phénoménologiques sur l'incarnation de l'esprit et perspectives cliniques
Hubert Wykretowicz
- Hermann
- 15 Juillet 2021
- 9791037010131
Que l'âme ne soit pas séparée du corps est une affaire entendue. Mais a-t-on pris la juste mesure de notre incarnation quand on cherche l'esprit dans le cerveau, comme on s'attend à trouver le génie dans la lampe ? À rebours de cette conception, cet ouvrage, au carrefour de la philosophie phénoménologique et de la clinique, propose de prendre au sérieux l'idée d'un corps animé. Aux côtés du langage, le corps est d'abord un lieu privilégié de l'expression de l'esprit. Grâce à lui nous entrons dans une entente de ce que le monde veut nous dire et c'est par son entremise que nous connaissons une transaction vivante avec ce que le monde exige de nous. Cet itinéraire dans le silence de la vie intentionnelle du corps se termine par quelques perspectives cliniques, parce qu'il faut bien admettre que nous n'aurions rien à quoi remédier si nous n'étions au risque de voir cette transaction fléchir dans la maladie.
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L'irréductible ; essai sur la radicalité en phénoménologie
Paul Audi
- Hermann
- Le Bel Aujourd'Hui
- 14 Octobre 2020
- 9791037003829
Depuis son avènement au début du XXe siècle, la phénoménologie a rallié, dans une fidélité plus ou moins grande à Husserl, son fondateur, des auteurs aussi différents que Heidegger, Scheler ou Fink - non sans que chacun ait d'abord pris la mesure de l'ambition d'un projet qui consistait à réaffirmer le sens de la philosophie en lui assignant pour objet un certain absolu, jugé comme tel « irréductible ». Les philosophes français, dont Sartre, Merleau-Ponty, Levinas, Derrida, Henry, Marion, ont tous eu à coeur de renouveler à leur façon la phénoménologie, en interrogeant à nouveaux frais ses enjeux.
En revenant sur l'histoire de ce courant, Paul Audi montre que la plupart de ces penseurs ont suivi un même ordre de mission - que Sartre formule ainsi dans son tout premier texte phénoménologique, en 1934 : « Soyons plus radicaux ». Pourquoi et comment ce devoir de radicalité a-t-il pris auprès d'eux le statut d'un mot d'ordre ? Quels enseignements devrions-nous aujourd'hui en tirer ? Une de ces leçons ne revient-elle pas à dire que si, en phénoménologie, la demande de radicalité a bien sa raison d'être, elle n'en révèle pas moins les limites de la discipline - des limites qui pourraient bien expliquer pour partie son essoufflement actuel ? -
Une philosophie des sciences est-elle possible aujourd'hui ? La tendance dominante vise à la fonder sur une analyse des pouvoirs de l'esprit dont la notion centrale est celle de représentation. Il y a convergence sur ce point des théories psychologiques de la cognition et de la vision formaliste d'une pensée mécanisée. Mais l'étude des présupposés de ces positions suggère qu'elles imposent trop rapidement des limites à la pensée qui oeuvre dans les sciences.
Cet ouvrage entend donc leur opposer des analyses portant sur les différentes formes symboliques qui structurent la pensée scientifique : nombres, formules, figures... De telles formes, inséparables d'une généalogie complexe, impliquent une pluralité de fonctions irréductibles à l'unité élémentaire de la représentation. L'efficacité de ces régimes sémiotiques serait donc indissociable d'une série d'actes de compréhension. La philosophie des sciences en deviendrait une herméneutique de la pensée (et des impensés) des sciences. -
La formation de Georges Canguilhem
Louise Ferté, Aurore Jacquard, Patrice Vermeren
- Hermann
- Philosophie Hermann
- 21 Août 2013
- 9782705686666
La publication récente des Écrits philosophiques et politiques de Georges Canguilhem (1926-1939) (Vrin, 2011) éclaire d'un jour nouveau le champ agonistique dans lequel apparaît une génération formée dans le pacifisme et le refus du culte du fait, à l'école d'Alain, mais bientôt confrontée à l'ascension du nazisme et à l'exigence de la Résistance.
Tandis que les enjeux majeurs de la philosophie en France après 1945 tournent autour de Hegel, la génération qui suit voudra s'en déprendre, mais sous une autre condition qu'une philosophie existentialiste. Georges Canguilhem, philosophe saisi par l'histoire des sciences de la vie et Résistant, rompt avec le statut d'élève d'un Alain pacifiste, pour endosser celui de maître de cette génération à l'origine d'une discontinuité radicale dans le champ philosophique. On ne saurait comprendre ni Althusser et l'althussérisme, ni Lacan et les lacaniens, encore moins Bourdieu, Castel ou Passeron sans Canguilhem, de même que le débat d'idées qui a précédé et suivi le mouvement de mai 1968, affirme Michel Foucault.
