Le Bord de l'eau
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L'espace public sous emprise du capital : De la presse bourgeoise aux géants de la Silicon Valley
Nikolaos Smyrnaios
- Le Bord de l'eau
- Documents Bord De L'Eau
- 21 Novembre 2025
- 9782385191832
Des Lumières aux plateformes numériques, ce livre dissèque les tensions et contradictions qui traversent l'espace public, entre idéal démocratique et rapports de pouvoirs réels. Croisant les pensées de Kant, Marx, Gramsci, Habermas, Bourdieu ou Fraser, il interroge les mutations de la communication sous l'emprise du capitalisme et des nouvelles élites numériques. Marchandisation de l'information, plateformisation du journalisme, algorithmes prescripteurs, fragmentation des publics : autant de phénomènes qui recomposent les formes du débat public et redessinent les frontières du politique. À l'heure où la crise démocratique s'accentue et où les idéologies d'extrême droite prospèrent, cet ouvrage fournit les clés pour comprendre les dynamiques qui façonnent notre espace public et envisager ses futurs possibles. Une lecture essentielle pour penser la communication comme un enjeu de pouvoir et un terrain de lutte.
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Rares sont les personnes aujourd'hui à ne pas être touchées par l'urgence, aussi bien dans leur vie professionnelle que privée. Le manque de temps, la nécessité de se presser, sont devenus le lot quotidien de notre modernité hyperactive. Nous vivons le temps de l'urgence, au double sens d'une époque dominée par ce phénomène envahissant, et d'une forme de temps spécifique imprégnée par des normes sociales de rentabilité à court terme. Ce climat d'urgence est renforcé par l'urgence climatique, que nul ne peut désormais ignorer. S'appuyant sur des sources diverses - des philosophes (Marx, Heidegger et Foucault), des sociologues (Nicole Aubert et Hartmut Rosa), ou encore des témoignages de salariés, etc. -, ce livre s'attache à décrire l'extension de l'urgence dans les différents domaines de la société et à instruire certaines des questions qu'elle soulève : quelles sont ses conséquences, en particulier sur le rapport des individus au temps ? Quelles sont ses multiples causes ? Dans quelle mesure faut-il compter, parmi celles-ci, les nouvelles technologies de l'information et de la communication, qui semblent accélérer notre rythme de vie ? Comment faire le départ entre les « vraies » et les « fausses » urgences, les « bonnes » et les « mauvaises » ? Au nom de quelles valeurs ? Cet ouvrage n'est pas seulement un diagnostic, il se veut également une réflexion sur les remèdes à apporter : il propose des pistes juridiques et politiques qui supposent une analyse critique du capitalisme et de la course à la productivité qui le caractérise ; il invite enfin à distinguer l'urgence de la vitesse ou de l'accélération, en soutenant que le contrepoint de l'urgence n'est pas la lenteur, mais le loisir compris comme un libre usage du temps dans son contenu et dans son rythme.
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À côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité
Geneviève Fraisse
- Le Bord de l'eau
- Diagnostics
- 16 Novembre 2010
- 9782356870933
Eros et libido, sexe et genre : Les mots se succèdent depuis un peu plus d'un siècle pour dire la dualité et le rapport entre hommes et femmes.
Si l'on cherche l'objet philosophique, on trouve l'expression " différence des sexes ", " Geschlechterdifferenz " sous la plume hegelienne. Quant au genre, ce mot fait le pari de brouiller les pistes des représentations contraintes qui assignent chaque sexe à sa place. Et si, toute terminologie confondue, on s'en tenait à ce que la " différence des sexes " est une catégorie vide ? Alors, on se situerait " à côté du genre ", à côté des affaires de définition et d'identité, pour établir le repérage des lieux où sont pensés les sexes, dans leur tension, leur décalage, leur disparité au regard du contemporain démocratique.
Au fond, la démarche est inversée : il ne s'agit pas de voir ce qu'il en est du sexe et du genre, mais de dire ce qui surgit dans la pensée quand égalité et liberté révèlent des enjeux sexués dans la politique et la création, l'économique et le corps, la pensée et l'agir.
