Le Pommier
-
Larguer les amarres, voir disparaître la côte, n'être plus que sens du vent et gestes assurés : cette expérience est d'un genre à part. Les Grecs anciens ne s'y trompaient pas, pour qui « il y a les vivants, il y a les morts, et il y a ceux qui vont sur les mers ». Naviguer au large ? S'aventurer en haute mer ? Plus qu'un loisir, plus qu'un plaisir, plus même qu'une performance sportive : une authentique expérience philosophique.
Là, le marin ne peut compter que sur lui-même. Il s'éprouve, se retrouve en situation de faire des choix, d'agir concrètement au moment opportun. Comment se comporter en cas d'avarie ? Que faire lorsque, faute de vent, le voilier est immobilisé ? Faut-il se ranger derrière Épictète, et faire son deuil de ce qui ne dépend pas de nous ? ou bien écouter Descartes et mettre le moteur, sans se laisser entraver par l'incertitude qui entoure nécessairement l'avenir ?
Plutôt qu'une énième invitation à contempler le ressac depuis le rivage, Claude Obadia pense ici la mer comme milieu et comme expérience. Ou pourquoi vivre en mer revient à se lancer dans une aventure de la pensée, bref, à vivre philosophiquement. -
Contre-offensive : Agir et résister dans la complexité
Miguel Benasayag, Bastien Cany
- Le Pommier
- 27 Mars 2024
- 9782746526334
Comment promouvoir un changement social et écologique sans se heurter aux écueils anthropocentristes de l'Anthropocène ? Comment sortir du mode occidental de l'agir linéaire, rationaliste et programmatique, d'un sujet qui se conçoit comme extrait du monde sur lequel il veut intervenir. Bref, comment agir et résister dans et par la complexité ?
Poursuivant la réflexion de leurs précédents ouvrages (Les Nouvelles Figures de l'agir, La Découverte, 2019 ; Le Retour de l'exil, Le Pommier, 2019), Miguel Benasayag et Bastien Cany proposent ici de sortir des bibliothèques pour se tourner vers le terreau des pratiques concrètes. S'appuyant sur des pistes développées au sein d'expériences alternatives et radicales en Amérique du Sud mais aussi en Italie, en Belgique et en France, ils tentent de constituer un petit manuel de l'agir dans la complexité. Sans chercher à jouer à la nouvelle avant-garde éclairée, à fournir modèles ou recettes prêtes à l'emploi, ils veulent offrir au lectorat un vadémécum de résistance. -
Communément célébré pour sa parole lumineuse, Michel Serres a été souvent critiqué pour la complexité de ses livres, notamment les premiers. Paru en 1992, Éclaircissements s'était donné pour mission de rendre le travail du philosophe transparent et limpide. La discussion menée par Bruno Latour, qu'il connaissait bien, a permis à Michel Serres de s'exprimer librement et sincèrement tout en simplifiant son propos. Un dialogue amical mais sans concession où l'on apprend beaucoup sur sa formation intellectuelle (la guerre, les sciences renouvelées), sur les enjeux de ses livres et le dessein global d'une oeuvre qui, à ce moment, n'en était encore qu'au premier tiers : 24 livres sur 80 ! Michel Serres explicite les raisons de son passage des sciences à la philosophie, sa position singulière, construite sur la remise en cause du progrès des sciences devant Hiroshima et la responsabilité scientifique : « J'ai été formé intellectuellement par les révolutions intérieures à la science, et philosophiquement par le rapport de la science à la violence. » Pour construire l'avenir, notamment celui de la cohabitation des hommes et de la nature, il insiste sur l'importance du droit, du récit, incarnation nécessaire, de la beauté de la langue, qu'il cultive, ou celle de la pluridisciplinarité, qu'il prônera activement. Avec le recul, on est étonné de voir à quel point il était lucide sur l'état du monde et sur ce qui nous attendait.
-
Tous centaures ! éloge de l'hybridation
Gabrielle Halpern
- Le Pommier
- Essais Et Documents
- 12 Février 2020
- 9782746519237
Les philosophes, et les êtres humains en général, ont toujours eu du mal à penser l'hétéroclite, le contradictoire. L'Antiquité, seul moment de l'histoire des idées à avoir réfléchi l'hybride, en a fait une figure monstrueuse, dangereuse et menaçante : le centaure. Or, avec la mondialisation et le numérique, les centaures reviennent aujourd'hui sur le devant de la scène. Les objets, les cultures, les identités, les êtres, les organisations... tout est hybride !
