Espace D'un Instant

  • Gravité

    Mîrza Metîn

    Ferhad a fui Sengal, livrée à la barbarie, et tente de trouver son chemin vers l'Occident. À Istanbul, il croise Sêrîn, une Kurde d'Allemagne qui tente de retourner à ses racines. Au moment où ils se rencontrent, le temps s'arrête et leurs coeurs s'emballent. Mais aucun n'interrompt son voyage, car pour chacun d'entre eux c'est une question existentielle. Mais leur parcours est semé d'embûches. Parviendront-ils à se retrouver ? Gravité est un texte basé sur des histoires vraies, qui se concentre sur les tragiques massacres subis par les Kurdes yézidis et les dilemmes rencontrés par les Kurdes de la diaspora. Une histoire d'amour poursuivie par la guerre.

  • Terriblement humain met en scène deux couples de voisins etun médecin confrontés au problème des migrants. Si le premiercouple appartient à la bourgeoisie aisée, ouverte sur le monde eta priori éclairée, le second est issu d'un milieu rural, populaireet pratiquant. Le migrant est incarné par un homme noir venu àpied de la Corne de l'Afrique pour témoigner de l'injustice quilui a été faite et mourir. Quant au médecin, ancien bénévole dansune ONG en Afrique, il ne peut que constater, une fois de plus, son impuissance.

  • Jour de colère Nouv.

    Cette pièce retrace, étape par étape, la chute d'Erzi, infirmière au service de néonatologie d'un hôpital en crise. Les anges, décidés à prolonger son calvaire, précipitent sans relâche la descente aux enfers de la jeune mère, qui perd son emploi, l'amour de ses proches, son intimité...
    Tandis que les situations se succèdent à un rythme effréné, ce "chant d'un coeur stupide" questionne avec une ironie mordante le destin de l'empathie à l'ère néolibérale.

  • Ceci est un rêve est une surprenante opérette, dans laquelle l'auteur orchestre avec humour et fantaisie un vaudeville oriental, riche en impostures et quiproquos, intrigues amoureuses et situations burlesques. Les passagers d'une croisière, sous l'effet de quelques cigarettes très spéciales, sombrent dans un rêve tout aussi particulier...
    Ferhad et Sirin, écrit en prison, est une histoire d'amour inspirée d'une légende populaire. On y retrouve l'intérêt de l'auteur pour les contes et les thèmes épiques. Ferhad, peintre décorateur, doit, pour retrouver sa bien-aimée, la princesse Sirin, percer une montagne pour amener l'eau jusqu'à la ville, où le peuple meurt de soif.
    Ivan Ivanovitch a-t-il existé ? était jusqu'à présent la seule pièce de Nâzim Hikmet à avoir été publiée en français. L'auteur explore le réalisme socialiste, mais toujours avec le même regard critique, contre le culte de la personnalité et le régime stalinien.

  • Saleté

    Béla Pintér

    Celle qui n'est pas aimée ne comprend pas vraiment pourquoi elle est « si peu » aimée. Elle blâme le monde pour cette injustice ou encore les gens pour leur apathie, alors qu'en fait tout le monde l'évite à cause de son intelligence émotionnelle aiguë, de son égoïsme et de son étroitesse d'esprit. Et l'éviter est bien ce qu'ils font tous. Ils n'ont pas vraiment envie de lui adresser la parole. Ne pas être aimé est une agonie. Sourcils froncés, on serre les dents, et les mains deviennent des poings. C'est dans des instants comme ceux-là qu'elle devient dangereuse. Elle, qui n'est pas aimée.

  • Au début de Rose is a rose is a rose is a rose, Ivana Sajko écrit : « Je voulais écrire sur l'amour, persuadée que c'était un thème subversif - à la fois esthétique et politique. » Scènes de la pomme est inspiré du récit biblique du péché originel. Est-il possible de concevoir un paradis privé dans ce monde de catastrophes ?
    « Tout a été foutu en l'air et on ne peut pas le dire autrement. » Ainsi démarre la pièce Ce n'est pas nous, ce n'est que du verre, parce que « l'économie s'est effondrée comme des dominos. Le même mécanisme, la même vitesse ».
    Les textes dramatiques d'Ivana Sajko sont peuplés des perdants de la modernisation, dans leur combat pour survivre et, peut-être, aimer.

  • Gangrène

    Wadiaa Ferzly

    Damas, 2015. Une famille « déplacée » loin des zones de combat. Loin de la maison qu'on a dû abandonner, mais que la mère continue à payer en cachette. Le mari qui perd son travail. Le fils qui sèche les cours, enchaîne les petits boulots et les humiliations. L'arbitraire, la corruption, les privations. La tension de la guerre imprègne le quotidien. La chaleur torride, les rires, les disputes. Et puis le drame. Telle la gangrène, la guerre a ravagé les corps et les âmes. Faut-il rester, s'accrocher à l'espoir de retourner un jour dans sa maison, ou s'endetter encore et prendre le dangereux chemin de l'exil ? Wadiaa Ferzly met en scène avec beaucoup de finesse et d'empathie la vie de ces Syriens victimes de la guerre.