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A l'école althussérienne : Aperçus d'une (non) philosophie de l'éducation
Xavier Riondet
- Le Bord de l'eau
- 6 Juin 2025
- 9782385191429
Lorsque Althusser et certains de ses anciens élèves, après avoir entrepris de relire Marx, observent la force de la colère sociale qui s'exprime à la fin des années 1960, ils décident de s'intéresser à une question qu'ils ne peuvent plus éviter : l'éducation. Il s'agit alors, pour Althusser et ses collaborateurs, dont notamment Etienne Balibar, Pierre Macherey, Christian Baudelot, Michel Tort et Roger Establet, de réfléchir, en marxiste et parfois en philosophe, à ces questions tout en produisant une analyse de la situation, avant peut-être de rencontrer les forces vives mobilisées dans le champ éducatif et scolaire. Au bout de quelques mois, ce projet collectif imprévu donne lieu à plusieurs productions stimulantes avant que les protagonistes de cette histoire ne suivent chacun leur propre itinéraire intellectuel et académique, sonnant le glas de cette aventure consacrée à la critique spécifique de l'École en tant qu'Appareil Idéologique d'État. Cette expérience de pensée qui s'est donnée à voir comme une non philosophie de l'éducation constitue aujourd'hui l'obscur de la philosophie de l'éducation contemporaine. Cet ouvrage revient sur l'atelier virtuel dans lequel cette forme de pensée s'est construite, mais il aborde également les obstacles rencontrés et les défis auxquels elle a dû faire face pour produire une nouvelle forme de connaissance des faits éducatifs et concevoir une autre forme d'intervention philosophique. Si cette étude montre les limites de l'entreprise en jeu dans cette aventure, elle revient également sur sa profonde singularité.
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La pensée et la vie : (Auto)biographie, philosophie et sciences sociales
Manuel Cervera-Marzal, Nicolas Poirier
- Le Bord de l'eau
- L'Atelier Du Chercheur
- 5 Mars 2025
- 9782385191023
La célèbre phrase prononcée par Heidegger lors du début d'un cours sur Aristote (« Nous allons commencer par la vie d'Aristote : il naquit, travailla et mourut. Passons maintenant à ce qui importe, sa pensée ») résume assez bien la position des philosophes sur la question des rapports entre la vie et la pensée. Quant aux Confessions de Rousseau, comme aux autobiographies de Sartre et Beauvoir, on les cantonne au genre littéraire, qu'on distingue fermement du versant philosophique de leurs Å'uvres. De leur côté, sociologues et historiens s'aventurent volontiers sur le terrain de la réflexivité. Est-ce en raison de l'abstraction et de la conceptualité qui est la sienne que la philosophie n'est pas portée sur ce genre de réflexion et d'écriture ? Les sciences sociales, en vertu du matériau empirique sur lequel elles se fondent, auraient-elles plus de facilité à revenir sur le terrain de la vie ? Il convient de poser de manière radicale le problème des rapports entre une Å'uvre et son auteur : nos objets d'étude n'ont-ils pas toujours un lien avec nos histoires de vie ? Dès lors, que fait-on de ce lien ? Doit-on le traiter comme un objet embarrassant, quitte à le refouler ? Ou essaie-t-on de l'assumer, en exerçant un acte de réflexivité qui nous mette véritablement aux prises avec ce que nous sommes ? Afin de traiter ces questions, cet ouvrage collectif les contributions de Blaise Bachofen, Ludivine Bantigny, Manuel Cervera-Marzal, Adélaïde Fins, Isabelle Garo, Ivan Jablonka, Martine Leibovici, Yann Moulier Boutang, Claire Pagès, Irène Pereira, Nicolas Poirier et Jérôme Segal.
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De la discrétion : être ou ne pas être socialement visible
Philippe Merlier
- Le Bord de l'eau
- Clair & Net
- 19 Janvier 2024
- 9782385190071
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente : elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie.
La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens ?
