Solitaires Intempestifs

  • Le fils retourne dans sa famille pour l'informer de sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l'on se dit l'amour que l'on se porte à travers les éternelles querelles. De cette visite qu'il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit.

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  • Si nous vous avons offensés, ombres que nous sommes, pensez que vous ne faisiez que dormir quand ces visions venaient surgie et ce fragile et vain mensonge, aussi évanescent qu'un songe, seigneurs, accordez-lui pardon : alors, nous nous amenderons.
    Oui, foi de puck, en vérité, si une chance imméritée nous épargne le noir venin, nous nous amenderons demain...

    Cette traduction a été créée le 11 mai 2004 à l''occasion de l'inauguration du Nouvel Olympia de Tours dans une mise en scène de Gilles Bouillon.

  • Est-ce un poignard que je vois devant moi, Le manche vers ma main ? - Que je t'empoigne !
    Je ne t'ai pas, et je te vois toujours.
    Toi, n'es-tu pas, vision de mort, présente Aux sens comme à la vue, ou n'es-tu rien Qu'un poignard de l'esprit, création fausse, Fruit d'un cerveau qu'oppressent des vapeurs ?
    Mais je te vois, de forme aussi palpable Que celui-ci, que je dégaine.
    Tu me contrains à poursuivre la route Où je marchais, et tel est l'instrument Dont il allait falloir que je me serve.
    Mes yeux sont rendus fous par tous mes sens Ou tous mes sens sont fous - et je te vois Toujours...

  • Cette édition s'adresse plus précisément au public des terminales qui aborde ce texte par le biais de la philosophie. Antigone met en scène le conflit entre les lois non écrites, sacrées et inviolables, des Dieux, et les lois écrites, civiles, utiles et opportunes de la Cité.

  • C'est encore au lycée qu'anton palovitch tchekhov, né en 1860 à taganrog, un petit port du sud de la russie, écrit une longue pièce que nous connaissons maintenant sous le titre de platonov (le titre original, absent du manuscrit, semble avoir été un néologisme signifiant approximativement " l'absence de pères ").
    Il y évoque la vie dans un domaine comme celui où son grand-père avait dû servir et y décrit la petite bourgeoisie de taganrog ; boutiquiers, nobles déchus, militaires de retour de la guerre de crimée au cours de laquelle massacres et pillages ont discrédité la génération des pères. trop longue, trop brutale, liée à l'actualité la plus immédiate, la pièce ne sera jamais jouée de son vivant, bien qu'il l'ait remaniée à plusieurs reprises pour l'abréger.
    La version originale que nous donnons ici (en signalant les coupes opérées par tchekhov pour la réduire et la normaliser) n'avait à ce jour jamais été traduite en français. elle permet de comprendre dans sa plénitude la force d'une oeuvre qui contient comme à l'état brut tout le théâtre du plus grand auteur dramatique de son temps. f. m

  • Quand je suis saoul. tout me plaît. Mmoui. Il fait ses prières ! Parfait ! L'homme, il peut croire ou ne pas croire. ça le regarde ! L'homme - il est libre. il paye toujours pour tout ; pour sa croyance, pour son incroyance, pour l'amour, pour l'intelligence - l'homme paye toujours lui-même, et c'est pour ça qu'il est - libre !. L'homme, c'est ça la vérité ! C'est quoi, l'homme ?. Ce n'est pas toi, ce n'est pas moi, ce n'est pas eux. non ! - c'est toi, moi, eux, c'est le vieux, et Napoléon, et Mahomet. en un seul tout ! Tu comprends ? C'est immense ! C'est ça, l'alpha et l'oméga. Tout est dans l'homme - et tout est pour l'homme ! Il n'y a que l'homme qui existe, tout le reste, c'est l'oeuvre de ses mains et de son cerveau ! L'HOMME ! C'est magnifique ! Ça sonne. fier ! L'HOMME ! Il faut respecter l'homme ! Ne pas le plaindre. ne pas l'humilier par la pitié. c'est le respecter qu'il faut ! Buvons à l'homme, Baron ! C'est bien, ça. de se sentir un homme !. -

  • Pourquoi ? Mais quoi, toute chose terrestre Ne crie-t-elle sa honte ? A-t-elle pu Nier l'histoire imprimée dans son sang ?

    Non, n'ouvre plus les yeux, Héro, sois morte.

