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La communication use largement du beau, du tragique, du séduisant et de l'étonnant, voire du terrifiant : elle a une réelle connivence avec l'esthétique et il fallait le talent d'Henri Bourgeois pour la clarifier. Le manuscrit, daté de 1998, était jusque là inédit.
L'auteur ancre judicieusement le sens de l'esthétique dans une perspective à la fois philosophique et théologique. Une culture esthétique s'établit par de l'information, des commentaires d'oeuvres artistiques ou une description des émotions et des sentiments. Mais elle demande surtout de la réflexion, pour comprendre la forme de l'esthétique, sa structure et ses composantes.
L'école philosophique allemande de Francfort puis celle de Constance ont élaboré de précieuses analyses sur l'art, la lecture et la réception. Mais ce livre « français », à partir d'une relecture de Kant et des théoriciens des médias, relie l'esthétique et la communication et confronte la foi à l'une et à l'autre.
S'il y a effectivement un malentendu, un contentieux et un débat entre la foi et l'esthétique, c'est parce que l'esthétique, bien loin d'être extérieure à la foi, lui est très proche et même intérieure. Le tout est alors que la foi laisse émerger en elle cette forme ou cette dimension d'elle-même sans laquelle elle ne serait pas ce qu'elle est.
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Ni complètement transcendant, ni totalement immanent, le sens de l'union charnelle exige l'attention au corps lui-même comme vecteur de sens et réclame en même temps l'intention définie des deux amants, une contextualisation et plus largement, dans une perspective éthique, une éducation à l'amour. Que signifie la parole biblique : « ils ne feront qu'une chair » ?
La chair et l'éros, traversés par la solitude, la différence, l'errance, appellent la relation et le don au creux du désir. L'incarnation humaine elle-même est la structure de la relation à l'autre comme autre, la condition de possibilité de l'accès à autrui, qui ne peut s'établir que dans et par le désir : par sa nature, celui-ci fait se rejoindre deux chairs sans les confondre ni les instrumentaliser.
Phénoménologie et éthique chrétienne s'entrelacent en se questionnant. Elles ont des assises singulières mais aussi une manière commune d'envisager l'homme comme un être incarné, un être de désir et en relation avec autrui. Intimité, pudeur, pulsion, alliance, relation, unité, transcendance, chaque notion vient éclairer les facettes du rapport difficile entre la chair et l'éros au fil de ces pages rigoureuses et passionnantes.