Les Belles Lettres
-
Les Dernières chances de l'homme
Bertrand Russell
- Les Belles Lettres
- Le Goût Des Idées
- 5 Septembre 2025
- 9782251457772
Ce livre traite des méthodes permettant de remédier à trois types de conflits qui
ont affligé l'humanité. Il s'agit des conflits de l'homme avec la nature, avec les autres
hommes et avec lui-même. Le premier de ces conflits relève de la science, le deuxième
de la politique et le troisième de la religion et de la psychologie. Les techniques
modernes devraient rendre la pauvreté impossible et permettre d'atteindre un niveau
de bien-être général bien plus élevé qu'à n'importe quel autre moment de l'histoire.
L'incapacité à réaliser cette potentialité est due à la persistance de croyances, de
principes, d'émotions et d'habitudes de pensée qui étaient adaptés à des époques
antérieures.
-
Bâtie pour briser en deux l'histoire de l'humanité, l'oeuvre de Nietzsche s'est imposée comme l'une des plus marquantes et des plus explosives de la tradition philosophique, malgré sa falsification par sa soeur Élisabeth, sa récupération idéologique sous le nazisme et sa réduction à des philosophèmes souvent mal compris, tels que la mort de Dieu, le surhomme, la volonté de puissance ou l'éternel retour.
Il était indispensable d'offrir à chacun - lecteur averti comme curieux - un chemin aussi panoramique qu'éclairant pour découvrir, interpréter et approfondir cette oeuvre d'une puissance de subversion intacte et d'une beauté inactuelle.
Conçu par un spécialiste reconnu de sa pensée, qui lui a consacré plus de trois décennies de recherches, ce volume rassemble, pour la première fois, une sélection des textes les plus significatifs de Nietzsche, proposés dans une traduction originale et présentés selon un ordre à la fois thématique et chronologique.
Toutes les grandes questions y trouvent leur place : l'être et la vérité, le bien et le mal, la faute et la justice, le beau et le tragique, l'art et la musique, Dieu et l'État, mais aussi l'amour, l'amitié, la santé, la maladie, la mort, le voyage ou la sexualité.
À travers ces pages se dessine un Nietzsche multiple, à la fois destructeur et créateur, critique et visionnaire, attentif aux « choses les plus proches » comme aux horizons les plus vertigineux.
Une véritable bibliothèque idéale de Nietzsche, pour entrer dans le coeur vivant d'une pensée qui n'a cessé de déranger, d'inspirer et de libérer. -
L'autobiographie d'un penseur qui a bouleversé la réflexion sur la science et la
philosophie politique. De la Vienne impériale à l'Angleterre de l'après-guerre, en
passant par la Nouvelle-Zélande, son parcours original, son évolution intellectuelle
le conduisent rapidement hors des sentiers battus. Il raconte sa formation
universitaire, ses premiers doutes, ses recherches. Récit de la vie mouvementée d'un
homme engagé dans les soubresauts du XX? siècle, analyse du cheminement d'une
conscience philosophique, La quête inachevée est aussi une solide présentation des
réflexions de Karl Popper sur la découverte scientifique ainsi qu'une critique du
déterminisme historique et des projets politiques utopistes, dont l'auteur dénonce
les germes de totalitarisme.
-
Le roman policier
Rrainer Rochlitz, Siegfried Kracauer
- Les Belles Lettres
- Le Goût Des Idées
- 3 Octobre 2025
- 9782251457376
Ce livre - l'une des premières études du genre - se situe à la charnière entre la
Théorie du roman de Lukacs et les débuts de l'École de Francfort. Kracauer découvre
les correspondances secrètes entre le genre fortement codé qu'est le roman policier
et... la théologie. C'est une théologie du néant, où le détective, célibataire comme les
ecclésiastiques, célèbre dans le hall d'hôtel les messes noires de la raison infaillible et
invincible. La philosophie rationaliste elle-même s'avère être une sorte de roman
policier.
En analysant ce genre littéraire sous un angle sociologique et historique et à
travers une analyse minutieuse de ses structures et de ses codes, Kracauer montre que
le roman policier, loin de se limiter à un simple divertissement, incarne un reflet des
préoccupations sociales et culturelles de son temps.
