Littérature traduite

  • Il s'agit d'un texte théâtral inédit de Michelangelo Antonioni écrit en collaboration avec Elio Bartolini, coscénariste du Cri, de L'Avventura et de L'Eclipse. Scandales secrets met en scène les theèmes chers a Antonioni dans ses films de cette période et fait la chronique de trois amours dont l'échec sert de catalyseur à l'émancipation des deux personnages féminins. L'intrigue se développe autour des amours clandestines de deux soeurs pour le même homme, dans la somnolente province du nord de l'Italie qui vient de connaitre les débuts du miracle économique et son cortège d'illusions. Deux soeurs, Diana (incarnée dans la mise en scène d'Antonioni par Monica Vitti) et Vittoria (Virna Lisi), vivent dans une petite ville du nord de l'Italie : la première est résignée à ce rythme de vie mesuré et prévisible dont l'autre sent en revanche toutes les restrictions mortifères. Tandis que Diana est fiancée avec Gianluigi, jeune professeur universitaire, Vittoria est la maitresse de Marco, à la vie dissipée, suffisamment cynique pour se consacrer presque uniquement à sa vie amoureuse pour laquelle il ne manque ni de temps ni de moyen semble-t-il. La relation scandaleuse de Vittoria est le moteur de l'intrigue : non seulement elle est à l'origine de conflits répétés entre les deux soeurs, mais elle sera la cause de la mort de leur mère malade du coeur, prélude à leur propre séparation. Si Vittoria se prépare à quitter leur petite ville natale pour les lumières de la grande ville, Diana se retrouve victime des attentions de ce même Marco, qui lui fait une cour de plus en plus pressante jusqu'a la convaincre d'admettre la mesquinerie de son mariage imminent avec Gianluigi.

  • Faire ça ! A son fils ! de Josep M. Benet i Jornet.

    Gloria : Tu les baises... On ne peut même pas dire que tu les mets au lit, pas besoin de lit... Tu les baises et après... (Pause.). Et après, comme qui dirait. tu les élimines.
    Pau : Non !
    Gloria : (Naturelle.) Tu les tues, avoue-le, mon fils. Tu les tues !

    La femme incomplète de David Planas.

    Le médecin : Qu'est-ce qui s'est passé ?
    La secrétaire : Lui, là, le bras orthopédique que vous m'avez mis hier, il fait des mouvements que je ne contrôle pas.
    Le médecin : Non, ça c'est impossible.

  • Von Dimitrakis

    Dimitris Psathas

    La pièce de Dimitris Psathas Von Dimitrakis a été écrite en 1946 et jouée à Athènes la même année. C'est une comédie qui représente les efforts d'un personnage de la bourgeoisie, Dimitris, pour accéder au pouvoir sous l'occupation allemande : les didascalies donnent l'année 1942 comme date de l'action. L'intérêt du texte réside dans le traitement humoristique du personnage qui s'efforce d'apparaître d'abord comme un résistant qui se défend courageusement. Néanmoins, il flatte avec la plus grande servilité un personnage de traître, Zarlas, un homme sans scrupule, très proche des Allemands, peut-être même des Anglais.

  • L'idée de Perlimplin est en projet chez Lorca dès 1923. La pièce se construit par ébauches successives (encore aujourd'hui conservées) jusqu'en 1926. A la veille d'être mis sur scène en 1929, le texte est saisi par la censure et interdit pour cause d'immoralité. L'Espagne est alors sous la dictature de Miguel Primo de Rivera. Puis arrive la République. Perlimplin est retiré de la censure et la pièce est créée en 1933 - pour une seule représentation - le 5 avril, avec la participation active de Lorca.

    Parmi toutes ses pièces, Lorca l'avait confié à un journaliste, c'était Perlimplin qu'il préférait.

    Sans doute la plus gracieuse, la plus équilibrée entre fantaisie et tension dramatique, entre légèreté et gravité, entre bouffonnerie et tragédie. Sensible et grotesque à la fois. Avec un parfum surréaliste dans le décor et les costumes. La plus intime, aussi.

  • On ne l'attendait pas ! de Stig Larsson est un drame dérisoire sur la reconstitution d'un temps vécu, passé et archivé dans la mémoire d'un père de famille. Le coeur de l'histoire est l'exercice d'un abus de pouvoir et de droit sur sa propre fille. Un sujet banal, indélicat et féroce, qui fait exploser le sens même de l'éternelle unité du noyau familial. Réalité ? Rêve ? Cauchemar onirique ? Une dramaturgie singulière, un jeu antinaturaliste, violent et poétique, servi par la sensibilité et l'imaginaire de jeunes acteurs. Une expérience théâtrale où tout se nourrit d'une vitalité éblouissante, sans triche ni conventions répertoriées.

  • La lutine

    Calderon De La Barca

    La Lutine, l'une des plus brillantes comédies du répertoire dramatique espagnol du Siècle d'or, n'en est-elle pas la plus gracieuse, la plus "charmante" ? Le charme justement, il s'exerce notamment dans ce jeu d'ombres et de lumières, cher à Calderόn, mais au service cette fois de l'esprit de comédie (des "nuits américaines" aussi dans ce théâtre, mais créées ici non par la technique mais par le verbe. L'acteur du Siècle d'or, dans l'après-midi de la représentation en plein air du corral, dit "il fait nuit" et le spectateur imagine la nuit). Une fois dissipés les faux semblants, ce jeu nous conduira à la vérité toute nue du sentiment amoureux (et au choix résolu du protagoniste masculin principal, don Manuel, de défendre sa dame, quitte à égratigner les lois d'honneur de l'amitié). Là encore, la vie est un songe, mais un songe de fantaisie. Le jeu, l'illusion sont les parures de l'amour, mais aussi ses prémices. Ils pourraient nous dire qu'aimer serait d'abord une envie de jouer, de construire une fiction, pour moins souffrir en somme de ce sentiment qu'est l'amour, même si la petite douleur reste toujours là, mêlée à la joie. Et le jeu risqué qu'entreprend doña Angela, décidemment très vaillante, permet à cette amoureuse de contourner les lois de l'honneur sans les enfreindre (un peu comme la métaphore peut contourner la censure).

  • L'importance d'être Parfait est la dernière pièce de théâtre d'Oscar Wilde et certainement la plus connue et la plus jouée. Elle marque, dans son sujet, la situation et l'ambiance générale qu'elle développe, un changement notable par rapport à tout ce que l'auteur avait déjà écrit pour le théâtre. Alerte enjouée, elle manie un absurde de bon aloi, en faisant appel à des ressorts classiques de la farce populaire, et à un florilège d'idées et de mots pétillants tels qu'Oscar Wilde sait les faire. Un bébé abandonné dans un grand sac à la consigne d'une grande gare londonienne à la place d'un roman sentimental en trois volumes, deux jeunes filles, fraîches, pures et décidées, pour qui l'homme idéal ne peut s'appeler qu'Ernest (alias Parfait dans cette traduction), vers la fin, une scène de reconnaissance digne des Fourberies de Scapin, toute une série de situations drôles et un tantinet absurdes, voilà, à peu près tous les ingrédients de cette pièce dont le succès auprès du public ne se dément pas. Pour conclure, une pièce particulièrement réussie à différents titres, d'abord parce qu'elle fut certainement un exutoire pour l'auteur, ensuite parce qu'elle a toujours enchanté et enchantera toujours le spectateur et enfin, parce qu'elle sollicitera bien souvent l'imagination de ses traducteurs.

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