Le Cercle Hermeneutique
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Foucault avant Foucault : Phénoménologie, anthropologie et analyse existentielle
Elisabetta Basso, Philippe Cabetan
- Le Cercle Hermeneutique
- Pheno
- 31 Octobre 2024
- 9782917957547
On connaît depuis longtemps l'intérêt de Michel Foucault pour la psychopathologie existentielle et notamment pour l'oeuvre du psychiatre suisse Ludwig Binswanger (1881-1966), fondateur de la Daseinsanalyse. En revanche, on ne connaissait pas, en dehors du cercle étroit des spécialistes, jusqu'à l'existence des trois volumineux manuscrits, soigneusement rédigés, qui ont fait récemment l'objet d'une publication posthume. Il s'agit, publiés en 2021, du projet de thèse intitulé : Phénoménologie et psychologie et de l'ouvrage sur Binswanger et l'analyse existentielle, puis, l'année suivante, du cours auquel on a donné comme intitulé : La Question anthropologique. Ces trois manuscrits témoignent, s'il en était besoin, de l'étonnante capacité de travail de leur auteur qui, après avoir obtenu des diplômes de philosophie et psychologie, en 1951, sort tout juste de l'agrégation de philosophie, mais aussi de l'importance de la phénoménologie dans sa formation philosophique. C'est essentiellement à la lecture et à l'étude de ces textes que sont consacrés les différents articles rassemblés dans ce volume qui fait suite à une journée d'étude, organisée par l'École française de Daseinsanalyse, à l'ENS de la rue d'Ulm, le samedi 14 mai 2022.
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Si l'appartenance au monde est devenue pour nous une question, ce n'est pas seulement parce qu'elle a été rigoureusement posée avec la naissance de la phénoménologie et la découverte de l'intentionnalité, c'est aussi en vertu de la réalité dont nous avons aujourd'hui à faire l'épreuve. Entre sentiment d'exil (celui de ne pas pouvoir s'intégrer au monde) et sentiment de captivité (celui de ne pas pouvoir échapper à notre environnement), l'appartenance au monde est l'expérience d'une crise, paradoxalement durable et grandissante, qui n'a pas seulement le visage d'une catastrophe écologique, mais également celui d'un ébranlement de toutes les fondations anthropologiques. Aussi la question n'est-elle pas seulement celle, ontologique, du rapport entre un sujet qui serait tout à la fois condition de l'apparaître du monde et partie intégrante du tout, mais également celle plus spécifique et diversifiée de notre situation empiriquement déterminée. Par conséquent, conformément à la percée d'un ensemble d'interrogations, aussi bien en direction de notre condition socio-historique et genrée qu'en direction des différentes humanités et des variations évolutives, en vertu d'une interrogation qui touche aussi bien aux relations éthiques de l'homme avec le reste du monde (humain et non-humain) qu'aux relations avec celui qui, dans la folie, est privé de monde, il s'agit de mettre en question les concepts philosophiques. En interrogeant leurs limites et leurs capacités à dire notre habitation incarnée du monde, c'est tout autant l'éco-poétique et l'éco-phénoménologie, les pensées d'inspiration marxiste et féministe que la psychiatrie phénoménologique, l'éthique environnementale et humaniste ou encore la philosophie de la préhistoire qui entreront ici en dialogue avec la phénoménologie pour essayer de penser ce qu'appartenir au monde veut dire.
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Lectures d'être et temps de Martin Heidegger ; quatre-vingts ans après
Biemel/Cabestan
- Le Cercle Hermeneutique
- 29 Janvier 2008
- 9782952384773
Les textes ici réunis sont pour la plupart d'entre eux issus d'une journée consacrée à Être et temps de M. Heidegger. Cette journée fut organisée par l'École Française de Daseinsanalyse, le 18 juin 2007, pour célébrer le quatre-vingtième anniversaire de la publication d'un livre dont on peut dire qu'il a marqué son siècle de la même manière que la Critique de la raison pure l'avait fait pour le dix-huitième et la Phénoménologie de l'esprit pour le dix-neuvième siècle, et qui constitue la source d'inspiration fondamentale de ces maîtres de la Daseinsanalyse médicale que furent Ludwig Binswanger et Medard Boss. Comme on le sait, il s'agit pourtant d'un ouvrage inachevé - puisque ce qui en est seul publié, ce sont les deux premières sections de la première partie, qui devait, comme d'ailleurs la seconde, en comprendre trois - qui s'en tient à l'analyse du Dasein, à laquelle Heidegger procède en vue de la question du rapport que l'être « en général » entretient avec le temps. C'est donc, dans un premier temps, sur les questions de la composition, de la genèse, de l'inachèvement et de la postérité de l'ouvrage, puis dans un deuxième temps, sur la lecture qui a été faite, en particulier dans l'horizon de la psychopathologie, des motifs centraux de l'analyse existentiale, que portent, dans leur diversité de ton et de style, les contributions qui suivent.