    Si je ne te pensais agonisante, Si je croyais que ta conscience allait Résister à tes hontes, c'est moi-même, Comme un dernier renfort de tes remords, Qui frapperais ta vie. Et j'étais triste De n'en avoir qu'un seul ? Et j'en voulais À la frugalité de la nature ?

    Tu étais une en trop-pourquoi rien qu'une ?

    Pourquoi as-tu toujours été aimable À mes regards ? Pourquoi, par charité, N'ai-je pas recueilli l'enfant d'un pauvre, Dont, s'il se fût ainsi souillé d'ordure, J'aurais pu dire : « Rien de moi n'est sale, C'est de reins inconnus que vient la honte. » « Écrite dans les dernières années du règne d'Elizabeth, en 1598, Beaucoup de bruit pour rien est la première des pièces que Shakespeare consacre plus particulièrement à la Rumeur. D'Othello (1603) au Conte d'hiver (1610) en passant par Cymbeline (1609), les chuchotements de la calomnie sèment la haine, la jalousie et la mort. [.] Mais son traitement dans cette comédie est différent de ce que l'on va trouver ailleurs, car si la Rumeur est calomnie et entraîne l'action vers la tragédie, elle peut aussi avoir des effets positifs. » Margaret Jones-Davies, extrait de la préface

  • J'aurais préféré ne rien voir. Je me souvenais suffisamment. Et rester là, comme une cousine pauvre...
    Ce que je voudrais que vous sachiez : je craignais de gêner par ma présence, vous ne m'avez jamais beaucoup aimée, Hélène et vous ; et lui, près de vous, il m'aime moins, je préfère ne pas le constater. Un peu exclue par avance, inopportune, là à m'extasier sans fin sur le jardin, l'air de la campagne -je ne vous ai pas dit ? Je n'aime pas beaucoup la campagne et nous ne souhaitons pas prendre votre place ; venir s'y reposer, le barbecue, la tondeuse à gazon pour l'herbe haute, nous ne sommes pas fatigués...

  • Ce n'est pas bien ou mal‚ ou rassurant encore. Ce n'est pas vrai‚ c'est ainsi‚ ce n'est pas vrai‚ on imagine et on s'arrange avec ce qu'on imagine‚ mais ce n'est pas vrai.

    Je ne sais pas‚ je ne crois pas‚ je ne mourrai pas de chagrin‚ je ne m'imagine déjà plus‚ il ne me semble pas‚ je ne m'imagine déjà plus mourir de chagrin.

    Pourquoi est-ce que je mentirais ?

    On voulait la tragédie‚ la belle famille tragique mais nous n'aurons pas cela‚ juste la mort d'un garçon dans une maison de filles.

    Tu peux sourire‚ rien d'autre.

    Ce texte fut le premier à participer à la reconnaissance de Jean-Luc Lagarce après sa disparition, tant sur la scène francophone que sur la scène internationale comme en témoignent plus d'une trentaine de traductions à travers le monde. En 2018, la Comédie-Française donne une nouvelle mise en scène de cette pièce qui, portée par un choeur de cinq femmes, fait écho à Juste la fin du monde.

  • Je disais l'amour de ma vie et je te regardais / je te regarde et je pense je ne te reconnais plus / ton corps je le connais / les attaches les os tout ça je connais / mais dessous il y a quoi / dessous sous l'enveloppe il y a quoi ? / une sorte de nouveau toi et moi qui n'a rien à voir rien à voir je suis désolé / Un couple clôture son amour en deux monologues qui vont au bout de leur pensée, deux longues phrases qui ne sauraient s'interrompre, manière de solder les vieux comptes et marquer dans une langue poussée à bloc le territoire des corps.

    Clôture de l'amour, écrit pour les acteurs Audrey Bonnet et Stanislas Nordey, a été créé lors du Festival d'Avignon 2011 dans une mise en scène de l'auteur et a reçu un accueil enthousiaste auprès du public et de la critique. La pièce obtient, en 2012, le Prix de la Meilleure création d'une pièce en langue française du Syndicat de la critique et le Grand Prix de Littérature dramatique du Centre national du Théâtre. En 2013, le Prix de l'Auteur sera décerné à Pascal Rambert et celui de la Comédienne à Audrey Bonnet lors du premier Palmarès du théâtre.
    Traduit en dix-huit langues et joué dans une vingtaine de pays ce texte peut désormais être considéré comme un incontournable du théâtre français de ce début du XXIe siècle.