Seulement, nous nous sentons démunis face à ce réel composite, cet impensé qui nous entoure, que nous ne savons pas par quel bout « prendre ». De là, la crise existentielle que nos sociétés connaissent et la tentation de revenir à une réalité plus homogène - les réseaux sociaux qui créent des « bulles filtrantes », par exemple - ou à des identités plus « pures » - comme en témoignent la résurgence des nationalismes et des populismes. Le xxie siècle sera-t-il le siècle du combat entre les pur-sang et les centaures ?
-
Michel Serres a consacré sa vie à essayer de décrire la formidable transformation du monde présent. Dans ce livre, parfois un peu nostalgique, il se souvient du monde qu'il a connu dans sa jeunesse : la drague et les paysans d'Agen, le rugby, les paysages et les chemins, Garonne ! Mais aussi les pays qu'il a découverts ensuite et aimés, le Queyras, la mer... le monde ! Au travers de ces évocations, il nous fait réfléchir sur les transformations auxquelles nous avons assisté : l'évolution de la ville et la campagne, ce que signifie émigrer, les potentiels extraordinaires du corps, l'encyclopédie et l'enseignement, et, toujours, le rugby !
-
Michel Serres nous est familier sous les traits du père de Petite Poucette, de l'écrivain, du conteur, du philosophe scientifique. Il l'est certainement moins sous ceux du « pèlerin de l'absolu », comme il aimait à se définir. Pourtant, que l'on évoque ses premiers ouvrages honorant la figure d'Hermès, les voix animistes peuplant le chant du monde, la parole forte de Biogée, les anges dont il écrivit La Légende, les accents panthéistes du Tiers-Instruit, les chants poétiques, voire les expériences mystiques, qui ont innervé ses livres jusqu'à la clé de voûte de Relire le relié, le thème du religieux émaille de part en part sa philosophie.
Anne Baudart, philosophe proche de Serres, propose ici une nouvelle approche, qui revisite l'oeuvre du penseur à l'aune des liens - parfois inattendus, mais toujours vivants - qu'il a tissés, de livre en livre, avec le religieux. N'aspirait-il pas, au fond, à une religion du lien, qui n'exclut rien ni personne ? -
On part en exil pour fuir la guerre, la famine, des conflits politiques ou familiaux ; on part en voyage pour découvrir le vaste monde, changer d'horizon. Mais pourquoi revient-on ? Qu'est-ce qui pousse Ulysse à abandonner Calypso et à retourner à Ithaque ? Pourquoi l'explorateur du bout du monde rentre-t-il chez lui ? Pourquoi le colonel Chabert est-il de retour, alors qu'il sait qu'il sera probablement méconnu et déjà remplacé ? Pourquoi quitter l'extraordinaire, l'aventure, le dépaysement ?
Du désir de retour, les livres parlent peu. En français, d'ailleurs, il y a des mots pour désigner celui qui part (le voyageur, l'aventurier, l'exilé), non celui qui revient. Revenant ? Trop spectral. Rapatrié ? Celui-là n'a pas le choix du retour. Quant au « rescapé », ses épreuves passées intéressent plus que l'épreuve de son retour. Pourquoi ce manque, qui est le signe d'un impensé fondamental ?
C'est à cette question que Céline Flécheux tente d'apporter des réponses. En s'appuyant sur de nombreux exemples tirés de la culture commune, de Homère au Nietzsche de l'éternel retour en passant par la parabole du fils prodigue et ses réinterprétations picturales, elle montre que revenir chez soi, c'est d'abord faire l'épreuve d'un retour à la vie normale. Mais pourquoi retrouver l'existence quotidienne et consentir à la banalité ? Sans doute parce que revenir dans l'espace, c'est un peu revenir dans le temps... -
L'autre jour, j'ai tué ma volaille : un vieux canard dont le renard avait emporté le dernier compagnon et qui traînait sa neurasthénie sur le bord de la mare ; une poule bleue boiteuse. « La ferme, on l'a achetée pas trop cher, et pas trop loin de P. la capitale où se trouve le travail ; on la retape dans ce qui reste de temps. Rurbains nous sommes, en rurbains nous agissons. J. rêvait de retrouver un jardin, moi d'adopter des bêtes, des poules surtout.