La philosophie sociale est souvent soucieuse de penser les pathologies sociales et l'invisibilité subie ; le phénomène de la discrétion est ici conçu comme une socialisation par disparition (plus précisément: par désapparaître), comme condition nécessaire à toute vie sociale décente. L'ouvrage décrit la discrétion comme phénomène social, avec sa dimension paradoxale de présence et d'absence, de socialisation par le retrait, d'apparition par disparition. La discrétion suppose une forme de lutte pour la reconnaissance et caractérise les devenirs-minoritaires (I). L'invisibilisation sociale est cause de souffrance quand elle est subie, mais peut aussi être un mode de reconnaissance lorsqu'elle est choisie : elle joue alors un rôle stratégique de comportement dans toutes les classes sociales. À partir d'une lecture de Axel Honneth, le propos démontre que la discrétion, paradoxalement, est une forme de lutte pour la reconnaissance (II). Dans tous les cas, la discrétion est surtout une condition nécessaire de la vie démocratique : par sa discontinuité spatiale et temporelle, elle relève du discernement, de la prudence et de la réserve nécessaires à la vie en société. C'est ainsi que le principe de laïcité repose sur la discrétion, par la discontinuité entre le spirituel et le politique, et la discontinuité de la présence du citoyen dans l'espace et le temps de la vie publique (III).
Mais la discrétion comme ciment de la socialité ne doit pas être confondue avec le secret et la dissimulation, auxquels elle s'oppose (IV). La nouvelle phénoménologie sociale de la discrétion esquissée ici conduit alors à une éthique de la vie sociale décente, qui reconnaît la fragilité de l'humain et relève de l'humanisme critique(V). -
Revue du M.A.U.S.S. Tome 65 : Du 'tournant ontologique' (Descola, Latour, Viveiros de Castro) : Hommage à Philippe Chanial (1967-2024)
Collectif
- Le Bord de l'eau
- Revue Du M.A.U.S.S.
- 6 Juin 2025
- 9782385191528
Depuis deux ou trois décennies, un puissant courant de pensée (dont les trois auteurs phares sont Philippe Descola, Bruno Latour et Eduardo Viveiros de Castro) s'est fait jour en anthropologie, mais aussi en sociologie ou en philosophie, sous le nom de « tournant ontologique », défendu originellement par l'anthropologue brésilien Viveiros de Castro. Il jette un regard critique sur le développement, sur la pensée occidentale moderne et ses catégories ethno et écocidaires. Nombre d'écologistes y voient un soutien bienvenu à leur cause.
En amont des nombreuses différences qui séparent les auteurs regroupés sous cette bannière (parfois plus ou moins contre leur gré), il est possible d'identifier quatre thèses cardinales : 1. La nature n'existe pas ; 2. Il est impossible d'identifier un réel objectif que les différentes cultures se borneraient à appréhender en extériorité, chacune à sa façon ; 3. L'universalisation des combats à mener suppose de faire plein droit à cette universelle variété des cultures et des sociétés ; 4. Seule une posture animiste permettra de sauver le vivant. Ces thèses sont-elles tenables ? Dans quelle mesure ? Telle est la discussion menée ici.
Mais il y a une autre discussion à mener : que va devenir La Revue du MAUSS après la mort subite (début décembre 2024) de son directeur Philippe Chanial ? Elle nous a plongés dans la désolation. Chacun avait pu apprécier le brio avec lequel Philippe avait pris le relais d'Alain Caillé. Ce numéro lui rend hommage et s'interroge sur notre avenir. -
Plaidoyer pour un autre bonheur
Robert Misrahi
- Le Bord de l'eau
- Clair & Net
- 14 Juin 2019
- 9782356876522
S'appuyant sur une doctrine du sujet libre à deux niveaux, il reconnaît la légitimité d'un bonheur-confort mais en souligne, lui aussi, les insuffisances et les fragilités.
Il propose alors sa propre doctrine d'un bonheur totalement différent. Elle repose sur un premier acte de conversion réflexive et, confiant dans les capacités de l'être humain, il décrit un tout-autre bonheur.
Constitué par l'autonomie, la réciprocité et la jouissance charnelle et spirituelle. Cette doctrine à la fois rationnelle et existentielle débouche sur une visée politique, celle d'une démocratie heureuse.