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Le cercle herméneutique n.38-39 : l'intime, la pudeur et le sacré : anthropologie et psychopathologie phénoménologique
Collectif
- Le Cercle Hermeneutique
- Le Cercle Hermeneutique
- 24 Novembre 2022
- 3412036300103
L'intime est une question négligée dans les sciences humaines. A peine est-il différencié du privé, de l'intériorité, du propre, du non-dit, du quant-à-soi. Cette intimité ne serait-elle qu'affective ou sexuelle? Non. Une telle réduction appauvrirait considérablement le sens des rencontres humaines, si riche et subtil entre ce qui se dit, ce qui se préserve, se sous-entend ou se tait. Ou, tout simplement, se retient.
Pourquoi la si précieuse retenue qui vise et protège ces espaces d'intimité n'a-t-elle jamais, en Occident, été conceptualisée et valorisée? N'y-aurait-il dans les mouvements de la vie, dans les directions de sens, que celles qui dévoilent, traversent, découvrent, rendent équivalents ou transparents? Devons-nous toujours tout exhiber pour se rencontrer et comprendre? Tout doit-il ou peut-il se traduire, se réduire, se phénoménaliser?
La pudeur est un concept qui a été davantage travaillé par la philosophie et l'anthropologie. Ce qui est avancé ici, dans certains textes, est que cette pudeur réalise une proto-expérience du sacré; un sacré précisément constitué de la capacité de se retirer, de s'interrompre, de faire retenue, de s'inhiber aussi, pour reconnaître, saluer quelque chose qui est précieux, immense, qui nous dépasse et dont nous voulons prendre soin.
Le travail qui s'expose ici ne prétend pas seulement explorer une question anthropologique, celle des corrélations entre intime, pudeur et sacré mais veut oeuvrer à d'autres fins : à la reconnaissance des diverses formes et possibilités du sacré, à montrer que dans certaines attitudes simples de notre vie - telle la retenue, le retrait, la réserve - il y a déjà du sacré; d'un sacré ou d'une spiritualité aussi bien avec que sans dieux (laïc). Ce travail de valorisation de la pudeur en tant que proto-expérience du sacré est nécessaire pour le dialogue entre les coutumes, les sociétés, les civilisations, notamment celles d'Orient et d'Occident; il est nécessaire car de grandes lignes de fractures se dessinent sur ces questions. -
Se comprendre soi-même : Textes choisis
Hermann Schmitz, Jean-Louis Georges
- Le Cercle Hermeneutique
- Collection Pheno
- 21 Mars 2024
- 9782917957516
Se comprendre soi-même, paru en version allemande en 2021, constitue le cinquante-quatrième et dernier ouvrage d'Hermann Schmitz (1928-2021), le premier ayant été publié 64 ans auparavant, en 1957, sous le titre Hegel als Denker der Individualität [Hegel comme penseur de l'individualité]. S'il est certes possible, sur un si long parcours, de repérer des évolutions et des modulations de sa pensée, il est toutefois remarquable, et fort singulier, que celle-ci se soit assez rapidement constituée et stabilisée. Non seulement, l'auteur a très vite élaboré ce qu'il a nommé un système (il fit paraître le tome 1 d'une oeuvre qui au final en comprendra 10, dès 1964, sous le titre de System der Philosophie : Die Gegenwart [Système de la philosophie : le présent]); mais plus encore l'exploration continue du présent de notre présence l'obligea très vite à se confronter aux concepts de chair, d'espace et d'atmosphère, tout en éprouvant dès lors la nécessité de se doter d'une méthodologie renouvelée, au sein pourtant d'une tradition phénoménologique qu'il reconnut tôt comme la sienne. D'où le nom qui conféra lui-même à sa pensée : celle de Nouvelle Phénoménologie.