-
Pour célébrer Michel Serres et la diversité de ses talents, il fallait au moins 50 voix ! Ces 50 voix se joignent aujourd'hui pour lui dire combien il a compté pour eux mais aussi combien son oeuvre les éclaire sur le grand bouleversement du monde auquel nous participons aujourd'hui et qu'il a décrit si précisément. Car l'oeuvre de Michel Serres, colossale (plus de 80 livres et un très grand nombre d'articles, sans compter des archives non encore déchiffrées), propose une lecture qui peut nous servir de tremplin pour construire l'avenir.
Parmi ces voix, des écrivains, des enseignants, des philosophes, des savants, des historiens des sciences, mais aussi des artistes, des libraires, des amis et des membres de sa famille ! Des personnalités connues et des anonymes, des français et des gens du monde entier !
-
Michel Serres : oeuvres complètes
Michel Serres
- Le Pommier
- Cahiers De Formation
- 5 Octobre 2022
- 9782746525467
En 1960, Michel Serres a trente ans. Il n'a encore publié aucun livre. Sur dix-huit cahiers manuscrits, il tient, de mai 1960 à mai 1974, une sorte de «?journal philosophique?», où il note ses réflexions, ses intuitions, ses trouvailles. Il a décidé de bâtir une oeuvre. Dans ces cahiers, il s'y exerce. Ce premier volume des oeuvres complètes contient la transcription intégrale de ces cahiers. On y trouve, bien sûr, les esquisses de sa thèse, les brouillons de ses articles, des notes de lecture, mais aussi des réflexions sur l'époque, sur l'université, sur le monde et sur lui-même. Et une pensée qui chemine, inspirée par le souci de jeter des ponts entre le monde des sciences et celui des lettres et de la philosophie. Fort de sa double culture, Serres aspire à inventer un nouvel encyclopédisme?: à «?tracer des routes transversales?» dans l'océan des savoirs. Dans le même temps, mesurant la puissance que nous donnent les sciences et les techniques, il nous alerte sur les dangers que cette «?maîtrise?» comporte?: «?[...] l'homme de demain est condamné à la raison. [...] Hors la sagesse, il n'y a plus, probablement, comme horizon que le suicide collectif et intellectuel.?» Et il définit la mission du philosophe?: penser ce «?nouveau monde?», pour le rendre habitable. Préface et présentations par Roland Schaer. La collection des oeuvres complètes de Michel Serres est dirigée par Sophie Bancquart, Bernadette Bensaude-Vincent, Roland Schaer et Frédéric Worms.
-
Le jeûne, une expérience philosophique
Sébastien Charbonnier, Eva Lerat
- Le Pommier
- 12 Octobre 2022
- 9782746525986
Héroïsme, ascèse, folie... les préjugés sur le jeûne confinent parfois au fantasme. Pourtant, si cette pratique peut paraître exotique, elle n'en renoue pas moins avec des millénaires d'évolution naturelle. C'est donc une autre histoire que nous raconte le corps : le jeûne s'inscrit dans une mémoire ancienne de l'organisme, tout en permettant une véritable jouvence pour l'esprit. Rompant avec un dualisme qui nous a fait dénigrer les puissances critiques du corps, Sébastien Charbonnier et Eva Lerat explorent philosophiquement le jeûne comme une expérience reconfigurant notre rapport à nous-même, aux autres et au reste du vivant - une expérience radicalement politique. Dans ce livre, ils s'adressent aussi bien aux personnes qui n'ont jamais jeûné qu'aux jeûneurs chevronnés. Ils espèrent aiguiser la curiosité, par des chemins complémentaires aux arguments biologiques sur les bienfaits du jeûne, et proposent des perspectives sur les dimensions éthiques, politiques et écologiques de cette expérience profondément humaine.
-
« Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d'écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j'y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds. On disait jadis de l'Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l'art, qu'il corrigeait les moeurs en riant.
Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises. Parvenus ensemble à l'âge espiègle, j'en profite pour leur dire de l'humain en pouffant de rire. » Michel Serres « Tout le monde sait qu'on appelle «occitan» toute langue régionale de la moitié méridionale de la France (grosso modo)...