  • Mes compagnons‚ mes frères en exil.
    Notre longue habitude ne rend-elle.
    Plus douce notre vie en ces espaces.
    Qu'au sein des pompes peintes ? Ces forêts.
    Ne sont-elles plus libres que la cour ?
    Nous sentons moins le châtiment d'Adam.
    Et les saisons changeantes : quand la glace.
    Quand l'injure gelée du vent d'hiver.
    S'accrochent et me mordent tous les membres.
    Quand j'en tremble de froid‚ oui‚ même alors.
    Je souris et je dis : ces conseillers.
    Eux‚ sans chercher à me flatter‚ ne veulent.
    Que me montrer ce que je suis vraiment..
    Doux est l'usage de l'adversité.
    Qui‚ comme le crapaud‚ laid‚ venimeux.
    Porte à son front une gemme précieuse.
    Et notre vie‚ loin des séjours communs.
    Trouve une langue aux arbres‚ lit des livres.
    Dans le cours des rivières‚ des sermons.
    Dans les pierres‚ du bien en toute chose.

  • L'histoire sans histoire d'un homme dans la France de ces vingt dernières années, les rencontres, la famille, les amis, les amours rencontrées et vécues, le travail et les aventures. Le roman.
    On regarde, on imagine ce que sera sa vie, on croit la voir devant soi, et peu à peu, la vivant, on se retourne lentement sur soi-même, on observe le chemin parcouru, l'éloignement lent et certain qui nous mena là où nous sommes, aujourd'hui, du pays lointain d'où nous sommes partis.
    C'est le récit de l'échec, le récit de ce qu'on voulut être et qu'on ne fut pas, le récit de ce qu'on vit nous échapper. Et la douleur, oui. La douleur, mais encore, peut-être la sérénité de l'apaisement, le regard paisible porté sur soi-même.

  • On n'entend pas le pas d'un homme qui va à son travail et quand un homme court vers ce qu'il aime c'est son souffle qu'on entend mais quand la foule des guerriers se met en chemin c'est son pas d'abord qu'on entend son pas qui martèle oui les coups du marteau sur la terre le pas qui frappe et qui dit je suis là je suis partout Stabat Mater Furiosa, cri solitaire d'une femme qui se révolte contre la guerre et la violence, fut montée pour la première fois en 1999 par Christian Schiaretti. Depuis plus de soixante mises en scène ont été réalisées en France. Cette pièce d'un poète venu au théâtre a été traduite en sept langues et jouée dans quatorze pays.

  • Naître, ce n'est pas compliqué. Mourir, c'est très facile. Vivre, entre ces deux événements, ce n'est pas nécessairement impossible. Il n'est question que de suivre les règles et d'appliquer les principes pour s'en accommoder, il suffit de savoir qu'en toutes circonstances, il existe une solution, un moyen de réagir et de se comporter, une explication aux problèmes, car la vie n'est qu'une longue suite d'infimes problèmes, qui, chacun, appelle et doit connaître une réponse.
    Appuyé sur le livre des convenances, des usages et des bonnes manières, faisant toujours référence, sans jamais rien laisser passer de sa propre nature intime, cette bête incontrôlable qui ne laisse parler que son coeur, c'est bien risible, faisant toujours référence et ne voulant pas en démordre, à la bienséance, l'étiquette, les recommandations, le bon assortiment des objets et des personnes, le ton et l'ordre, on se tiendra toujours bien, on sera comme il faut, on ne risquera rien, on n'aura jamais peur.

    Si l'on en croit la baronne, tout est simple sur terre, pour peu que l'on respecte les règles d'un savoir-vivre, où de la naissance à la mort, rien n'échappe aux canons du bon goût officiel.
    Le Monde Un implacable et fort drôle manuel de sauvetage, sinon de survie, au fil des rites qui régissent la vie, de la naissance à la mort.
    Le Nouvel Observateur Lagarce passe insensiblement de la chambre nuptiale à la chambre mortuaire et, partant, raconte l'histoire d'une vie réglée comme du papier à musique et qui, sous la partition tatillonne, pousse par mégarde les pions de sa mélodie.
    Libération.

  • Laisse-moi tranquille toi la même folie cette fureur cette envie de détruire le monde comme ta mère tu vas détruire le monde ? tu es le génie qui va détruire le monde c'est ça ? tu vas faire exploser le langage montrer que quand nous parlons nous ne disons rien ? forcer à regarder notre inanité dans cet attentat par la langue ?