L'intérêt majeur de cet ouvrage, en quelque sorte testamentaire, tient au fait qu'il ait été conçu comme un ouvrage de synthèse de l'ensemble de son parcours. Ce qui en fait dès lors une excellente introduction pour le lecteur français découvrant son oeuvre.
Les vingt études qui composent cet ouvrage sont ainsi réparties en cinq chapitres, traitant tout d'abord de problèmes de méthodologie et d'histoire de la constitution (selon lui d'emblée biaisée) de la philosophie, avant d'en venir au coeur des questions elles-mêmes : celle d'une anthropologie philosophique enfin capable de rendre compte de ce qu'Hermann Schmitz a nommé « l'expérience involontaire », et dont il s'est efforcé d'en déduire toutes les conséquences, tant individuelles ou collectives.
Après Brève introduction à la Nouvelle Phénoménologie, et Atmosphères, cet ouvrage est le troisième que les présents traducteurs font paraître. -
Le cercle herméneutique n.24-25 : l'homme et son hystérie ; anthropologie et psychologie de l'hystérie masculine
Collectif
- Le Cercle Hermeneutique
- Le Cercle Hermeneutique
- 16 Décembre 2015
- 3412036300035
L'homme et son hystérie, aux deux sens de ce titre ; il en va aussi bien de l'hystérie de l'homme de genre masculin que de celle de l'humanité. Et même, en amont d'un phénomène humain, de l'hystérie de tout ce qui vit et procède de l'expression. Cet ouvrage offre un regard plus vaste que simplement psychologique sur l'hystérie, permettant à la fois d'en étendre le sens au vivant et de lui assigner des limites plus précises. Ce regard sera principalement anthropologique et phénoménologique. Il concerne aussi la philosophie du vivant à travers l'analyse que cette hystérie suggère de la fonction expressive et de son rapport à l'identité de genre. Hystérie, expression et identités de genre sont liées en effet de nombreuses façons. C'est le passage par l'hystérie masculine qui permet de réouvrir le champ de la question hystérique. Et il était utile de le faire car le concept d'hystérie avait servi, dans sa lecture charcotienne et freudienne, à disqualifier « scientifiquement » l'identité féminine.
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Le malentendu n'est pas la mécompréhension, car son horizon est celui de la morale et non celui de l'herméneutique. Et pourtant, le fait que nous nous comprenions mal, lorsque nous nous parlons ou nous nous lisons, ne cesse de générer entre nous des malentendus. C'est donc que les frontières, de l'un à l'autre, sont fort poreuses. Or s'il est éventuellement possible de penser une fécondité paradoxale de la mécompréhension, est-il concevable, sans tenir un discours cynique et pervers, de parler d'une ironique fécondité du malentendu? Jusqu'où oser tenir un tel propos et quelle peut en être la pertinence? C'est à explorer les enjeux d'un tel questionnement, avec et au-delà de l'éthique, que s'attache cet ouvrage.
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Le cercle herméneutique n.32/33 : réponse, responsivité, responsabilité
Collectif
- Le Cercle Hermeneutique
- Le Cercle Hermeneutique
- 10 Mars 2019
- 3412036300073
Le phénomène de la réponse est à la fois le fait de donner une réplique dans un dialogue, le fait d'être à la hauteur d'une exigence, le fait de remplir un engagement. Dans tous les cas, la réponse dit d'abord le mouvement de retour, de relance : le ré- de la réponse suppose toujours l'antériorité irrattrapable d'un appel auquel elle doit son mouvement. Mais dans ce mouvement en retour, la réponse est aussi un engagement, une garantie qui, face à l'autre, vient de soi. La réponse apparaît alors comme l'unité problématique d'un mouvement qui vient de l'autre et d'un mouvement qui vient de soi, c'est-à-dire de deux mouvements qui, en chiasme, s'empiètent réciproquement. Si le phénomène de la réponse est source de questionnement, c'est précisément à cause du caractère dialectique de son unité - celle de deux instances qui demeurent étrangères l'une à l'autre - et à cause du caractère chiasmatique de sa structure - qui doit rapporter l'un à l'autre deux mouvements irréconciliables. C'est dans le croisement des perspectives que la réponse pourra être étudiée dans la richesse du problème qu'elle pose : l'unité du soi et de l'étranger.
Avec les contributions de L. Bloc, G. Boris, S. Calenge, J.-Cl. Gens, St. Kristensen, P. Leconte, D. Legrand, B. Lehfeld, J. Michel, V. Monteiro, V. Moreira, J. Quintin, G. Risbec, C. Taglialatela, M.-A. Vallée et B. Waldenfels.
