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Les Contemporains Favoris
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Vivre(s) ; malaise dans la culture alimentaire
Valentin Husson
- Les Contemporains Favoris
- Bleue/essais
- 27 Juillet 2018
- 9782909140353
Mange-t-on pour vivre ou vit-on pour manger ? La question est peut-être mal posée. Car ce qu'il faudrait affirmer : c'est que le vivant mange la vie à pleines dents, et que vivre n'est qu'une métonymie de « vivres ». Voilà l'hypothèse de cet essai. La vie doit dès lors être pensée à partir d'un certain régime d'alimentation. Traduire Freud, pour aujourd'hui, c'est sans doute soutenir que le malaise dans notre culture est désormais alimentaire. Dégoût pour la vie, manque d'appétit pour elle, quand le vivant a en assez « soupé » et trinqué, il lui faut retrouver le goût de vivre. Comment réalimenter la vie ? Comment la vitaminer ? Comment, encore, lui donner envie de vivre, alors même que tout concourt à l'en dégoûter (terrorisme, catastrophes écologiques, famine, dépressions en tous genres) ? Cela engage l'écologie, et l'économie libidinale. Une diét-éthique reste donc à penser. Car vivre ne se peut sans quelque envie de vivre(s). Voilà pourquoi le vivant n'est que ce qu'il mange. Ce livre essaye d'interroger l'histoire de la philosophie, de Platon jusqu'à Levinas, afin de nourrir notre appétit et notre soif de vivre(s), et de nous libérer de l'ascétisme morbide, dont le nom le plus récent fut : Heidegger.
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La philosophie d'Alain Juranville ; un hégélianisme de l'inconscient
Jean-marie Vidament
- Les Contemporains Favoris
- Bleue/essais
- 21 Juin 2019
- 9782909140391
Nous pensons que Juranville a eu une bonne idée. Et que de cette bonne idée sont nées beaucoup de bonnes idées, jusqu'à produire une oeuvre aux dimensions hors-normes.
En effet ce que nous nous apprêtons à présenter ici est un vaste système, en réalité infini dans son déploiement possible, développé depuis une vingtaine d'année au travers d'une dizaine de livres.
Comme tout vrai système il est sans entrée ni sans sortie, et tout y fait entrée, la difficulté étant que tout y est aussi essentiel. Chaque terme (concept) est la clé de voûte qui soutient l'ensemble. Mais qui supporte encore aujourd'hui les systèmes, cathédrales arrogantes trouant les ciels bas de nos temps crépusculaires ?
La philosophie est au sujet social ce que la psychanalyse est au sujet individuel. Toute l'oeuvre de Juranville peut commencer à se lire depuis cette thèse. Comme A. Juranville le rappelle dans sa préface, la philosophie est avant tout « discours qui fait acte dans l'histoire universelle, comme la psychanalyse le fait dans l'histoire individuelle. Acte contre la répétition, désolante, de ce que Freud a appelé la pulsion de mort ». Ainsi, de même que l'analysant trouve la paix en reconstituant son histoire et en la formulant dans un récit, de même l'humanité peut reconstituer son histoire et en produire le récit achevé, où se dépose le savoir de son existence. Il est temps que la philosophie s'appuyant sur la psychanalyse, affirmant non seulement l'existence et son savoir mais aussi l'inconscient (soit notre identité vraie), réaffirme clairement son ambition : introduire à une société juste laissant toute sa place à l'individu.
Ce livre essaie donc d'approcher les choses pas à pas, de manière souvent intuitive et personnelle, et nous entraîne ainsi au coeur du vertigineux système juranvillien.
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De l'usage addictif : une ontologie du sujet toxicomane
Nicolas Floury
- Les Contemporains Favoris
- Bleue/Essais
- 31 Mai 2016
- 9782909140322
Ce livre retrace le parcours d'un individu qui devient un addict, individu de plus en plus en affinité avec notre époque où la parole semble se raréfier au profit exclusif de la jouissance des corps. La question est de savoir comment on devient toxicomane. Comment en effet catégoriser l'être d'un tel sujet ?
Le toxicomane recherche peut-être plus que tout autre le bonheur, mais il se fourvoie sur les chemins tortueux et qui ne mènent nulle part, de la répétition des satisfactions. L'addiction est toujours, nécessairement, une aliénation. Pourquoi le sujet toxicomane décide-t-il alors de s'engager dans une telle voie ? Une voie qui bien souvent n'a d'autre issue que la mort. En acceptant un tel risque, de quoi veut-il à ce point se séparer ?
L'auteur développe dans ce livre une thèse étonnante : pour le toxicomane, il ne s'agit, ni plus ni moins, que de parvenir à se libérer de l'aliénation originaire, notre aliénation au langage.
Uniquement attentif à la dimension aliénante du verbe, le toxicomane ignore toutefois sa dimension libératrice, liée à toute civilisation véritable. N'y aurait-il pas en effet une possibilité de rémission pour le sujet addict ? Une rédemption à trouver du côté de la culture, de son formidable potentiel de recomposition de l'humain ?
C'est pour répondre à ces questions que l'auteur propose ici une ontologie du sujet toxicomane bien éloignée de la doxa et des discours actuels sur les addictions et les toxicomanes.