-
Visit Beautiful Vietnam : Chronique des agressions contemporaines
Günther Anders
- Les Belles Lettres
- 18 Octobre 2024
- 9782251455754
Juré au tribunal Russell, fort de sa connaissance de première main des événements du Vietnam comme de la politique américaine, Günther Anders écrit en 1968 Visit beautiful Vietnam, une charge acérée contre la langue et la morale qui justifient toute guerre d'agression, qu'elle soit extérieure ou intérieure. L'une des idées fortes qu'Anders tente de faire passer est que la guerre du Vietnam inaugure une série de guerres d'un type nouveau, qu'il ne faut surtout pas confondre avec les précédentes. Cette guerre d'un type nouveau est une guerre dans laquelle la supériorité de la force armée de l'agresseur est telle que l'issue du conflit apparaît d'emblée sans espoir pour l'agressé. Mais il ne s'agit pas d'intégrer une nouvelle province à l'empire ; la souveraineté formelle du vassal doit être maintenue. Le but de l'agression est de forcer l'agressé à reconnaître une manière de tutelle morale, c'est-à-dire d'accepter d'entrer dans la zone d'influence politique de l'agresseur et, conséquemment, accepter les règles du jeu régissant les échanges économiques au sein de cette zone, qui favorisent naturellement la puissance dominante : le peuple agressé est réputé se défendre contre un ennemi extérieur ou se dégager d'une dictature, en marche vers la démocratie sous les conseils avisés de... son agresseur.
Visit beautiful Vietnam, qui n'avait jamais connu de traduction française, est sans doute l'ouvrage le plus sous-estimé de son auteur, ce qui est fort dommage car c'est l'un de ses meilleurs, l'un des plus finement ciselés, sous les dehors d'un désordre apparent ; le plus méchant assurément, et il est souvent méchamment drôle. -
L'ère des tyrannies : penser en résistance (1923-1937)
Elie Halévy
- Les Belles Lettres
- Le Goût Des Idées
- 15 Novembre 2024
- 9782251456331
Le 28 novembre 1936 à Paris, s'exprimant devant la Société française de philosophie, le philosophe et historien Élie Halévy bouleverse la compréhension de l'histoire. L'Europe est entrée dans « l'ère des tyrannies ». De Rome à Berlin et Moscou, des régimes inconnus s'érigent dans la terreur de l'État, la révolution armée et le fanatisme de nationalité. Par son analyse qu'aucun penseur n'a jusque-là formulée, Élie Halévy avertit les démocraties de la menace mortelle de ces régimes au pouvoir absolu. Les définir, c'est se mettre en situation intellectuelle de les combattre. Cet effort sans équivalent pour penser une histoire fatale est un acte philosophique par excellence, ramenant l'histoire vers la liberté, inaugurant un temps de résistance au totalitarisme avant que n'éclate la Seconde Guerre mondiale.
Dans la nuit du 20 août 1937, décède Élie Halévy. Un an plus tard, l'année de Munich, L'Ère des tyrannies devient un livre, par la volonté de ses amis dont Raymond Aron, Célestin Bouglé, Étienne Mantoux, et sa femme Florence.
L'édition présente réédite cette conférence majeure de 1936 et celle de 1929 qui la précède, accompagnées de textes inédits et d'un choix de correspondances. La lutte passée et présente contre les tyrannies s'éclaire ici d'une oeuvre de toute importance. -
La philosophie éternelle
Aldous Huxley
- Les Belles Lettres
- Le Goût Des Idées
- 15 Septembre 2023
- 9782251454498
La Philosophie éternelle date de 1945, treize ans après Le Meilleur des Mondes. Au désespoir, Huxley n'oppose pas seulement l'érudition et l'humour ; ce grand voyageur, qui fit le tour du monde en sceptique et expérimenta les drogues en documentaliste, s'est défendu du pessimisme par ces deux formes de l'intelligence à l'affût d'elle-même que sont l'ironie et le savoir. Cette oeuvre est une magistrale synthèse qui rapproche les religions, les traditions d'Orient et d'Occident, à la recherche d'une pensée mondiale, à mi-chemin de la science et de la mystique dénommée « Philosophie Eternelle » et qui, au-delà d'apparentes oppositions ou évolutions, est une empreinte permanente de la pensée humaine, à qui elle indique un chemin spirituel.
-
La fin et les moyens : enquête sur la nature des idéaux et sur les méthodes employées pour leur réalisation
Aldous Huxley
- Les Belles Lettres
- Le Goût Des Idées
- 18 Février 2022
- 9782251452838
« Être un homme complet, équilibré, c'est une entreprise difficile, mais c'est la seule qui nous soit proposée. Personne ne nous demande d'être autre chose qu'un homme. Un homme, vous entendez. Pas un ange, ni un démon. Un homme est une créature qui marche délicatement sur une corde raide, avec l'intelligence, la conscience et tout ce qui est spirituel à un bout de son balancier, et le corps et l'instinct et tout ce qui est inconscient, terrestre et mystérieux à l'autre bout. En équilibre, ce qui est diablement difficile. » Ces phrases qu'Aldous Huxley fit prononcer par un des héros de Contrepoint, pourraient servir de résumé au livre que voici.