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Revue du M.A.U.S.S. n.66 : Y mettre les formes
Collectif
- Le Bord de l'eau
- Revue Du M.A.U.S.S.
- 21 Novembre 2025
- 9782385192136
Ce que nous percevons, ce sont d'abord des formes, qui donnent leurs contours au réel, à nos manières d'être et à nos relations aux autres. Ainsi, aucune action, même celle qui se joue en coulisses, ne peut se déployer sans mobiliser des formes de toutes sortes : morales, juridiques, politiques, esthétiques, etc. Mais si elles organisent et instituent les relations sociales, elles sont souvent suspectées de masquer les véritables forces sociales à l'Å?uvre : pulsions, intérêts ou instincts de domination. Ainsi en va-t-il des formes de civilité, qui seraient vouées à cacher mais aussi à sanctionner la violence des rapports sociaux. Le rôle du savant - et d'abord du sociologue - serait alors de percer ce voile, de révéler la vérité du social derrière les formes qui le recouvrent. Une telle conception des choses doit impérativement être interrogée. Et c'est pourquoi ce numéro de la Revue du Mauss invite à prendre au sérieux les formes, en reconnaissant les tensions, les transformations, les appariements et les marges de manÅ?uvre qu'elles impliquent. En effet, aucune d'entre elles n'est réductible à un code figé, imposé de l'extérieur. En fait, il ne peut pas exister de rapports sociaux informels, pas plus que de démocratie réelle expurgée de la « démocratie formelle ». Et il y a tout lieu de craindre que le rejet croissant des formalités, des règles de décence et de respect, ne conduise à une explosion de la violence. L'actualité nous le rappelle cruellement. Ce nouveau numéro de la Revue du Mauss propose de réhabiliter une intelligence des formes : ni révérence aveugle, ni rejet systématique, mais attention soutenue aux manières dont elles font tenir - ou vaciller - le tissu du social. Dossier avec les contributions de: Émilie Bovet, Barbara Carnevali, Fabrice Clément, Barbara Formis, Nina Gayet, Carole Gayet-Viaud, Philippe Gonzalez, Angelika Güsewell, Romain Huët, Laurence Kaufmann, Marine Kneubühler, Victor Louzon, Hélène Merlin, Sylvain Pasquier, Luca Pattaroni, Deborah Puccio-Den, Victor Stoichita, Irène Théry, Isabelle Thireau, Frédéric Vandenberghe, Charlotte Vorms. Et en varia : François Bordes, Richard Bucaille, Stéphane Breton, Alain Caillé, Daniel Cefaï, Philippe Chanial, Jacques Dewitte, Dominique Jacques-Jouvenot, Serge Latouche, Fabien Robertson, Jean-Michel Servet
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Ma philosophie ; cohérence d'un sens
Robert Misrahi
- Le Bord de l'eau
- Nouveaux Classiques
- 23 Mai 2018
- 9782356875808
Toutes les clés pour comprendre l'oeuvre de Robert Misrahi
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Le corps de l'écrivain ou de l'artiste est réputé ne pas entretenir de rapports « essentiels » avec son ÅÂÂ'uvre. C'est plutôt dans ses échanges épistolaires qu'il expose sa corporéité, en évoquant son état de santé, ses affects ou les effets de son travail sur son corps. Les caractéristiques matérielles (type de papier, calligraphie, etc.) ou digitales de ces correspondances révèlent des traits tout sauf anodins de ce corps et de ses modes d'expression. Tout cela est à l'ordre du jour dans une première partie des études réunies dans le présent livre, où se croisent des corps d'écrivains tels que Joë Bousquet, Georges Perros, Albert Camus ou Anise Koltz, et des corps d'artistes comme Maria Casarès, Chen Zhen ou Antoine d'Agata. À y regarder de près, on s'aperçoit que ces données apparemment accessoires éclairent bel et bien les ÅÂÂ'uvres - et pour cause : celles-ci sont autant de traces du même corps qui, certes, est à l'ÅÂÂ'uvre dans des situations sociodiscursives différentes. L'autre partie du volume prend le mot « correspondances » dans un sens plus statistique : elle se penche sur les corrélations entre les caractéristiques sociales des corps d'une population d'écrivains et le lexique corporel de leurs textes. Ainsi ce livre bat en brèche par deux fois la dichotomie entre le texte et le contexte, liée à la séparation entre l'ÅÂÂ'uvre « spirituelle » et le corps « matériel » dont l'ÅÂÂ'uvre est pourtant issue. Il contribue de la sorte à une déconstruction en plein essor, celle du dualisme persistant corps-esprit dans bon nombre d'études en lettres et en arts. Il le fait en s'intéressant, pour la première fois, au corps de l'écrivain ou de l'artiste tel que le dévoilent ses correspondances - épistolaires ou structurales - avec ceux et celles dont il se nourrit.
