Langue française

  • La pièce met en lumière les raisons du long séjour de Pétrarque à Carpentras, à Avignon et à Vaucluse. Fils d'un exilé florentin pourchassé comme Dante pour des raisons politiques, Pétrarque reviendra vivre en Italie les vingt dernières années de sa vie, mais ce ne fut pas un « long fleuve tranquille » comme on pourra le constater au travers du 4e des 5 « entretiens » prévus. Grand voyageur et grand humaniste, Pétrarque aura marqué son époque tout en désespérant de la politique menée par ses contemporains français, italiens ou germaniques. Son amour pour Laure - ou pour le laurier poétique - aura été l'étoile qui a conduit son nom vers la postérité.

    Cette pièce procède du désir de faire découvrir la vie du grand poète italo- provençal dans sa dimension historique et non pas seulement légendaire. Les dialogues imaginés entre Pétrarque et certains membres de sa famille ou avec tels éminents personnages comme Philippe de Cabassole, Boccace, Cola di Rienzo, le pape Clément VI, l'empereur du Saint-Empire Charles IV, ne sont sans doute que plausibles mais ils s'appuient sur des témoignages historiquement avérés et sur la correspondance de Pétrarque, ainsi que sur le reste de son oeuvre.

  • Ces deux-là n'auraient pas dû se rencontrer. Elle s'est construit une histoire d'amour avec un beau pompier. Lui n'a vu que la possibilité d'assouvir ses pulsions sexuelles. Elle n'a pas su dire non. Il l'a offerte aux autres. Pourquoi aurait-il été le seul à profiter de la bonne aubaine. Elle doit aimer ça puisqu'elle ne dit jamais non. Mais en a-t-elle la capacité ? Sait-elle qu'elle peut dire non ? C'est une fille limitée, c'est ce qu'ils disent mais font comme s'ils ne s'en apercevaient pas. Elle a fini par raconter. À d'autres femmes. Et il va être jugé. Il a peur. La cité va défendre la victime contre ses bourreaux. Vraiment ? Dans un monde d'hommes. La parole d'une fille « limitée » qui se comporte comme une « chienne » de film porno, contre celle d'un soldat du feu. Et la fille gagnerait ?

  • La grande décharge

    Eric Pessan

    Ils ont quitté la ville, chassés par la misère, coupant tout lien avec leur passé.
    Leur pas les ont guidés vers la grande décharge, ce ventre gigantesque surgi à la périphérie de la ville, sans cesse nourri et engraissé par la noria de benne chargée à ras bord de détritus et du trop-plein de ceux d'en face.
    Petit à petit ils se sont acclimatés à leur nouvel environnement et y ont pris racine.
    De la ville ils ont encore conservé le langage qui évoluera inéluctablement vers l'extrême dépouillement faute de nourriture spirituelle et d'un apport culturel.
    Ils sont pourtant nos semblables, abandonnés au bord de la route puis oubliés. La grande décharge est devenue leur terre d'accueil où s'ébattent leurs enfants, loin du regard de leurs mères, continuellement inquiètes, mais impuissantes à suivre leur déplacement dans ce territoire chaotique, véritable enfer sur terre dont chaque parcelle est source de mortels périls.
    Ils sont contraints de s'entendre et de partager la richesse de la décharge : à tel les pneus, à tel autre les métaux.
    Le temps est marqué par l'arrivée des bennes. Une grève des éboueurs les plongent aussitôt dans le désespoir, mais il n'y a point de sortie.
    La frontière, bien qu'invisible, existe et leur donne paradoxalement un sentiment de possession.
    Le territoire de la grande décharge est bien le leur, pourquoi alors ne pas proclamer leur république : « la République de la Grande Décharge ».
    La métaphore va loin, elle est le triste reflet d'une réalité humaine et écologique.