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Le cercle herméneutique n.36-37 : phénoménologies de l'étranger, du quotidien et de la morale : Waldenfels et Schütz
Collectif, Audran Aulanier, Guillaume Gass-quintero
- Le Cercle Hermeneutique
- Le Cercle Hermeneutique
- 23 Février 2022
- 3412036300097
Audran Aulagnier et Guillaume Gass-Quintero s'efforcent de définir ce que peut être une phénoménologie sociale, à savoir décrire le tissu social et la quotidienneté (Lebenswelt) dans sa trame intersubjective et comment nous nous situons par rapport à lui. Il suit en cela le fil des travaux d'A. Schütz et de B. Waldenfels, figures majeures de la philosophie allemande de deux générations différentes. Ce tissu social serait constitué d'une diastase entre un appel (qui peut être la souffrance de chacun ou d'autrui) et un répondant. Nous retrouvons le thème de responsivité, déjà exploré dans un précédent numéro du Cercle Herméneutique par Simon Calenge. Cette tension appel-réponse joue le rôle de l'intentionalité husserlienne. On comprendra l'importance de ce travail pour éclaircir les problèmes d'intégration, du se-sentir-étranger, y compris lorsqu'on rentre dans son propre pays (homecomer), et de constitution de toute identité vivante.
Hors dossier - Francesca d'Alessandris, spécialiste de la philosophie de Ricoeur, se pose la question du caractère pré-narratif de toute volonté. Elle confronte les thèses du Ricoeeur du Le Volontaire et l'Involontaire avec celles de l'identité narrative du Soi de Soi-même comme un autre. Elle réévalue de ce fait l'idée de volonté, conçue comme poiesis. Dans l'étude suivante, P.-E. Schmidt montre comment la littérature joue un rôle que la philosophie ne peut pas assumer, cela à travers la lecture merleau-pontienne de Proust et de Claude Simon. En troisième étude, G. Charbonneau s'interroge sur l'évolution du concept de fantasme dans une perspective post-freudienne. Considérant que les fantasmes, d'où qu'ils viennent, sont des fictions, il se demande en criminologue clinique dans quelle mesure chacun est responsable de ses fantasmes. En quatrième étude, R. Bellouti donne des éléments pour appréhender l'expérience humaine en service de soins palliatifs. En cinquième étude, nous avons retrouvé un texte inédit du psychiatre phénoménologue, R. Kuhn, découvreur des antidépresseurs, sur la bonne distance thérapeutique et ses équilibres complexes.
M. Leborgne Lucas enfin restitue une expérience corporelle rarement explorée, celle de la menstruation en tant que corps cyclique. C'est la présence simultanée à soi et à autrui dans cette expérience qui tente de se définir. -
Analyse(s) de la présence : phénoménologie et thérapie
Françoise Dastur
- Le Cercle Hermeneutique
- Pheno
- 12 Mai 2022
- 9782917957486
L'analyse de la présence ou analyse existentielle, selon la traduction qu'on donne du terme allemand de Dasein, constitue la base du travail collectif qui a lieu dans le cadre de l'École Française de Daseinsanalyse. C'est de ce dialogue entre philosophes, thérapeutes et psychiatres dont témoigne l'ensemble des textes rassemblés ici. Ils abordent en premier lieu la question fondamentale des rapports entre l'analyse de la présence d'une part avec la phénoménologie qui constitue son fondement philosophique et d'autre part avec la psychanalyse, dont elle se démarque du point de vue théorique tout en reconnaissant ses apports sur le plan thérapeutique. Nous pouvons alors mettre en évidence la fécondité du point de vue thérapeutique de la notion de soi ou d'ipséité, qui met l'accent, contrairement à celle de « sujet » ou de « moi », sur le caractère relationnel et non substantiel de l'être de l'homme et montrer ainsi comment peut se renouveler la question des rapports avec autrui.
