Filtrer
Stock
-
La splendeur du monde : Aller à la rencontre de la beauté
Laurence Devillairs
- Stock
- Les Essais Stock
- 15 Mai 2024
- 9782234097148
« C'est beau ». En trois mots, tout est dit. Devant un paysage comme devant un tableau, les mêmes trois mots. Que veulent-ils dire ? Qu'expriment-ils : un plaisir, une préférence, une appréciation culturelle ? Et si c'était tout cela à la fois et bien plus encore ? Et si la beauté, notre capacité à la voir, à la sentir et à l'entendre, était la manière singulière et profonde que nous avons d'être vivants, sur cette Terre ?
Au fil d'une trentaine de textes lumineux, mettant en scène ses propres expériences esthétiques, Laurence Devillairs tente d'élucider le mystère de la rencontre avec la beauté et nous invite à réapprendre à voir le beau, qui nous échappe souvent par manque de temps ou conformisme.
Elle propose pour cela des « exercices d'esthétiques appliqués » - tenter d'apprécier ce qu'on n'aime pas, voyager comme Bouvier sans attentes ni plans, accomplir non pas une bonne action mais un beau geste. Le jeu en vaut la chandelle ; qu'elle soit naturelle, créée ou bien même morale, la beauté nous fait une grande promesse, celle d'être émerveillés, changés et d'exister de façon plus accomplie. -
Ce qui arrive aujourd'hui survient souvent comme une énigme : face à la violence d'événements qui montrent toujours un visage qu'on n'attend pas, on est tenté soit de s'accrocher au passé (à la moindre polémique, « C'est le retour des années trente ! »), soit de se projeter dans le futur par réflexe de table rase. De fait, rien n'est plus difficile que d'éprouver le présent, et de suivre l'exigence de Péguy : « Se mettre en avance, se mettre en retard, quelles inexactitudes. Être à l'heure, la seule exactitude. » Alain Finkielkraut relève le pari. Alliant rigueur de pensée et de formulation, il saisit les principaux moments politiques, sociaux, philosophiques et médiatiques qui ont marqué ces deux dernières années, s'appuie sur de grands penseurs (Arendt, Camus, Kundera, Alain), tire les enjeux, prend de la distance pour en donner une analyse juste.
Devant le choc que fut l'attentat de Charlie Hebdo, face à un esprit de pénitence nationale devenu obsessionnel, devant les excès du pouvoir mais aussi des contre-pouvoirs, face à une gauche qui se sait mortelle, ce livre révèle un souci : celui de contrebalancer par la pensée le déséquilibre permanent dans lequel nous pousse le présent.
-
« Aujourd'hui, notre pitié ne s'arrête plus à l'humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l'invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d'autrefois, l'imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.
L'homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s'identifier à toutes les créatures. Ainsi s'explique l'irruption récente de la cause animale sur la scène politique.
La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l'impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du coeur ? » A. F.
-
Jacques derrida, saint augustin ; des confessions
Jacques Derrida
- Stock
- 3 Janvier 2007
- 9782234059610
Le dernier colloque auquel a participé Derrida aux États-Unis (en 2001) avait pour objet de croiser l'un de ses ouvrages les plus déroutants, Circonfession, et Les Confessions de saint Augustin (dont on célébrait le jubilé). L'expérience de sa mère mourante avait amené le philosophe à se replonger dans l'ouvrage d'Augustin, au point d'y découvrir un des fils conducteurs de sa vie. Dans ce colloque, on entend, bien sûr, la voix unique de Derrida, on l'écoute dialoguer in vivo avec les plus grands spécialistes de la patristique mais aussi avec des philosophes contemporains, dont certains étaient ses amis les plus proches. Le dialogue est d'autant plus fécond que s'y ajoute un autre grand « augustinien » du postmodernisme français : Jean-François Lyotard. Aussi riche sur Augustin que sur Derrida, ce volume renouvelle en profondeur la vision qu'on peut avoir des deux oeuvres. Par leur portée épistémologique, certaines contributions font pour Derrida ce que Veyne avait fait pour Foucault en écrivant son Comment Foucault a révolutionné l'histoire. D'autres, comme les essais de Caputo et de De Vries, notamment, rendent à la pensée de Derrida sa véritable dimension théologique.