  • Kharkiv, les années 90. Tout en continuant à écrire, San Sanytch décide de quitter son travail chez les Boxeurs pour la justice, pour se lancer dans le business. L'idée est d'ouvrir le premier club gay de la ville, sous couvert de « loisirs exotiques ». Un spécialiste du show-biz sur le retour est embauché, tandis qu'un partenariat est conclu avec l'administration municipale, qui en profite pour leur glisser un missionnaire australien dans les pattes, alors qu'il faut repousser les velléités de la mafia locale. Mais l'entreprise tourne au désastre. Derrière cette comédie quasi balkanique, qui conjugue absurde et burlesque, sont évidemment dénoncées l'intolérance et la corruption au sein d'une société post-révolutionnaire qui découvre la liberté et la démocratie à l'occidentale.
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  • Sivas 93

    Genco Erkal

    Début juillet 1993, de nombreux artistes, écrivains, poètes, musiciens, acteurs, journalistes,.. dont Aziz Nesin, sont réunis à Sivas, ville de Turquie, pour la 4ème édition d'un festival culturel en hommage à Pir Sultan Abdal, poète et philosophe alévi. Au deuxième jour du festival, une foule haineuse d'islamistes radicaux met le feu à l'hôtel Madimak, où les participants sont logés, sans que les autorités n'interviennent.
    37 personnes, en majorité des intellectuels alévis, périssent dans l'incendie.
    Après avoir pris la décision d'écrire une pièce documentaire sur ce massacre, Genco Erkal s'est mis à collecter des documents officiels, témoignages, enregistrements vidéos, décisions des tribunaux, etc. Il en a fait un montage pour raconter le déroulement des événements de ce jour noir de l'histoire de la Turquie.
    La version française de Sivas 93 a été présenté pour la première fois au public lors du festival « l'Europe des théâtres » en 2017 à Paris.

  • Tchernobyl. Dans la zone irradiée où, paradoxalement, la nature a repris ses droits, quelques irréductibles se sont maintenus, malgré les oukases gouvernementaux. Là survit, en dépit de tout et de tous, Baba Prissia, une grand-mère forte en gueule et toujours rebelle, un peu guérisseuse, un peu sorcière. Dans le même temps, de riches Russes à la gâchette facile font des safaris à travers la forêt peut être contaminée, mais giboyeuse. Cette rencontre fulgurante et haute en couleur entre plusieurs univers qui ne peuvent pas cohabiter devient une fresque épique qui s'inscrit dans l'Histoire du XXe siècle.

  • Près de dix ans après la fin de la guerre, le Kosovo s'apprête enfin à déclarer son indépendance. Le gouvernement demande alors au Théâtre national de préparer un spectacle pour le jour J. Mais le metteur en scène est soumis à tant de contraintes incompatibles que l'événement connaîtra de multiples rebondissements...
    Le Royaume-Uni vient de sortir de l'Union européenne : il y a une place à prendre et le Kosovo vise à l'occuper avant la Serbie. Il s'agit de remplir au plus vite les critères d'accession, ce à quoi tâche de s'employer la boucherie Tony-Blair à Prishtina. C'est sans compter la corruption des fameux inspecteurs et la mobilisation des animaux...

  • 2019 - Comédie de fiction sans science, créée à Istanbul en 2009, est une comédie amère qui décrit la Turquie en 2019, sous un État religieux. Différentes scènes évoquant la vie quotidienne sousce nouveau régime (nouvelles télévisées, publicité, démarches administratives, vie religieuse, tournage de film...) alternent avec des scènes décrivant la vie de deux hommes, Mustafa et Kemal, qui vivent clandestinement enfermés dans une cave, dans l'espoir d'en sortir un jour pour participer à la résistance kémaliste.

  • Avec Peer Gynt du Kosovo, voici donc la farce poétique de Henrik Ibsen transposée dans notre Europe du XXIe siècle. Peer Gynt rêve d'un ailleurs de tous les possibles, où il pourra vivre une existence dorée. Il fait donc ses valises, quitte sa mère et son Kosovo natal. Ses aventures le confrontent à des réalités moins heureuses que prévu, sans épuiser sa lumineuse recherche de bonheur et de liberté. L'Effondrement de la tour Eiffel croise deux histoires sur fond d'extrémisme religieux. L'une à Paris de nos jours, où un amoureux éperdu s'est mis en tête d'enlever tous les niqabs des femmes qu'il rencontre afin de retrouver sa bien-aimée ; l'autre, dans les Balkans sous occupation ottomane, où le soldat Osman est chargé de couvrir les têtes féminines.

  • Dans un pays qui vient de s'effondrer, des voix s'interpellent, racontant les malheurs du présent, entre nostalgie du passé et espoirs d'une vie meilleure et d'un pays nouveau qu'il faut construire.
    La directrice d'une société décide de licencier l'un de ses deux assistants. Ceux-ci en viennent aux pires extrémités pour conserver leur poste. Il leur faudra des nerfs et des genoux solides pour survivre dans ce monde cynique fondé sur la compétition et l'humiliation.