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Le cercle herméneutique n.40-41 : Nouvelles leçons de Daseinsanalyse
Collectif
- Le Cercle Hermeneutique
- Le Cercle Hermeneutique
- 21 Décembre 2023
- 3412036300110
La Daseinsanalyse est un courant de pensée original initié par Ludwig Binswanger (1881-1966) au sein de la perspective anthropo-phénoménologique (E. Minkowski, E. Von Gebsattel, E. Straus, H. Tellenbach, W. Blankenburg, A. Tatossian, H. Maldiney, etc.) Il prend sa source dans le courant phénoménologique philosophique (E. Husserl, M. Heidegger, J.-P. Sartre, M. Merleau-Ponty, E. Strauss, E. Levinas, H. Maldiney, etc.) Sous son nom se rassemblent maintenant divers champs de recherches tels que la psychopathologie phénoménologique, la psychiatrie phénoméno-structurale, la phénoménologie des psychoses, les philosophies et psychologies du Soi et l'analyse existentielle. La Gestalthéorie et le Test de Rorschach font partie de son espace. La Daseinsanalyse renouvelle et nourrit une anthropologie générale de la présence, indispensable au partage de ce que nous vivons chacun et tous. Elle inspire une éthique de l'espace commun et de nombreuses thérapies, sans être elle-même une thérapie spécifique.
Après deux générations de travaux sur la souffrance mentale, la Daseinsanalyse s'est élargie maintenant à d'autres problèmes : à celui de notre responsabilité, à la présence anorexique, à la question de l'évidence aussi bien perdue dans certaines schizophrénies que surdéterminée dans la paranoïa, à l'expérience de réification d'autrui dans certaines pathologies. D'autres études aborderont les liens possibles de la médecine avec la poésie, la question de l'être-au-monde inanimé dans le glauque, la question de ce que signifie naître ou ne pas naître, les rapports de L. Binswanger avec certains présocratiques, la question de la créativité et aussi celle, plus herméneutique, de l'interprétation de l'expérience esthétique de la sculpture de Rodin à travers les échanges Rilke-Rodin. -
«Nous» : Perspectives Phénoménologiques en dialogue
Angelino/Begout/Gens
- Le Cercle Hermeneutique
- Collection Pheno
- 13 Juin 2024
- 9782917957530
Que dit-on lorsque l'on dit « nous »? Qui parle quand un groupe prend la parole? Et comment établit-il une distinction entre ceux dont il parle et ceux dont il s'écarte? Si ces questions reprennent aujourd'hui une forme d'inquiétude et d'urgence, c'est parce que notre expérience semble être à beaucoup d'égards l'expérience d'une rivalité plutôt que celle d'un « vivre ensemble ». Comment, dès lors, penser une telle ambivalence? Et quelles implications doit-on en tirer?
Éclairer les ambiguïtés définitionnelles du « nous », s'interroger sur les tensions qu'elles révèlent, telle est l'ambition de ce volume collectif. D'où l'utilité de procéder à une histoire des idées et à une histoire des mots pour nous placer en situation de mieux mettre en perspective les ressources conceptuelles que nous offrent les figures majeures de la tradition phénoménologique pour repenser le « nous », tout en tenant compte, en même temps, des apports critiques venus d'autres traditions comme la déconstruction (Jacques Derrida), l'écoféminisme (Val Plumwood et Karen Warren), l'épistémologie féministe (Donna Haraway), la sociologie (Georg Simmel et Ferdinand Tonnies), la théologie (Albert Schweitzer), l'herméneutique (Hans-Georg Gadamer) ou encore la théorie critique de l'École de Francfort (Axel Honneth). Du Je au Nous, de Nous à Eux, les chemins sont aussi divers que les contributions à ce volume. -
La phénoménologie des psychoses
Albert Tatossian
- Le Cercle Hermeneutique
- 1 Janvier 2002
- 9782951650725
La Phénoménologie des psychoses est le traité de phénoménologie psychiatrique de référence.Présentée lors d'un rapport au Congrès de Psychiatrie et de Neurologie de langue française d'Angers en juin 1979, cette somme magistrale fait date dans l'histoire de la psychopathologie. Ce texte est un manuel de base,le seul qui soit pour accéder à l'ensemble des travaux d'un courant de pensée nommé tantôt phénoménologie psychiatrique,tantôt phénoménologie clinique,psychopathologie d'inspiration phénoménologique,anthropologie phénoménologique, Daseinsanalyse ou analyse existentielle,et incarné principalement par les travaux de K. Jaspers, L. Binswanger, E. Straus, E. Minkowski, H. Tellenbach,W. Blankenburg, H. Maldiney, Kimura Bin, P. Fedida, G. Lantéri-Laura, R. Kuhn, A. Kraus,etc.Ainsi, avec A.Tatossian, la phénoménologie psychiatrique a donné sens à la recherche phénoménologique philosophique du XXe siècle,depuis E. Husserl, Max Scheler, M. Heidegger, J.-P. Sartre et M. Merleau-Ponty jusqu'à Paul Ricoeur. Ne voyons pas cette phénoménologie psychiatrique comme la fille de la phénoménologie philosophique; elle serait davantage sa soeur cadette. Les deux grandissent encore ensemble.