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Au début est la confiance
Mark Hunyadi
- Le Bord de l'eau
- La Pensée Élargie
- 20 Novembre 2020
- 9782356877406
FAIRE CONFIANCE, ON FAIT CELA TOUS LES JOURS.
PAS UNE INTERACTION SOCIALE NE POURRAIT AVOIR LIEU SANS UN MINIMUM DE CONFIANCE. Pendant l'épidémie de coronavirus qui gagna notre planète au printemps 2020, aucun concept philosophique ne fut davantage mobilisé : confi ance dans les institutions, dans le gouvernement, dans le personnel sanitaire, dans les experts virologues et... les uns envers les autres. Tout se passait comme si le virus avait mis à nu le lien invisible qui tenait notre monde ensemble.
Et c'est justement une chose qui intrigue : qu'elle soit si omniprésente dans nos interactions sociales, et que les théoriciens de la société se soient si peu attachés à la défi nir. Élaborer une théorie unifi ée de la confi ance est pourtant loin d'être un exercice purement académique : il en va de la réalité humaine elle-même. Car la confi ance est non seulement la force de liaison élémentaire qui nous lie les uns aux autres, mais le coeur de notre rapport au monde en général : au début est la confi ance.
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Le corps à l'oeuvre Tome 2 : l'épreuve spectatorielle
Bruno Trentini
- Le Bord de l'eau
- Documents Bord De L'Eau
- 18 Octobre 2024
- 9782385190248
Le constat à l'origine de cet ouvrage est que le corps spectatoriel reste encore un impensé de l'esthétique philosophique. Cela peut notamment s'expliquer en ce que les paradigmes du chef-d'oeuvre, du désintéressement et de l'harmonieuse fluence de l'expérience esthétique ne favorisent pas une théorisation frontale du corps. Une des hypothèses à l'origine du projet global dans lequel s'inscrit cet ouvrage est justement que le désintéressement ou le retrait n'est pas tant une non-implication du corps et des sens qu'un processus actif de mise à distance du corps. Ainsi, et afin de sortir du terrain relativement biaisé de l'harmonie, le présent ouvrage propose d'analyser la manière dont le corps spectatoriel peut être mis à l'épreuve. S'il est vrai que les pratiques artistiques, notamment contemporaines, mettent à disposition un vaste panel de dispositif éprouvant, il n'est pas nécessairement attendu des textes portant sur les expériences esthétiques en situation artistique. L'horizon de l'ouvrage est avant tout de cartographier les manières d'être à l'épreuve en s'inspirant d'une des dimensions du sublime tel qu'il a été théorisé au XVIIIe siècle : le sublime, notamment dans l'approche kantienne, se caractérise par un dépassement d'un déplaisir qui est pourtant nécessaire pour faire advenir un plaisir. S'il est vrai que le sublime de Burke, avec l'importance qu'il donne à la physiologie, pourrait sembler plus pertinent pour un ouvrage sur le corps, l'approche kantienne ouvre quant à elle la voie à une esthétique de l'épreuve : refusant le delight de Burke, refusant donc l'idée selon laquelle l'abaissement d'une souffrance suffirait à expliquer une relation esthétique, il permet de penser avec diversité les modalités d'une esthétique de l'épreuve.