  • Kaiser ; notre père

    Alexis Ragougneau

    Kaiser conte la trajectoire américaine des frères Kaiser, fondateurs à la fin du XIXème siècle des abattoirs géants de Chicago, instaurant pour la première fois - bien avant Ford - le travail à la chaîne, transformant radicalement la manière de travailler et de se nourrir du monde occidental, faisant germer sur un même sol les deux grands phénomènes de masse qui ont marqué le vingtième siècle : consommation et génocide. Rarement un lieu aura-t-il à ce point concentré les prémices d'un siècle en gestation : le monde moderne est né au fond des abattoirs de Chicago. Kaiser raconte l'épopée de cette naissance.

    Notre Père est une fiction s'inspirant d'une histoire vraie, celle de l'une des plus puissantes congrégations de l'Eglise catholique. Considéré par beaucoup comme un véritable saint, son fondateur et dirigeant pendant plus de soixante ans était en réalité un criminel dont la culpabilité a été reconnue sur le tard par les autorités vaticanes. L'affaire décrite dans Notre Père va bien au delà du simple fait divers, repoussant à des limites exceptionnelles le contraste entre les apparences et la réalité, entre l'ombre et la lumière.

  • Ce récit écrit au fil de la plume retrace un itinéraire à travers le monde du spectacle vivant sur environ 40 ans. Celui d'un homme de théâtre qui a commencé sa carrière d'acteur en Provence, dans la décentralisation, confronté tout d'abord à Sophocle, Molière, Labiche, Giono ou Giraudoux, il a également très vite été intéressé par les techniques de la scène, menant ces diverses activités avec enthousiasme.
    Arrivé à Paris, il a vécu aux côtés de Jean Mercure, son fondateur, l'aventure de la création du Théâtre de la Ville en 1967. L'auteur fait revivre tout un pan de l'histoire de ce lieu au renom international. On y retrouve des parcours artistiques exceptionnels, on y voit des artistes aujourd'hui reconnus débuter leur carrière, on y évoque des oeuvres marquantes qui y ont été créées. On passe aussi de l'autre côté du rideau pour entrer dans la fabrication des spectacles, les répétitions, les doutes et les joies de la création au travers d'anecdotes et de souvenirs.
    Puis, on voyage avec l'auteur dans le monde entier au gré de sa curiosité à la recherche des spectacles qui ont fait la réputation de ce théâtre.

  • Que le théâtre ne soit pas un métier, mais une façon de vivre, une morale, un pari d'existence ; qu'il constitue moins une profession qu'une famille, qu'il engage le tout d'un individu, sa mémoire, ses fibres, ses amours et ses rêves ; et qu'il soit en cela plus proche de la poésie que des industries culturelles, du barde antique que du prestidigitateur - plus soudé à l'organisme humain qu'à nos prothèses et nos appareils - il suffira, pour s'en convaincre, de lire De théâtre et d'eau fraîche. Ce savoir théâtral un peu abstrait, Claude Confortès lui donne couleur et chaleur dans ce récit pittoresque, picaresque et sans façon. C'est un homme de l'art, qui en connaît comme personne toutes les facettes - comédien, auteur, dramaturge, metteur en scène, et qui, de son art, a fait chair et sang.
    Régis Debray Comédien au TNP avec JeanVilar et au Théâtre du Soleil avec ArianeMnouchkine, metteur en scène, assistant de Peter Brook, écrivain de théâtre, de poésie (récompensé par un Grand Prix de la SACEM), auteur d'un Répertoire d'auteurs de théâtre contemporain de langue française, de fictions radiophoniques, acteur et réalisateur de films, pédagogue, homme de rencontres, de convictions et d'engagements, Claude Confortès raconte au fil des pages son parcours théâtral, dans un récit tendre, entouré d'une époustouflante galerie d'amis.

  • « Il fallait que, d'une manière ou d'une autre, on se souvienne de moi. Pour que tout ça ait un sens. Il fallait que je rentre dans l'histoire !
    Pour de bon ! Par la grande porte ! Il fallait que Gloria Vénus imprime à jamais sa trace dans l'histoire du cabaret ! Il fallait une apothéose ! »

  • Le fou

    Benoît Lepecq

    On peut être orphelin de père comme orphelin de Dieu. C'est le cas du Fou. Le personnage émane d'une lame de tarot de Marseille. C'est l'illuminé, l'errant. Il clôt le cycle des enchaînements du destin avant la dissolution finale.

empty