Le texte que nous avons établi pour essayer de retrouver l'origine peut-être en partie inconsciente du discours - ondoyant et divers, comme chacun sait - de Michel Serres est en gascon, sa langue paterno-maternelle (son père parlait le gascon et sa mère le quercynois). Est-ce à dire que ce texte sera fermé aux non-Gascons ? Pas du tout : par la vertu de la graphie normalisée, tout Occitan peut s'en repaître. Il suffira à chacun de soumettre ce qu'il lit à l'épreuve du gueuloir, prononçant comme on le fait chez lui, sans tenir un compte trop strict de l'orthographe proposée. Bona descobèrta ! »
-
La singularité du vivant
Miguel Benasayag
- Le Pommier
- Essais-manifestes
- 24 Octobre 2017
- 9782746510920
L'époque qu'il nous est donné de vivre, à nous, les hommes et les femmes, mais aussi aux animaux et aux paysages, est exaltante autant qu'inquiétante. Après celles du langage et de l'écriture, une troisième révolution est en cours. Depuis les domaines du digital ou de la biologie moléculaire, on nous annonce que tous les mécanismes biologiques pourraient enfin être révélés ; l'immortalité serait à portée de main.
Bientôt, on se débarrassera de nos corps encombrants et malades, simples agrégats d'information, au profit d'une vie meilleure, post-organique, où tout serait calculable, prévisible, maîtrisable. Le temps serait venu, ni plus ni moins, de se passer du monde réel et du vivant lui-même, désormais réductible à ses composants, à une mécanique. Mais ce réductionnisme forcené n'est-il pas dangereux pour la vie elle-même, pour nos cultures, pour nos rythmes ? Contre cette frénésie du vivant augmenté, et cette perte de sens qui nous menace, Miguel Benasayag invite à déployer une interface entre le digital et la vie réelle.
Le modèle organique proposé ici, le " Mamotreto ", se veut ainsi une contribution dans la production nécessaire d'un nouveau paradigme - penser une technique qui prenne en compte la singularité du vivant, son unité, et cohabite pleinement avec lui.
-
La vérité sur l'anthropocène
Nathanaël Wallenhorst
- Le Pommier
- Essais Et Documents
- 19 Février 2020
- 9782746519459
Alors qu'il existe plusieurs petits ouvrages centrés sur l'urgence environnementale, qui appellent à changer rapidement nos modes de vie sans apporter de « preuve » ou d'« information » au lecteur ; qui, bien que scientifiquement correctes, se contentent de dire « l'heure est grave », Nathanaël Wallenhorst se propose d'en fournir le pendant scientifique.
Dans ce petit guide, il donne accès au grand public français aux faits de l'Anthropocène tels que relatés dans les grands articles scientifiques anglo-saxons (parus dans Nature, Science...). Dans un souci de neutralité et de pédagogie, il met le lecteur au contact avec une sélection d'articles scientifiques marquants - sur le climat, les vagues de chaleur croissantes à venir, le développement des zones de non-habitabilité humaine de la terre, la sixième extinction de masse, etc. -, en lui présentant simplement et synthétiquement les résultats exposés.
Car nous sommes convaincus que c'est informées que se forgent les prises de conscience les plus vivaces, et que se génèrent les mobilisations.
-
Notre âge culturel : une philosophie de l'histoire
Robert Harrison
- Le Pommier
- 17 Novembre 2021
- 9782746524415
Ce livre prend à bras le corps une question simple, à laquelle il est difficile de répondre : quel âge avons-nous ? Pour Robert Harrison, les humains n'ont pas seulement un âge biologique, évolutionnaire et géologique : ils ont aussi un âge culturel. Ils s'inscrivent dans une histoire qui préexistait à leur arrivée et continuera après leur départ.
Aujourd'hui, dans le sillage de la science et des nouvelles technologies, un écart vertigineux se creuse entre nous et nos anciens, notre présent et notre histoire, et nous fait perdre nos repères. Tout ce que nous savons avec certitude, c'est que nous sommes étrangement jeunes et immensément vieux. Cette ère où nous entrons est-elle une ère de renaissance ? de jeune essence ? Quels pièges (jeunisme, déni du passé...) menacent sa réussite ?
Combinant philosophie de l'histoire et philosophie de l'âge, pensée scientifique et savoir littéraire, Robert Harrison montre ceci : le plus grand service qu'une société puisse rendre à ses jeunes, c'est d'en faire des héritiers plutôt que des orphelins de l'histoire. -
D'où nous vient la morale ? Beaucoup pensent que c'est une spécificité purement humaine, à laquelle les autres animaux seraient totalement étrangers. Nous serions moraux par choix, et non par nature. Pourtant, si l'on observe la longue lignée qui nous précède, on s'apercevra qu'elle s'est toujours préoccupée des plus faibles. Et que les membres du groupe ont su établir entre eux des liens de coopération pérennes. Force est alors de constater qu'entre les comportements animaux et ceux des humains, il y a une continuité très forte. Entre empathie animale, théorie de l'esprit, sens de la communauté et droits des animaux, les frontières se redessinent sous la plume de l'un des plus grands spécialistes des primates, pour peut-être finir par disparaître...