Dans La Fin et les moyens, publié en 1937, Aldous Huxley développe les conditions et les méthodes d'un véritable humanisme. Comprendre l'homme nécessite d'interroger tout ce qui en lui participe au réel, à la vie de l'intelligence et de la sensibilité, à ses conditions de vie sociale et économique, mais aussi à sa spiritualité. Tout ce qui, aussi, nous aide à formuler nos conceptions du bien et du mal et détermine l'ensemble de nos actions.
Quel est donc le but de ce livre ? Réaliser l'homme tout entier, malgré les pressions idéologiques et sociales de son époque. À partir d'une définition de l'homme «sans attache», guidé par sa seule intelligence et son amour d'autrui, Aldous Huxley propose de manière concrète les moyens pour atteindre la finalité de l'effort humain. Ces moyens ne se limitent pas à une prise de conscience individuelle mais résident aussi dans un cadre politique et social plus juste, dans des réformes, des institutions vraiment humanistes, dans une éducation, enfin, qui libère l'être des préjugés de la pensée toute faite. Par être, Aldous Huxley désigne aussi bien l'enfant que l'adulte : il n'est jamais trop tard pour grandir, approfondir les raisons libres de ses croyances, dresser l'inventaire de ce qui nous paraît acceptable ou inacceptable au-delà de ce qui nous est imposé. Marcher à contre-courant pourrait être la devise de cet immense philosophe pacifiste du XXe siècle qui trace les grandes lignes
-
L'amour et l'amitié
Allan Bloom
- Les Belles Lettres
- Le Goût Des Idées
- 19 Septembre 2018
- 9782251448480
Ce grand livre posthume d'Allan Bloom part d'un constat anxieux : le lien humain se défait. Non par l'effet de quelque fatalité extérieure, mais simplement parce que nous le voulons ainsi : nous nous voulons de plus en plus des « individus libres et authentiques », eh bien, nous avons ce que vous voulons, nous avons, au lieu de l'amour ou de l'amitié, des « relations sexuelles » ou des « relations amicales ». Alors le projet d'Allan Bloom est de retrouver la complexité, les triomphes et les échecs - bref, la vérité - du lien humain, amoureux et amical. Comment ? En lui redonnant la parole, par une exploration merveilleusement ample et libre des grandes oeuvres de notre culture, où l'amour et l'amitié ont trouvé leurs expressions les plus splendides, les plus convaincantes - ou les plus troublantes.
Rousseau, Shakespeare et Platon sont les trois grandes étapes de cette redécouverte où il nous est finalement montré comment, et en quel sens, la recherche commune et l'amour de la « sagesse » peuvent constituer la plus haute possibilité de l'âme et former le lien humain le plus fort parce que le plus véridique. C'est peu de dire que l'auteur porte légèrement sa science. Il se meut avec autorité et agilité dans l'immense étendue de notre empire intérieur.
« C'est un assez beau roman que celui de la nature humaine », écrit quelque part Rousseau. C'est ce roman-là que nous propose Allan Bloom, et il est plus profondément intéressant et émouvant qu'aucun roman d'amour. -
Il n'est pas exagéré de dire que Paul Ricoeur a débuté sa carrière philosophique par une traduction, celle des Idées directrices pour une phénoménologie d'Edmund Husserl ; par la suite, il s'est consacré à l'herméneutique dont il est devenu, en France, l'une des grandes figures. La traduction et les problèmes qu'elle pose, aussi bien sur un plan linguistique que du point de vue plus large de la philosophie du langage, sont donc au coeur de sa réflexion ; d'autant que Ricoeur s'est également attaché à l'interprétation de la Bible en discutant de près les enjeux de ses diverses traductions.
Les trois textes rassemblés ici constituent véritablement un ensemble cohérent où l'auteur cherche à sortir du dilemme trop connu ; la traduction serait impossible en toute rigueur théorique, or elle est de tout temps pratiquée effectivement. Ricoeur entend donc en finir avec cette objection préjudicielle contre la traduction, en proposant d'y voir la mise en oeuvre d'une « équivalence sans identité » qui permet également de comprendre la nécessité d'avoir sans cesse à retraduire ces textes que chaque époque cherche à constituer en « classiques ». La traduction apparaît alors comme une des composantes de la dynamique culturelle qui installe un présent en relisant une tradition, ainsi rendue à la vie. -
Heidegger : Pensée de l'être et origine de la subjectivité
Maxence Caron
- Les Belles Lettres
- 15 Janvier 2025
- 9782251455907
S'étant imposé comme un classique dès sa parution il y a vingt ans, ce livre est le plus grand ouvrage jamais écrit sur la pensée de Heidegger. Rédigé en quelques semaines par un prodige de 23 ans, il répond à une nécessité : on ne trouve pas avant lui, ni après lui, le moindre texte en aucune langue, qui permette de comprendre clairement l'ensemble et le sens de la pensée heideggerienne. Pour la première fois et la seule, un monument de style et de puissance spéculative se met au service de ce que Heidegger a voulu dire.
