Pluriel
-
Les historiens parlent du surréalisme comme du mouvement littéraire et artistique le plus important du siècle. mais qui nous dira à quoi ressemblait vraiment la révolution surréaliste ? que voulait cette poignée d'artistes et d'écrivains qui, non contents de chercher à « tuer l'art », se targuaient d'être des « spécialistes de la révolte » et proclamaient sur la couverture du premier numéro de leur revue : « il faut aboutir à une nouvelle déclaration des droits de l'homme » ? breton avait placé le manifeste du surréalisme sous le signe du non-conformisme absolu. seule une histoire absolument non conforme pouvait restituer l'enjeu de cette révolte hors du commun.
Une postface actualise la réflexion historique en montrant pourquoi le triomphe de l'art surréaliste devait non seulement tuer la révolution surréaliste, mais en effacer la mémoire.
-
Chacun sait que, sans la réception que lui fit la France, jamais la pensée de Heidegger n'aurait eu le retentissement qui fut le sien. Dominique Janicaud restitue l'histoire de ce cheminement, à travers les différentes étapes de la traduction de ses textes, des commentaires et des polémiques qui marquent les jalons de cet accueil. Cet ouvrage est aussi une belle introduction à la pensée de Heidegger.
-
Peter Sloterdijk est l'une des figures majeures de la philosophie contemporaine. Il a déjà publié en « Pluriel » Bulles (Sphères I) en 2003, Les Battements du monde (en collaboration avec Alain Finkielkraut) en 2005, Ni le soleil ni la mort en 2004 et LHeure du crime et le temps de l'oeuvre d'art suivi de Essai d'intoxication volontaire en 2001. Écumes est le troisième volume de la trilogie Sphères, celui où l'auteur développe la dimension sociétale et politique de sa réflexion : comment faire société avec ces bulles que sont les individus ?
L'écume est cette société de bulles. « La métaphore de l'écume présente l'avantage de mettre en image le voisinage d'unités fragiles dans un espace comprimé. Elle renvoie aussi à la fermeture nécessaire de toute cellule d'écume sur elle-même, bien que celle-ci ne puisse exister qu'en tant qu'utilisatrice d'installation de séparation commune (parois, portes, couloirs, rues, clôtures, installations frontalières, zones de transit, médias). » Cette perspective se déploie en utilisant des métaphores nouvelles pour penser le monde social (la capsule, les îles, la serre) et relier des phénomènes disparates, mais constitutifs de notre modernité, comme l'avènement de la société de consommation, la permanence des anciens discours révolutionnaires, la baisse de la fécondité, l'urbanisation, et ainsi proposer une vision renouvelée de ce qui nous met en mouvement : abondance, frustration, caprice.