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La précarité comme être sans ; sens anthropologique et phénoménologie clinique de la situation précaire
Collectif
- Le Cercle Hermeneutique
- Phéno
- 6 Février 2018
- 9782917957370
Avec quoi se fait une vie d'homme et comment se défait-elle? Tels de nouveaux Cavaliers de l'Apocalypse surgis du fond des âges pour assaillir notre hypermodernité performante, la précarité, le chômage, l'exclusion, l'exil envahissent notre société, notre quotidien, nos rues. De plus en plus d'hommes sont désignés par ce qui leur manque, les sans abri, sans travail, sans droit, sans papier, sans terre, etc., et assignés à une identité réduite à la perte, à la privation, au dénuement, au rien. Le lien social qui fonde, maintient et garantit notre humanité, perd pour eux sa naturalité première pour devenir précaire, c'est-à-dire objet de prière, incertain, révocable et révoqué. À notre commune vulnérabilité ontologique à laquelle le social ne répond plus s'ajoute pour eux la précarité économique socialement construite, qui produit la perte d'autonomie, une pathologie de la confiance en l'Autre, la désubjectivation du syndrome d'auto-exclusion qui confine à la disparition de soi et finalement la mutilation de leur humanité. Le précaire, le chômeur, le SDF, l'exilé devient les invisibles sociaux, les surnuméraires, hommes des marges, hors jeux, sans voix et sans parole dans le concert démocratique, contingents, inutiles, illégitimes, sans prise sur leur vie, privés d'avenir, d'intimité, d'histoire, de quotidien. Réduits à seule la nécessité, sans pouvoir déployer leur existence ni réaliser une oeuvre, ils survivent - mais ne devrait-on pas dire sousvivent? - à la violence sans nom de la guerre économique dans les interstices de la société, déchus devenus déchets, jusqu'à perdre parfois leur nom, leur verticalité anthropologique et leur ultime dignité.
Les psychologues, psychiatres, psychanalystes et philosophes ici rassemblés interrogent la souffrance existentielle spécifique du précaire, véritable visage social de la folie qui s'échoue en souffrance dépassée - comme on dit un coma dépassé - qui parfois ne peut plus se penser ni se dire. Son sens anthropologique se précise comme l'altération du vivre ensemble fondateur, la destruction de la communauté et le déchirement de l'entremêlement ontologique du sujet et du monde social. Chacun d'eux témoigne à sa façon de rencontres qui les ont transformés parce qu'ils se sont ouverts un temps à l'ultime dénuement de ces êtres sans, au coeur de la commune précarité des hommes, sans y sombrer pourtant. Ils peuvent alors attester de situations qu'on ne peut plus se contenter de contempler depuis sa tour d'ivoire scientifique car il en va précisément de notre humanité à tous. -
Brève introduction à la nouvelle phénoménologie
Hermann Schmitz
- Le Cercle Hermeneutique
- Phéno
- 30 Avril 2016
- 9782917957318
Prendre en compte et au sérieux la question de l'affectivité dans l'ensemble de ses conséquences est un des enjeux majeurs de la phénoménologie telle que la conçoit Hermann Schmitz, philosophe né en 1928. Or c'est là, à l'en croire, ce que la tradition antérieure aura manqué; d'où le fait qu'il dénomme sa pensée nouvelle phénoménologie.
Ce texte a ainsi été conçu par son auteur comme une brève introduction aux schèmes fondamentaux de sa philosophie. Aussi nous propose-t-il, en un parcours cohérent guidé par l'exigence de l'attention à l'affectivité, une réflexion menant de questions méthodologiques à la méditation de l'enjeu pratique de la liberté. C'est un tel parcours qui lui fait rencontrer les concepts alors décisifs d'expérience vécue involontaire, d'implication affective, d'atmosphère, de chair ou d'émancipation et de situation personnelles.
Très conséquente, l'oeuvre de Hermann Schmitz est, avec cet ouvrage, pour la première fois traduite en français.