À sa publication le succès est unanime : le monde universitaire, le public et la presse sont admiratifs. Jean-François Marquet dit que c'est là un livre comme il eût aimé en écrire. Et dans une lettre destinée à ses pairs, Jean-Louis Chrétien déclare que par sa rigueur d'authentique philosophe Maxence Caron sauve les études heideggeriennes sans jamais se compromettre avec leurs défauts. Marc Fumaroli se fait connaître du jeune auteur en lui apprenant que l'Académie française, impressionnée par la nouveauté de son écriture, le couronne d'un prix de philosophie. Les grands titres de presse saluent ce qu'ils appellent « la somme », et le Bulletin critique du livre français conclut que « nul ne devrait aujourd'hui pouvoir parler de Heidegger sans être passé par ce livre essentiel et sans être capable d'en discuter avec sérieux ».
Depuis deux décennies Maxence Caron dont le chemin semblait tout tracé, a bâti loin de Heidegger et des institutions qui lui tendaient les bras, une oeuvre colossale. Mais en vingt ans nul n'a su égaler le travail accompli dans cet ouvrage magistral, qui était devenu introuvable. Nous en donnons ainsi cette nouvelle édition. -
L'imposture du théologico-politique
Géraldine Muhlmann
- Les Belles Lettres
- 21 Octobre 2022
- 9782251453576
Le « théologico-politique », c'est l'idée selon laquelle au « fond » des choses politiques, il y a toujours quelque chose de religieux : quelque chose ayant à voir avec notre rapport au sacré. Même à l'heure où la politique moderne s'est « sécularisée » (séparée des pouvoirs religieux) et où les références religieuses, parfois présentes en elle, ont infiniment moins de poids que par le passé, la pensée théologico-politique est formelle : le fond de l'affaire serait encore et toujours « religieux ».
Depuis une trentaine d'années, le théologico-politique est en plein triomphe dans la philosophie contemporaine. Très au-delà de la mode « Carl Schmitt », c'est une vague qui passe par Giorgio Agamben, Charles Taylor, le dernier Jürgen Habermas, le dernier Richard Rorty... et qui fait revivre, aussi, certaines oeuvres du passé : celles de Jacob Taubes et d'Eric Voegelin, ou certains écrits de Karl Jaspers. Toute une myriade d'auteurs contemporains la nourrit (Gianni Vattimo, Marcel Gauchet, Luc Ferry...), non sans échos à un air du temps général (dont témoigne, par exemple, le succès des thèses de René Girard).
Alors que l'histoire politique moderne avait fini par accomplir le désir de Spinoza d'une rupture avec le théologique - désir formulé dans son Traité théologico-politique de 1670 -, voilà que le théologique est à nouveau présenté comme le secret caché du politique. Et c'est d'autant plus troublant que les années 1960 et 1970 avaient énergiquement combattu la tentation d'affirmer, dans les choses politiques, une détermination « en dernier ressort », de quelque nature que ce soit.
Le théologico-politique, aussi « renouvelé » soit-il aujourd'hui, est une imposture. Une démesure de la pensée, qui force les réalités politiques pour imposer sa « thèse ». Et ce triomphe parle non des choses politiques, mais de la philosophie. De ses désirs à elle, rarement tout à fait éteints, d'atteindre une toute-puissance théorique, c'est-à-dire un savoir total sur l'histoire : sur sa direction, sur sa véritable « ressource », sur son prétendu « fond ».