  • À hue et à dia, de simples bougres veulent tailler la route des Balkans, ce trou du cul du monde où règne en maître le chaos. Dans cette folle fuite en avant, les coups pleuvent de toutes parts jusqu'à s'abattre sur celui-là même qui les donne. Mutilés, meurtris, laissés-pour-compte, marginaux se tiennent dans une ronde carnavalesque à (se) couper le souffle. Foutre ! Comment se sortir de ce cauchemar ? Où qu'ils aillent, quoi qu'ils fassent, il n'y a pas d'amour heureux, pas d'amitié véritable, pas d'acte de raison, pas d'humanité... Un cri de désespoir, des mots et des maux, un poing dans la gueule, avant d'allumer la mèche. Baril de poudre est aussi le scénario du film culte de Goran Paskaljevic.

  • Deux adolescents désabusés manipulent leurs parents respectifs sur fond de conflit confessionnel entre chrétiens et musulmans, de suspicion généralisée de terrorisme et d'addiction aux jeux vidéo. La pièce de choc d'un jeune auteur géorgien à l'ironie cinglante.

  • L'état

    Alexander Manuiloff

    Début 2013, Plamen Goranov, photographe et alpiniste bulgare, est l'un des chefs de file des manifestations qui se déroulent en Bulgarie, en protestation contre la pauvreté, la corruption et la faillite de l'État.
    Le 19 février, à Varna, il déclare publiquement qu'il s'immolera le lendemain à 17h00 si l'administration locale refuse de démissionner.
    Le lendemain, il met ses menaces à exécution, avec plusieurs heures d'avance, sans laisser aucune lettre. Plus d'une douzaine d'immolations dans l'espace public suivront.
    Son destin évoque naturellement ceux de Jan Palach, après l'écrasement du printemps de Prague, ou du tunisien Mohamed Bouazizi, déclencheur des printemps arabes.
    L'État parle de Plamen Goranov, le premier à s'être immolé en Bulgarie, mais parle de nous aussi, des États que nous créons et de l'état dans lequel nous sommes aujourd'hui.

  • La récolte

    Pavel Priajko

    Quatre jeunes gens de la ville se retrouvent en hiver dans une pommeraie pour cueillir de la Reinette dorée. S'ils semblent au premier abord amoureux de la nature, leur idiotie et leur incapacité à se servir de leurs mains va bientôt transformer tout ce qui, au départ, devait simplement relever de la simple sortie champêtre en un véritable champ de ruine, au sein duquel vont progressivement se révéler la violence sourde qui sous-tend leurs rapports ainsi que le sentiment de marasme autour duquel s'organise réellement leur vie quotidienne.
    En dépit de leurs efforts pour bien faire, les quatre amis font tout de plus en plus mal et ne savent concrètement que détruire. C'est finalement une pommeraie dévastée que les quatre protagonistes de cette histoire sans histoire laisseront derrière eux, sans être parvenus à préserver la moindre pomme. Une post-Cerisaie qui signe la fin d'un monde.

  • Beslan, septembre 2004. Plus d'un millier d'enfants et d'adultes sont pris en otage le jour de la rentrée scolaire dans uen école d'Ossétie-du-Nord, dans le Caucase, par un groupe de terroristes réclamant le retrait des troupes russes de Tchét- chénie. Après plusieurs jours, les forces russes donnent l'assaut : bilan, 334 morts. Tous les preneurs d'otage sont tués, sauf un. Il plaide non coupable. Malgré les demandes des familles des victimes, aucun responsable politique ou militaire ne répondra de cet assaut devant la justice.

  • Lorsqu'on est persuadé que, pour guérir quelqu'un qui souffre d'un mal inconnu, il suffit de conjurer le mauvais sort par la prière, encore faut-il savoir dans quelle direction le mal va sortir. Dans le village, ceux d'en haut voudraient le voir sortir vers le bas, et ceux d'en bas, vers le haut. De quoi semer la discorde entre voisins, chacun se tenant prêt à faire obstacle à ce malheur et à le communiquer aux autres, jusqu'à ce que la victime finisse par être tenue pour responsable du conflit suscité par ces superstitions...

  • Un homme raconte une journée de son existence, alors qu'il n'est plus. Est-il mort, est-il simplement absent au monde ? Qu'importe, il accompagne son propre personnage à travers une après-midi, lors de laquelle il tente de renouer le dialogue avec une jeune femme, qu'il a quittée sans explication, et son père, un vieil homme avec lequel il n'a jamais réussi à communiquer. « Dans ce périple minuscule, qui devient un chemin du dévoilement, ou de réparation, des leurres s'effondrent, des mensonges prennent l'eau. Se dévoile la fausseté de l'amour, le leurre de l'amour du père et de la mère, du père amoureux d'une autre femme, et de la relation de notre homme et de cette femme qu'il n'a jamais su aimer non plus. Ou jamais pu. La crudité, la cruauté du réel, on pourrait s'y enfoncer, s'y perdre facilement. Et quelque chose, alors qu'on ne s'y attendait pas, vient tout sauver... » Eugène Durif

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