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L'étonnant pouvoir interieur ; contribution à une philosophie de l'action
Robert Misrahi
- Le Bord de l'eau
- Nouveaux Classiques
- 20 Août 2020
- 9782356877161
Ce livre aborde l'expérience de la solitude. Non pas cette espèce de solitude qu'est l'isolement médiatique dû à la faible diffusion, à la modeste réception d'une oeuvre faite de nombreux livres. La « notoriété », simple valeur honorifique, ne saurait être par elle-même une valeur digne d'intérêt puisqu'elle ne concerne que des individus considérés seulement dans leur « amour propre », cette libre attitude si détestable, si égocentrique et donc si peu apte à fonder quelque éthique que ce soit.
La solitude à laquelle je songe est ce sentiment d'isolement et de séparation qui peut survenir en chacun à l'occasion d'une épreuve douloureuse qui ne pourrait être partagée, ou d'une situation sociale de crise ou de conflit, ou bien encore de heurt des « identités ».
Cette solitude, que j'ai parfois vécue (comme beaucoup d'autres) avec une grande intensité, était « sociale », mais comportait des strates implicites de nature affective : solitude dans les relations sociales, face, par exemple, à l'indifférence profonde de mes contemporains à l'égard d'événements dramatiques survenus en des régions lointaines et me concernant au plus profond de moi-même ; solitude parfois aggravée et soulignée par une séparation affective, une divergence existentielle au coeur même de la relation. Cette double solitude a motivé en moi un redoublement, une focalisation particulière de la conscience de moi-même. J'en vins à me demander quels moyens étaient à ma disposition pour surmonter cette « crise » de la relation.
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Nuremberg, les droits de l'homme, le cosmopolitisme ; pour une philosophie du droit international
Valery Pratt
- Le Bord de l'eau
- 23 Mai 2018
- 9782356874009
Ce livre propose d'articuler la philosophie contemporaine aux problèmes de la société mondiale pour penser de nouveaux concepts et renouveler l'idée du droit international.
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La déraison sanitaire : le covid-19 et le culte de la vie par-dessus tout
Alexandra Laignel-Lavastine
- Le Bord de l'eau
- Documents Bord De L'Eau
- 6 Novembre 2020
- 9782356877468
AVEC LE COVID-19, UNE AUTRE ÉPREUVE, PHILOSOPHIQUE CELLE-LÀ, NOUS ATTEND. EN EFFET, QU'ALLONS-NOUS RÉPONDRE À NOS ENFANTS QUI NOUS DEMANDERONT DES COMPTES ET, QUI SAIT, NOUS REPROCHERONT NOS NIAISERIES SENTIMENTALES ? Leur expliquer que nous étions partis en croisade contre la fi nitude car nous ne supportions plus la mort, quitte, dans notre désinvolture, à sacrifi er une génération et à briser un monde que nous n'étions pas sûrs de pouvoir réparer ?
Dans cet essai magistral, écrit en mai 2020 et placé sous les auspices de Havel, Patocka et Arendt, la philosophe, revient sur l'étrangeté de notre réponse au Covid-19 à la lumière de cette question de portée civilisationnelle, mais jamais posée :
Que risquons-nous à ramener l'homme à la vie et à ériger celle-ci en valeur suprême ?
Le grand Confi nement nous semblait de bon sens ? Nos héritiers y verront sans doute une mesure moyenâgeuse, pour une folle plongée collective dans l'inconnu, un Apocalypse tomorrow populiste garanti, pour ne rien dire de son bilan churchillien. Car non seulement confi ner et punir ne nous aura pas protégés de l'épidémie, mais cette décision extrême aura précipité le pays dans une crise plus profonde que partout ailleurs.
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Le grand désir ; éléments pour une éthique et une politique de l'accomplissement
Robert Misrahi
- Le Bord de l'eau
- Nouveaux Classiques
- 12 Septembre 2016
- 9782356874771
Tous les sujets recherchent le « bonheur », qui est l'accomplissement de soi.
Face à ce que l'on appelle « la crise » l'auteur propose un bouleversement total, une conversion des habitudes de pensée et des manières d'agir. Le désir de « bonheur » est la quête de tous.
En creusant l'essence de la crise, il met en évidence en chacun l'existence d'un grand Désir, animant tous les désirs empiriques.