Ces thèses révolutionnaires, issues des leçons données par Frans de Waal à l'université de Princeton en 2003, viennent s'enrichir des réponses de trois philosophes et d'un spécialiste de la psychologie évolutionniste.
-
Les nouveaux chemins de la mémoire
Béatrice Desgranges, Francis Eustache, Endel Tulving
- Le Pommier
- 21 Octobre 2020
- 9782746522336
Qu'avons-nous vécu ? appris ? Qui sommes-nous ? La mémoire est cette pierre angulaire qui permet de nous souvenir et de décrypter le monde qui nous entoure, mais aussi de faire des choix en fonction de notre histoire et de nous projeter dans le futur.
Ces dernières années, nos connaissances sur la structure et le fonctionnement de la mémoire humaine ont beaucoup progressé. Les maladies de la mémoire (syndromes amnésiques et maladie d'Alzheimer essentiellement) nous renseignent, mieux que toute autre démonstration, sur cette fonction mentale au coeur de notre identité.
Véritable synthèse des connaissances actuelles, cet ouvrage permet de comprendre la mise en place progressive de la mémoire chez l'enfant comme ses modifications au cours du vieillissement.
-
L'injustifiable et l'extrême ; manifeste pour une philosophie appliquée
Alain Renaut
- Le Pommier
- 13 Octobre 2015
- 9782746509283
Le philosophe est-il capable d'affronter intellectuellement les situations que subissent ceux dont la vie est confrontée à la plus extrême fragilité ? Par-delà l'émotion et l'indignation, peut-on forger des outils philosophiques qui puissent nous aider à agir ? A quoi servirait donc de philosopher, avec des concepts, des données et des images, en Haïti ou au sud du Sahara ? A dégager les logiques qui, entre raison et déraison, dictent les pires radicalisations de la souffrance et de l'humiliation dont le monde humain reste capable. A établir, au-delà de généralités convenues, d'indispensables priorités face aux exigences de la survie ou à celles d'une vie décente pour les femmes, les enfants, pour les plus vulnérables à la violence et au risque.
« Comme être humain et comme philosophe, j'ai postulé en décidant d'écrire ce livre que la philosophie, à condition de sortir de son enfermement dans les concepts et les purs principes, peut être humaine - je veux dire : prendre en charge, comme une pensée et comme un discours qui a ses spécificités, les questions que soulève le type de vacillement entre l'humain et l'inhumain qui m'apparaît constitutif de l'extrême. »
-
La liberté à corps perdu : comment retomber sur Terre
Renaud Hétier
- Le Pommier
- 23 Février 2022
- 9782746524569
Jamais nous n'avons été aussi libres, de penser, de nous exprimer, de nous déplacer. Et jamais, pourtant, nous n'avons été aussi aliénés : nous multiplions les dépendances, nous nous contraignons nous-mêmes au travail, nous nous précipitons tête baissée et yeux fermés vers notre fin, dans le grand effondrement dont nous sommes nous-mêmes la cause. Quel peut être alors le sens d'une telle liberté ? Ou plutôt : dans quel sens va-t-elle ?
Dans cet essai, Renaud Hétier soutient que la liberté n'est pas, ne peut plus être un « arrachement » à la nature. Retomber sur terre ? Oui, du moins la sentir sous nos pieds, éprouver le soutien que la nature apporte à notre liberté. De ce point de vue, et contrairement à ce qu'on pense trop spontanément, la nature ne nous limite pas : elle nous invite à donner un espace où exprimer notre liberté.
Mais encore aurait-il fallu, dès l'enfance, se préparer à une telle expérience pour qu'elle soit pleinement créative. N'était-ce pas dans l'enfance que l'on a le mieux senti le monde autour de soi ?
-
Michel Serres : pages choisies
Michel Serres
- Le Pommier
- Cahiers De Formation
- 5 Octobre 2022
- 9782746525511
En 1960, Michel Serres a 30 ans. Il n'a encore publié aucun livre (le premier paraîtra en 1968) et se prépare. Dans ses Cahiers de formation, publiés parallèlement en version intégrale, Michel Serres mêle esquisses de thèse, brouillons d'articles, notes de lectures, réflexions sur l'époque, sur le monde et sur lui-même. Des 18 cahiers manuscrits, ce fac-similé retient les pages les plus caractéristiques, donnant à voir l'écriture soignée, au sens figuré comme au sens propre, du futur auteur de Petite Poucette, dans cette sorte de « journal philosophique ». Publié dans le cadre d'une exposition qui se tiendra à la BNF au cours d'une journée d'étude consacrée à ces manuscrits inédits, ce volume ravira les inconditionnels de Michel Serres et tous ceux qui souhaitent entrer concrètement dans l'oeuvre en devenir de l'un des penseurs majeurs de notre temps.