Voilà ce que montre ce livre. Mais il propose aussi une enquête : pourquoi cette quête de toute-puissance théorique a-t-elle resurgi, à ce moment-là de notre histoire philosophique et de notre histoire tout court ? -
La joute d'Homère et Hésiode Tome 5 : Ecrits philologiques
Friedrich Nietzsche
- Les Belles Lettres
- 4 Octobre 2024
- 9782251456003
À l'époque de Nietzsche circule un petit texte grec d'origine mystérieuse. Appelé communément La Joute d'Homère et Hésiode, il représente les deux plus grands auteurs épiques rivalisant dans un agôn poétique. La source de ce traité était enveloppée d'obscurité, jusqu'au jour où Nietzsche réussit à l'identifier. Ce travail fut sa plus grande réussite en philologie, juste avant de mettre fin à ses recherches érudites par suite du choc de La Naissance de la tragédie. Le jeune philosophe y a en outre puisé des éléments décisifs pour sa « Préface pour un livre non écrit », La Joute d'Homère, où il identifie l'agôn comme une sublimation de pulsions d'anéantissement et de carnage. À Olympie, la personnification divine d'Agôn siégeait aux côtés d'Arès, dieu de la guerre. Plus largement, et bien avant l'époque de La Généalogie de la morale, c'est déjà la problématique de la valeur de différentes morales qui se trouve engagée par La Joute d'Homère et Hésiode, où un roi, en contradiction avec les valeurs dominantes de la culture hellénique, accorde la victoire au poète qui chante la paix contre le poète qui chante la guerre. Le présent volume contient l'ensemble des travaux philologiques de Nietzsche sur cette joute légendaire, y compris l'édition critique que le jeune philologue fit du texte grec avec l'aide d'Erwin Rohde. On trouvera ici en outre les recensions réalisées par Nietzsche à la même époque.
-
Paysages sublimes : les hommes face à la nature sauvage
Remo Bodei, Jerome Savereux
- Les Belles Lettres
- Essais
- 15 Avril 2022
- 9782251452951
Il est des lieux que la plupart des hommes évitaient depuis des millénaires et devant lesquels ils éprouvaient peur et effarement : les montagnes, les océans, les forêts, les volcans. Inhospitaliers, hostiles, désolés, ils font songer à la mort et leur démesure humilie, leur puissance menace : ils rappellent à chacun son existence précaire et passagère.
Après avoir détaillé les enjeux philosophiques de la notion de sublime associée à la nature sauvage, Remo Bodei évoque ces lieux dans lesquels le sublime s'incarne. Les montagnes par leur verticalité ont ainsi fréquemment représenté l'allégorie du sacré. A la fin du XVIIe siècle, les voyageurs anglais du Grand Tour expriment leur fascination pour les Alpes, un « spectacle horrible et beau ». Avec le romantisme, l'âme du contemplateur frissonne avec la nature. Cependant Hegel, déjà, s'inscrit dans une logique nouvelle de domination technique des montagnes. Avec lui, le sublime migre de la nature à l'Histoire.
L'Océan a longtemps effrayé. Et le port était espéré comme un havre de paix. Ce n'est plus le cas au XIXe siècle comme le montre Baudelaire dans « Le Voyage » : la modernité s'accommode de l'errance. Les forêts ont longtemps été considérées comme dangereuses, inquiétantes, puis elles ont été domestiquées et l'Homme s'est contenté d'y éprouver le frisson du sacré en plein midi ou au crépuscule. Les volcans sont sublimes en ce qu'ils combinent l'élévation verticale et les entrailles inquiétantes. Le désert, lieu de solitude nous invite aussi à la solitude intérieure. -
Les deux cultures
Charles percy Snow
- Les Belles Lettres
- Le Goût Des Idées
- 14 Janvier 2021
- 9782251451589
Sir Charles Snow, homme de sciences et homme de lettres, parle pour la première fois du fossé qui sépare les deux cultures (la culture traditionnelle, littéraire, et la culture scientifique) lors d'une conférence à Cambridge en 1959. Ce fossé, lié au problème de la spécialisation abusive, devrait être comblé d'urgence pour obtenir de notre civilisation technologique le maximum d'avantages, et pour les faire partager aux classes et aux pays sous-développés.
-
La liberté d'esprit ; fonction et condition des intellectuels
Stéphane Toussaint
- Les Belles Lettres
- 21 Août 2019
- 9782251449708
On entend souvent prononcer les mots d'humanisme et de liberté. C'est d'abord qu'humanitas et libertas sont liées par des rapports pratiques, historiques et philosophiques très profonds. On se doute que des valeurs aussi vitales dans la culture européenne ont toujours besoin d'être étudiées pour être défendues. Voilà précisément la fonction que l'auteur reconnaît aux intellectuels humanistes. Si telle est leur utilité, loin de constituer une catégorie nouvelle, les intellectuels humanistes ont toujours existé depuis Pic de la Mirandole et depuis Érasme. Mais mieux vaudrait demander : qui sont-ils actuellement ? Ils appartiennent à ces travailleurs de l'esprit, chercheurs, professeurs, savants, confrontés à leur condition d'intelligences modernes assiégées par l'économie. Ils sont les premiers concernés par l'inexorable métamorphose des institutions du savoir, universités et autres, censées garantir la liberté de penser. Depuis que celles-ci ont franchi le cap qui sépare leur devoir-être humaniste du règne des purs échanges techniques, elles n'opposent plus aucune résistance à la rentabilité où une idée, fût-elle la libertas, vaut son seul prix d'objet marchand.