Revenir sur la formation de Georges Canguilhem, c'est alors se poser la question de la singularité d'un combat philosophique. -
Si en quelque sorte dans l'état de nature tous les moyens sont bons pour obtenir ce que l'on souhaite, cela ne signifie pas pour autant que la ruse, le mensonge et la tromperie soient admises par Hobbes. Cet ouvrage explore à la fois les conceptions du philosophe sur la légitimité de ces pratiques dissimulatrices, et sa manière de procéder dans le Léviathan. L'étude portera tout particulièrement sur les appendices à l'édition latine : il s'agira de montrer comment, dans ces textes ajoutés après les ennuis que la publication de son oeuvre majeure en anglais a valus à Hobbes, il reprend les points les plus scandaleux de sa pensée, tel son matérialisme, en les présentant sous une lumière différente.
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Georges Politzer, le concret et sa signification : Psychologie, philosophie et politique
Politzer/Barbaras
- Hermann
- Philosophie Hermann
- 14 Avril 2016
- 9782705692032
Figure incontournable de la psychologie et de la philosophie du XXe siècle, Georges Politzer (1903-1942) fut l'un des premiers philosophes français à s'engager au Parti communiste et, plus tard, dans la Résistance. Il fut notamment l'auteur d'une Critique des fondements de la psychologie, qui détermina les modalités de la réception de la psychanalyse en France, et d'un corrosif pamphlet contre Henri Bergson, dont l'importance est comparable aux Chiens de garde de l'ami Nizan. L'anthropologie philosophique élaborée par Politzer, située à la convergence du marxisme et de la psychanalyse, influença profondément les oeuvres de Lacan, Merleau-Ponty, Sartre, Canguilhem, Ricoeur et Althusser. Ce volume rassemble des études visant à restituer l'originalité et la complexité de l'oeuvre de Politzer, par-delà des usages qui ont été faits d'elle et par-delà des critiques faciles qui lui ont été adressées.
Avec une lettre inédite de Georges Politzer à Léon Brunschvig. -
Trafics de Proust : Merleau-Ponty, Sartre, Deleuze, Barthes
Anne Simon
- Hermann
- Philosophie Hermann
- 29 Juin 2016
- 9782705692186
Un commerce intime, tantôt exalté, tantôt inavouable, entre l'oeuvre de Proust et celles de Merleau-Ponty, Sartre, Deleuze ou Barthes se joue au coeur des années 1950-1970, au moment où sont renouvelées les façons d'envisager la production théorique. Si le romancier les a particulièrement captivés, c'est que son oeuvre venait amplifier ou heurter non seulement leur pratique réflexive, mais le sens même de leur existence et de leur engagement dans l'écriture. Du roman au traité, de la vie de l'un à la vie de l'autre, naît une étrange érotique des pensées, où se créent des partages sereins, des négociations passionnées, des appariements effrayants.
Trafics de Proust opère un enfoncement dans la durée longue de ces échanges, de ces prêts sur gages et de ces résiliations. Son enjeu est de rendre compte des stratégies qui mènent un penseur lisant Proust à construire ou déconstruire ses cadres cognitifs, à s'articuler, dans la fluidité du jeu ou le coincement grinçant, à une vie de la pensée où (dé)raison, émotion et fiction consonnent avec individuation. Sont ainsi restituées des pensées sensibles, comme autant de formes de soi traversées par le romanesque. -
L'année 1759 fut pour Diderot celle du désenchantement. L'Encyclopédie est interdite de publication. D'Alembert et Voltaire s'éloignent, Rousseau marque sa rupture avec lui. Son père meurt, sa vie conjugale devient difficile. Or, dans le tome VIII, connu plus tard des lecteurs, Diderot a rédigé l'article « jouissance », un éloge du rôle de la femme dans l'humanisation de l'espèce humaine. Et cette même année, la première lettre connue de Denis à Sophie Volland. Dans certaines de ces lettres apparaît l'expression « petit château » lieu magique où Denis, Sophie et sa soeur Uranie vivent dans cette jouissance physique et réfléchie qui doit les conduire au bonheur. Jouissance stérile cependant, nul enfant au château, jouissance imaginaire, « chimérique ». Pas tout à fait cependant. Cette année-là, il rédige son premier Salon. Le « petit château » rêvé pour séduire Sophie et Uranie n'aurait-il pas un commencement de réalité dans l'art ? Rien n'est moins sûr : le spectateur n'entre pas dans le tableau, il regarde. La vie passe, le désenchantement ne sera jamais surmonté, la jouissance toujours différée. Jusqu'à la mort de Sophie. D'ici-là il y aura des oeuvres à écrire, et quelles oeuvres !