Pour dépasser la crise, l'auteur propose d'abord, schématiquement, une doctrine unitaire dépassant le clivage de l'éthique et de la politique. La Visée est alors défi nie comme l'accès à un Préférable (l'amour, le bonheur), c'est-à-dire une vie choisie, à la fois dense et dynamique, fondée sur les principes de l'autonomie, de la réciprocité et de la jouissance.
Ce but ne saurait être atteint sans que, au préalable, n'aient été remplies deux conditions incontournables : une théorie neuve du sujet (avec une liberté à deux niveaux) et une critique du déterminisme social.
Cette action ne peut être réellement effi cace que si elle concerne d'abord l'éducation, source de toute société et de toute vie personnelle. L'auteur décrit les principes et l'esprit d'une éducation accordée à la visée eudémoniste. Et il souligne ses rapports à la philosophie. Mais l'éducation ne peut être effi cace sur le long terme que par l'action de médiateurs actifs, Partis, syndicats, associations, medias, édition, tous ayant renouvelé leur esprit.
Ce qui est proposé n'est pas une utopie mais la prise conscience de la réalité intégrale des sujets humains comme Désir profond et comme liberté à deux niveaux.
Chacun est responsable du pire et du meilleur. Mais seuls des sujets éclairés peuvent remplacer une démocratie souff rante et un personnel politique hésitant par une démocratie heureuse et un personnel politique motivé.
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Profession : philosophe, vocation : écrivain
Nicolas Poirier
- Le Bord de l'eau
- L'atelier Du Chercheur
- 21 Octobre 2022
- 9782356878885
Ce livre est un essai d'autobiographie intellectuelle et existentielle. Il cherche à saisir comment les thèmes d'un travail philosophique sont nés de motifs apparus durant l'enfance et l'adolescence de l'auteur.
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Qu'est-ce que le réel ?
Jean-Marc Ferry
- Le Bord de l'eau
- Liberté D'Allure
- 11 Septembre 2019
- 9782356876638
- La croyance en un fondement réel de nos mythes - La croyance en la réalité d'êtres spirituels, éthérés - La croyance en une Vie après la vie - La croyance en la réincarnation - La croyance en l'existence de divers plans de réalité - La croyance dans l'autosubsistance de la conscience - La croyance dans une vocation des êtres humains à la paix - La croyance en l'existence de visiteurs extraterrestres - La croyance aux civilisations antédiluviennes avancées Avec Internet, ces croyances s'agglutinent en un imaginaire, un « pays des merveilles » qui entre parfois en résonance avec certaines embardées de la vulgarisation scientifi que.
Le phénomène mérite d'être pris au sérieux. Il est permis d'y voir un appel à élargir notre conception de ce qui est réel ou irréel, possible ou impossible. La question métaphysique par excellence se maintient :
Qu'est-ce que le réel ?
L'auteur pose la question de l'impact de ces « embardées » scientifi ques et discute les conséquences en ce qui concerne une éventuelle reconfi guration de nos rapports au monde.
Tout en engageant des « discussions » parfois serrées avec des philosophes, en particulier ceux de l'idéalisme allemand et de sa postérité, l'ouvrage reste en prise sur l'actualité sociale, idéologique et politique, sans renoncer à esquisser les linéaments d'une théorie critique de la société, singulièrement dans l'Union européenne.
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Trois pères : Jabes, Derrida, Du Bouchet
Didier Cahen
- Le Bord de l'eau
- Documents Bord De L'eau
- 21 Août 2019
- 9782356876584
Le parcours initiatique d'un jeune écrivain à travers les relations tissées avec Jabès, Derrida, du Bouchet, dans les années 70 et au-delà... en insistant sur la rencontre et sur la fi liation.
Né en 1950 dans une famille juive dite « assimilée », fanatique de rock, l'auteur découvre par hasard les grands critiques d'alors alors qu'il se destinait à un travail de journaliste musical.
La lecture de Derrida l'ouvre à un monde insoupçonné : à la jointure de la pensée et du judaïsme. Derrida lui fait découvrir Jabès, la poésie et le Livre.
« Je les ai très vite rencontrés et aimés ; la part de l'aventure humaine est indissociable du chemin d'écriture qui a alors commencé ».