Dans ce livre la théorie mène à la pratique. Cette recherche définit la liberté d'esprit et parle pour elle en compagnie des grands précurseurs de la Renaissance. Avec eux et souvent dans leur sillage figurent quelques noms prestigieux de l'humanisme intellectuel du XXe siècle : Aby Warburg, Alfred Weber, Erwin Panofsky, Edgar Wind, Eugenio Garin ou Ezio Raimondi. À entrer dans leur pensée et à les écouter, le lecteur retrouve sa propre liberté d'esprit.
-
Le thème de notre temps
José Ortega y Gasset
- Les Belles Lettres
- Bibliotheque Classique De La Liberte
- 12 Avril 2019
- 9782251449340
Paru en 1923, soit un an après L'Espagne invertébrée et alors même qu'Ortega y Gasset (1883-1955) créait sa célèbre revue La Revista de Occidente, le bref ouvrage qu'est Le thème de notre temps signe une étape fondatrice et décisive dans l'itinéraire intellectuel du professeur de métaphysique en plaçant au coeur de sa philosophie la notion de « raison vitale ». Vouée à dépasser l'opposition entre le rationalisme de la raison pure et le vitalisme, celle-ci entend enraciner la raison dans l'effort vital qui caractérise l'existence humaine afin d'en faire son moyen d'action privilégié. C'est son impérative intégration dans la pensée contemporaine qui doit devenir le souci majeur des meilleurs esprits :
Le thème de notre temps.
Enfin disponible dans une élégante traduction nouvelle pour le lecteur français, Le thème de notre temps annonce ce qui constituera l'inspiration sous-jacente du mondialement renommé La Révolte des masses (1930/ 2010, Les Belles Lettres) : l' « hommemasse » décrié par Ortega n'est autre que celui qui ignore désastreusement la « raison vitale ». C'est pourquoi la lecture de cet opus s'avère indispensable à qui veut pleinement connaître les préoccupations fondamentales ayant animé celui qui fut l'un des plus grands philosophes européens.
-
Antiquité critique et modernité ; essai sur le rôle de la pensée critique en Occident
Jean-Marc Narbonne
- Les Belles Lettres
- Romans, Essais, Poesie, Documents
- 11 Mars 2016
- 9782251445731
Un nouveau mode de rapport au monde est né en Grèce ancienne :
L'attitude critique, laquelle a marqué durablement l'histoire occidentale pour ensuite s'imposer de plus en plus à l'échelle mondiale. Dès ce moment beaucoup s'est joué, car l'indépendance de la pensée, le rapport questionnant au monde, le pur intérêt pour le connaître, la tradition de la discussion critique et du franc-parler individuel - c'est-à-dire la tradition du rapport critique à la tradition - allaient non seulement pénétrer à l'intérieur même des doctrines juive, chrétienne et musulmane pour en infléchir le cours, mais gagner à l'époque moderne puis contemporaine leur espace propre dans la Cité. Inventeurs de la démocratie et de la philosophie, les Grecs ont donné naissance à cet ethos-critique dont le mode d'être, le pli culturel si l'on veut, n'allait plus nous quitter.
En dépit des détours et de tous les méandres, les Lumières du XVIII e, de même qu'auparavant la Renaissance, se comprennent donc comme les fruits lointains des Lumières antiques. Dit autrement, il n'y a rien d'absolument inédit dans la critique générale des croyances et l'athéisme moderne lui-même, dans la recherche d'un fondement anthropologique à la Cité et à ses lois, dans la découverte de la relativité des connaissances mais aussi des valeurs d'une culture à l'autre, dans l'exercice de la libre pensée, dans le questionnement radical porté sur la nature du lien politique et les meilleurs moyens d'assurer le bien-vivre-ensemble mais quelque chose comme le prolongement et l'élargissement dans l'espace moderne, de ce dont l'Athènes démocratique a fourni le premier germe et la première impulsion. À relire les Grecs, génération après génération, tous à des degrés divers, Romains, Juifs, Chrétiens, Musulmans, etc., s'inoculèrent et se transmirent les uns les autres ce germe critique qui, selon les différents sols et les différentes périodes historiques, épousa des formes variées.