-
Georges Bataille avait étrangement, mais significativement, intitulé l'un de ses textes « Des cathédrales aux maisons de couture ». En inversant la proposition, Olivier Assouly s'interroge : et si le capitalisme s'attachait désormais, à travers les industries du luxe, à tirer profit d'une cathédrale ? De fait, après l'incendie de Notre-Dame de Paris, les élans de générosité des grands patrons du luxe étaient vraisemblablement symptomatiques d'une marchandisation de la culture. Or, les croyances du XIIIe siècle qui ont rendu possible le faste des cathédrales gothiques n'ayant plus cours, comment peuvent-elles aujourd'hui entrer en résonance avec de simples produits de luxe et une réalité sociale radicalement autre ? La question que pose ainsi Olivier Assouly, c'est celle de la réaffectation culturelle et marchande des cathédrales. Mouvement qui semble exemplairement contraster avec la vision politique et populaire de Victor Hugo. Pour quelles raisons - et avec quelles conséquences ? - les « maisons de couture » sous tutelle de LVMH ou Kering représentent-elles emblématiquement, en déclassant le faste des monuments religieux, un nouvel âge du luxe ?
-
Quoi de plus absurde, de plus inhumain que la guerre ? Et pourtant, quoi de plus rationnel, de plus humain ? Les animaux ne se font pas la guerre !
Une guerre se déclare. Elle ne naît pas de relations entre individus mais entre États, autrement dit, la guerre naît du droit : la guerre est une invention humaine. Et elle a même - c'est terrible à dire - sa beauté. Un philosophe aussi pacifiste qu'Alain reconnaît que l'homme est beau, à la guerre. Par son sacrifice, il prouve que le contrat social mérite qu'on donne sa vie pour le défendre.
Ce paradoxe, on ne le saisit jamais aussi bien qu'au cinéma, qui nous fait partager à hauteur humaine les contradictions de la guerre, son sens aussi bien que son non-sens.
Dans ce « Cinéphilo », Ollivier Pourriol parle notamment des Duellistes, de Kingdom of Heaven, 300, Troie, Il faut sauver le soldat Ryan, Capitaine Conan, Les Sentiers de la gloire, La Ligne rouge... En compagnie de Walter Benjamin, Alain, Rousseau, Hegel. -
L'être humain peut-il être conçu comme autre chose qu'un être contre-nature ?
Hegel a appelé « négativité » notre capacité indéfinie à transformer ce qui nous entoure, à travailler, à créer du nouveau et à nous créer en retour. Toute notre puissance repose sur cette dénaturation. Est-il possible d'envisager aujourd'hui quelque chose comme une « renaturation » ? Et si oui, à quoi pourrait bien ressembler ce « contrat naturel » ?
En attendant, le cinéma nous offre à l'envi les images d'une catastrophe future, où le monde se retrouve dévasté par nos soins. À quoi nous servent ces images, et que nous veulent-elles ? Nous mettent-elles en demeure de fonder une véritable écologie ou sont-elles elles-mêmes une pollution supplémentaire ?
Dans ce « Cinéphilo », Ollivier Pourriol parle de Soleil vert, La Guerre des mondes, L'Âge de glace, Blade Runner, Titanic, Le Jour d'après, Une vérité qui dérange... En compagnie de Leibniz, Descartes, Hegel, Michel Serres. -
« La visibilité est un piège » disait Michel Foucault dans Surveiller et punir. Nous sommes passés en deux siècles à peine d'un monde discret, où l'individu, à moins d'être glorieux, menait une existence invisible, à une société de l'hypervisibilité et de la surveillance permanente.
Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Quel est l'avenir de la surveillance ? Peut-on y résister ? Voilà quelques questions que le cinéma nous aidera à poser, et peut-être à résoudre...
Dans ce « Cinéphilo », Ollivier Pourriol parle notamment de Minority Report, Truman Show, Papillon, Braveheart, Demolition Man, Orange mécanique, 1984... En compagnie de Michel Foucault et de Rousseau.