    Architecture est une brutale histoire de famille. Un naufrage. Entre le début de la modernité, la Première Guerre mondiale et l'Anschluss. Une période de trente ans. Nourrie d'espoir. Égorgée dans un bain de sang. Où le langage lui-même perd tout sens. Où le langage meurt.
    Architecture montre comment les plus belles structures s'effondrent et finissent par engloutir leurs enfants les plus brillants. Architecture est un memento mori pour penser notre temps. Si les plus brillants n'ont pu empêcher le sang comment ferons-nous dans un temps peu armé comme le nôtre si le sang se présente à nouveau ?
    Pascal Rambert

  • Boule à neige Nouv.

    Une boule transparente, on la renverse et il tombe de la neige. Cet objet incontournable des boutiques de souvenirs a fait rêver des générations d'enfants. Souvent remisé après usage au fond d'un tiroir, il est aussi un Graal pour les collectionneurs toujours en quête de la boule manquante, celle qui leur rendra leur enfance à jamais perdue. Considérée comme dérisoire, la boule à neige est loin d'être un objet anodin, comme le révèlent Mohamed El Khatib et l'historien Patrick Boucheron. Ils montrent dans cette performance comment un tel phénomène issu de la culture populaire permet d'interroger les actes de « qualification » et de « croyance » qui, par des opérations de « bénédiction » esthétique, de « sacrement » culturel, transforment un objet ordinaire en oeuvre d'art.
    Hugues Le Tanneur, pour le Festival d'Automne à Paris

  • Après la représentation, on chante une fois encore, on joue de petits sketches idiots qui nous firent toujours rire - ceux-là qu'on préfère et que nous gardons pour nous - on danse un vieux numéro que nous avions appris pour une ancienne revue de pacotille, on se souvient du temps de notre gloire passée au kristall-palast de leipzig.
    On ricane, on imite, on hurle de rire et parfois, aussi, nous nous laissons aller à la nostalgie. demain, nous fuirons, mais, ce soir encore, nous faisons semblant puisque nous ne savons rien faire d'autre.

  • Le spectacle Sopro (Souffle), mis en scène par l'auteur a obtenu le Prix « Globo de Ouro » en mai 2018 au Portugal.

    Et quand il souffla, cette phrase ne voulut rien dire, « la destruction va leur courir sur les talons ». Ce n'était même pas une phrase, rien qu'une série de sons collés les uns aux autres. C'était un long mot susurré. « La destruction va leur courir sur les talons. » Mais lorsque l'acteur qui jouait le roi Henri prit la parole, « la destruction va leur courir sur les talons », alors cette phrase voulut dire quelque chose, « la destruction va leur courir sur les talons ». Quand cela est arrivé, j'ai senti le plateau brûler sous le bout de mes doigts.

    Souffle est une ode au métier de souffleur. Au gré des souvenirs de Cristina Vidal dont c'est la profession, l'auteur rend un hommage délicat au théâtre et à ceux qui le font.

    Dans Sa façon de mourir, Tiago Rodrigues propose sa vision d'Anna Karénine et interroge l'acte de traduire : À quel point une langue influence-t-elle la perception d'une oeuvre ?

  • Ne le promets pas. Ne promets pas de revenir vite‚ très vite !... Ne dis pas que je n'aurai pas le temps de te voir parti. Ne dis rien ! Ne me demande surtout pas de t'attendre‚ de regarder souvent sur la mer de l'autre côté des terrasses.
    Est-ce que je t'ai dit que j'avais peur ?

    Les vingt-quatre chants d'Homère deviennent chez Lagarce dix-huit scènes qui se libèrent du texte originel pour devenir geste original et écriture personnelle. Le fils, Télémaque, est sur le départ. Un choeur de personnages féminins - Calypso‚ Circé‚ Nausicaa et Pénélope‚ la mère - attend le retour d'un homme‚ Ulysse‚ après une longue absence. Dans Elles disent... l'Odyssée, nous retrouvons les thèmes majeurs de l'oeuvre lagarcienne : le départ‚ l'attente‚ le retour...

    Ce texte écrit en 1978, a été créé en janvier 1979 à l'Atelier du Marché, à Besançon, dans une mise en scène de l'auteur.

  • Trois comédiennes se réapproprient le mystère de l'Annonciation qui se joue entre la vierge Marie et l'ange Gabriel, elles creusent ce sillon pour le questionner aujourd'hui, le tirer du côté de la modernité.
    Que pourrait-on annoncer à notre époque ? Quelles pourraient être les annonciations contemporaines ? La catastrophe écologique à venir ? La fin du monde ? L'avènement de temps nouveaux ? Une marche arrière ? Tout est ouvert et l'imagination est reine.

