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Rue de l''échiquier
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Dénouer : Petite philosophie pratique de la médiation
François Jullien
- Rue de l''échiquier
- Petites Flèches
- 3 Octobre 2025
- 9782374255521
La médiation prend une importance croissante dans nos sociétés. Mais ne garde-t-elle pas un certain flou au dire des médiateurs eux-mêmes ? Qu'est-ce qui résiste donc, en elle, à notre pensée ? Ne sommes-nous pas mieux disposés à penser la figure du Juge qui « tranche » le procès de l'extérieur, de par sa seule autorité ? Plutôt que celle du Médiateur engageant un processus d'où puisse advenir le « dénouement » du conflit ?
François Jullien propose ici une suite de concepts pour éclairer la logique de la médiation et l'art d'opérer, tels le « potentiel de situation », le « biais », l'« amorce », la « viabilité » ou la « disponibilité » ; ou encore l'« écart », l' « entre » et la « dé-coïncidence ».
Au « compromis » de la concession et de la demi-mesure si souvent invoqué, ne faut-il pas préférer le com-possible - soit un possible ouvert aux parties en conflit - libérant ainsi une voie féconde ? Une leçon de la Médiation qui, sans doute, vaut aussi en politique. -
Je crois donc je suis : le grand bazar des croyances contemporaines
Thierry Jobard
- Rue de l''échiquier
- Les Incisives
- 15 Septembre 2023
- 9782374254128
Depuis une dizaine d'années, on constate un engouement massif pour l'ésotérisme. Dans un monde bouleversé, on trouverait des réponses et du sens à notre vie en décryptant les oracles et autres jeux de tarot ; on se reconnecterait au pouvoir de la nature en s'initiant à la sorcellerie et au chamanisme ; on pratiquerait ses propres « rituels » à l'aide de plantes, de pierres ou de cristaux pour agir sur les choses et les événements. Mais que se cache-t-il derrière ces nouvelles croyances ?
Thierry Jobard analyse ici le renouveau de l'ésotérisme. Au-delà de la dimension ludique invoquée par les professionnels du secteur, ne faut-il pas y croire un minimum pour adhérer à ses promesses ? Et que cela veut-il dire de notre rapport à la science, à la connaissance et à la vérité ? Est-ce que le grand bazar de ces croyances contemporaines ne représenterait pas un terrain fertile pour le complotisme, le sectarisme ou d'autres dérives ? -
Peut-on parler de « totalitarisme » quand il s'agit de nommer le pouvoir des multinationales tel qu'il s'est construit et imposé depuis le début du xx e siècle ? Avec ce texte court, Alain Deneault démontre avec une grande finesse philosophique les processus qui permettent de l'affirmer.
Alors que la pratique politique moderne voudrait que les sujets d'une collectivité obéissent aux lois, non aux puissants, on assiste à un renversement pervers : ce sont les multinationales, aujourd'hui, qui soumettent la délibération des assemblées politiques à d'autres « lois », supérieures, qu'elles s'assurent de rendre efficaces : la « loi » du marché, la « loi » de la concurrence, la « loi » universelle de l'offre et de la demande.
Tout est affaire de confusion.
En s'appuyant sur le cas d'école que constitue l'entreprise Total, le philosophe insiste sur le fait que les sociétés privées se réclament en permanence de la loi pour fonder sur elle leur autorité et la jouissance même de leur domination sociale. Mais que signifie au fond « c'est légal » quand les actes ainsi autorisés par des législations complaisantes - le travail forcé des enfants au Myanmar, la pollution meurtrière du delta du Niger, etc. - choquent à ce point la conscience commune ?
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Animal porn ; manifeste (radical) pour en finir avec la souffrance animale
Kadel Sabir
- Rue de l''échiquier
- Diagonales
- 9782374252179
Dans cet essai à la logique implacable, voire jusqu'auboutiste, Sabir Kadel interroge nos incohérences face à la souffrance animale. Selon lui, nous ferions en permanence preuve de dissonance cognitive en discriminant « entre les animaux qui méritent de finir dans nos assiettes et ceux qui méritent qu'on dépense des centaines d'euros en soins par mois pour eux ».
Une par une, il bat en brèche toutes les raisons qui nous conduisent à accepter la consommation de viande, en resituant le débat sur le plan de la morale : « quoi en effet de plus monstrueux que d'enlever la vie à un animal qui ne nous a rien fait, dont l'existence ne met pas en péril la nôtre, uniquement car l'on veut goûter à sa chair ? »