Le présent essai propose donc une relecture du monde moderne fondée sur une réinterprétation de l'input antique grec, une analyse qui tient compte de la nouvelle humanité, critique et réfléchie, découverte en Grèce, et qui prend donc ses distances vis-à-vis des approches proposées par des auteurs comme H. Blumenberg (la Modernité relève d'une auto-affirmation absolument originale, d'une curiosité théorétique sans précédent dans l'histoire), M. Gauchet (le désenchantement du monde est un phénomène essentiellement moderne, la démocratie d'aujourd'hui tout autre chose que la démocratie antique), et R. Brague (l'Occident tient davantage de la Rome christianisée et hellénisée que d'Athènes). À partir de l'examen de cas concrets, tels que l'idée de créativité artistique dansl'Antiquité, l'agnosticisme ou l'athéisme, la satire sociale tous azimuts d'un Lucien de Samosate, on peut constater que la culture contemporaine n'est pas essentiellement différente mais reprend bien plutôt le fil d'interrogations et d'audaces anciennes.
Le monde moderne a rompu avec certains aspects de sa tradition, mais il n'a pas rompu avec son passé, celui plus ancien, qu'il redécouvre de manière plus libre aujourd'hui. Le but de l'ouvrage n'est d'ailleurs aucunement de sacraliser l'hellénisme, mais de montrer que le potentiel critique, inscrit dans la dynamique même de cette culture, peut nous aider à mieux façonner la société ouverte de demain. -
Philosophie pour vivre sur la terre
Ayn Rand
- Les Belles Lettres
- Bibliotheque Classique De La Liberte
- 21 Février 2020
- 9782251450681
Mondialement connue pour ses romanscultes (The Fountainhead, 1943 ; Atlas Shrugged, 1957) mais aussi comme passionaria libertarienne du capitalisme, Ayn Rand (1905- 1982) s'est en fait peu à peu d'abord voulue une philosophe :
Le présent volume entend contribuer à la (re)découverte philosophique d'Ayn Rand, en proposant la traduction inédite en français d'une sélection de 9 textes (essais, articles et conférences) parus postérieurement au discours de John Galt entre 1961 et 1974 - les 2 premiers s'attachant à la théorisation des fondements de l' « objectivisme », et les 7 suivants, présentés par ordre chronologique, en illustrant les applications « pour vivre sur la terre ».
Dans une mémorable interview au Los Angeles Time (17 juin 1962), Ayn Rand explique que « Ma philosophie, l'objectivisme, soutient que : 1. La réalité existe en tant qu'absolu objectif - les faits sont les faits, indépendamment des sentiments, souhaits, espoirs ou peurs humains, 2. La raison est le seul moyen qu'a l'homme de percevoir la réalité, sa seule source de connaissance, son seul guide pour l'action et son moyen basique de survie... ». Cette philosophie réaliste et rationaliste inspirée d'Aristote a déjà de quoi intriguer le lecteur contemporain par son côté inactuel et son caractère de système d'interprétation total en opposition frontale avec la doxa philosophique post-moderne.
Mais ce lecteur sera encore davantage surpris en découvrant que c'est à partir de cette « métaphysique » et cette « épistémologie » qu'Ayn Rand élabore donc une « philosophie pour vivre sur la terre ». Une philosophie morale et politique intensément en prise sur l'actualité de son époque (1960-1980 : de Kennedy à Reagan) qui annonce la nôtre. Une philosophie qui, en faisant d'un « égoïsme rationnel » ni prédateur ni narcissique la suprême « vertu », promet le bonheur ici et maintenant dans l'accomplissement de soi et la « bienveillance » envers tous ceux qui veulent également vivre selon la raison et sans fuir le réel. -
Leo Strauss (1899-1973), philosophe juif allemand, est connu pour sa critique aiguë de l'idéal radical des Lumières et ses dérives modernes (historicisme, relativisme, progressisme et nihilisme), pour son retour à la pensée politique grecque et sa défense de l'universalité du droit naturel.
Sa philosophie tient à un fil directeur : le croisement entre les héritages biblique et grec. Ce sont les Lumières médiévales, plus prudentes et rationnelles que les Lumières modernes, qui ouvrent, à ses yeux, la question du rapport entre la foi en la Loi et l'autorité de la raison, en inventant un art d'écrire secret capable d'associer l'adresse au grand nombre et l'adresse aux lettrés.
Strauss défend l'idée d'un conflit irréductible et fructueux entre Athènes et Jérusalem, entre philosophie et Loi. Nous trouverions en effet dans la tension entre ces deux pôles légitimes et, pour partie, contradictoires, le pouvoir de contrer le déclin général de la politique contemporaine.
La philosophie de Strauss nous alerte par sa critique aussi vigoureuse que mesurée de la démocratie libérale moderne, par son intelligence de la tyrannie, de la persécution et de la discrimination étatiques ou sociales, et par sa mise en relief de l'importance du judaïsme éclairé.
Elle a ouvert la voie à un renouveau de la philosophie politique. -
Au nom de l'innovation : finalités et modalités de la recherche au XXIe siècle
Vincent Bontemps
- Les Belles Lettres
- L'Ane D'Or
- 8 Septembre 2023
- 9782251454528
Le nom est une promesse.