    Trois actes, le premier étant le plus proche du fameux Quattrocento italien, période faste de l'Histoire de l'Art, un temps révolu qui a rêvé à la beauté et inventé des espaces picturaux très architecturés, réalisés avec un grand soin.
    Le deuxième sera lié à la ferveur qui émane de la Semaine sainte en Espagne, au sang chaud, à la beauté bouleversante de la procession. Il s'ancre dans des temps à venir, des souhaits adressés au monde et ce besoin métaphysique de réponses.
    Quant au dernier acte, il prend place dans un futur lointain, dans l'espace éventuellement, en présence d'un cosmonaute.
    D'une certaine façon, le texte adopte la marche du monde, partira du passé pour aller vers l'avenir, l'inconnu, mais ce rapport au temps restera flou, volontairement, comme si on regardait les choses à travers une loupe un peu sale, comme si les choses se passaient derrière un voile.

  • Erreur de construction [1977] Les mécanismes les plus simples de notre langage, répétés à l'infini, peuvent-ils être l'essence même d'une représentation théâtrale ?

    Carthage, encore [1977] Après la catastrophe, ils sont bloqués là et rêvent de partir, de s'en sortir, s'enfuir. Mais comme la solidarité n'est pas leur fort, ils n'arrivent pas à grand-chose.

    La Place de l'autre [1979] Lui est assis sur une chaise, Elle est debout. Seul jeu possible, mettre en oeuvre la meilleure stratégie pour prendre la place de l'autre.

    Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale [1980] Sur la route de l'exil, des gens qui possédaient tout et viennent peut-être de tout perdre, se racontent le long voyage de Madame Knipper fuyant la Capitale. Le leur, peut-être.

    Ici ou ailleurs [1981] Une femme qu'un homme quitte oublie son enfant. Un fils revient là où l'attend sa mère. Une actrice court les scènes sans jamais s'imposer. De ces vies éparses les responsables voudraient qu'« il » écrive l'histoire. Mais en est-il seulement capable ?

    Les Serviteurs [1981] À l'étage Monsieur et Madame ont peut-être disparu, mais chacun en bas assure son service et sa fonction.

    Noce [1982] C'est la noce. Les laissés-pour-compte, les oubliés de la fête veulent participer. Ils montent à l'assaut des mariés, ils font la révolution mais devront eux aussi inventer un nouveau monde.

    La Bonne de chez Ducatel [1977, inédit] Mme Ducatel, son fils et Pauline, la bonne. Pauline fait le ménage (ou bouquine) tandis que Mme Ducatel assassine son mari. Dans la maison d'à côté, c'est la même chose, sauf que la bonne est déléguée.

  • Nous rendions concret un rêve commun par le travail des champs et des jardins nous étions assez insouciants comme les garçons et les filles sur le rond-point ceux qui n'avaient pas de conscience politique disait le père de Paul en hurlant vous n'avez pas de conscience politique et vous allez le payer très cher laissez les mains libres allez-y à ceux qui parlent pour vous qui ont une langue qui vous écrase ils ont une langue qui vous met par terre pleine de mots excluants Pascal Rambert a écrit pour douze jeunes artistes, issus de l'École supérieure d'art dramatique du Théâtre National de Strasbourg, un hymne à la jeunesse, à la liberté et à l'amour. Il s'est inspiré d'une communauté utopiste qui s'est installée au début du xxe siècle à Ascona, en Suisse, au bord du lac Majeur. Au fil du temps, de nombreux artistes et intellectuels ont rejoint cette communauté, séduits par un mode de vie alternatif où danses, discussions, concerts, naturisme, baignades, jardinage, rythmaient les journées. Mais la Première Guerre mondiale a éclaté.

  • J'allumerai des feux dans le monde mort avec le bois que nous aurons coupé ensemble le bouleau le hêtre le chêne le tremble nous ferons des feux tu te mettras nue comme on entre au sauna je verrai ton corps blanc dans la lumière je me mettrai à genoux et je dirai ma poésie Une maison dans les bois abrite quatre frères, ils sont bûcherons ou menuisiers. Il y a aussi Marie, la servante. C'est une fable, un poème animiste ou encore un rituel amoureux qui évoque le désir masculin virant à l'obsession et la puissance de la femme qui bouleverse les codes imposés par ces hommes.

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