Il rencontre André du Bouchet à l'occasion de l'enregistrement du Bon plaisir pour France Culture où il travaille comme producteur. L'oeuvre de du Bouchet devient une source de réfl exion inépuisable sur la poésie.
Il s'agit donc de trois portraits de « pères spirituels », trois grandes fi gures, poètes, penseurs et juifs à des degrés divers. Visages contre visages, se dessinera le portrait de l'un, et dans les creux l'autoportrait (à peine) imaginaire des autres, de l'Autre...
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D'autres visages du don, étonnants regards internationaux
Collectif
- Le Bord de l'eau
- La Bibliotheque Du Mauss
- 14 Juin 2024
- 9782385190446
La première source d'inspiration de La Revue du MAUSS depuis son origine (en 1981-82) est le célèbre Essai sur le don (1925) de Marcel Mauss (l'héritier intellectuel de Durkheim), qui montrait en rassemblant tout le matériau ethnographique de son temps comment les sociétés premières ne reposaient pas sur le marché, le troc, le contrat ou le donnant-donnant mais sur ce que Mauss a appelé «la triple obligation de donner, recevoir et rendre».
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Spinoza, né en 1632 et mort en 1677, n'a jamais été aussi vivant.
Adulé par les uns, dénigré ou travesti par les autres, il reste mal connu. Pour le connaître mieux vaut l'aimer et pour cela devenir familier - sans chercher à le posséder. Considérer Spinoza comme un ami c'est converser avec lui, par exemple dans son atelier d'opticien. Atelier que nous imaginons devenir un café philosophique, où nous écoutons ses leçons, lui demandons son avis sur d'autres savants, passés ou futurs, sans souci d'anachronisme. Il y côtoie Épicure, Darwin, Nietzsche, Freud, Lévinas, quelques biologistes (Uexküll, Goldstein, Gould, Atlan). Il pense souvent à Descartes et à Hobbes. Il n'oublie pas, même s'il les rejette, les rabbins qui lui ont appris à lire et à écrire.
Ce livre, composé de douze épisodes, qui peuvent être lus chacun pour soi, a été conçu - et en bonne partie « testé » en groupe - pour aider le lecteur à entrer dans le cercle des amis de Spinoza.
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Croisements critiques : l'actualité de l'école de Francfort
Katia Genel, Niklas Plaetzer
- Le Bord de l'eau
- Documents Bord De L'Eau
- 20 Janvier 2023
- 9782356879103
On a souvent confronté la tradition critique issue de l'École de Francfort (incarnée notamment par Habermas) et la pensée critique de Foucault, autour de la problématique de la modernité et de la rationalité. Ce volume prend un autre chemin pour proposer des croisements entre les « pensées critiques ». Il met en dialogue l'École de Francfort, entendue dans la pluralité de ses courants, depuis le projet d'Adorno et Horkheimer jusqu'à son renouvellement par Habermas et Honneth, avec d'autres pensées qui ont émergé en France, issue de Foucault et d'Althusser, du poststructuralisme et de la déconstruction, mais aussi des penseurs défendant un « retour au politique » (Lefort, Castoriadis et Rancière). Il rend compte de la recherche en train de se faire sur la pensée critique, par des chercheuses et chercheurs de renoms (Oliver Marchart, Harmut Rosa, Axel Honneth, Daniel Loick et Eva von Redecker) mais aussi par de jeunes chercheurs développant des problématiques nouvelles.
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Le réalisme critique ; une ontologie pour la sociologie
Katia Genel, Jean-Baptiste Vuillerod, Lucie Wezel
- Le Bord de l'eau
- La Bibliothèque Du Mauss
- 21 Août 2019
- 9782356876461
À quel modèle de scientificité les sciences humaines et sociales doivent-elles donc se rapporter ? Passées les références enflammées de jadis à Bachelard et à la rupture épistémologique, au positivisme logique ou empirique, à la réfutabilité de Popper, etc., la question semble presque oubliée, au profit de considérations méthodologiques à petite ou moyenne portée. Elle est pourtant toujours bien là, irrésolue.