À la lumière des analyses du progrès scientifique par Gaston Bachelard, Vincent Bontems examine les origines politiques, sociologiques, économiques et managériales de l'innovation. Éclipsant l'idée de progrès, l'innovation est devenue le nom d'une promesse : accélérer l'évolution technique, en contrôler les fins et en augmenter la profitabilité.
S'appuyant sur l'analyse du progrès technique par Gilbert Simondon, il évalue la pertinence de la gestion de la recherche au regard de ces objectifs. Peut-on accélérer arbitrairement la concrétisation des lignées techniques ? Peut on finaliser tous les processus de conception ? Comment sont valorisés les produits de la recherche ? Au-delà de ces modalités, l'enquête aboutit à questionner la valeur éthique des finalités assignées à la recherche au nom de l'innovation. Comment évolue l'ethos des chercheurs soumis à ce régime de gestion ? Quelles valeurs sont ainsi promues au sein de la société ? Quels en sont les mythes qui se déploient dans notre culture ?
Cette analyse philosophique, qui progresse à travers des études de cas, vise à dissiper la confusion, entretenue par le nom d'innovation, entre les recherches du progrès, du profit et de la puissance. Elle aboutit à redéfinir comme « technologies d'avenir » les innovations offrant des futurs moins éphémères. Suit une réflexion sur ce que serait un monde où un nom tiendrait toutes ses promesses, à travers une analyse du cycle de Terremer d'Ursula K. Le Guin, où l'auteur rend hommage à l'intention réparatrice qui guidait cette écrivaine -
De la cause, du principe
Bruno Giordano
- Les Belles Lettres
- Oeuvres De Giordano Bruno
- 12 Octobre 2016
- 9782251446257
"De même que dans l'art, les formes varient à l'infini (si cela est possible), c'est toujours une même matière qui persiste sous elles la forme de l'arbre, par exemple, étant suivie de celle du tronc, puis de celle de la troupe, de la planche, du siège, de l'escabeau, de la caisse, du peigne, et ainsi de suite, cependant que l'être du bois persiste toujours , il n'en va pas autrement dans la nature, où, les formes changeant à l'infini et se succédant l'une l'autre, la matière reste toujours la même [...] Ce qui était semence devient herbe, et que ce qui était herbe devient épi, ce qui était épi devient pain, ce qui était pain devient chyle, chyle sang, le sang semence, la semence embryon, l'embryon homme, l'homme cadavre, le cadavre terre, la terre pierre ou autre chose, et ainsi de suite, pour en arriver à revêtir toutes les choses naturelles." Giordano Bruno
-
Écrits sur Rousseau et les droits du peuple
Nakae Chômin
- Les Belles Lettres
- Bibliothèque Chinoise
- 21 Novembre 2018
- 9782251448800
Au début des années 1880, le Japon est traversé par un vaste mouvement démocratique réclamant une constitution et les libertés fondamentales. Le journaliste et penseur Nakae Chômin (1847-1901) y joue un rôle majeur : en 1874, il traduit Du contrat social en japonais avant de le faire en chinois classique, en 1882-3, sous le titre Min.yaku yakkai.
Cette traduction sera l'un des livres de chevet des démocrates japonais des années 1880 ainsi que des réformateurs chinois en 1898. Dans cette oeuvre, Chômin réussit à expliquer nombre d'idées complètement nouvelles en vidant les notions du confucianisme de leur sens usuel pour leur donner celles du Contrat social. À ce titre, le Min.yaku yakkai n'a pas été une traduction au sens actuel mais bien une réinvention. Chômin utilisa le chinois classique pour traduire d'autres textes (constitution française de 1793, déclaration d'indépendance américaine) et écrire de courts essais, tous inclus ici. L'ensemble donne au lecteur francophone la première occasion de se familiariser avec un aspect méconnu de l'histoire moderne japonaise, trop souvent associée au régime impérial. -
Le football passionne autant qu'il exaspère.
La majorité le vit comme la parenthèse chronique d'une passion festive et s'interroge : pourquoi le football ?
Dans ces pages superbes, Stéphane Floccari renvoie dos à dos les bavardages quotidiens et les commentaires autorisés, les diatribes moralisatrices comme les discours savants.
Le temps d'un match improbable, il fait jouer Platini et Jankélévitch, Juninho et Newton, Pelé et Pasolini, Van Basten et Merleau-Ponty, Cantona et Cioran.
Pour le plus grand plaisir de son lecteur, qui s'y verra conter une histoire philosophique et populaire de cette communion sans équivalent entre les hommes qu'est le foot.