Plon
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Un recueil tiré des manuscrits qui contiennent l'essentiel de la pensée de Simone Weil sur l'amour, le mal, le malheur, la violence, la beauté. Un livre rare qui fait partie de ceux qui vous accompagnent toute une vie.
" Il ne s'agit pas ici de philosophie, mais de vie ", écrivait Gustave Thibon, en 1948, en présentant ce recueil de pensées tirées des manuscrits que Simone Weil lui avait confiés. Dés sa parution, ce livre a eu un " effet " qui ne devait pas s'estomper. Pour ses lecteurs, il fait partie des rencontres primordiales : un de ces quelques livres qui ne vous abandonnent pas sur le chemin de la vie. Les textes " nus et simples " de Simone Weil traduisent une expérience intérieure d'une authenticité et d'une exigence peu communes. -
Cinquante ans après Les Héritiers : les étudiants et la culture de Pierre Bourdieu, paru en 1964, François-Xavier Bellamy dresse le constat suivant : nous voulons toujours éduquer mais nous ne voulons plus transmettre. Cette crise de la culture n'est pas le résultat d'un problème de moyens, de financement ou de gestion. Il s'est produit, dans nos sociétés occidentales, un phénomène unique, une rupture inédite : une génération s'est refusée à transmettre à la suivante ce qu'elle avait à lui donner, l'ensemble du savoir, des repères, de l'expérience humaine qui constituait son héritage.
Dans cet ouvrage, l'auteur pose la question : comment reconstruire le dialogue des générations ? Et trace des pistes pour ne pas laisser dans le dénuement une génération qui crie qu'elle ne veut pas mourir. -
Vladimir Jankélévitch approfondit dans cet ouvrage ses réflexions sur le mystère d'ambiguïté qui rend si déroutante aux yeux de certains la musique de Fauré et qui empêche de définir cet art autrement que par des couples de contradictions. Il retrouve ces paradoxes aussi bien dans l'oeuvre de piano que dans les mélodies, aussi bien dans la musique de chambre que dans le Requiem.
Évasif et précis, négligent et rigoureux, mystérieux et limpide comme un regard d'enfant, absent et présent comme une nuit d'été, lointain et proche comme une amie, distant et passionné comme un coeur secret, patent et latent comme une âme, tel est le langage de Fauré.
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Vladimir Jankélévitch se demande si le culte de la virtuosité et la glorification du « solisme », réhabilités par nos contemporains, ne traduisent pas à leur façon un attachement bien moderne à la chose précaire, à la féérie sans lendemain, à l'apparition disparaissante, éphémère et prestigieuse. Le culte de la virtuosité est en quelque sorte un hommage à la profondeur paradoxale de l'apparence.
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Né il y a quatre siècles, en 1588, Thomas Hobbes est le plus grand philosophe anglais. Le livre de Pierre Naville est le premier, à rendre la force et la modernité de la pensée de l'auteur du Leviathan. Hobbes a séjourné en France. Il a vécu la révolution qui a conduit Cromwell au pouvoir, et ouvert la voie aux conquêtes mondiales de l'Angleterre, dans les domaines du commerce, de l'industrie, de la science et de la colonisation. Présentant à la fois l'homme et son oeuvre, Pierre Naville restitue le climat intellectuel de l'époque. Les controverses entre Hobbes, Descartes, Leibniz et Spinoza éclairent, de façon nouvelle, l'histoire de la philosophie. On mesurera combien l'analyse des problèmes religieux de son temps et les théories de Hobbes sur la souveraineté de l'État demeurent actuelles. Le livre de Pierre Naville est une belle invitation à redécouvrir et à méditer Thomas Hobbes, le philosophe, le penseur politique - notre contemporain.
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Deux mouvements inverses semblent, chez Debussy, parcourir l'espace musical : l'un est descente aux enfers de la profondeur ; l'autre remontée à l'air libre, ascension vers les grands espaces de lumière. Mais quand on étudie ces deux mouvements, on comprend bien vite que l'essentiel chez Debussy n'est ni l'un ni l'autre : l'essentiel est l'instant impalpable, celui-là même que nous appelons apparition disparaissante, surgissement sur fond de silence et de ténèbres ; cet instant est l'éclair, ou à l'inverse (ce qui revient au même) l'étincelle qui est l'apparition saisie à l'instant où elle disparaît : Midi est dans le même instant le comble de la lumière et la lumière saisie dans le premier instant de son déclin.
Debussy donne une voix aux choses les plus impondérables et les plus précaires, les plus inconsistantes et les plus inexistantes de la création : une brève rencontre et une légère respiration, une réminiscence fugitive qui, comme l'étoile filante, traverse l'espace nocturne de la mémoire, un reflet qui tremble dans l'eau, un souffle de vent qui passe dans l'air du soir, un nuage dans le ciel.