L'Arche
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L'oeuvre centrale d'Henri Lefebvre, publiée en trois tomes entre 1947 et 1981, à L'Arche. oeuvre d'une vie, essentielle pour la pensée marxiste d'après-guerre, qui désacralisa les objets traditionnels de la philosophie pour faire surgir la vie quotidienne, la vie et sa prétendue trivialité, l'environnement comme point de départ de la pensée.
Lefebvre interroge le concept d'aliénation au regard de trois aspects qui règlent la vie quotidienne : le travail, la vie familiale, les loisirs.
Comment, dans le temps quotidien, perd-on la sensation d'avoir le contrôle de nos vies ? Sortant du cadre marxiste de l'aliénation au travail pour l'étendre à d'autres temps, Lefebvre propose de vivre la pensée dialectique partout, dans l'expérience vécue de l'inégalité (les étudiants traversant des bidonvilles pour aller à l'université, le sacrifice nécessaire à l'achat d'une télévision pour les familles pauvres dans les années 1950...). Il fait ainsi de la vie quotidienne un tremplin de changement social à grande échelle. -
Le philosophe Adorno et le compositeur Eisler essaient ici d'apporter une contribution au problème bien particulier de l'industrie de la culture, à savoir aux rapports qu'entretiennent, avec toutes leurs virtualités et contradictions techniques et sociales, le cinéma et la musique.
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Désapprendre ; voies de la pensée chez Hannah Arendt
Marie-Luise Knott
- L'Arche
- 21 Août 2018
- 9782851819376
Désapprendre. Ce mot pourrait à lui seul résumer les voies de la pensée d'Hannah Arendt : face au choc que constitua l'expérience du national-socialisme et les interrogations qu'elle souleva quant à la nature humaine, il s'agissait bien de prendre ses distances avec le connu, avec les impasses que purent constituer les conceptions traditionnelles du monde qui menèrent ce dernier à la terreur et la catastrophe. Marie Luise Knott découpe son essai en quatre parties distinctes entretenant les unes avec des autres des rapports intimes : Rire, Traduire, Pardonner, Dramatiser.
Le présent ouvrage répond à une double vocation. D'une part, il constitue un excellent commentaire à la pensée d'Hannah Arendt en explorant divers pans de sa pensée qui s'entre-répondent : de ses propos sur la banalité du mal à la suite du procès Eichmann de 1961 à la traduction de la Bible par Moses Mendelssohn, en passant par sa critique de la conception chrétienne du pardon, Désapprendre est une célébration de la liberté humaine, de cette liberté que tout homme doit endosser en assumant sa responsabilité morale et tout ce qui fait de lui, à proprement parler, une personne. Il est aussi un éloge de l'exilé, de ses prouesses accomplies dans son travail d'adaptation et d'assimilation d'une langue, d'une culture et d'une politique. Plus que jamais actuelle, cette réflexion invitant à l'action, à la compréhension du monde et à l'ouverture du langage, se construit comme une résistance face à la menace constante du totalitarisme et face à tout ce qui pourrait constituer, à sa manière, une déclaration de guerre à l'espèce humaine.
D'autre part, Désapprendre se construit comme une fresque historique, rappelant les principaux événements qui secouèrent des nations entières durant l'après-guerre et qui abreuvèrent une réflexion collective : non seulement celle d'Arendt, mais également celle de toute une communauté de penseurs et d'artistes qui s'inscrivirent dans cette dynamique, constamment renouvelée, d'une lutte pour une coopération totale entre les hommes.